La comédie supernaturelle SOS Fantômes : L’Héritage réalisée par Jason Reitman est la suite des deux grands classiques des années 80. L’action se déroule en Oklahoma, mais les prises de vue ont été réalisées dans divers lieux et studios de la province canadienne de l’Alberta, avant le début de la pandémie soit de juillet à octobre 2019.
L’équipe de production a passé plusieurs mois à filmer à Calgary et dans les environs : Crossfield, Beiseker, Drumheller. Afin de tenir le rythme très rapide de la production, le programmeur de l’éclairage de plateau (Set Lighting Programmer) Benoît Richard a fait appel au système de contrôle Hog 4 d’ETC pour la mise en réseau des éclairages du plateau. De plus en plus de tournage utilisent des pupitres pour contrôler les différentes sources de lumière. Les produits ETC ont ainsi été utilisés sur ce nouvel opus de la franchise SOS Fantômes.
Benoît Richard souligne qu’il doit beaucoup au chef électricien Michael Ambrose, grâce à qui il a décroché ce poste : « Rien de tout ceci n’aurait été possible si Michael ne m’avait pas contacté pour proposer une opportunité incroyable. J’étais adolescent quand le premier film est sorti en 1984… Évidemment, j’ai tout de suite dit oui ! Manhattan Beach Studio Equipment a rempli un camion de projecteurs Arri SkyPanel et d’autres modèles qu’on ne trouve pas au Canada ; quant à moi, j’ai fait envoyer sur place ce qui était à l’époque ma boîte à outils standard de produits ETC : quatre Rack Hog et mon Full Boar 4, ainsi qu’un Road Hog supplémentaire afin que notre programmeuse d’éclairage canadienne, Erin Nelligan, puisse préparer les plateaux de tournage. »
Benoît Richard explique que les préparatifs ont été de courte durée et que dès son arrivée l’équipe a pu passer aux tests de caméra. Il a également eu l’occasion d’enseigner aux éclairagistes canadiens les secrets de la plate-forme Hog. « Pendant le tournage de SOS Fantômes : L’Héritage, nous avons montré à certains ce qu’on pouvait faire avec des systèmes modernes de contrôle d’éclairage ! », se souvient-il. « C’est un film pour lequel de nombreux plans ont été tournés sur le terrain : sur les quatorze semaines qu’a duré le tournage, nous avons passé les huit premières en déplacement. Les éclairagistes ont ainsi pu consacrer plus de temps à la mise en place des trois plateaux de tournage, dans lesquels différents décors étaient installés au fil des besoins du film. »

Pour le tournage sur le terrain, les Rack Hog de Benoît Richard ont voyagé d’un lieu à l’autre. « Notre matériel sur le terrain à servi sur plein d’endroits comme au restaurant de Spinners, dans le bureau du shérif ou dans la raffinerie où les enfants rencontrent Muncher pour la première fois. »
« Nous avons mis en place des réseaux Gigabit pour alimenter les nœuds sACN et DMX à chaque boîtier de distribution et créé un HogNet séparé grâce auquel j’ai pu brancher mon Full Boar n’importe où sur le lieu de tournage. C’est cette même structure de réseau que nous avons utilisée sur les plateaux. Comme le font beaucoup de productions, nous étions organisés en mode “splinter”, c’est-à-dire que nous envoyions parfois la caméra “C” sur un autre plateau pour un plan rapide pendant que le tournage continuait sur le plateau principal. Dans mon petit bureau, j’avais en plus de mon équipement principal une console connectée au serveur situé sur l’autre plateau : ainsi, je pouvais intervenir sur les deux plateaux en même temps. »

En plus des SkyPanel et autres projecteurs de cinéma, les plateaux de tournage étaient équipés de lyres SolaFrame Theatre, conçues pour l’univers de la scène. Benoît Richard explique : « Nous les avons choisies pour leur silence et c’est vrai que le preneur de son en était très satisfait ! Elles ont principalement servi comme projecteurs en contre-jour, comme éclairage direct pour le décor de la ferme ou encore pour créer des effets impressionnants en mode stroboscopique lors des scènes paranormales. Ces lyres ont enfin servi pour l’éclairage en contre-jour du célèbre escalier de Gozer, ainsi que pour les effets de mouvement lors des scènes tournées dans la voiture emblématique Ecto-1. Un autre atout des SolaFrame a été la rapidité avec laquelle on pouvait les déplacer, notamment sur l’un des plateaux de tournage qui ne disposait pas de passerelles en hauteur. Comme nous ne pouvions pas envoyer quelqu’un pour effectuer les réglages et que le sol fragile ne permettait pas d’utiliser une table élévatrice, les lyres étaient des outils très précieux. »
Le directeur photo, Eric Steelberg, faisait part de ses besoins en éclairage au chef électricien Michael Ambrose, qui transmettait des instructions à Benoît Richard. Sur le plateau, un système d’écouteurs et de moniteurs permettait à l’éclairagiste d’entendre et de voir les comédiens afin de déclencher le bon éclairage au bon moment.
Benoît Richard explique pourquoi il préfère la plate-forme Hog 4 pour son travail : « Pour moi, l’un des concepts essentiels de la hiérarchie Hog est le système de numéros de port, qui permet de relier ensemble plusieurs serveurs. Par exemple, disons que le serveur du plateau n° 1 utilise le port 6 601, celui du plateau n° 2 le port 6 602, et ainsi de suite. Si on les relie tous entre eux – ce qui est facile dans les grands studios fibrés –, les techniciens peuvent facilement installer du matériel sur un autre plateau pendant que le programmeur d’éclairage reste dans un local centralisé et utilise un Road Hog sur le port 6 601 et Hog4PC sur le port 6 602 pour contrôler simultanément les différents plateaux. C’est la même chose pour le programmeur de l’unité principale quand une caméra est envoyée pour une prise de vue rapide sur un autre plateau : il y a là un potentiel incroyable ! […] Avec ce système, les fichiers restent indépendants et on peut donc commencer sur le premier canal sur chacun des plateaux de tournage. C’est bien mieux d’avoir plusieurs serveurs qui, bien qu’indépendants, peuvent communiquer avec la console d’éclairage grâce au système de ports. »

Benoît Richard préfère le Full Boar au Hog 4. « C’est parce que je peux le porter moi-même ! », plaisante-t-il. Il utilise également un moniteur Elo 22 pouces comme troisième écran pour afficher la fenêtre de sortie ou des données techniques. « Sur le Full Boar 4, ma fenêtre de gauche affiche la liste des plans en haut et le programme de l’éclairage en bas. Sur la fenêtre de droite, j’ai les groupes à gauche, les couleurs à droite et les intensités en bas. Nous n’utilisons pas souvent de spots, mais quand c’est le cas j’ai le dossier correspondant à ma disposition : il est organisé comme il le serait si je faisais l’éclairage d’un concert rock. »
Benoît Richard conclut : « Qu’il s’agisse de faire des effets d’éclairage pour représenter l’activité paranormale ou de souligner les légendaires proton packs portés par les chasseurs de fantômes originaux, j’ai vraiment passé un bon moment ; c’était vraiment un honneur de travailler avec cette équipe extraordinaire. J’ai fait de belles rencontres et ma fille de sept ans a tellement aimé le film que nous l’avons vu deux fois sur le grand écran ! ».
Article paru pour la première fois dans Moovee #10, p.47/49