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En 2024, Poly Son réalise un doublé historique en remportant à la fois le Trophée César & Techniques et le Prix de l’Innovation César & Techniques, une première dans l’histoire de la cérémonie ! © Corinna Kranig - ENS Louis-Lumière pour l’Académie des César 2024

Poly Son à la conquête de l’international !

 

Avec de nouvelles infrastructures, de nouveaux services et deux plates-formes Internet pour les mettre en valeur, le prestataire de postproduction est résolument déterminé à partir à la conquête du monde dans le domaine de la prestation audio et de l’image.

 

Un acteur de taille pour la postproduction audio et image cinéma…

Chaque année, Poly Son gère entre 70 et 80 projets, en grande majorité des longs-métrages. Soit 25 à 30 % des longs-métrages produits en France.

« Le chiffre d’affaires se répartit équitablement entre la postproduction image et la postproduction son et, contrairement à certaines idées reçues, nous couvrons aujourd’hui la plupart des besoins de la chaîne postproduction », souligne Charles Bussienne en guise d’introduction.

D’ailleurs la société a récemment inauguré un très bel auditorium avant tout destiné à l’étalonnage image et aux projections privées. Elle déploie aussi depuis quelque temps de gros efforts de R&D du côté images…

 

Une infrastructure prête à accueillir des productions d’envergure

Poly Son exploite aujourd’hui 3 500 m² d’infrastructures à Paris intra-muros, à proximité du Père-Lachaise. Cette surface relativement importante a récemment été étendue et modernisée.

« Fin 2024, Poly Son a notamment inauguré de nouveaux locaux de 400 m² dans la Villa Riberolle, où se trouvent nos murs historiques. Cette extension permet de proposer à la prestation huit nouvelles salles de montage (image et son) ainsi qu’une salle d’étalonnage et de projection premium équipée en 4K et Dolby Cinéma Atmos qui vient rejoindre une autre salle plus modeste à l’autre adresse. Depuis janvier 2025, la société a aussi équipé la majorité des salles existantes en Dolby Atmos. Avec cette offre, nous disposons donc d’une capacité optimale pour répondre aux exigences les plus ambitieuses », précise Nicolas Naegelen.

 

L’une des 18 salles de montage son disponibles équipée en monitoring 5.1. © DR

Poly Son poursuit aussi son expansion francilienne avec l’acquisition et le réaménagement en cours d’un bâtiment de 450 m² à Montreuil, dans le quartier Robespierre : « Ce nouvel espace accueillera un studio d’enregistrement et de mixage musique. Son plateau de prise de son de 90 m² et une cabine de 35 m² en feront un très bel outil qui complètera notre offre », complète Charles Bussienne avant de poursuivre :

« Notre antenne en région Rhône Alpes, Poly Son Lyon, vient aussi d’être modernisée. En 2024, nous y avons notamment accompagné Un petit truc en plus, le film d’Artus, du tournage jusqu’au mixage, de même que Vingt Dieu, le premier film de Louise Courvoisier. Depuis ce mois de mars, l’entité dispose d’infrastructures supplémentaires : une salle de gestion de rushes, une salle de montage image, une salle de montage son et un studio de mixage Dolby Atmos sont venus compléter le grand auditorium cinéma. »

Tous ces projets d’extension et de rénovation entrepris par Poly Son s’inscrivent dans le cadre du programme « La Grande Fabrique de l’Image » du CNC, intégré au plan France 2030, initiative qui vise à moderniser et renforcer l’industrie audiovisuelle française. Le dispositif permet au postproducteur d’accélérer son développement, tout en consolidant son expertise technique. D’ailleurs, sur ce second point, elle n’est pas en reste en termes d’innovation…

 

Destiné à l’étalonnage et aux projections privée, le nouvel auditorium de Poly Son rue Riberolle a été équipé en 4K et Dolby Cinéma Atmos. © DR

Une marque et deux plates-formes pour incarner la R&D

« Concernant l’audio, nous déployons une activité de recherche et développement qui se répartit entre trois équivalents temps plein et sur l’image, nous avons un équivalent temps plein sur trois têtes. Ces personnes sont des techniciens du cinéma qui se fixent un cahier des charges en fonction des besoins du terrain. Ces collaborateurs polyvalents sont techniciens de cinéma, opérateur, DIT, ils sont aussi capables de faire du code. C’est une force car, au final, ces touche-à-tout créent des outils qui manquent vraiment à la filière ! », s’enthousiasme Nicolas Naegelen.

Pour promouvoir et commercialiser l’offre de solutions basée sur sa R&D, Poly Son a créé il y a deux ans la marque HAL Audio. Cette R&D, initialement dédiée aux sons, a permis la création d’applications de traitement audio pour ProTools. L’une d’elles, Boom-IT, a d’ailleurs reçu un prix de l’innovation aux César & Techniques 2024. Boom-IT est un plug-in de modelage du dialogue qui offre la possibilité d’ajouter des mouvements naturels aux enregistrements vocaux statiques pour proposer un rendu plus dynamique et réaliste à la bande son.

