Inauguré il y a deux ans et demi, les Studios Lites ont nécessité deux ans de conception et deux ans de construction. Wim Michiels a filmé et éclairé de nombreux films sous-marin et son constat est le suivant : « Depuis le temps que je fais ce type d’images, j’ai le recul nécessaire pour dire que dans la majorité des cas il n’y avait pas un outil complet pour travailler efficacement dans les studios pour des prises de vue aquatiques. Il faut toujours rajouter des prestations, des équipements notamment lorsqu’il s’agit de faire des effets spéciaux. Le studio aquatique de Lites est imaginé pour filmer sous l’eau et sur la surface avec des effets spéciaux comme des tempêtes. Les clients sont majoritairement des producteurs de films publicitaires et de longs-métrages. Il est difficile de prendre en charge de petits projets car cela coûte cher, mais pour les clients qui cherchent des solutions complexes nous pouvons répondre à tous leurs besoins. Nous travaillons avec des délais très courts et une préparation raccourcie car tout est sur place et nos équipes sont aguerries ».
Lieu unique, effets multiples
Le studio est unique, tous les effets spéciaux sont disponibles sur un même lieu. Il est possible de faire venir des bateaux, immerger des voitures, des bâtiments… La difficulté sur d’autres studios est le temps nécessaire pour faire des effets. Là où cela pendrait dix semaines, dans ce studio cela est réalisable en deux semaines. Les équipes viennent de l’étranger avec une équipe réduite, tout est préparé en amont avec les équipes du studio. La production peut venir juste deux jours avant et ainsi gagner un temps précieux.
Le studio aquatique fait 1 450 m2, 48×30 m, la surface aquatique est 1 200 m2 et la profondeur maximum de la fosse est de 10 m. Le bassin aquatique a une capacité de 6 millions de litres d’eau. Dans la partie profonde, il y a une plate-forme qui peut monter et descendre et supporter une charge de 20 tonnes de matériels et décors. Cela facilite grandement la mise en place d’une séquence sous-marine. Par exemple, vous construisez votre décor et ensuite la plate-forme descend et l’immerge. Il y a des grues qui peuvent porter 25 tonnes, il est ainsi possible de mettre un bateau dans la fosse. Ce sont des grues très sophistiquées qui peuvent manipuler des charges lourdes et fragiles. L’aspect de l’eau peut être ajustée comme sa transparence, la visibilité, mettre de la matière, et ensuite cette eau est filtrée pour que l’eau soit à nouveau claire.
« Nous combinons les possibilités d’un studio aquatique extérieur et intérieur. Quand il faut tourner dans un studio aquatique extérieur même dans un pays chaud l’eau reste froide et il est impossible de rester dix heures dans une eau même à 25°. L’eau fait 32°C dans notre bassin, il n’y a pas de vent. Nous ne dépendons pas du temps, de l’heure, de la qualité de l’eau et nous garantissons des protocoles ultra-sécurisés », poursuit Wim.
Des frais élevés
Le projet complet des studios Lites représente un budget de 25 millions. Le studio aquatique représente à lui seul 16 millions. Il y a beaucoup de maintenance et de frais quotidiens d’entretien. Un système de récupération de chaleur permet de garder l’eau chaude quand le studio est inactif. Les frais commencent dès que les tournages commencent car il faut chauffer l’eau.
Pour le moment, le studio connaît certaines difficultés de rentabilité et doit accélérer la venue des productions américaines. Les frais sont élevés et il est vrai que les prises de vue aquatique représentent des budgets importants pour les productions mais, comparés à tout réaliser dans un studio classique, la différence penche largement en faveur du studio Lites.
Quelques productions françaises ont tourné sur le plateau comme Annette de Leos Carax, The Deep House de Julien Maury et Alexandre Bustillo, Eiffel de Martin Bourboulon ou Germinal de David Hourrègue.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #43, p. 54-55
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