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La nouvelle caméra pourra avoir différents usages, notamment en fiction. © DR

Caméra ILME-FR7 Sony, la PTZ grand format

 

Les caméras robotisées, appelées également PTZ (Pan Tilt Zoom), sont devenues incontournables sur la plupart des tournages, hormis pour la fiction. Ces caméras autrefois réservées au productions corporate font aujourd’hui partie du quotidien des plateaux TV, des chaînes de radio, de la captation événementielle. Compactes, les PTZ permettent un déploiement rapide et peuvent se placer dans des endroits inaccessibles pour des cadreurs. Outre ces avantages, bien évidemment elles réduisent aussi les coûts humains et matériels puisqu’elles sont pilotées à partir d’une régie centrale.

Au début, Sony n’a pas forcément cru à ces caméras et a marqué un certain retard. Sa gamme se composait jusqu’à présent de modèles broadcast (BRC) et d’une gamme moins chère SRG (corporate et formation), mais le constructeur a voulu rattraper son retard avec un produit qui, sur le papier, a tout pour séduire !

La ILME-FR7 est une caméra robotisée équipée d’un capteur full frame 4K qui reprend sans ambiguïté l’architecture de la caméra FX-6 et qui est dotée d’une monture E. Elle accepte donc toutes les optiques E-Mount proposées par Sony.

Avec cette caméra, Sony a l’ambition de donner un look plus cinématographique aux images issues des caméras robotisées, notamment avec un large choix d’optiques favorisant l’effet bokeh de faible grâce à leur faible profondeur de champ et également par une qualité d’image qui repose sur la science colorimétrique de Sony. Sa filiation Cinema Line lui permettra d’ailleurs de « matcher » avec les autres caméras de la gamme.

 

Cette caméra fait partie de la famille Cinema Line. © DR

Le look cinéma

Il est difficile de résumer en quelques mots ce qu’est l’effet cinéma. Chaque cinématographe a une approche esthétique différente mais disons que les images qui mettent un sujet net au premier plan et un arrière-plan très flou sont une tendance largement adoptée par les cinéastes et les smartphones qui proposent même cet effet !

La caméra ILME-FR7, qui propose ce look, vise deux périmètres d’applications principales : le premier est celui des productions live auxquelles elle pourra donner un look cinéma tout en en augmentant la qualité. En second lieu, cette caméra à grand capteur pourra aussi être placée dans des endroits inaccessibles pour des cadreurs sur des tournages de fiction. Elle sera ici utilisée comme une « B Camera ».

Sur le live, ces caméras viendront compléter les caméras cinéma détournées de leur usage premier pour faire du live, comme la Venice.

 

Le corps de la caméra est compact et reprend l’électronique de modèles comme la FX3 ou FX6. © DR

Dans le détail

La caméra dispose d’un capteur 35 mm full frame 4K 10,3 millions de pixels qui fonctionne en 50p ou en 60p avec une large dynamique (15 Stops) et une sensibilité de 800 à 12 800 ISO. La caméra est HDR (S-Log3 ou HLG). Elle reprend la puissance de l’autofocus de la FX3 (Fast Hybrid AF / Eye AF / Tracking d’objets). Lorsque cette caméra est pilotée par un iPad, il est possible, en touchant l’écran de la tablette, de sélectionner la personne ou l’objet à suivre en mise au point automatique. Autre nouveauté sur une caméra robotisée, elle dispose d’un filtre gris neutre variable en continu, ce qui permet de diminuer la lumière sans fermer le diaphragme et donc de conserver la faible profondeur de champ.

Les optiques interchangeables sont un point important et différenciateur par rapport à la concurrence. Sony dispose d’une large gamme d’optiques en monture E (du 12 au 1 200 mm). Il est possible, bien évidemment, via un adaptateur, de placer d’autres optiques de marques tierces. Power Zoom Lens sont entièrement motorisés.

En termes de sortie, elle est très versatile et propose du 12G-SDI, HDMI, le support du NDI Hx. Le NDI Full n’est pas encore disponible, mais il est prévu dans la road map.

