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Changement de batteries durant le tournage pour l’exposition « Fables Immersives ». © Benoit Stefani

Deity DLTX, la gamme Theos devient plus pro

 

Le kit Deity Theos Digital Wireless est un ensemble HF numérique comprenant un récepteur double, deux émetteurs ceinture et deux micros-cravates. Affiché légèrement au-dessus des 1 000 euros HT, le pack proposait des prestations avancées, mais adoptait une connectique minijack.

 

L’émetteur Theos DLTX ici prêt pour le pilotage depuis l’app Sidius reprend les mêmes caractéristiques que le DBTX, augmenté des possibilités offertes par son connecteur Lemo 3. © Benoît Stefani

C’est un fait, en tournage, les fiches minijack ont pris leur place ici ou là, notamment pour les prises casque, mais aussi sur les émetteurs d’entrée de gamme. Déployée à grande échelle, la série Wireless Evolution de Sennheiser a d’ailleurs largement contribué à populariser le connecteur minijack augmenté d’un système de verrouillage. C’est précisément ce système qu’avait choisi Deity pour son émetteur DBTX livré en standard dans le kit Theos.

Nous avions, lors du test, été impressionnés tant par les performances HF (la plage confortable 550 x 960 MHz, la puissance d’émission modulable de 10 à 50 mW, la stabilité) que par les possibilités (gestion du TC, pilotage centralisé via smartphone, enregistrement sur les émetteurs). Plus pro, le DLTX que nous testons aujourd’hui garde la même base que son petit frère, mais avec une entrée au standard Lemo 3 offrant plus de possibilités. Test en grandeur nature…

 

Reconnect !!

Après l’inévitable séance de mise à jour, il nous faut également configurer l’ensemble du système constitué de deux DLTX et d’un récepteur D2RX. Ce sera l’occasion de reprendre en main l’App Sidius qui donne accès à quasiment tout : scan, synchronisation des fréquences, gestion centralisée du TC sur les enregistreurs, mais aussi quelques goodies comme le nommage des émetteurs et même leur identification grâce à un choix de couleurs. À l’usage, on s’habitue à ce pilotage via Bluetooth, même si la portée Bluetooth inférieure à la portée HF demande parfois à s’approcher des émetteurs. Et puis, il faut bien avouer que dans certaines situations on peut préférer travailler « en local » directement depuis le menu des appareils sans avoir à dégainer le smartphone.

 

Dans un set-up pro

Programmée pour la rentrée 2025, l’exposition « Fables immersives » offre une plongée dans l’univers des Fables de La Fontaine. Ici la future Salle de la Grenouille où l’on reconnaît Marie Bénoliel (Alias Marie S’infiltre) dans le rôle de la Grenouille et Laurent Stocker dans le rôle de La Fontaine. © Cités Immersives

Une fois familiarisé avec le système qui a légèrement évolué en un an, nous rejoignons le Studio 44 à Malakoff pour un premier test en grandeur nature, puisqu’il s’agit du tournage de séquences vidéo pour la futur exposition « Fables Immersives » (voir photos). Elle proposera dès la rentrée prochaine un parcours immersif et sensoriel à la découverte de Jean de La Fontaine et de ses célèbres créatures. Pour incarner cet univers avec originalité et poésie, un casting cinq étoiles avec des comédiennes et des comédiens de la scène française parmi lesquels Laurent Stocker de la Comédie-Française, Alexandre Astier, Arielle Dombasle, Charles Berling ou encore Marie Bénoliel (Alias Marie S’infiltre).

La configuration HF comprend également un système Wisycom, mais le fait de disposer d’un ensemble d’émetteurs dotés d’un connecteur Lemo 3 nous permet d’accéder directement à un ensemble de capsules réuni pour l’occasion. DPA 6060, Sanken Cos 11 ou Deity W Lav Pro, nos choix s’affinent en fonction de la voix des acteurs et de leurs tenues.

Les costumes d’époque nous permettent souvent de placer les différents micros Lavalier sous les perruques ou sous les chapeaux, suivant les possibilités offertes. En exploitation, le connecteur Lemo 3, moins long, plus résistant, plus rapide à verrouiller que le minijack rassure et facilite le placement.

