Sony FX2, la nouvelle née de la famille Cinema Line

 

Les FX9, FX6, FX3 et FX30, héritées des fameuses CineAlta dont la Venice, ont conquis les opérateurs de prise de vue de tous les secteurs. De mêmes dimensions que la FX3, la toute nouvelle FX2 est un peu plus légère avec 594 g au lieu de 630 g. Comme avec les autres caméras de la série, on retrouve le look gris mat et la finition soignée. On apprécie la sobriété de la face avant, équipée d’une bonne poignée, complétée par un ensemble complet de boutons et de molettes à l’arrière et sous l’index droit et pouce gauche. L’allumage est instantané et le bouton REC s’illumine quand on enregistre. La prise en main est très agréable.

Les connectiques, dont une HDMI de type A, sont protégées par des capots séparés pour pouvoir utiliser une prise sans pour autant soumettre les autres aux intempéries, avec un accès direct aux prises d’entrée et de casque mini-jack. Des points de fixation sont intégrés sur le dessus et sur le côté pour facilement fixer des accessoires ou filmer en vertical sur trépied. Des petits détails qui témoignent de l’attention portée aux retours des utilisateurs.

Côté son, on bénéficie d’un micro stéréo intégré et de l’habituelle entrée 3,5 mm, mais surtout de la poignée audio à deux entrées XLR et une mini-jack avec molettes de contrôle qui se fixe sur le porte-griffe, à laquelle on a pris goût avec les autres caméras de la série. La FX2 peut ainsi facilement être utilisée de manière minimaliste pour les scènes d’action et avec un réel contrôle audio pour les scènes d’interview, en passant très facilement d’une configuration à l’autre.

 

Ajout d’un viseur

La FX2 est équipée d’un viseur, en plus de l’écran, très apprécié dans les zones très lumineuses. © Aurélie Gonin

La différence d’ergonomie majeure est la présence d’un viseur (qui était absent des FX3 et FX30), venant compléter l’écran tactile 3 pouces. Cet ajout montre à nouveau que les opérateurs ont été écoutés, nombreux étant ceux qui aiment pouvoir choisir entre cadrer au viseur ou à l’écran, en fonction des conditions de luminosité notamment. Celui-ci, un OLED de 0,5 pouces pour 3,68 millions de points, est sur un petit bras déporté pour pouvoir être ajusté à l’œil sans pour autant dépasser trop du boîtier. Pour ceux qui aiment cadrer à l’œil gauche il est possible de le retourner.

Afin de tester cette caméra et son viseur dans des conditions extrêmes de luminosité et de contraste, j’ai effectué un tournage sur les glaciers du Mont Blanc, pour filmer les alpinistes de Powair au départ de l’Aiguille du Midi s’envolant plus bas en parapente. Pour cela, j’ai pris la caméra en configuration minimale sans sa poignée XLR ni aucun autre accessoire, avec un zoom grand-angle 16-35 mm f2.8. La première impression a été très satisfaisante : même en étant ébloui par le soleil très irradiant en altitude et sa réverbération sur la glace, on peut très bien visualiser son image dans le viseur, tout en gardant ses lunettes de soleil si besoin. Les boutons sont suffisamment prégnants pour être manipulables même avec des gants. Et le petit gabarit et le poids léger de la FX2 permettent de la garder sur la bretelle du sac à dos pour y accéder rapidement et capturer toutes les actions des alpinistes, sans que celle-ci ne soit trop encombrante pour entraver les mouvements, ce qui pourrait s’avérer dangereux dans certaines situations.

 

Vue de l’intérieur

Mais outre son ergonomie et sa prise en main, ce qui nous intéresse dans une caméra, c’est surtout ce qu’il y a à l’intérieur. Dotée d’un capteur CMOS Exmor R rétroéclairé de 33 mégapixels, du processeur Bionz XR et d’une unité de traitement avancée basée sur l’intelligence artificielle, la FX2 se caractérise par une haute sensibilité (extensible à 102 400 ISO) et une grande dynamique, avec une latitude de plus de 15 stops lors de l’enregistrement en S-Log3. Elle se base sur un double ISO natif à 800 ou 4 000 ISO, et prend en charge les gammes de couleurs S-Gamut3/S-Gamut3.Cine.

La caméra propose trois modes d’enregistrement en Log : Flexible ISO, Cine EI et Cine EI Quick, pour satisfaire tous les besoins. La FX2 peut ainsi être utilisée seule, ou dans un workflow multi-caméras avec d’autres caméras de la série Cine Line, qu’il sera facile d’étalonner ensemble. Notons que la FX2 peut afficher de manière décompressée les objectifs anamorphiques, avec un rapport 1,3 et 2,0.

