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Production européenne (Allemagne/France/Belgique), « Sidi Kaba et la porte du retour » aborde le sujet de l’esclavage à hauteur d’enfant. © Special Touch Studios

Retour au Cartoon Movie

Pour son grand retour en présentiel à Bordeaux après une édition passée en ligne en raison de la pandémie, Cartoon Movie a retrouvé sa configuration d’avant crise et son public (913 participants venus de 42 pays), et apporte une nouvelle fois la preuve de son efficacité en matière de coproduction de longs-métrages d’animation.

« Avec des chiffres très similaires à ceux de 2020, cette nouvelle édition de Cartoon Movie reflète la remarquable résilience de l’animation pour surmonter les difficultés liées à la pandémie », confirme Annick Maes, directrice générale de Cartoon, qui a eu la rude tâche d’inaugurer la manifestation sur fond de guerre en Ukraine.

Soumis aux professionnels du cinéma d’animation (297 acheteurs dont 150 distributeurs et agents de vente), 57 projets de longs-métrages d’animation ont été réunis (66 en 2020) en provenance de 19 pays européens, dont la majorité était en recherche ou complément de financement. Parmi ces projets (15 émanent de France), de nombreux « sneak previews » et un nombre significatif de longs-métrages adressés aux ado-adultes. Certains d’entre eux, en élisant des sujets comme la crise des migrants et des réfugiés, ont acquis une résonance amplifiée en raison du contexte géopolitique.

 

 » Unicorn Wars » d’A. Vázquez,  à l’affiche à l’automne 2022 © Abano Producions, Autour de Minuit

Ceux qui reviennent au Cartoon Movie

Avec des films d’animation nécessitant deux à quatre années pour les fabriquer, il n’est donc pas rare de retrouver au Cartoon Movie, les mêmes projets abordés à différents stades de leur production : en concept, développement, production jusqu’à la présentation d’un extrait achevé d’une quinzaine de minutes (sneak preview). D’avant-premières privées, l’édition 2022 n’en manquait pas. Parmi les projets « passés » par Cartoon Movie et en voie d’achèvement (certains sont attendus en salle à partir de l’automne 2022), pas moins de sept longs-métrages d’animation dont cinq coproductions françaises. Parmi eux, Unicorn Wars d’Alberto Vázquez (courts-métrages Decorado et Homeless Home), « pas encore tout à fait terminé mais il sera présent pour les deux prochains rendez-vous qui comptent dans la profession » a promis son producteur Nicolas Schmerkin (Autour de Minuit). Destiné aux ado-adultes, ce film de guerre aux accents quasiment prémonitoires, qui montre une armée d’oursons agressifs envahissant une forêt magique peuplée de licornes, n’a pas manqué d’être salué par le public.

 

Production européenne (Portugal, Pays-Bas, Belgique et France), « Nayola », réalisé par José Miguel Ribeiro, a pour objet la guerre civile en Angola. © Praça Filmes

 

Prévu également à l’affiche, Nayola réalisé par José Miguel Ribeiro raconte trois générations de femmes éprouvées par la guerre civile en Angola. Coproduit par Praça Filmes (Portugal), JPL Films (France), Soil (Belgique), Il Luster Films (Pays-Bas), la coproduction, qui aura pris quatre ans de développement, est le premier long-métrage d’animation de l’histoire du cinéma portugais.

Attendu aussi sur les grands écrans, Les secrets de mon père de Véra Belmont, d’après un roman graphique signé par Michel Kichka. Produit par Je Suis Bien Content, ce film en 2D dépeint tout en délicatesse le non-dit de la Shoah qui a marqué l’enfance de deux jeunes frères dans les années 60 en Belgique.

 

Coproduction internationale, « Yuku et la fleur de l’Himalaya » de Rémi Durin et Arnaud Demuynck, une comédie musicale pour les enfants, a suivi un pipeline Blender (avec un rendu 2D) y compris pour les personnages. © La Boîte… Productions, Artémis Productions, Les Films du Nord, Vivement Lundi !, Nadasdy Film

 

Pour les plus jeunes enfin, la comédie musicale haute en couleurs Yuku et la fleur de l’Himalaya de Rémi Durin et Arnaud Demuynck est prévue pour les mois à venir. Cette coproduction européenne entre La Boîte… Productions (Belgique), Artémis Production (Belgique), Les Films du Nord (France), Nadasdy Film (Suisse) et Vivement Lundi ! (France) avait été présentée en concept en 2019.

