Avantages et aléas de la vidéo en direct

 

À l’exemple des plates-formes de diffusion et des réseaux sociaux, capter l’audience d’une catégorie ciblée de téléspectateurs devient de plus en plus important. Comment les entreprises peuvent-elles produire du direct et bénéficier de cette visibilité supplémentaire ?

Quand, en 2016, Facebook lançait sa solution pour diffuser en direct, le seul moyen était d’utiliser son smartphone. Quelques années plus tard, toutes les plates-formes ou réseaux sociaux offrent une solution de direct. Les internautes apprécient cette formule qui ressemble à un talk-show à la télévision. Elle offre une impression d’authenticité au téléspectateur. Le direct est dans l’imaginaire du public synonyme d’échanges, d’une émission non montée.

 

Comment se lancer dans la vidéo en direct ?

Réaliser un direct, c’est choisir les bons outils et également savoir s’entourer des compétences complémentaires. Pas simple de faire l’homme-orchestre pour les projets importants… © AdobeStock / Максим Терещенко

 

Se lancer dans un direct, ce n’est pas simplement prendre son smartphone et entreprendre un monologue. C’est toute une machinerie à mettre en place qui doit allier de la technique, de l’humain et du contenu. Un grain de sable et tout s’écroule.

La machinerie ce sont les caméras, le son, l’éclairage, le mélangeur, la table de mixage, l’encodeur pour le streaming et la bande passante. L’humain se sont celles et ceux présents sur le plateau, mais aussi celles et ceux derrière les caméras et en régie. Le contenu, c’est le nerf de la guerre.

 

La préparation technique

Une émission en direct se prépare comme un événement. Il faut installer le décor en adéquation avec le contenu, puis prévoir en fonction du déroulé, l’éclairage du décor, de la scène et ajuster en fonction des participants, le positionnement des caméras et le son. Pour cela, une préparation bien en amont reste indispensable avec le storyboard, le scénario, le script et le contenu. Sans cette préparation en amont, l’échec est pratiquement assuré.

Sur le plan de la technique pure, faire un direct c’est envoyer un ou plusieurs flux vidéo vers Internet. En général on opte pour un flux à la définition HD ou FHD selon les plates-formes. Il convient donc de vérifier la connectivité pour l’encodeur qui va effectuer le stream vers les plates-formes. La solution à privilégier est le filaire et la fibre optique, néanmoins selon les situations que l’on peut rencontrer, un routeur 4G ou 5G est utilisable. Cela reste l’élément crucial pour faire un direct dans de bonnes conditions de diffusion, et par conséquent de visionnage pour les spectateurs.

L’encodeur peut être intégré à la régie qui assure le mélangeur, le streaming, voire également l’enregistreur. D’autres solutions se basent sur de l’informatique comme vMix, un logiciel sous Windows ou ses équivalents sur Mac.

L’essentiel dans ces appareils est de pouvoir décoder les sources vidéo qui entrent par le biais du SDI, du HDMI ou d’autres solutions vidéo sur IP. Elles doivent ensuite être encodées pour être envoyées vers Internet.

 

La liaison vers Internet

Vmix s’est imposé dans de nombreux cas pour réaliser des directs : son côté couteau suisse et son prix séduisent. © DR

 

Dans un studio, cette liaison est généralement facile à gérer. Il suffit de brancher le fil RJ45 au boîtier réseau qui lui est relié à une box ou un routeur de l’entreprise. Ce n’est évidemment pas le cas dans une salle de conférence, un hôtel, un parc d’exposition ou un stade. Ici des solutions hybrides, des routeurs spécifiques et des liaisons mixtes sont utilisées. Il est même possible de partager la connexion Internet d’un smartphone. Toujours parmi les solutions légères, on trouve les petits routeurs 4G/5G proposés par NetGear par exemple. Il suffit d’y insérer une carte SIM du fournisseur mobile.

Les agrégateurs offrent des solutions de connectivités un peu différentes. Il s’agit ici d’utiliser plusieurs connexions réseau (wi-fi, 4G/5G, RJ45). Cela implique le passage du flux vidéo vers une plate-forme spécifique qui va rassembler les différents flux, les concaténer (l’action de relier plusieurs flux vidéo pour en créer un nouveau) et ensuite les diffuser vers la ou les plates-formes de destinations choisies pour le direct.

Pour l’agrégation, il y a des solutions telles que Databox.fr, LiveU, TVU Networks, Aviwest Haivision, Dejeero, Vislink qui proposent des technologies de connectivité soit portables, soit sous forme de rack. Elles permettent quasiment dans toutes les conditions de faire du streaming, de la vidéo en direct. En résumé, quelle que soit la solution choisie, la connectivité reste un des aléas majeurs de la diffusion d’un direct.

 

Errare humanum est

Une fois la technique et la connectivité résolues, le facteur humain doit être pris en compte. Les acteurs doivent d’abord faire une répétition. Cela se fait avec l’aide de l’équipe technique. L’interaction est ici primordiale. Généralement on déroule le script avec une personne de l’organisation et le réalisateur. On y relève les ajustements et les corrections.