Toute la résolution 7K du capteur est exploitée par un suréchantillonnage pour optimiser les fichiers 4K, avec un enregistrement jusqu’à 60 images par seconde (en Super 35) et 120 en HD. Le mode All-Intra propose du 4:2:2 10 bits, dans le très bon codec MPEG-H HEVC/H.265, mais il est aussi possible de tourner en Long-GOP en 4:2:0 et de générer des proxies. Le tout s’enregistre sur carte CF-Express de type A.

J’ai choisi le All-I et, sur les images mêlant la blancheur de la glace et la noirceur de la roche, on peut apprécier la grande latitude d’exposition, qui conserve des détails dans les extrêmes, ainsi que la riche restitution des couleurs à laquelle nous avait habitué la série Cinema Line. Je précise que les images présentées ici ne sont pas étalonnées, seule a été appliquée la LUT de conversion Rec709.

Si l’on souhaite créer des images « à effet », on peut télécharger des LUT proposées par Sony, dont certaines créées par leurs ambassadeurs. Il est aussi possible de les appliquer dans l’affichage pour se rendre compte du rendu dès la prise de vue.

 

La FX2 prend aussi des photos, grâce à un interrupteur dédié ou même pendant la prise de vue vidéo. © Aurélie Gonin

Pour contrôler son image, on retrouve le BIG6 screen issu des caméras CineAlta pour contrôler facilement les six paramètres essentiels en mode « Vidéo » : vitesse, sensibilité, obturateur, diaphragme ou filtre à densité neutre (si interne, ce qui n’est pas le cas sur la FX2), LUT et balance des blancs. Au centre, les infos de TC, format d’enregistrement, batterie, temps restant sur la carte et vumètres viennent compléter ces infos. On peut ajuster l’audio par ce biais, ou directement avec les molettes de contrôle des différentes entrées sur la poignée XLR, ce qui est très confortable. On enregistre ainsi deux ou quatre canaux distincts, ce qui est essentiel pour les tournages de documentaire ou d’événements sportifs, le public aimant être bruyant.

Le cadreur apprécie aussi la stabilisation très efficace, renforcée par un mode actif pour les prises de vue en marchant, et même actif dynamique renforcé par l’électronique pour celles en courant. Les métadonnées de stabilisation sont intégrées aux fichiers pour les affiner en postproduction si nécessaire.

De même, l’autofocus est tellement performant qu’on ne pense même plus à sa mise au point. On tourne donc à main levée en se concentrant sur son cadre plutôt que sur la zone de netteté, le point suivant parfaitement le sujet principal, ce qui est très agréable.

Pour les plans sur trépied, il existe une fonction de cadrage automatique basée sur l’IA : un tracking suit le sujet pour le maintenir au même endroit de l’image. On imagine facilement l’intérêt pour ceux qui doivent se filmer eux-mêmes.

La FX2 se connecte facilement au wi-fi ou à un ordinateur pour procéder à un transfert des rushes sur FTP, un téléchargement dans le cloud, via la plate-forme Creator’s cloud, et du streaming en direct. Elle est ainsi parfaitement adaptée aux exigences d’instantanéité actuelles.

Pour permettre de créer une production globale, un simple interrupteur sur le dessus permet de basculer en mode photo. Avec une résolution de 33 mégapixels, des rafales jusqu’à 10 images par seconde et des formats Jpeg, HEIH et RAW, la FX2 peut répondre aux exigences requises pour l’image fixe. Mais une fonction vient éviter de devoir choisir entre « Photo » et « Vidéo », c’est celle qui permet d’isoler une photo directement pendant l’enregistrement ou la lecture d’une vidéo, avec la LUT choisie. C’est un peu ce que j’ai fait pour ce test avec les images extraites des fichiers vidéo, mais cette fois-ci cela se fait dès la captation, sans avoir besoin de passer par un logiciel de montage.

Notons aussi que pendant ce test j’ai à peine utilisé la moitié d’une batterie, malgré le froid en haute-altitude (même en été). Il s’agit de la NP-FZ100 qui est pourtant très petite et légère. On n’hésite donc pas à en avoir en plus dans le sac, même si au final on n’a pas à en changer. Le boîtier a résisté sans souci à l’humidité du glacier et à la poussière des roches  ; sa robustesse est rassurante. On sent qu’on peut l’emmener sans risque dans des tournages engagés. Proposée à 3 199 euros TTC, elle se situe entre la FX3 et la FX30, cette dernière étant la seule Super 35 de la série, toutes les autres étant des pleins formats.

Voilà donc une nouvelle venue très modulable, qui peut s’adapter aux tournages « baroudeurs » aussi bien qu’à ceux en studio pour tourner en solo ou en famille, avec les autres caméras de la famille Cinema Line.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #64, p.22-24

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