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Animation 3D et live action pour cette adaptation en série « Boule et Bill » produite par Elliott Studio et DEMD prévue pour 2026. © Lionel Guericolas © 2023 – Elliott – DEMD Productions

La série d’animation plébiscite la coproduction

 

Souvent issues d’un succès d’édition ou d’un long-métrage voire d’un compte Instagram ou d’une chaîne YouTube, les séries proposées au Forum européen de la coproduction par les producteurs français ou européens ont quasiment toutes, en ligne de mire, le marché international. « Pour financer aujourd’hui un programme animé de qualité, les financements français ne suffisent plus », rappelle Caroline Audebert, directrice générale d’Ellipse Animation. « Il faut penser mondial et faire rayonner nos propriétés. »

Au Cartoon Forum (18 au 21 septembre 2023, Toulouse), les projets hexagonaux ont, cette année encore, représenté près de la moitié de la sélection (32 sur 77 projets pour un montant total de 398 millions d’euros). Certains d’entre eux sont portés par des nouveaux venus au Cartoon Forum comme Darjeeling, Have a Nice Day Films (etc.) mais aussi, et pour la première fois, par des sociétés établies comme Ubisoft ou Elliott Studio (groupe Mediawan Kids and Family). L’organisateur s’est également félicité de la présence de nouvelles sociétés qui, avant de pitcher à Toulouse, sont passées par Cartoon Springboard, un tremplin pour les jeunes talents (Passion Paris, Submarine Animation, Storyhouse…).

« Au total, c’est plus d’une vingtaine de “nouvelles” sociétés qui ont soumis leur projet à la communauté de coproducteurs européens. De même nous avons accueilli une vingtaine d’acheteurs qui n’étaient jamais venus au Cartoon Forum (Anime Digital Network, Immersive (USA), etc.) », remarque Annick Maes, directrice de Cartoon Media qui note cependant l’absence d’Amazon et de Netflix. Cette année, la présence des sociétés de production anglaises invitées dans le cadre du programme « Animated UK meets Europe » a gonflé le nombre des participants qui, pour la seconde fois, dépasse le millier.

 

L’international en ligne de mire

Si elles visent le marché international, les productions n’ont pas toujours, au moment où elles sont soumises au stade de développement, des coproducteurs européens embarqués dans leur plan de financement et parfois même de diffuseur. Raison de plus pour convaincre, le temps d’un pitch, les coproducteurs et les acheteurs étrangers présents à Toulouse en mettant en avant la singularité et la pertinence de la proposition dont le coût de production à la minute a notoirement augmenté (+16 % par rapport à 2021).

La catégorie des 6-9 ans, de loin la plus fournie de la sélection (58 % des projets), se montrait riche de projets alléchants, profilés pour devenir des hits… Pour conquérir ce public jeunesse, Ellipse Animation (groupe Media-Participations) a choisi le genre slapstick (comme Bip Bip et Coyote, Oggy et les Cafards, etc.) et, une fois n’est pas coutume, de s’appuyer sur une histoire originale et non sur une adaptation de bande dessinée. « Depuis longtemps, nous avions envie d’explorer le slapstick, un genre qui plaît et s’adapte à tous les âges », remarque Lila Hannou, directrice des développements et de la stratégie. « Nous voulions aussi ouvrir la porte à des talents qui ne viennent pas forcément du milieu de l’édition. »

Comédie originale, « Komodo No Chill » proposée par Ellipse Animation renoue avec le genre slapstick. © Ellipsanime Productions – Les Cartooneurs associés

Écrite et réalisée par le duo Emmanuel Klotz et Louis Musso (film Les Lascars), Komodo No Chill est une série burlesque qui fait se télescoper un troupeau de brebis dures à l’ouvrage avec un varan cool et bon vivant. Échoué sur leur île, celui-ci croit avoir trouvé le lieu idéal pour survivre sans effort. Non dialoguée, aux couleurs chatoyantes et composée d’épisodes courts (78 fois 7 minutes), la série 2D (8 millions d’euros) multiplie les gags. « Au Cartoon Forum, nous cherchons le meilleur attelage en termes de partenaires pour nous accompagner sur le financement de cette série et la porter artistiquement avec nous », remarque Caroline Audebert.

