Prix Alice Guy 2026 : 106 films en lice et un vote qui pèse sur le cinéma de demain

Les votes pour le 9ᵉ Prix Alice Guy sont ouverts. Jusqu’au 31 janvier 2026, professionnels et grand public sont appelés à départager 106 films réalisés par des femmes. Un cru record, un processus transparent et un prix devenu, au fil des années, un marqueur fort de la création française.
Prix Alice Guy 2026 : 106 films en lice et un vote qui pèse sur le cinéma de demain

Publié le 05/01/2026

Cent six films. Une seule urne virtuelle. Et une question qui traverse toute la filière : quels récits voulons-nous porter sur le devant de la scène en 2026 ? Avec l’ouverture des votes du Prix Alice Guy, le cinéma français est invité à se regarder dans le miroir… et à trancher.

 

Un prix qui s’est imposé dans le paysage professionnel

Créé pour honorer la mémoire d’Alice Guy, première réalisatrice de l’histoire du cinéma, le Prix qui porte son nom n’est plus un simple symbole. Neuf éditions plus tard, il s’est installé comme un baromètre annuel de la création féminine, observé de près par producteurs, diffuseurs et institutions.

Cette année, 106 films sont éligibles.
Un chiffre stable par rapport à 2024, mais en hausse de près de 25 % par rapport à l’an dernier. Traduction côté industrie : la production est là, la diversité des formes aussi, du cinéma indépendant aux œuvres plus installées.

Le principe reste volontairement simple et ouvert :

  • chacun peut voter,

  • une seule voix par personne,

  • entre 3 et 5 films sélectionnés parmi la liste officielle,

  • validation par adresse email.

Clôture des votes se fera au 31 janvier 2026 à minuit.

 

Du vote populaire au verdict professionnel

Le Prix Alice Guy joue la carte d’un double regard, rare dans les distinctions françaises. Le vote du public désigne les cinq films finalistes. Les cinq œuvres les plus plébiscitées passent à l’étape suivante. La décision finale revient ensuite à un jury paritaire de six professionnels du cinéma, qui délibérera fin février.

La remise du prix aura lieu, comme le veut la tradition, au Max Linder Panorama, lors d’une soirée ouverte à toutes et tous. Un moment à la fois symbolique et très concret pour les équipes lauréates, souvent à un tournant de leur trajectoire.

 

Le Prix Alice Guy, tremplin réel pour les talents émergents

Derrière le palmarès, il y a surtout des parcours. L’exemple récent de Fiorella Basdereff en est une illustration parlante.

Son court métrage Le Temps de s’adorer, chronique délicate d’une transmission entre une petite-fille et sa grand-mère, a remporté le Prix Alice Guy, Film court au Festival Européen du Film Court de Brest. Un prix que la réalisatrice décrit, sans détour, comme “le plus beau à recevoir”.

Depuis :

  • le film a été préacheté par France 3,

  • il a reçu le Prix Unifrance du meilleur premier film à Cannes,

  • et une adaptation en long métrage est déjà en développement, aux côtés de deux autres projets, dont une série.

Autrement dit : le Prix Alice Guy ne se contente pas de récompenser, il accompagne.

 

Alice Guy, une figure qui irrigue les territoires

Autre signe de maturité du Prix : il ne se limite plus à une soirée parisienne. Tout au long de l’année, la figure d’Alice Guy circule, inspire, fédère.

Quelques initiatives récentes :

  • À Aubenas, en Ardèche, ses films ont été projetés lors des Rencontres des Cinémas d’Europe, dans le cadre des 130 ans de Gaumont.

  • À Anost, dans le Morvan, le premier cinéma Alice Guy de France a été inauguré en février 2025 : une salle municipale de 103 places, dédiée à l’art et essai.

  • Sur l’Île de Ré, dix films muets ont été recréés à partir de scénarios perdus, mobilisant 90 acteurs et donnant lieu à un ciné-concert.

Une preuve supplémentaire que le travail de mémoire peut aussi être un moteur de création contemporaine.

 

Pourquoi voter compte, cette année plus que jamais

À l’heure où les débats sur la parité, la diversité des regards et la circulation des œuvres traversent toute la chaîne de valeur, le Prix Alice Guy offre un cadre clair, lisible et participatif.

Voter, c’est envoyer un signal, artistique, culturel et professionnel.

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