Aucun doute, l’adoption du Lemo 3 facilite l’intégration d’une configuration Deity dans un set-up pro. Par contre, comme sur le DBTX, l’indicateur de niveau présent sur les émetteurs nous amène souvent à adopter des réglages trop généreux en gain. En fiction, où la dynamique de jeu des comédiens peut se montrer très étendue, la saturation peut alors se faire entendre, et ceci malgré l’ajout d’un limiteur analogique, ce qui représente malgré tout une avancée par rapport aux émetteurs DBTX qui en sont dépourvus. Évidemment, dans ces conditions de dynamique élevée, lancer l’enregistrement 32 bits sur les émetteurs reste un back-up très efficace contre la saturation.

Comme le dispositif de captation comprend des perches filaires et des HF analogiques, il nous faut compenser la latence des Deity évaluée à 6 ms. Une fois les retards bien réglés sur l’enregistreur, il nous faut aussi prendre en considération la phase, en fonction de la polarité native des capsules sachant qu’il n’y a pas de moyen d’inverser la polarité sur l’émetteur, pour obtenir un résultat global qui se montrera satisfaisant.

 

Perche HF ou captation déportée d’ambiances et de sons seuls font partie des applications facilement envisageables avec l’émetteur DLTX. © Benoit Stefani

Perche HF et captation déportée

Évidemment, comme le DLTX propose l’alimentation 48 V, il peut être tentant de gouter à la liberté de mouvement que procure la perche HF. Dans ce cas, il faut juste prévoir deux accessoires : le Deity L3-Link pour effectuer la conversion Lemo vers XLR et le DLTX Boom Pole Mount qui assure la fixation de l’émetteur à la perche. Comme l’émetteur se place dans ce cas la tête en bas, il faut juste activer l’option « flip » afin de renverser l’écran.

À l’utilisation, l’alimentation 48 V nous a permis de tester avec succès différents modèles de micros statiques : Neuman KM185, Sennheiser MKH416 ainsi que le tout nouveau Sony ECM 778, sans qu’aucun bruit parasite ne vienne gâcher la fête, même si l’émetteur est placé très proche du micro. C’est un avantage, par rapport à certains concurrents…

D’autre part, comme les émetteurs ceinture sont dotés de l’enregistrement avec time-code, on peut également envisager la prise de son d’ambiance – ou de sons seuls synchrones – déportée sur un pied de micro par exemple. Et pour la prise de son animalière, le pilotage de l’enregistrement à distance depuis le smartphone via l’app Sidius peut se montrer précieux.

Notons que pour ce type d’application, l’émetteur plug-on DXTX peut constituer une alternative intéressante puisqu’il existe une option XLR cinq broches permettant de câbler et d’alimenter en 48 V deux microphones et d’enregistrer le tout en 24 ou 32 bits sur la micro SD interne. Voilà qui va permettre de constituer un système d’enregistrement stéréo facile à déployer, autonome et pilotable à distance en choisissant son couple de micro favoris et son système antivent…

 

Un pas de plus…

Avec l’adoption du connecteur Lemo trois broches et la présence du 48 V, Deity fait véritablement un pas de plus vers le marché pro, tout en gardant un prix ultra compétitif : 539 euros HT hors accessoires. L’enregistrement intégré sur les émetteurs permet d’envisager des séquences embarquées (voiture, vélo, kayak ou autres) devenues de plus en plus communes avec la montée en qualité des actions cam et des drones. Mais alors, que reste-t-il aux systèmes pro plus onéreux ?

Pour l’instant, on peut souligner l’absence de possibilités d’alimentation centralisée via HiRose, ce qui est d’ailleurs curieux car Deity propose de telles unités dans son catalogue. Peut-être qu’un adaptateur corrigera un jour cette lacune ? Et puis, comme sur tout système de HF numérique, le système Deity offre l’avantage de supprimer le compandeur, mais utilise un codec avec une réduction de débit dont on ne connaît pas tout, et que certaines oreilles d’or ont remis en cause, du moins pour la version US qui a d’ailleurs été mise à jour depuis…

Ensuite, la portée HF est satisfaisante certes, mais elle est visiblement obtenue au prix d’une latence plus élevée que la concurrence. Il faut donc apprendre à vivre avec, surtout quand on travaille simultanément avec des micros filaires. On pourra enfin regretter l’absence d’inverseur de polarité sur les émetteurs, ce qui reste tout de même pratique suivant la capsule utilisée, sachant que certaines mixettes assez répandues comme la 633 de Sound-Devices ne propose pas cette option sur toutes les voies…

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #63, p.20-22