Avec « Donjons et Chatons », Watch Next Media parie sur le feuilletonnant. © Watch Next Media

 

Avec Donjons et Chatons, Watch Next Media a opté, à l’opposé, pour le feuilletonnant, un format en pleine croissance avec le développement des plates-formes non linéaires des diffuseurs. À raison de 13 épisodes de 22 minutes, cette série ambitieuse (budget de 5 millions d’euros) soutenue par France Télévisions déploie un univers riche et complexe, inspiré des jeux de rôles, développé par Clément de Ruyter et Mélanie Duval. La série se singularise en conjuguant un ton épique avec des protagonistes inattendus : quatre jeunes chatons pas très dégourdis, bannis du Royaume des Chats par un roi irascible et vénal, lesquels ne rentreront en grâce qu’en lui rapportant un trésor.

 

Humour et aventure pour la série « Les aventures de Pil » qui décline l’univers du long-métrage à succès de Julien Fournet. © TAT Productions

Présentée par TAT Productions (avec France Télévisions), Les aventures de Pil capitalise, pour sa part, sur le succès de son long-métrage éponyme écrit et réalisé par Julien Fournet (diffusé dans plus de 80 pays). À raison de 52 fois 13 minutes, sa déclinaison en série 3D soutenue par la Région Occitanie (réalisation Benjamin Lagard) continue à tordre le cou aux clichés sur le monde médiéval (et d’autres idées préconçues), et où l’on suit la jeune orpheline punk toujours prête à venir en aide aux habitants de la cité de Roc-en-Brume et à débusquer menaces et injustices. « Nous cherchons à relancer notre production de séries », observe le producteur David Allaux. « Ce premier projet doit inaugurer un département dédié au développement de séries dérivées de nos longs-métrages. »

Adapté des célèbres albums Boule et Bill de Jean Roba, la série développée par Eliott Studio (label de Mediawan Kids & Family) et DEMD mise sur une hybridation entre l’animation et la fiction. Une première pour la marque qui compte, outre des BD, nombre d’adaptations audiovisuelles. Pour le producteur Cédric Pilot, la technique de l’incrustation a largement fait ses preuves et se montre toute adaptée pour incarner à l’écran le duo et rendre plus palpable leur complicité. Si Boule est filmé en prises de vue réelle comme ses amis et parents, le cocker (de même que Caroline, la tortue) est animé dans une 3D réaliste. Pour les décors, la série, qui utilise le moteur de rendu Unreal, recourra à la projection de décors virtuels sur des écrans Led. Le narratif remis également au goût du jour, la série estimée à 9 millions d’euros, racontée du point de vue du chien, vise une livraison pour 2026.

Avec la comédie en 2D Erica et Trevor contre les monstres terribles (26 fois 22 minutes) créée par Julien Dinse et Cédric Stephan, Cyber Group Studios entend s’adresser aux enfants du monde entier en jonglant avec des références animées universellement connues… et des « frayeurs sûres ». En visionnant des vieux films d’horreur des années 80, un petit garçon libère du petit écran une panoplie de monstres plus ridicules qu’effrayants (rat géant, momies, etc.). À lui et à sa baby-sitter la charge de les y reconduire avant qu’ils ne sèment la panique en ville. « Cette série pour les 6 ans et plus, qui joue à se faire peur, mélange de manière inédite la comédie et l’horreur adaptée à l’âge », souligne la productrice Maud Chougui, « tout en amenant les jeunes téléspectateurs à surmonter certaines de leurs peurs ».

 

Avec son projet de comédie 2D « Kiki et Aliène », Folivari diversifie son line-up. © Folivari

Produite par Folivari, Kiki et Aliène met en scène, pour sa part, un duo de jeunes extraterrestres en reportage sur la Terre. Si le plus grand se montre blasé devant la culture terrienne, le plus petit est emballé par tout ce qu’il voit jusqu’à provoquer des catastrophes en chaîne à vouloir tout comprendre. Pour cette adaptation enjouée d’une bande dessinée signée par Céline Gobinet, la production a fait le choix d’un rendu 2D sobre pour les décors et d’une animation 3D façon stop motion pour les personnages. « Avec cette série comédie 6-10 ans décalée, nous voulons diversifier notre line-up », souligne le producteur Damien Brunner.