 

Poly Son dispose d’un auditorium de bruitage avec acoustique variable particulièrement bien équipé ! © DR

 

HAL Audio propose aussi quatre banques de sons premiums dans des formats immersifs dont évidemment l’Atmos. En ce début d’année, la société vient de compléter son offre avec des outils orientés image et une plate-forme dédiée…

« Nous lançons désormais la plate-forme HAL Picture qui présente des plug-ins compatibles avec Da Vinci Resolve pour le développement de look d’images. Deux plug-ins sont actuellement disponibles : Diachromie et Diaphanie. Ils ont été conçus pour recréer des images avec des caractéristiques esthétiques uniques, reproduisant la colorimétrie et la texture typiques de l’émulsion chimique. Lors du passage au numérique, ces esthétiques avaient fini par disparaître et manquaient aux chefs opérateurs. Développés par Martin Roux, Paul Morin et Olivier Patron, ces deux plug-ins ont déjà été utilisés sur Camelot 2, Leurs enfants après eux, Bref saison 2. Ils sont pour l’instant commercialisés sous la forme d’une licence pour la durée du projet. La production peut les utiliser chez n’importe quel prestataire avec un accompagnement technique de quatre heures pour la prise en main », mentionne Charles Bussienne qui envisage bientôt une commercialisation en ligne sur HAL Picture.

« Nous avons donc deux sites. Sur la plate-forme HAL Audio, outre nos banques de sons et des applications, vous trouverez aussi des informations liées aux dispositifs de prise de son l’Arbre Atmos.

C’est un procédé de prise de son assez unique que nous avons développé et qui permet de faire de la prise de sons en Dolby Atmos. Nous l’avons notamment adopté pour la prise de sons de nos banques… Et comme nous commençons à l’exploiter sur de l’enregistrement de musique de film, assez logiquement ce dispositif se retrouvera dans notre studio d’enregistrement musique à Montreuil ! », complète le directeur général de Poly Son. Lequel se prépare aussi à lancer un nouveau service de morphing vocal, basé sur l’intelligence artificielle. Ce dernier permettra de transformer les voix humaines en sons d’animaux et inversement. Une technologie qui restera orientée vers des usages créatifs, sans s’aventurer dans le clonage vocal pur.

 

Priorité au confort pour les 20 salles de montage du prestataire ! © DR

Une stratégie de rayonnement au-delà des frontières

« En 2024, la bande-son de la coproduction internationale Bird d’Andrea Arnold a été entièrement réalisée chez nous, et nous avons également travaillé sur des productions vietnamiennes et thaïlandaises. Ce rayonnement est en partie dû à la reconnaissance de nos associés au-delà du cadre franco-français.

 

Boom-IT, plug-in disponible sur la plate-forme HAL Audio, a magnifié la bande son du film multirécompensé « Emilia Pérez ». © DR

« Nous avons aussi pris en charge la bande-son d’Emilia Perez de Jacques Audiard, un projet ambitieux qui a notamment tiré parti de Boom-IT. Cyril Holtz, à l’origine de ce plug-in, était ravi de pouvoir l’utiliser pour simuler les mouvements des comédien(ne)s, alors que les voix étaient enregistrées de manière statique en studio ! Par ailleurs, la campagne de promotion du film aux Oscars a renforcé notre visibilité à l’international. Nous nous sommes rendus à Los Angeles pour rencontrer des acteurs locaux – techniciens, studios – et promouvoir notre savoir-faire, nos infrastructures et nos technologies », explique Charles Bussienne.

En s’appuyant sur le renforcement de ses infrastructures premium et le déploiement de ses plates-formes HAL, Poly Son dispose donc désormais de tous les atouts pour continuer à s’imposer comme un acteur majeur de la postproduction à l’échelle internationale.

Pour conclure, Nicolas Naegelen récapitule la feuille de route des prochains mois : « Nous allons inaugurer la nouvelle version de notre succursale lyonnaise à la mi-2025, une fois les travaux achevés. Ensuite, nous finaliserons le site de Montreuil, avec une ouverture prévue à l’automne 2025. »

Charles Bussienne ajoute : « D’ici la fin de l’année, nous allons également finaliser la commercialisation de nos solutions de traitement d’image via HAL Picture, ce qui représentera aussi une avancée stratégique majeure… Voilà, tout cela représente une belle roadmap. »

Et, bien entendu, Poly Son figurera également au générique d’une dizaine de films lors du prochain Festival de Cannes, affirmant ainsi son solide ancrage dans l’industrie cinématographique !

 

UNE VISION DURABLE ET COLLECTIVE

Depuis vingt-cinq ans, la petite société fondée par des techniciens pour des techniciens a su grandir tout en préservant son ADN : celui d’une entreprise détenue et opérée par des experts.

Son statut juridique de type S.A.S se distingue par un actionnariat qui reflète son esprit collaboratif : « Aujourd’hui, sur un effectif permanent de 28 salariés en 2024, 18 sont associés et nous avons 71 actionnaires qui sont pratiquement tous des techniciens dans la chaîne de valeur des images et du son », explique Nicolas Naegelen.

« Inspiré du modèle coopératif, notre principe “un homme, une voix” évite qu’une minorité d’actionnaires n’impose une logique de rentabilité excessive », poursuit Nicolas Naegelen. Et Charles Bussienne de préciser que « tous les associés, ne sont pas des employés de Poly Son. Ce modèle flexible nous pousse à remettre constamment en question nos méthodes et notre vision en fonction de l’évolution du marché et des retours de la filière ».

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #61, p.80-83

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