La 5G, une solution à la recherche d’un problème ? La 5G apporte des réponses pertinentes sur deux points en particulier :
1) La flexibilité, la couverture… Pour couvrir un site de dizaines d’hectares, le wi-fi est impossible. On doit s’appuyer sur la 4G et la 5G ;
2) La versatilité et la sécurité sur des cas d’usage simples.
Quel rôle joue B<>Com, institut de recherche technologique français proposant des solutions numériques pour les entreprises, dans la 5G ?
B<>Com intervient sur le segment de la connectivité et non sur les solutions applicatives. Il y a deux grandes parties : broadcast et contribution vidéo. Nous avons une forte demande pour de la connectivité ad-hoc, pour remonter des flux vidéo.

Qu’apporte B<>Com ?
Les solutions B<>Com s’appuient sur de l’infrastructure la plus banale possible. Ces solutions sont proches de celles nécessaires dans l’industrie.
Donc les images sont renvoyées par la 5G. Pouvons-nous imaginer produire en direct ?
Oui, les caractéristiques sont encore plus exigeantes (latence, disponibilité). Nous avons échangé avec les Services olympiques de radio-télévision (OBS). Ils ont partagé leur expérience des JO de Tokyo 2020.
Qu’a apporté la 5G à OBS ?
Une meilleure couverture, un coût de déploiement moindre, une meilleure contribution vidéo dans le sens montant. Leur besoin principal était la couverture sur un site, avec contrôle de l’infrastructure. Sur ce type d’opération, il n’y a pas de partage de moyens avec l’opérateur public local, OBS a eu la priorité et accès à toute la capacité disponible.
Qu’implique de garder son réseau 5G pour soi lors d’un événement (sans partage avec les opérateurs publics) ?
Cela nécessite une infrastructure facilement déployable. Un contre-exemple : un réseau radio COFDM. La COFDM c’est compliqué (ex : pointage fin de l’antenne), onéreux et difficile à déployer. D’où l’intérêt d’utiliser du matériel standard, avoir de la souplesse dans le déploiement. La question n’est pas d’avoir des performances très fortes. L’important c’est l’uplink (renvoyer des contenus vers le réseau), ce qui justifie de ne pas utiliser les réseaux publics (dédiés au descendant).

Quel type de vidéo envoyer via la 5G ?
Les flux typiques sont de l’UHD à 80 Mbps typiquement, et ce avec plus d’une caméra. On utilise la compression vidéo.
Donc, pour résumer, la 5G est utile pour faire du direct?
Oui, mais d’autres besoins émergent. Parmi eux, déployer une installation 5G privée pour des besoins média, puis ensuite la partager pour d’autres besoins, notamment la sécurité. Au festival des Vieilles Charrues, la 5G a profité aussi à l’encadrement. Le festival a lieu dans un endroit isolé avec une capacité réseau public limité. Les organisateurs ont peu de moyens de communication. Le wi-fi est vite saturé quand la densité augmente.
Couvrir un festival en 5G, qu’est-ce que ça signifie comme équipement ?
Deux ou trois cellules 5G et des têtes radio 15-20 W. On peut réutiliser cette infrastructure pour le personnel, les pompiers, etc. On peut gérer la qualité de service de manière différenciée entre plusieurs usages. Pour la sécurité, on veut faire passer de la voix, avec une forte priorité. Alors que le reste c’est des flux vidéo vers un camion de prod à proximité pour les premiers montages. La 5G offre la capacité de gérer la qualité de service de manière efficace.