Ils n’ont pas encore bouclé tout à fait leur plan de financement mais ces longs-métrages en production, habitués aux « pitching sessions » du forum, réservent souvent au Cartoon Movie la primeur de quelques plans clés. Parmi les huit projets sélectionnés, Titina de la norvégienne Kajsa Naess qui revient sur la découverte du Pôle Nord entreprise par les explorateurs Roald Amundsen et Umberto Nobile, vue à travers les yeux de la chienne Titina (coproduction Mikrofilm, Vivi Film et Studio Souza). De son côté, l’équipe de production de Mars Express de Jérémie Périn, qui réunit cinq studios hexagonaux (Je Suis Bien Content, Gaoshan, Amopix, Autour de Minuit et Tchack), présentait plusieurs séquences non compositées de ce très attendu thriller futuriste à l’esthétique cyberpunk qui a « presque » bouclé son tour de table.

 

Prix Eurimages 2022, « Melvile » est un projet réalisé par Romain Renard et Fursy Teyssier  © Need Productions, Special Touch Studios et Creative Touch Studios

L’animation ado-adulte privilégie l’aspect 2D

Représentant 37 % des projets pitchés (contre 27 % lors de l’édition précédente), l’animation ado-adulte, dont l’offre est en progression constante, suscite de plus en plus l’intérêt des professionnels. En témoigne le prix Eurimages 2022 décerné lors de l’événement bordelais à Melvile, un thriller adapté de la série éponyme de Romain Renard qui signe à la fois le scénario et la coréalisation avec Fursy Teyssier. C’est aussi cette production que les coproducteurs ont choisie en tête de leur classement de projets, les acheteurs préférant miser sur le film irlandais familial Little Caribou (Barley Films).

Hormis quelques exceptions comme Interdit aux chiens et aux Italiens (sortie prévue à l’automne 2022), Juul de Tom Van Gestel ou Les Oiseaux de Porcelaine qui ont opté pour un traité en stop motion (parfois en association avec la 3D), la plupart de ces productions ado-adultes font le choix de la 2D surtout lorsqu’elles s’inspirent de roman graphique. Ainsi Melvile, un récit sombre ayant pour cadre une ville fantôme détruite par un incendie d’origine criminelle, qui recourt, pour être au plus proche de la vision artistique de l’auteur, à une méthode originale d’animation à base de vidéo, photos et animation traditionnelle. Présenté en concept il y a deux ans par l’équipe franco-belge Need Productions et Creative Touch Studios/Special Touch Studios, le long-métrage (aujourd’hui en développement) est estimé à 4,8 millions d’euros.

Dans le même registre du film noir, Eugène réalisé par Anaïs Caura (au scénario Joëlle Oosterlinck) et produit par My Fantasy et 2P2L utilise pour sa part l’animation traditionnelle et la rotoscopie d’acteurs filmés sur fonds verts (les décors sont réalisés en 3D avec un rendu 2D) pour incarner la traque (passée et présente) d’Eugène, un transgenre accusé d’un meurtre dans l’Australie des années 20. Inspirée d’un fait divers, la production, qui est l’adaptation de la web série The Man Woman Case d’Anaïs Caura, a déjà fait l’objet de plusieurs pitchs au Cartoon Movie mais aussi au Mifa (Annecy). Sa livraison est prévue pour 2026 (distribuée par Gébéka et Charades pour l’international).

 

Réalisé par Anaïs Caura et Joëlle Oosterlinck, « Suzanne » s’inspire de l’histoire de Suzanne Noël.  © Anoki, Vivement Lundi !