Malgré tout, le trac, le lapsus ou le bafouillage font partie de l’équation. C’est tout le charme d’un direct, cette erreur, ce fou rire, cette langue qui fourche. Du côté technique aussi, il peut y avoir des erreurs. Ce sont des hommes et des femmes qui sont aux commandes d’une série d’outils complexes.

La recette d’un bon direct, c’est de paraître naturel à l’écran. C’est faire en sorte que ces petites erreurs fassent partie du décor, du programme. Le secret réside dans l’expérience de l’ensemble des acteurs de cette chorégraphie, cette capacité à résoudre les erreurs techniques en un clin d’œil dans le calme sans que le public ne les perçoive. Le direct sur Internet ajoute une contrainte supplémentaire dans cette production audiovisuelle : l’interaction.

 

L’interaction : le défi de l’Internet

Aléas du direct en régie © DR

 

Qu’attend-on en participant à un direct sur Internet ? Interagir, poser des questions et avoir des réponses, établir un lien avec les acteurs, avec la marque, avec l’entreprise, jouer, échanger. C’est le vrai aléa d’un direct sur Internet.

Encore une fois ici, la préparation est primordiale. Elle permet d’anticiper les manières d’interagir avec le public, d’avoir des questions en réserve et de prendre en compte la latence entre la scène et les internautes. Cette latence comprise entre dix et soixante secondes est difficilement maîtrisable et très peu compressible. Le principe de l’interaction réside basiquement à saluer les internautes intervenant dans le chat, ou encore répondre à des questions. On peut également organiser des jeux avec des applications tierces. Avec l’intelligence artificielle, le direct peut être encore amélioré, notamment avec la transcription automatisée et le sous-titrage ; cela dépend de la plate-forme de diffusion.

Cependant tout cela peut être vain, si l’on ne prend pas soin de préparer le public pour le direct. C’est l’occasion, par exemple, d’utiliser les leviers du marketing avec une newsletter ou encore avec l’aide des réseaux sociaux afin de prévenir les abonnés de l’événement sur son contenu et les inviter à participer.

Avec une stratégie de vidéo en direct régulière, une partie des abonnés viendra parce qu’ils connaissent la production et sa ligne éditoriale, quitte à les récompenser pour qu’ils interviennent régulièrement. Quoi qu’il en soit l’intervention de modérateur/animateur en ligne est important pour filtrer et faire rebondir les acteurs sur le plateau ou encore pour relancer le rythme. Ce modérateur est une des principales interfaces entre les acteurs et les internautes.

La vidéo en direct offre donc de très nombreux avantages pour l’entreprise et lui fait bénéficier d’une visibilité accrue. Faire du « live » implique une importante part de préparation au niveau du contenu, un séquençage précis, sans oublier l’installation technique. Le mot clé à retenir est rigueur afin de limiter au maximum les aléas.

 

SEPT IDÉES POUR UN DIRECT

1/ Ateliers en direct : Les services de communication et de marketing peuvent organiser des ateliers en direct sur des sujets pertinents pour leur public cible. Par exemple, des sessions d’information sur l’utilisation optimale des produits, des conseils d’experts, etc. Ces ateliers peuvent aider à établir la marque comme une autorité dans son domaine et à éduquer les clients.

2/ Démos de produits en direct : Il s’agit d’une excellente stratégie pour le service marketing. Montrer les produits en action peut aider à convaincre les clients potentiels de leur efficacité et de leur valeur. Les clients peuvent poser des questions et voir les produits en temps réel.

3/ Lancement de campagnes marketing en direct : Le service marketing pourrait lancer de nouvelles campagnes en direct, créant une anticipation et une excitation autour de la marque. Cela pourrait inclure des annonces de nouveaux produits, des révélations de nouvelles fonctionnalités, etc.

4/ Sessions de support client en direct : Le service de support peut organiser des sessions de support en direct, où ils répondent aux questions courantes, résolvent des problèmes courants, etc. Cela peut aider à réduire le volume des demandes de support en aidant plusieurs clients en même temps.

5/ Table ronde avec les dirigeants de l’entreprise : Organiser une table ronde en direct avec les dirigeants de l’entreprise pour discuter des tendances de l’industrie, des initiatives de l’entreprise, etc., peut aider à positionner l’entreprise comme un leader d’opinion dans l’industrie et à renforcer la confiance des clients et des parties prenantes.

6/ Séances de formation en direct : Que ce soit pour les employés ou les clients, les séances de formation en direct peuvent être un moyen efficace de partager des connaissances et des compétences. Par exemple, une formation sur l’utilisation d’un nouveau logiciel, une formation en leadership pour les employés, etc.

7/ Émissions en direct régulières : Organiser des émissions en direct sur une base régulière, comme une émission hebdomadaire ou mensuelle, peut aider à garder votre public engagé et à attendre votre contenu. Vous pouvez aborder différents sujets liés à votre industrie ou à votre entreprise.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #54, p. 12-14

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