La 5G apporte bien plus que juste le débit comparé à la 4G ?
Le protocole 5G se résume en deux points :
1) Les opérateurs publics déploient de la capacité supplémentaire sur les nouvelles fréquences réservées à la 5G grâce à la bande de fréquence de 3,5 GHz. Si les têtes radio sont aux normes 5G, le cœur de réseau reste 4G (capacité, services, sécurité). C’est une logique d’ajout de capacité ;
2) B<>Com couple la radio 5G avec le cœur de réseau 5G. Cela permet de la versatilité avec des cas d’usage très différents : sécurité, vidéo, automates industriels.
Que fait le cœur de réseau 5G dans la pratique ?
Le cœur de réseau gère la sécurité, la mobilité des usagers entre les cellules (il reconfigure les ressources). Il gère les politiques de qualité de service entre la navigation sur Internet et des connexions critiques. Le cœur de réseau est central, il effectue le routage des paquets depuis l’appareil jusqu’aux serveurs.
Pourquoi la 5G marque une rupture technologique comparée à la 4G ?
Jusqu’ici le cœur de réseau 4G était statique et compliqué. Dans le réseau 5G, on travaille avec des API REST asynchrones, on est dans une infra Web. On peut le virtualiser, c’est du logiciel facile à utiliser. Avec le réseau 4G, on déployait avant tout du matériel. Avec la 5G, c’est une distribution logicielle qu’on peut mettre en place sur des serveurs du marché. C’est cette flexibilité qu’on n’avait pas avant. Cela permet des utilisations totalement nomades. C’est plus facile et moins coûteux. Cela change les usages et la manière dont on peut appréhender les réseaux. On avait peu de réseaux 4G privés en France principalement à cause des coûts.

B<>Com se positionne également comme fournisseur ?
Notre offre baptisée « Dôme », est une « boîte à outils » répondant à divers cas d’usage pour les industriels et les entreprises totalement 5G (cœur de réseau et radio) facilement opérable et déployable. Elle peut être installée sur un data center pour plus de capacité, comme une valise avec quelques serveurs (une flightcase) pour bénéficier de quelques cellules, comme des bulles aéroportées 5G (elle tient sur l’équivalent d’un petit PC).
Comment vous distinguez-vous sur un marché hyperconcurrentiel ?
Les grands équipementiers travaillent sur des solutions pour couvrir des grandes densités de population pour les grands opérateurs télécom. Or, les entreprises type PME ne peuvent pas se l’offrir. Notre solution est conçue pour une prise en main rapide par les DSI. Le client n’a pas besoin d’avoir une expertise en télécoms.
Dôme s’appuie sur des partenaires ?
Oui, Dôme est commercialisée majoritairement via un intégrateur logiciel qui prend en charge la relation client en direct (B<>Com propose le deuxième niveau). Nous proposons des déploiements en direct sur trois hôpitaux en France et en Allemagne (pour la com dans les salles d’opération). Notre institut s’est renforcé sur le marketing et les ventes pour conquérir ce marché. Les solutions sont complexes.
Que font Ericsson et les leaders mondiaux de la 5G ?
L’offre d’Ericsson et des autres est structurée pour des opérateurs publics. Mais dans le cas d’entreprises plus petites, il n’y a pas d’interlocuteurs ou de services. Ce passage à une échelle plus modeste n’est pas uniquement technique mais tient compte également de l’expérience et du parcours client. Ce parcours n’est pas évident pour les fournisseurs mondiaux. Donc les entreprises comme la nôtre trouvent leur place : proximité, compréhension, simplification. Nous travaillons par ailleurs avec des clients finaux (chaînes TV), des intégrateurs comme Atos, SMEF, Alsatis.

Quid des partenariats dans le monde de la vidéo ?
Nous collaborons avec Aviwest pour connecter leurs modules. C’est également la solution pour adapter la compression à la qualité de la liaison radio grâce au Stream Hub sur le cœur de réseau 5G. On apporte de la connectivité autour d’un applicatif de contrôle de manière assez simple. C’est idéal pour couvrir un événement. On imagine des modules Aviwest connectés à B<>Com pour alimenter un camion de production par exemple.
Que va changer la 5G pour la vidéo pro ?
Un direct pour la TV, un événement sportif, un séminaire d’entreprise, un live pour le Web, des rushes de tournage rapatriés en un temps record… La 5G est-elle la solution pour la vidéo mobile ?
Au revoir fibre et satellite pour renvoyer la vidéo en direct vers le CDN ou le lieu de diffusion ? Un panorama de ce qu’on peut attendre de la 5G pour la production vidéo en France et ce qu’il faut déjà oublier !
Et si vous nous lisez d’ailleurs en Europe ou en Afrique, la 5G arrive aussi chez vous et on va en parler !
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #47, p. 72-75