Pour les constructeurs et les prestataires audiovisuels, rendre la technologie la moins intrusive ou la plus discrète possible dans l’aire de compétition est un défi permanent. D’autant que les organisateurs d’événements sportifs, d’une manière générale, n’apprécient guère que la télévision, par ses hardiesses matérielles, vienne défier les lois de leur discipline.
La miniaturisation des équipements, avec des caméras de plus en plus petites et une électronique embarquée réduite à son minimum, est sans doute l’une des voies pour y parvenir. Mais elle n’est pas la seule. Une autre consiste à utiliser des techniques de dissimulation ou de camouflage.
Ainsi, en 1984, lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, un opérateur, vêtu d’une combinaison du même bleu que le carrelage de la piscine, filmait du fond de l’eau la natation synchronisée, le plongeon et le water-polo. En la matière, Deep Vision a orienté ses recherches vers ce qu’Alain Souffi, son directeur général, nomme lui-même « l’effet maquereau ». « Grâce à leur ventre argenté, qui reflète l’environnement sous-marin, et leur dos rayé de noir, qui les rend presque invisibles aux oiseaux au milieu des vagues, les maquereaux peuvent échapper à leurs prédateurs tant en surface qu’au fond de l’eau », éclaire le responsable.
De la même manière, en délaissant le noir, trop voyant, d’abord pour un matériau plastique blanc, dans lequel furent usinées les premières caméras tourelles Neo, puis pour l’aluminium anodisé, dont la résistance à la corrosion est par ailleurs prouvée dans un milieu particulièrement agressif en raison du chlore, « nous obtenons une sorte d’effet miroir qui, en réfléchissant la couleur ambiante, permet à nos systèmes de se fondre dans l’environnement. »
Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #41, p. 34-40. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.