Foliascope s’est illustré avec la coproduction multiprimée Interdit aux chiens et aux Italiens d’Alain Ughetto. Coproduction internationale, Léo coréalisée par Jim Capobianco et Pierre-Luc Granjon met en lumière le savoir-faire hexagonal en stop motion et, en particulier, celui du studio Foliascope qui signe là son troisième long-métrage en volume.
Il n’aura fallu que dix ans au studio ouvert par Pascal Le Nôtre (anciennement co-fondateur de Folimage) à Beaumont-lès-Valence pour devenir un acteur majeur de la stop motion (avec seize plateaux de 1 200 m2). Dès sa création, le studio met le focus sur l’animation en volume avec des projets d’auteur et engagés (Interdit aux chiens et aux Italiens de Alain Ughetto, Wardi, la Tour de Mats Grorud). Quand Ilan Urroz et Nicolas Flory reprennent l’entreprise il y a cinq ans, il s’agira pour eux de poursuivre l’œuvre de Pascal Le Nôtre et de proposer une offre globale comprenant, outre l’animation volume, la 2D digitale, le layout et le compositing au sein d’une seule et même structure rénovée et entièrement équipée. « Il s’agissait en fait d’utiliser le meilleur des technologies de l’animation 2D et de la prise de vue réelle afin de les mettre au service des propos artistiques de nos réalisateurs », précise Ilan Urroz, directeur général.
Cette nouvelle stop motion baptisée 2.0., qui recourt entre autres à des suites logicielles comme Blackmagic DaVinci Resolve, permet au studio de s’aligner cette fois-ci sur les standards internationaux. Et de mettre en place de nouvelles manières de tourner en intégrant des VFX.
Le premier projet franco-américain de Foliascope est Léo (The Inventor), film qui se démarque des précédentes productions en stop mo « avec plus de moyens, une équipe internationale, de nouveaux talents », et qui est surtout entièrement fabriqué sur place. Désireux de produire des films s’inscrivant dans la durée, Foliascope met en place une pré-industrialisation numérique (avec la modélisation 3D des armatures…), généralise l’utilisation d’outils comme la découpe numérique, l’impression 3D et textile, l’impression métal (pour l’articulation des pieds entre autres).
Le fait d’être lauréat de l’appel à projets « Choc de Modernisation de l’appareil de production » lancé par le CNC en 2021 va lui permettre d’accélérer la transition écologique de la technique et d’avoir une gestion énergétique optimisée du studio. Accompagné par le CNC et le CIT (dispositif de soutien aux industries techniques), le studio a pu ainsi généraliser l’utilisation de ciels à Led contrôlables à distance sur ses plateaux (via le contrôleur DragonFrame), la technologie DMX afin de réduire les câbles sur les plateaux ainsi que le recyclage systématique des décors et des disques durs… « Pour réduire notre empreinte carbone, c’est surtout au moment du shooting que nous pouvons intervenir », précisait encore Ilan Urroz lors des RAF-RADI 2022.
La reconnaissance internationale (avec Léo entre autres) ainsi que la mise en place de nouveaux outils de production et savoir-faire ne va pas manquer de faire venir d’autres projets. « Des longs-métrages comme Leo apportent plus de visibilité à la stop mo et contribuent à ouvrir le marché de l’animation volume », se félicite Ilan Urroz. Dans le carton de Foliascope, s’annoncent d’autres films ambitieux en stop mo. Pour l’heure, Foliascope termine, sur le même pipeline que Léo, la série 2D Music Queens réalisée par Amandine Fredon (Le Petit Nicolas – Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?). Et pour le début 2024, Foliascope annonce sa première production déléguée, le prometteur long-métrage 2D Retour à Tomioka écrit par Laurent Galandon et réalisé par Michael Crouzat.
Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #54, p. 104-108