 

Aneth, apprentie sorcière (52 fois 11 minutes) produite par GO-N Productions (Cartoon Tribute du Producteur de l’année). © DR

Connaître les codes qui sous-tendent les sociétés humaines (ou autres), tel est aussi le propos de la comédie en 2D Aneth, apprentie sorcière (52 fois 11 minutes) produite par GO-N Productions (Cartoon Tribute du Producteur de l’année). Issue comme la précédente d’une bande dessinée, la série suit une petite sorcière, délurée et curieuse, dans sa découverte de la vie en collectivité à l’École de la magie, fréquentée par des élèves et des professeurs aussi inattendus que bizarres. Dotée d’un design minimaliste et coloré, la production 2D, à la recherche de diffuseurs et coproducteurs internationaux, est proposée à 8 millions d’euros.

 

L’animation préscolaire (et au-dessus) fait école

Un peu moins pléthorique que la précédente, l’offre préscolaire (22 %), aux valeurs feel good universelles, se caractérise souvent par très peu de dialogue voire aucun, des univers graphiques riches ou épurés mais toujours sous contrôle. Cet exercice, loin d’être simple, peut constituer un véritable défi pour les producteurs. Cette année, c’est une production upper-school qui est arrivée en tête de liste du Top 10, la sémillante Luce in Lovely Land développée par Thuristar et La Cabane Productions. Basée sur le court-métrage Luce and the Rock (ECFA Awards) de Britt Raes, qui a fait le tour des festivals (Berlinale, Annecy, Clermont-Ferrand, New York, Ottawa, Aspen…), la série de 26 fois 11 minutes suit une petite fille curieuse explorant le monde qui l’entoure en compagnie de son meilleur ami, un rocher de grande taille. « Ses ravissements et questionnements, devant chaque découverte et rencontre, soulèvent vite l’adhésion », note la productrice Perrine Gauthier. « La série à l’univers graphique très simple vise à l’essentiel : chaque forme, chaque couleur participent à l’histoire. Les couleurs changent par exemple au fur et à mesure que les personnages grandissent et vieillissent. » Si le pilote a été réalisé (comme le court-métrage) sur TV Paint, la série se fera sur Toon Boom Harmony.

« Produire pour les préscolaires est un vrai plaisir et privilège », relève de son côté Emmanuelle Pétry Sirvin co-fondatrice avec Jean-Baptiste Wery du studio Dandelooo. « Nous avons un rôle à jouer en proposant à cette catégorie d’enfants des récits ayant du sens, qui puissent les aider à grandir et pas seulement les divertir ! Il y a aussi une volonté de transmettre des valeurs écologiques… ».

Le producteur de La Cabane à Histoires (quatre saisons) propose cette année À fond Gaston, une série de 52 fois 11 minutes basée sur les albums Les émotions de Gaston d’Aurélie Chien Chow Chine. Adapter ce best-seller publié par Hachette consistera à sortir de l’orientation « éducative » (conseils pour mieux savoir gérer ses émotions) en créant un univers graphique fort et complet, et en y amenant de la comédie et un zeste de slapstick. « Gaston, une petite licorne, vit tellement fort ses émotions que sa crinière vire de couleurs, et qu’il se retrouve dans des situations qui le dépassent », narre Jean-Baptiste Wery. « Dans chaque épisode, le garçon licorne découvre donc comment ne pas se laisser emporter trop loin par ses émotions et mieux les gérer. » Réalisée en 2D par Aurélie Chien Chow, Chloé Sastre et Romain Gadiou, la série (estimée à 7,8 millions d’euros), qui a déjà embarqué Canal+, sera la seconde série de Dandelooo (Paris, Valence), après Billy, le hamster cow-boy, à suivre un pipeline de fabrication à base de Toon Boom Harmony.

 

Présentée par TeamTO, « Quoi de neuf, Eesha ? » traduit dans une 3D épurée et très expressive la poésie des dessins originaux. © TeamTO

Faisant également partie des adaptations de livre illustré, la série Quoi de neuf, Eesha ? (52 fois 11 minutes) présentée par TeamTO parvient à transposer, dans une 3D épurée et très expressive, la poésie des dessins originaux. À savoir la pétulante pingouine Eesha qui aimerait bien se lancer dans une nouvelle activité mais sans que ses encombrants amis de la banquise viennent y mettre leur nez. Pour le réalisateur Loïc Espuche, ce choix d’un « open space minimaliste » permet de mieux se focaliser sur la comédie et les caractères. Un exercice d’épure.