Toujours des mêmes auteur(e)s, Suzanne s’appuie également sur une histoire véridique, le parcours hors du commun de Suzanne Noël (1878-1954), une féministe militante du début du XXe siècle mais aussi une pionnière dans le monde de la chirurgie esthétique. Proposé par les réalisatrices aux producteurs d’Anoki et Vivement Lundi !, ce portrait incisif de femme, soutenu par Arte, emprunte la forme d’un « docu animé » mêlant de manière très épurée l’animation 2D et des images d’archives retravaillées afin d’ancrer le portrait dans la grande Histoire. Estimée à 2 millions d’euros, la production est attendue pour 2024.

 

Produit par Silex Films et réalisé par Phuong Mai Nguyen, « In Waves » est adapté de la BD d’AJ Dungo. © Silex Films

 

Adapté de la BD autobiographique d’AJ Dungo, In Waves présenté par Silex Films et réalisé par Phuong Mai Nguyen (série Culottées) narre, pour sa part, une touchante histoire d’amour et d’amitié sur fond de passion pour le surf et de maladie incurable. Pour brosser cette histoire aux accents Love Story et transcender la réalité, l’animation se construit par vagues successives avec des cadrages 2D serrés afin de s’identifier aux protagonistes et des mouvements amples de caméra 3D pour mieux rendre la sensation de glisse (Blender avec rendu 2D). Prévue pour être fabriquée à Angoulême chez Silex Films et Autour de Minuit, la production budgétée à 7 millions d’euros a déjà réuni de nombreux financements (Charades pour la distribution internationale, Diaphana pour la sortie en France).

 

Miyu Production revient au Cartoon Movie avec un teaser de « Les Oiseaux de Porcelaine » réalisé par Ru Kuwahata et Max Porter. © Miyu Production

 

Toujours à destination des jeunes adultes, plusieurs projets ont déjà réussi à créer de véritables attentes avec le public de Cartoon Movie. Ainsi le prometteur Les Oiseaux de Porcelaine dont un teaser a enfin été dévoilé. Écrit et réalisé par Ru Kuwahata et Max Porter (production Miyu Production), le film décrit sur un mode onirique et poétique le choc culturel vécu par une jeune japonaise partant étudier aux États-Unis.

 

Porté par Isla Production, « Voyage à Teulada » de Nicola Contini, Pascal Chevé et Florent Mounier narre un double exode. © Isla Production

De même, Voyage à Teulada dirigé par Nicola Contini, Pascal Chevé et Florent Mounier et porté par le studio corse Isla Production réservait à Cartoon Movie la primeur de nouvelles scènes pour raconter cet exode imposé (l’annexion par l’OTAN d’un port sarde). Pour donner une portée universelle au récit, qui mêle deux histoires d’immigration (celle d’une vieille femme sarde qui rêve de revenir chez elle et d’une jeune Syrienne), la production, qui a réuni 44 % du budget en France (sur 4,6 millions d’euros), a opté pour l’animation 2D digitale pour les personnages, l’animation 2D cut out et la 3D (véhicules, etc.). « Le principal défi a été de trouver la bonne chaîne de production afin de préserver au plus près le travail du directeur artistique », note Florent Mounier qui assure la production exécutive.

 

La nouvelle production de Xilam, « Les Migrants » écrite et réalisée par Kan Muftic met en scène la tragédie des migrants. © Xilam

Pour cette édition 2022, Xilam (J’ai perdu mon corps) revient en développement avec Les Migrants, un nouveau projet qui fait écho au long-métrage Flee de Jonas Poher Rasmussen, inspiré d’une histoire vraie d’un réfugié Afghan (Tributes du réalisateur de l’année). Écrite et réalisée par Kan Muftic, la fiction met en effet en scène une tragédie contemporaine : la fuite vers l’Europe de réfugiés et de migrants. Après avoir parcouru la Jordanie, l’Égypte et la Libye puis avoir traversé la Méditerranée, une jeune Syrienne enceinte se retrouve prise en otage à la porte de l’Europe. La production tout en 2D devrait suivre un traitement similaire à celui du long-métrage J’ai perdu mon corps réalisé par Jérémy Clapin (Oscar 2019), à savoir une fabrication sur Blender suivie d’un rendu en 2D via Grease Pencil. Et ceci, « pour avoir plus d’impact visuel et une portée universelle tout en restant supportable pour les audiences », précise le producteur Marc du Pontavice.

