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Le Studio Kremlin, site emblématique dédié à l’audiovisuel, présent à Ivry-sur-Seine accueille un nouvel espace collaboratif : la Kolok. © DR

La Kolok, hub créatif du sud-est parisien

 

La Kolok s’intègre à un écosystème dédié, offrant aux locataires l’accès à tous les espaces de tournage et de postproduction, à des bureaux privatifs ou partagés, des espaces de réunion et open-space adaptés aux rythmes et aux exigences de l’industrie audiovisuelle et streaming.

 

Des espaces chaleureux pour venir travailler sur un projet ou à plus long terme. © DR

Génèse

Pour revenir à la genèse, il faut rembobiner jusqu’en 2002. Si Studio Kremlin porte ce nom c’est parce qu’il est né au Kremlin Bicêtre sur une exploitation d’une friche industrielle de 48 000 m² à la place du centre commercial qui existe aujourd’hui. Cette friche a été exploitée pour accueillir des tournages durant un peu plus de deux ans. L’argent récolté servait à produire des courts-métrages que réalisait en partie l’équipe des fondateurs.

Et puis cette aventure a pris fin, le site a été démoli et l’équipe a déménagé à Ivry, pour se rapprocher de la mairie au début des années 2010 et, dans le cadre de la ZAC Ivry Confluence – qui est tout le quartier d’Ivryport –, la société a fait l’acquisition d’une ancienne usine de transformateurs électriques.

« En 2013, nous avons récupéré un site qui était laissé à l’abandon depuis trente-cinq ans. C’était une usine de transformateurs électriques qui avait été désaffectée en 1977. Nous avons entamé des travaux de modification qui ont duré deux ans et demi. C’était un peu de la débrouille et petit à petit nous avons réussi à nous structurer. Puis nous avons fait l’acquisition d’un autre plateau, d’une parcelle voisine du premier bâtiment, jusqu’à arriver aujourd’hui à avoir quatre plateaux de tournage de 100, 300, 600 et 700 m², une unité de postproduction images, une unité de postproduction son, et donc la Kolok est devenu cet espace de bureau, open space et salle de réunion, dédié aux métiers de l’audiovisuel. Ce lieu est pour nous un peu le maillon manquant dans la chaîne et on a tenté de passer du statut de studio à celui de village audiovisuel. Dans le cadre de notre extension, on a récupéré les deux étages du bas d’un immeuble neuf qui s’est construit dans le cadre de l’extension, dans lequel nous avons mis en place toutes les installations techniques », indique Éric Ducher, directeur associé du Studio Kremlin.

Rencontres professionnelles organisées durant l’inauguration de la Kolok. © DR

Dernière pierre à l’édifice, l’ouverture d’un food court de 550 m² qui devrait ouvrir à la fin de l’année et qui servira à la fois de cantine pour les équipes de tournage présentes sur les plateaux, pour les résidents travaillant dans le bureau et à terme pour le public, puisqu’il y aura une entrée publique et une entrée dédiée aux professionnels.

Tous les espaces de tournage (les quatre plateaux) vont devenir ERP (en mesure d’accueillir le public) permettant d’ouvrir le site vers l’événementiel, « que ce soit l’événementiel d’entreprise pour essayer de solidifier notre business model mais également, l’événementiel culturel ; ça peut être accueillir des expos, des pièces, des concerts… ».

 

Le site possède plusieurs plateaux dont le plus grand séduit de plus en plus de producteurs. © DR

Les plateaux au cœur de la Kolok

Les plateaux sont situés au rez-de-chaussée et articulés autour d’une cour qui donne sur chacun d’eux. Tout l’agencement du lieu a été conçu autour de cette cour de façon à pouvoir répondre au mieux à des demandes assez diverses. La clientèle est très éclectique. Les demandes vont du clip jusqu’à de grosses productions pour des marques de luxe ou de la fiction. C’est très varié.

