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Audio : Test Sennheiser MD 435 et 445

 

Cette période de vaches maigres pour les activités scéniques n’est sans doute pas le créneau idéal pour attirer l’attention sur deux microphones de poing dynamiques et à fil, comme les Sennheiser MD 435 et 445 dont le prix de vente les situe d’emblée dans le haut de gamme de la catégorie. Et puis sont arrivés l’investiture de Joe Biden, Lady Gaga et son micro, un Sennheiser MD 435 qui nous fait rêver. De quoi motiver un petit test en mode confinement et questionner Kai Lange, chef produit senior broadcast et média chez Sennheiser, histoire d’en savoir un peu plus sur la genèse de ces deux micros.

 

Le micro de poing dynamique est généralement un produit réputé solide, fiable, abordable, isolant et résistant au larsen. Symbolisé par l’éternel SM 58 de Shure, on a parfois tendance à cantonner ce type de micro dans un registre un peu « roots-rock’n roll » ou en tout cas, manquant de détail et de finesse, notamment dans les extrémités du spectre. Autour des 300 euros en prix public, il se situe au-dessus des marques comme Audix avec les OM 11, OM7, OM6, Telefunken avec le M80 ou encore Shure et le KSM8 sans oublier Beyer et son éternel M88TG. Ces marques proposent des alternatives dont la réputation dépasse même parfois le domaine du live.

Absent sur ce créneau, Sennheiser proposait malgré tout la MD 9235, une tête dynamique lancée en même temps que la série HF Digital 9000 et dont le son avait conquis certains, mais qui était jusqu’ici réservé aux utilisateurs des systèmes sans fil de la marque. Ce vide est désormais comblé puisque le constructeur lance ces jours-ci les MD 435 et 445, deux micros de poing filaires dynamiques respectivement cardioïde et hypercardioïde. Doté d’un diaphragme plutôt grand (1 pouce), on les retrouve également sous forme de têtes de micro (MM 435 et MM 445) compatibles avec les principales gammes HF proposées par le constructeur (Evolution G4 série 2000, Digital 6000 et 9000). La promesse ? Un son détaillé proche d’un statique, exploitable dans des environnements bruyants, voire très bruyants pour le 445.

 

Un look discret

Pas d’originalité ni d’extravagance dans le look, ni dans la présentation. Le constructeur a prévu une simple trousse certainement bienvenue mais qui ne donne pas spécialement un ressenti haut de gamme. Les deux Sennheiser, qui se ressemblent comme des frères, n’ont pas repris les formes anguleuses de certains anciens modèles des gammes MD et se conforment dans la tendance actuelle : couleur noire et forme arrondie dont la prise en main est confortable, mais qui n’empêchera pas le corps de rouler sur une table pour peu que celle-ci soit légèrement inclinée. Donc attention à la chute…

 

Des dynamiques surprenants

Sans avoir eu l’opportunité de tester les MD 435 et 445 en grandeur nature sur une vraie scène, j’ai pu les utiliser quelque temps dans toutes les situations qui se présentaient : voix chantée en répétitions, voix parlée pour le podcast. En les comparant avec d’autres références telles que les Neumann KMS 105, Sennheiser e835, Beyer M 88 et Shure SM58, les principales caractéristiques apparaissent.

Les deux Sennheiser n’ont pas l’effet de proximité assez prononcé du Beyer, ni sa sensibilité. On est sur ce point très proche de celle d’un SM 58. Rien d’exceptionnel donc, mais rien de gênant non plus, vu qu’on utilise ce genre de micro très proche de la source. Au final, le son des deux MD paraît bien équilibré, avec un registre aigu surprenant de précision pour un micro dynamique. Le 445 paraît un peu plus « rentre-dedans » que le 435.

À l’aveugle on pourrait penser que ces micros sont des statiques, en tout cas le rendu s’en rapproche, mais en condition de répétition avec sono, j’ai pu constater que la résistance au larsen est supérieure à celle d’un Neumann KMS 105 dont l’utilisation demande plus de doigté quand la pression acoustique augmente autour du chanteur. Autre critère à prendre en compte sur un micro main, les bruits de manipulation qui sont sur les MD plus discrets que sur le Beyer, par exemple, sans être exceptionnellement bas.

Ensuite, sans surprise, les deux Sennheiser isolent efficacement les voix de l’entourage immédiat, que ce soit un orchestre, le bruit de fond ou l’acoustique de la pièce avec plus de performances sur ce point pour le 445 dont la directivité hypercardio fait logiquement la différence. Par contre, sur les plosives typiquement rencontrées dans la langue française, notamment sur les « p » et les « t » et les « f », des « pops » peuvent survenir sur les enregistrements de voix parlée ou chantée, surtout sur le 445 dont le diaphragme est, nous l’apprendrons plus tard, placé plus proche de la grille. Une pochette contenant cinq bonnettes en mousse très fine est d’ailleurs livrée avec les micros et se montre généralement suffisante.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #41, p. 30-32. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

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