Partenaire officiel du Festival de Cannes depuis 2013, le fabriquant d’optiques français rend chaque année hommage à un grand directeur ou une grande directrice de la photographie, lors de la Cérémonie de l’Hommage Pierre Angénieux, une soirée exceptionnelle ouverte par Thierry Frémaux, Délégué Général du Festival de Cannes et présentée par Pierre Zéni. Cet événement est l’occasion de mettre en lumière les experts de l’image du monde entier, sans qui le cinéma n’existerait pas.
Après Philippe Rousselot (AFC, ASC) en 2013, Vilmos Zsigmond (HSC, ASC) en 2014, Roger A. Deakins (BSC, ASC) en 2015, Peter Suschitzky (ASC) en 2016, Christopher Doyle (HKSC) en 2017, Edward Lachman (ASC) en 2018 et Bruno Delbonnel (AFC, ASC) en 2019, c’est au tour de la française Agnès Godard (AFC), mythique collaboratrice de Claire Denis, de recevoir cet hommage prestigieux, à l’occasion du 74e Festival International du Film de Cannes.
Ingénieur-opticien et industriel français de génie, Pierre Angénieux est l’inventeur de principes révolutionnaires comme le rétrofocus et le créateur d’optiques mythiques dès les années 30. Il fut récompensé à deux reprises par l’Académie des Oscars à Hollywood, en 1964 et en 1989. Depuis, les équipes d’Angénieux ont elles-mêmes reçu de multiples récompenses dont des SCI Tech awards de l’Académie en 2009. Indémodables, toujours à la pointe de la technologie haut de gamme et de l’innovation, les objectifs Angénieux jouissent d’une renommée mondiale.
“Pour moi la magie du cinéma c’est le moment où sensation et émotion se fondent, c’est l’alchimie d’une expérience visuelle, vue et vécue, qui fait vivre les images.” Agnès Godard
Née le 28 mai 1951 à Dun-sur-Auron (Cher), Agnès Godard dit qu’elle “n’avait aucun contact avec le milieu du cinéma. Ni par des amis, ni par sa famille » et se dirige donc tout d’abord vers des études de journalisme – métier qu’elle exercera quelques années – avant de s’orienter vers le cinéma.
Après des études de cinéma à la faculté Censier, elle réussit le concours de l’IDHEC dont elle sort diplômée en 1980. Elle débute comme assistante caméra aux côtés d’Henri Alekan et, comme pour Bruno Delbonnel – à qui Angénieux a rendu hommage au dernier Festival de Cannes en 2019 – ce grand maître de l’image aura une grande importance sur son travail tout au long de sa carrière. Elle assiste ensuite Robby Müller à la caméra pour le film Paris, Texas de Wim Wenders et devient rapidement cadreuse de deuxième caméra, puis passe chef-opératrice. À cette époque, en plus de Wim Wenders, elle travaille avec des réalisateurs aussi prestigieux que Peter Greenaway ou Alain Resnais.
Sa renommée est principalement due à sa longue collaboration avec la réalisatrice Claire Denis, avec laquelle elle travaille très étroitement à la conception de plus de 15 films.
Son travail photographique auprès de Claire Denis a été récompensé de nombreuses fois, dont le prix de la Meilleure photographie féminine, pour U.S. Go Home au festival de Turin (1994), le Prix spécial du jury au Festival de l’Image de Film de Chalon-sur-Saône pour J’ai pas sommeil (1994), le César de la meilleure photographie pour Beau Travail (2001) – film qui remporte un très grand succès à l’international – mais aussi le Chlotrodis Award de la meilleure photographie pour Vendredi Soir (2004).
Elle a réalisé l’image de nombreux réalisateurs de renom, comme Agnès Varda, André Téchiné (elle est nominée au César pour Les Égarés), Emmanuelle Crialese ou Claude Berri, mais elle met aussi en lumière la plupart des films de Catherine Corsini et de Ursula Meier (elle remporte le ADF Cinematography Award pour Home au Festival de Mar del Plata 2008 et le Prix Lumières de la meilleure photographie 2009), ou d’autres réalisatrices comme Noémie Lvovsky, Emmanuelle Bercot, Brigitte Roüan, Carol Morley, Claudia Sainte-Luce, Teona Strugar Mitevska ou Eva Ionesco. Elle travaille également avec Érick Zonca sur La Vie rêvée des anges pour lequel elle est nommée pour le César de la meilleure photographie en 1999.
En 2012, pour L’Enfant d’en haut, le film d’Ursula Meier, Agnès Godard décide pour la première fois d’utiliser les caméras numériques et travaille sur les lumières additionnelles, jouant avec la consistance, mue par une volonté de réinventer l’image, éternellement. Aujourd’hui, elle considère que « les images ont changé de texture et de rendu des couleurs, la charge poétique est différente, en conséquence il faut les ré-inventer, apprivoiser cette nouvelle technologie qui ne cesse d’avancer et de s’enrichir à toute vitesse« .
En octobre 2014, elle expose ses photographies pour la première fois à la Galerie Cinéma Anne-Dominique Toussaint. My Favorite Dance met en scène un couple, incarné par Emmanuelle Bercot et Stéphane Bouquet, au travers de clichés à la texture presqu’aussi palpable qu’évanescente.
Agnès Godard à propos des zooms Angénieux :
“J’ai commencé à travailler en filmant essentiellement avec des focales fixes. Puis petit à petit j’ai inclus dans mes bagages des zooms Angénieux. Les Optimo ont pris de plus en plus de place. Je viens de terminer un film tourné uniquement avec des zooms Angénieux Full Frame. Ces optiques se sont imposées sans aucune hésitation. Il n’y a pas un seul plan où je n’ai pas été séduite et impressionnée par le luxe de leur qualité…“
Agnès Godard sera entourée d’une délégation artistique pour la soirée hommage qui lui sera consacrée vendredi 16 juillet à 20h en Salle Buñuel du Palais des Festivals.