« Notre cheval de bataille depuis le début, c’est d’avoir des espaces très modulables qui puissent se transformer selon les besoins des productions. C’est un peu ce qu’on a voulu faire aussi avec la Kolok, avoir des espaces qui puissent être soit des salles de réunion, soit des bureaux privatifs, soit des bureaux partagés. Organiquement, il y a une communauté qui s’est créée tout naturellement. Ils ont commencé à collaborer sur des affaires, à se donner des coups de main. On s’est rendu compte que c’était une vraie valeur ajoutée, au-delà des bureaux eux-mêmes, de vivre dans un écosystème dédié au métier de l’audiovisuel. C’est dans cet esprit-là qu’on a décidé de monter la Kolok nouvelle génération, où on a structuré un peu plus ce qui s’est fait de façon organique précédemment. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on offre 1 500 m² d’espaces de travail sous toutes les formules possibles, que ce soit la location à l’année, en location sèche ou alors en hébergement pour l’accompagnement du projet, ou des salles de réunion qu’on va utiliser de façon ponctuelle, ou pour faire une prépa de film pendant quelques semaines, ou alors toutes sortes de formules qu’on essaie de jumeler pour que ce soit adapté à tous les rythmes de l’audiovisuel qui sont très divers. »

Outre la location d’espace, l’idée est d’apporter de la valeur ajoutée, des services, des actions d’accompagnement de projet, que ce soit du script doctoring ou de l’aide à l’entrepreneuriat, pour aider à monter sa boîte de production par exemple, des consultations juridiques avec un partenaire avocat, et également des manifestations qui devraient avoir lieu deux fois par mois, cela peut être des tables rondes, des projections, des rencontres, des masterclass…

 

Le site a des équipements techniques comme salle d’étalonnage, mixage et studio de streaming. © DR

Les moyens techniques et l’écosystème local

Le site Studio Kremlin dispose d’un auditorium Dolby Atmos, d’une salle de montage, d’étalonnage qui peut servir également de régie vidéo puisqu’elle est connectée à deux plateaux, et peut servir pour streamer en direct. Il y a également un petit plateau photo. Ces installations ont pour but de complémenter les usages principaux des plateaux, mais également de pouvoir servir aux utilisateurs de la Kolok qui auraient des besoins d’enregistrer une voix-off, d’étalonner un clip ou de streamer une émission. Ce ne sont pas forcément les installations les plus prestigieuses mais il y a de quoi travailler dans de très bonnes conditions avec du matériel professionnel. Il est donc possible sur le site de tout faire depuis la conception initiale jusqu’à la livraison de master.

Actuellement une quinzaine de sociétés sont présentes sur le site et le but est de doubler ce nombre d’ici la fin de l’année. L’équipe a pour ambition d’accueillir à peu près une centaine de personnes qui viendraient travailler quotidiennement dans les différents espaces de travail. Il y aura peut-être encore une dernière extension, puisque l’arrière du studio donne sur une allée piétonne qui va être créée dans les mois qui viennent, et qui sera l’entrée publique du food court. « Cela va donner de la vie sociale au quartier. Ça fait plus de dix ans qu’on est là et on est assez attaché au fait que ce soit ouvert sur la cité. »

 

A deux pas de Paris

Il y a un écosystème local avec l’école Georges Méliès, la proximité de Bry-sur-Marne qui n’est pas très loin. « C’est plutôt le territoire qui monte, et Ivry en particulier, parce que vous avez l’EICAR, le loueur RVZ, qui est à 800 mètres de chez nous et avec lequel on collabore quasiment quotidiennement. Et il y a beaucoup de studios photo qui se sont installés, de petits plateaux, pas forcément aussi grands que les nôtres, mais qui sont assez complémentaires. C’est un des seuls endroits dans la petite couronne, on va dire, où il y a des grandes surfaces car les villes aux alentours n’ont plus de potentiel. Donc il reste un peu le nord de Paris, on va dire, Aubervilliers, Saint-Ouen et nous à Ivry. Le foncier reste attractif. Et il y a ce côté mixte aussi entre habitation et activité qui est plutôt intéressant, puisqu’au-dessus de nous, il y a six étages de logement qui ont été construits. Donc non, je pense qu’il y a une vraie volonté de la part de la mairie d’Ivry et du territoire de mettre en avant le secteur audiovisuel à deux pas de Paris. »

Les moyens de transport s’améliorent. Le RER C est à cinq minutes du studio et à cinq minutes de la BNF. La ligne 7 du métro est à quinze minutes à pied. Et puis il y aura le TZN, un bus sur une voie protégée. Il va rentrer en service en 2025 et il réunira, Choisy-le-Roi avec la BNF, et il y aura un arrêt à moins de 100 mètres du studio, qui sera à moins de dix minutes de la BNF.

 

L’équipe de la Kolok / Studio Kremlin. © DR

L’EQUIPE DE STUDIO KREMLIN

  • Éric Ducher, directeur associé du Studio Kremlin
  • Gautier About, directeur du Studio Kremlin
  • Emmanuel About, directeur du Studio Kremlin
  • Nada Oulmakki, responsable d’exploitation et d’incubation

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #58, p. 100-103