Dado Valentic aime explorer des univers différents et parallèles. Monteur, il créait souvent les bandes sons des films sur lesquels il travaillait grâce à ses talents de compositeur et de sound designer. Étalonneur depuis plus de vingt ans, il a colorisé des centaines de publicités et longs-métrages tels que Total Recall : Mémoires programmées (2012), Sherlock Holmes : Jeu d’ombres (2011) et Exodus : Gods and Kings (2014). Il a participé à la recherche du look de séries célèbres telles que Game of Thrones ou Marco Polo en qualité de Color Scientist. Participant régulièrement à des échanges à l’ICA (International Colorist Academy), à IBC au NAB ou pour l’ACES, il a formé de nombreux professionnels via Colour.Training.

Colourlab AI est un logiciel indépendant sorti en 2020 qui fonctionne de manière indépendante et sécurisée. Dans sa version Creator, il s’intègre aux flux de production avec les applications de montage et de postproduction Adobe Premiere Pro, Blackmagic DaVinci Resolve et Apple Final Cut Pro X. Des boutons situés en haut de l’interface permettent d’importer les timelines des outils de montage (Fetch from Resole et Fetch from Premiere) avant de traiter les images via Colourlab AI et de retourner les séquences dans les différentes stations.
Les étalonnages transitent sans export via des métadonnées appliquées par des plugs-in et effets qui exploitent la technologie X01 plus souple et modifiable que les LUT 3D. Colourlab AI peut également être utilisé de manière indépendante depuis la création de projets, l’import de médias, leurs traitements et l’export de films étalonnés ou de LUT.

Public de Coulourlab AI
Dado Valentic précise que l’application Colourlab AI a été imaginée pour apporter à tous les créateurs et vidéastes, même débutants, la puissance des outils d’IA afin d’obtenir le look recherché et la consistance du rendu colorimétrique de leurs films. Ceci, sans devoir suivre le long processus d’apprentissage habituellement nécessaire aux étalonneurs pro pour maîtriser leur art. Le succès de l’application a amené l’entreprise Colour Intelligence Inc. à développer une boîte à outils qui cible plus précisément les étalonneurs aguerris toujours en quête des looks, grains et textures plébiscités par les productions.

Workflow
De nombreux projets audiovisuels utilisent des images tournées selon un profil colorimétrique respectant la grande dynamique et le large espace colorimétrique des caméras de cinéma numérique. Ce profil est habituellement développé en postproduction via l’application de LUT 3D ou parfois l’utilisation de solutions internes de gestion colorimétrique (color management).

Si le profil de la source est connu, la technologie X01 de Colourlab AI l’interprète dans son application propriétaire et également via les plugs-in d’effets (ou des nodes pour DaVinci) lors du retour dans l’application de montage ou d’étalonnage. X01 applique également les réglages et les looks préparés via Coulourlab indépendamment du profil.
Si la source n’est pas connue et le profil n’est pas intégré dans les métadonnées des plans sources, Dado Valentic précise que le mode Log Generic analyse le contenu de la séquence via la puissance de l’IA et effectue les ajustements nécessaires vers le profil de diffusion (rec.709 pour la HD). Même sans connaître le profil des sources, elles sont correctement interprétées. XO1 est une technologie non destructive qui applique les décisions colorimétriques via le transport de métadonnées.
Roundtrip avec Adobe Premiere Pro ou Blackmagic DaVinci Resolve

Une fois la timeline active dans le logiciel de montage automatiquement chargée dans l’application Colourlab AI, le profil source est souvent automatiquement reconnu ou manuellement précisé par l’utilisateur. La lecture des images en RAW dans Colourlab AI nécessite l’installation du plug-in (Add-on) Tin Man de Calibrated Software. Plusieurs opérations motorisées par l’IA et l’apprentissage automatique sont successivement appliquées par l’étalonneur ou le monteur.
Colourlab AI utilise différents modèles d’IA harmonisés semi supervisés et non supervisés pour les balances colorimétriques, la correspondance des plans le long d’une timeline et la création de looks. L’utilisateur maîtrise la personnalisation des rendus par des outils traditionnels d’étalonnage tels que des roues colorimétriques, des « printer lights » ou une interface Color Tune qui permet de modifier les paramètres d’exposition, de température, de tente, de contraste, de densité ou de saturation. L’onglet Look Design permet d’intervenir sur des paramètres plus créatifs tels que la simulation de pellicules négatives et d’impression. Des looks peuvent également être choisis et appliqués via différentes palettes ou les fonctions de correspondance après import d’images de références.
Les différentes offres
Colourlab AI est désormais proposé en deux versions : Creator et Pro. La version Pro permet une plus grande intégration pour les étalonneurs professionnels qui souhaitent exploiter la puissance de l’IA directement depuis leurs outils haut de gamme. À la différence de la version Creator, elle n’est pas disponible pour Premiere Pro et Final Cut Pro, mais pour DaVinci Resolve, Nuke, Flame et Baselight. Cette version inclut également les plugs-in d’émulation de grain de pellicules film Grainlab et de création et de personnalisation de Look Designer.
Colourlab AI Creator et Pro sont proposés sur abonnement à respectivement 29 et 49 dollars par mois et à 250 et 490 dollars si l’abonnement est réglé pour l’année. Un outil gratuit Freelab permet de bénéficier de la force du plug-in d’adaptation des images « log » dans Premiere Pro, After Effects ou DaVinci.
Filmlab AI
Cette application destinée aux étalonneurs pro regroupe plusieurs plugs-in dédiés à la création de looks et l’application de textures sur les images. On retrouve Grainlab et Look Designer, complétés d’Halo Lab pour la simulation d’Halation, Lenslab pour l’émulation d’optiques, ainsi que d’inode et o node pour travailler dans l’espace de travail offrant 12 diaphs de dynamique au-dessus du gris moyen.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #63, p.114-116