La série 3D Gisèle et ses petits monstres a été présentée par Blue Spirit Productions et réalisée par Bernard Ling (52 fois 11 minutes), © Blue Spirit Productions

Prenant presque le contre-pied, la série 3D Gisèle et ses petits monstres présentée par Blue Spirit Productions et réalisée par Bernard Ling (52 fois 11 minutes), une adaptation de l’album Les Cauchemars sont dans de beaux draps, développe pour sa part un univers visuel graphique très coloré, fourmillant de détails, afin de mieux incarner à l’écran cette petite sorcière toujours prête à rendre service mais sans grands pouvoirs et flanquée d’amis monstres maladroits. « Cette série joyeuse (au budget de 8 millions d’euros) cherche à transmettre des valeurs comme l’altruisme, le courage d’oser et l’amitié », souligne la productrice Sylvie Mahé. Pour cela, l’animation 3D (avec textures peintes et effets spéciaux en 2D) reprend les codes de la stop motion.

La catégorie préscolaire peut encore compter sur la série 2D Taupe et Mulot (52 fois 7 minutes) produite par Parmi les Lucioles Films (Nina et le secret du hérisson par Alain Gagnol et Jean-Louis Felicioli) et adaptée des albums éponymes de Henri Meunier et Benjamin Chaud. Lesquels introduisent deux amis prêts à tout pour s’entraider.

 

La série 2D « Feuilles et Racines » est présentée par Somewhere Animation (groupe Mediawan Kids and Family). © Somewhere Animation

C’est également cette valeur altruiste que Somewhere Animation (groupe Mediawan Kids and Family) tient à diffuser avec son projet de série 2D « Feuilles et Racines » (78 fois 7 minutes) écrite par Agathe Capin. Une histoire d’amitié entre une taupe vivant en bas d’un arbre et une autruche fréquentant les ramées supérieures.

 

L’animation ado-adulte diversifie son approche

La comédie 2D tchèque et allemande « Happily Never After » produite par Heliumfilms et Reynard Films démystifie les personnages du folklore européen. © Heliumfilms et Reynard Films

 

Si les 6-9 ans représentent la cible reine de la série d’animation, les productions animées pour les ado-adultes poursuivent, lentement mais sûrement, leur progression (14 % des projets contre 10 % en 2022). À l’exception de la coproduction tchèque et allemande Happily Never After (Heureusement plus jamais) remarquée par les producteurs dans le Top 10 (des projets avec au moins une coproduction entre deux pays), les projets jeunes adultes toutefois ne semblent pas avoir convaincu les acheteurs qui se sont tournés majoritairement vers le segment des 7 ans et plus.

 

Produite par Have A Nice Day Films, la série « Les Femmes oubliées du Père-Lachaise » fait le portrait de femmes illustres mais oubliées. © Have A Nice Day Film

L’offre ado-adulte présentait pourtant des séries originales, souvent issues du réel et toujours très diversifiées en termes d’approche (du sérieux au sardonique), de formats (du très court au format 26 minutes) et de techniques d’animation (2D, 3D, hybride). Produite par Have A Nice Day Films (Lille), la prometteuse série Les Femmes oubliées du Père-Lachaise s’emploie ainsi à dresser le portrait de femmes illustres tombées dans l’oubli et reposant toutes dans le célèbre cimetière parisien. C’est en fleurissant leurs tombes qu’une jardinière débutante va les découvrir et les « ressusciter ». Adaptée du compte Instagram très suivi Les Mères Lachaise signé par la journaliste Camille Paix, la série (30 fois 3 minutes 30), qui a reçu le soutien de la Région Normandie et Pictanovo, sera réalisée en 2D par Alix Bizet.

Favori de cette catégorie, le format court prévaut également dans la série documentaire Papy et Mamy ont fait la révolution proposée par les Films du Tambour de Soie (Marseille) et WeJustKids. Composée de huit portraits de huit minutes, elle réhabilite des jeunes anonymes qui se sont engagés dans des luttes révolutionnaires entre 1960 et 1980 au Moyen-Orient. Réalisé par Sophie Nivelle-Cardinale (Prix Albert Londres 2016) et Agnès Patron (César du meilleur court-métrage avec L’heure de l’Ours), chaque épisode (1,4 million euros en tout) revient sur cet engagement et sur ce qu’il reste aujourd’hui de cette idéologie de jeunesse.