La caméra est compatible avec différents protocoles de streaming comme le SRT/RTSP. Elle intègre un Genlock, un Tally et peut être alimentée en PoE++.

Elle est pilotable via le Sony pupitre RM-IP500, dispose d’une entrée audio, d’une entrée time-code et d’un GPI. La caméra pourra être pilotée via le réseau Ethernet, par tablette via une interface disponible dans un navigateur Web.

Ses mouvements Pan et Tilt, qui peuvent être les plus du marché, atteignent un minimum de 0,02° par seconde et jusqu’à 60° par seconde au maximum.

Cent mémoires en interne permettent de mémoriser des préréglages et la caméra peut aussi mémoriser jusqu’à 3 minutes de mouvement en Pan, Tilt et zoom.

Autre point original, cette caméra dispose de deux slots pour enregistrer les contenus (SDXC et CFExpress). Elle peut enregistrer à vitesse normale ou à 120 i/s en HD et les transmettre en réseau et ses workflows sont les mêmes que sur la FX-6 ou FX-9. Elle dispose notamment d’une sortie RAW via 12G-SDI pour enregistrer sur un enregistreur externe (de type Atomos) et son format d’enregistrement interne est en XAVC 4 :2 :2 10 bits (DCI-4K/QFHD/FHD), XAVC-L (QFHD : 4:2:0 8 bits/FHD: 4:2:2 10 bits).

L’une de ses optiques phares sera le zoom SELP28135G qui dispose d’un ratio 28/135 avec stabilisation optique. Des optiques plus lourdes, comme le SEL200600G, pourront être utilisées, mais sans le Pan/Tilt/Zoom car cela abîmerait les moteurs de la caméra.

 

La caméra a de nombreuses qualités et caractéristiques qui lui offrent un large champ d’application. Juste un bémol pour le moment : le non support du Free D pour les studios virtuels. © DR

 

L’interface Web reprend l’interface de l’application Remote de la gamme Cinema Line, avec une expérience utilisateur similaire qui permet de contrôle la vitesse, le gain, l’obturateur, le filtre ND… Des vignettes reprennent les images de la ou des caméras qui sont ainsi pilotées. La caméra mémorise des contrôles de position (visible sous forme d’imagette).

La caméra ne disposant pas de wi-fi intégrée, il faudra la relier à un routeur externe. Via l’iPad, il est possible de piloter plusieurs caméras ou une caméra avec plusieurs iPad en même temps que le pupitre RM-IP500. Le pilotage se fait au doigt.

Le pupitre RM-IP500, qui la pilote, évoluera et s’appellera bientôt RM-IP500 Advance. Un nouveau firmware permettra aussi de détecter automatiquement le modèle de PTZ présent et appliquera l’assignation des boutons lorsqu’une ILM-FR7 sera sélectionnée. Une nouvelle face avant sera fournie avec chaque RM-IP500 à partir de l’automne. Le connecteur d’entrée Timecode reçoit le timecode pour la synchronisation avec un appareil externe, tandis que le Genlock reçoit les signaux de synchronisation dans les configurations multicaméras.

De plus, les panneaux latéraux de la caméra sont dotés de tally lumineux rouges et verts, afin que les artistes et les équipes identifient facilement les caméras qui enregistrent et les caméras de prévisualisation dans les configurations multicaméras en studio ou en extérieur.

Le connecteur d’entrée « Audio » (type XLR à cinq broches) peut recevoir le signal d’un microphone ou d’un appareil audio externe. Audio CH-1 et CH-2 utilisent un seul connecteur.

Dévoilée en septembre à l’occasion de l’IBC, la ILME-FR7 sera présentée pour la première fois aux professionnels français sur le Satis en novembre. Le prix de la caméra ILME-FR7 devrait se situer à moins de 10 000 € HT ; le pupitre RM-IP500 à 3 300 € HT.

 Article paru pour la première fois dans Mediakwest #49, p. 12-14