 

Les bons sujets pour la famille 

Représentant 49 % des pitchs, les films dédiés à la famille restent, cette année encore, la cible favorite des producteurs (les projets pour enfants n’atteignant plus que 12 %). Ils occupent quasiment toutes les premières places de leur classement. Si les sujets comme les techniques continuent à se montrer très éclectiques (une spécificité européenne), ils mettent l’accent sur des valeurs sûres comme l’amitié, la solidarité et la témérité sans oublier de promouvoir les figures féminines. Pour la première fois, commencent également à apparaître des histoires introduisant des caractères hors norme suite à une différence physique ou un handicap mental.

 

Inspiré d’un roman graphique, « Ce n’est pas toi que j’attendais », porté par Claude Barras, fera l’objet d’une animation en stop motion. Production Sombrero Films. © Sombrero Films

 

Le réalisateur Claude Barras (Ma vie de Courgette, Sauvages) revient ainsi avec un sujet rarement abordé : l’arrivée dans une famille d’un enfant trisomique. Adapté du roman graphique de Fabien Toulmé, Ce n’est pas toi que j’attendais montre le désarroi d’un père face à un enfant pas comme les autres, et son lent cheminement vers l’acceptation de la différence grâce à sa fille aînée. Produit par Sombrero Films et soutenu par France Télévisions, le film (au budget de 8,5 millions d’euros), « réaliste mais pas documentaire » souligne le réalisateur, fera l’objet, comme les deux précédents, d’une animation en stop motion.

Dans Graine d’étoile réalisé par Anca Damian (L’extraordinaire voyage de Marona, L’Île), c’est l’albinisme qui se trouve au cœur de son nouveau projet de long-métrage. Rejetée par sa communauté du fait de son physique, une petite fille albinos vivant au Zimbabwe se lie avec d’étranges créatures magiques peuplant la forêt proche. Elle découvrira à leur contact que le monde visible possède plusieurs entrées. Pour la réalisatrice roumaine, c’est un prétexte permettant de mettre en place un univers riche en références graphiques très esthétiques inspirées de l’est africain. Pour cette production soutenue par Special Touch Studios, les personnages seront filmés en live et incrustés dans des décors en 3D.

Remarqué par les producteurs (comme le projet précédent), Living Large (en français La vie, en gros), réalisé par Kristina Dufková et porté par le studio tchèque Barletta et Novanima Productions (France), met en scène, de son côté, un adolescent obèse. Avec l’aide de ses amis, il parviendra à s’accepter lui-même et se faire respecter par les autres. La production, fabriquée en partie en Nouvelle-Aquitaine (comme huit autres coproductions), fera l’objet d’un traité en stop motion. Louis Clichy introduit, quant à lui, un jeune garçon si remuant qu’il passe son temps à tomber. L’enfant devra apprendre à se « tenir droit » en portant un corset orthopédique. Avec cette description sensible des rapports père/fils dans les années 80 et en milieu rural, le réalisateur des films 3D d’Astérix (Le Domaine des dieux et Le Secret de la potion magique avec Alexandre Astier) dévoile l’étendue de son savoir-faire en animation. Première production pour Eddy Cinéma (ouvert par le studio d’animation Eddy), le long-métrage recourra à une chaîne de fabrication full 2D (TV Paint) afin de suggérer un effet aquarelle et de trait à la plume.

De même que pour la cible ado-adulte, l’Histoire constitue un vivier inépuisable de personnages forts et authentiques et d’univers riches à explorer. Présenté par Xavier Picard (coréalisateur du Voyage du Prince de Jean-François Laguionie) et produit par Pictak et 2 minutes, Marie-Louise fait ainsi le récit d’une rencontre improbable, celle de Jeanne qui découvre, pendant ses vacances dans la maison de famille, le journal que son arrière-arrière-grand-mère Marie-Louise écrivait lorsqu’elle avait son âge. Ce raccourci temporel (un siècle sépare les deux fillettes) permet de faire revivre l’été 1918. Pour l’auteur et réalisateur, ce sujet offre aussi l’occasion d’explorer des techniques de fabrication différentes en fonction des scènes. La production (de l’ordre de 7 millions d’euros), qui repose sur des animations 2D et 3D très texturées, est arrivée en seconde place sur la liste des investisseurs.