 

Présenté par XBO Films, le projet de série « Pion.nes » relate, selon le point de vue d’une jeune pionne, la vie dans un collège. © XBO Films

Aux origines plus autobiographiques, le projet Pion.nes (52 fois 2 minutes) présenté par XBO Films narre le quotidien de pions et pionnes d’un collège français qui ont la lourde tâche de « guider les adolescents dans les eaux troubles de la puberté. Et si possible sans couler au passage ». Chaque épisode introduit l’anecdote du jour raconté en voix off par Julie la pionne. Entre mini-drames drolatiques et situations kafkaïennes, la série (850 000 euros) réalisée par Marie-Pierre Hauwelle et Gildas Rigo revendique un traité 2D décomplexé, « brut et imparfait, style stylo et stabilo » (sur TV Paint).

Portée par La Chouette et Périple, L’épopée temporelle, quant à elle, bénéficie déjà d’une longue histoire. Avant de devenir une série animée et feuillonnante de dix fois onze minutes, cette production créée par le youtubeur Cyprien Lov était une série Web à succès (et avant, une série audio très suivie sur les réseaux). L’ambition de la série estimée à un million d’euros est aujourd’hui de passer le cap de l’international. Ce faisant, elle deviendra « plus trash et plus ambitieuse techniquement », promet le producteur réalisateur. Mais le fond demeurera inchangé, à savoir comment remettre l’histoire dans le bon ordre (faire en sorte que le Titanic coule bien, que la Bastille tombe entre les mains des Révolutionnaires, que les lions du Colisée dévorent leurs victimes…) lorsque la machine à remonter le temps s’est détraquée.

Réalisé en 2D par Julien Seze et produit par Passion Paris, « Apocalypse Mojito » est un roadmovie post-apocalyptique. © Passion Paris

Avec Apocalypse Mojito (10 fois 7 minutes) de Julien Seze et produit par Passion Paris, c’est la civilisation qui vit ses derniers moments (on est en 2100) sauf que les humains continuent à ne pas y croire. Deux amis bourlingueurs, qui se déplacent à bord d’une ginguette faisant office de piste de danse, vont croiser sur leur route quelques survivants (robots en déroute, etc.) en essayant de ne jamais perdre leur bonne humeur. Dédiée spécialement aux éco-anxieux, ce road movie sardonique en 2D a été remarqué lors d’un Cartoon Springboard (Madrid) pour son humour slapstick. Il a reçu le soutien de France Télévisions pour France.tv Slash.

Feuilletonnante et hybride, « Les agents du B.A.D. » produite par Darjeeling est une comédie déjantée sur le complotisme. © Darjeeling

 

Nouveau venu au Cartoon Forum, Darjeeling livre à son tour une comédie déjantée, feuilletonnante et hybride de 10 fois 20 minutes sur le complotisme, intitulée Les agents du B.A.D. Employés placardisés du Bureau des Affaires Déclassifiées, Lia Dolly et Maxence Folder se retrouvent mêlés à une enquête impliquant des pigeons, laquelle pourrait déboucher sur un complot mondial. La saga à rebondissements multiples s’appuie sur des prises de vues réelles à la fois pour accréditer l’idée d’un complot inscrit dans la vie quotidienne et réduire les coûts de production (environ 2,5 millions d’euros).

Dans la même veine, la série originale Starpets proposée par Ubisoft Films and Television, présent pour la première fois au Cartoon Forum, revisite l’univers du célèbre jeu vidéo Les Lapins crétins et l’adapte en série de 8 fois 11 minutes pour les adultes. Réalisée en 3D par Stéphane Berla (Jack et la Mécanique du cœur) et Éric Judor, la série qualifiée par ses auteurs de « space opéra sous acide » introduit un lapin mutant poursuivi par un empereur intergalactique tyrannique. De cette traque dépendra le destin de l’univers…

Fable comique produite par Silex Films, Sirènes fait partie des séries adultes les plus longues de la sélection (10 fois 26 minutes). Suivie par France Télévisions, elle narre en 2D l’histoire d’une princesse royale tentant de fuir la vie de château et d’oublier son physique ingrat à rebours de celui d’une sirène.

Avec Heureusement plus jamais produit par Heliumfilms et Reynard Films, ce sont les personnages du folklore européen qui sont joyeusement démystifiés. Comédie de dix fois 20 minutes, la série éclaire d’un jour nouveau la sulfureuse Baba Yaga, les inquiétants Gobelins voire les belles sirènes. Repérée lors d’un Cartoon Springboard, la série réalisée en animation 2D et live action par Alžbě¬ta Göbelová Zatloukalová et Gabriela Hloz s’appuie sur l’expertise du documentariste Georg Neubauer qui a consacré sa vie entière à étudier les créatures de contes de fée.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #54, p. 156-164