 

Produit par Submarine et Tchack, « Young Vincent » revient sur l’enfance de Vincent Van Gogh. © Submarine et Tchack

Porté par Submarine (Pays-Bas) et Tchack (France), Young Vincent, lui, se penche sur l’enfance de Vincent Van Gogh. Envoyé en pension, celui-ci trompe son ennui et son envie de nature en s’échappant en imagination et en écrivant des longues lettres illustrées à son jeune frère Théo. Réalisé par Jean van de Velde, le film animé mêle deux univers différents : le premier inspiré par les compositions des peintures hollandaises du XVIIe siècle sert à dépeindre le monde réel, le second à base de métamorphoses annonce la manière de peindre de Vincent sans avoir à la parodier. Budgétée entre 6 et 8 millions d’euros, la production, qui cherchait un troisième pays coproducteur, devrait démarrer à l’automne 2023.

 

Nouveau long-métrage de Rémi Chayé, « Fleur », dont les interprètes sont des animaux, a pour cadre la Zone de Paris au début du XXe siècle. © Maybe Movie

 

Pour Rémi Chayé, le réalisateur de Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary et Tout en haut du monde, c’est la Zone ou l’immense bidonville érigé aux portes de Paris au début du XXe siècle (entièrement détruit pour faire place au périphérique) qui sert de cadre pour son nouveau long-métrage Fleur. Toujours produit par Maybe Movies, Fleur est une histoire originale, dont les interprètes sont des animaux, racontant la vie d’une petite chanteuse de rue (Fleur est une petite fouine). Scénarisée avec Sandra Tosello et Fabrice de Costil, la production fera la part belle à la musique et à la chanson populaire. Elle suivra un pipeline 2D mis au point par 2 Minutes.

 

Mary Anning, réalisé par Marcel Barelly et Pierre-Luc Granjon pour Nadasdy Film et Les Films du Nord, s’inspire de la vie de Mary Anning, découvreuse de fossiles. © Nadasdy Film – Les Films du Nord

Également très documenté, Mary Anning réalisé par Marcel Barelly et Pierre-Luc Granjon pour Nadasdy Film et Les Films du Nord s’inspire de la vie de Mary Anning, une découvreuse de fossiles ayant vécu au XIXe siècle dans une ville côtière du sud de l’Angleterre. Si l’enfance de la paléontologue autodidacte, qui vivait de la vente de ses découvertes, est évidemment romancée, la reconstitution de la fameuse baie à fossiles a fait l’objet de plusieurs repérages et le quartier de Mary d’une reconstitution fidèle. Presque tout le financement de cette production en 2D prévue pour une sortie à l’été 2024 (3,8 millions d’euros) a été trouvé en Suisse, souligne Nicolas Burlet, le producteur de Nadasdy Films.

Adapté d’une bande dessinée publiée chez Dupuis, Sidi Kaba et la porte du retour produit par Special Touch Studio remonte, pour sa part, au temps de la traite négrière en Afrique. Racontée du point de vue d’un jeune garçon, l’histoire de Sidi Kaba, qui tente de retrouver par-delà les mers, son frère enlevé par des marchands d’esclaves, prend des allures d’une épopée fantastique et humaniste. Réalisé par Rony Hotin, le film présenté en concept il y a quelques années au Cartoon Movie s’appuie sur une direction artistique en 2D semi-réaliste et surtout très colorée afin de trancher avec la dureté du propos. Si 35 % de son financement est sécurisé, manque encore à la production un diffuseur « comme souvent sur mes projets », note le producteur Sébastien Onomo qui soumettait aussi, au Cartoon Movie, Melvile et Graines d’étoile.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #47, p. 114-120