Pour illustrer ses engagements en matière de développement durable, France Télévisions a déployé au début de l’année plusieurs stands thématiques et organisé des interventions d’experts. De l’écoproduction audiovisuelle au numérique responsable, en passant par le Journal Météo Climat et les innovations technologiques, le groupe a ainsi mis en lumière des initiatives concrètes visant à réduire son empreinte environnementale.
Livia Saurin, secrétaire générale de France Télévisions, nous a accueillis ce 23 janvier, dans le grand hall de l’entreprise, transformé pour l’occasion en espace d’exposition. Son intervention a permis de mesurer concrètement les avancées déjà déployées au sein du groupe, engagé sur plusieurs fronts pour atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2050.
Un plan pour réduire l’empreinte carbone
« Nos premières analyses montrent que plus des deux tiers de notre empreinte carbone proviennent de la consommation des programmes par nos audiences. Nous avons retravaillé nos plates-formes pour réduire cette empreinte sans altérer la qualité des contenus », explique Livia Saurin. Elle précise également que la production des programmes représente 25 % de l’empreinte carbone de France Télévisions.
« L’écoproduction est depuis plusieurs années un enjeu majeur pour nous. Nous avons été pionniers avec Un si grand soleil, première fiction quotidienne labellisée par Ecoprod. Nous avons poursuivi avec les séries Alex Hugo, Abysse, avant d’intégrer cette démarche aux émissions de flux comme Le jeu des 1 000 euros et Slam. »

Les achats sont aussi un levier d’action pour le groupe : « Nous avons déjà intégré un critère RSE dans tous nos appels d’offres dès un certain seuil. Par ailleurs, nous avons signé une charte Relations fournisseurs et achats responsables et nous visons le label associé en 2025 », indique-t-elle avant de poursuivre : « Lauréat de la Grande Fabrique de l’Image du plan France 2030, France Télévisions ambitionne de faire de ses futurs studios de Vendargues une référence en matière d’écoproduction. Nous souhaitons que chaque production qui y sera accueillie bénéficie d’un accompagnement pour réaliser son bilan carbone », souligne Livia Saurin.
Innover pour réduire l’empreinte carbone
« Nous innovons en interne dans tous les domaines pour réduire notre impact. Lors du suivi du relais de la flamme olympique, nous avons économisé plus de 600 tonnes de CO2 grâce à une approche de production inédite qui sera étendu à d’autres événements en direct », explique Livia Saurin qui nous invite à découvrir plus en détail ce dispositif sur un stand dédié.
Suivi de la flamme olympique : une production innovante et écoresponsable
À l’occasion de cet Eco Day, le hall de France Télévisions accueillait parmi ses stands thématiques, un stand dédié aux solutions de production de direct. Le dispositif de suivi du parcours de la flamme olympique jusqu’à Paris pour les JO 2024 y illustrait l’engagement du groupe en faveur d’une captation plus durable et efficiente.
« Cette production qui s’est étalée sur une soixantaine de jours a été assurée par une équipe réduite avec une régie dans le cloud. Un mixeur son et un réalisateur étaient basés au siège, tandis qu’un JRI réalisait ses reportages avec un smartphone », explique Amy Rajaonson, ingénieur technologie ISP (Ingénierie Support Process) échange.
Grâce à une bulle 5G privative fournie par Obvios et une antenne Starlink, les images étaient transmises en direct, avec une réalisation opérée au siège via l’application TVU Anywhere. « Les réseaux publics sont saturés lors de si grands événements et certaines zones du territoire restent des “zones blanches”, la bulle 5G était donc un facteur clé du succès de l’opération », souligne l’ingénieur.

Cette approche innovante de la production en direct alliait flexibilité, réactivité et sobriété énergétique mais l’équipe ne s’est pas arrêtée là… « Nous avons aussi choisi de rester modeste pour les déploiements aériens : les drones ont remplacé les avions et hélicoptères, qui jusqu’à présent étaient la norme », souligne Amy Rajaonson avant de nous donner un ordre de grandeur par rapport à d’autres événements de cette ampleur, comme le Tour de France.
« Cette production opérée en remote depuis France Télévisions, nous a permis d’économiser 608 tonnes de CO2. En plus de son impact écologique réduit, ce dispositif s’est révélé économiquement avantageux. Cette approche fait donc désormais figure de modèle, et France Télévisions compte bien la réitérer sur de futurs événements en direct. »
Un Si Grand Soleil, une référence en matière d’écoproduction
Cette journée a aussi été l’occasion de faire un point d’étape sur la démarche écoresponsable et RSE d’Un Si Grand Soleil avec Olivier Roelens, producteur exécutif travaillant sur la série quotidienne depuis son lancement en 2018.
« France Télévisions, membre fondateur d’Ecoprod, a progressivement intensifié ses actions en faveur de pratiques plus durables sur le tournage d’Un si grand soleil. Depuis deux ans, cet engagement a pris une nouvelle dimension avec l’obtention du label Ecoproduction et de son audit Afnor. Nous avons dû confronter nos pratiques aux 80 critères du label et impliquer l’ensemble des équipes », témoigne le producteur.
« Nous sommes vraiment engagés dans une démarche de progression, saison après saison », souligne-t-il, avant d’évoquer les actions mises en place pour réduire l’impact environnemental des tournages. Parmi les leviers activés : suppression des groupes électrogènes, adoption de repas végétariens et suppression de la viande rouge à la cantine, réduisant ainsi de 40 % les émissions de CO2 liées à l’alimentation. La série a également optimisé ses tournages en passant d’une à deux équipes en studio pour limiter les déplacements. Enfin, un travail important est réalisé avec des ressourceries et une menuiserie interne permettant la réutilisation des éléments de décor et de costumes.

Les innovations technologiques les plus durables sont rapidement adoptées… « L’éclairage repose exclusivement sur des sources Led et la production virtuelle est largement utilisée. Nous travaillons avec un mur Led de 100 m² et des fonds verts, ce qui nous permet de créer des environnements variés sans quitter les studios. Les possibilités sont presque infinies », explique Olivier Roelens.
« Nous réfléchissons en permanence à comment optimiser nos ressources et réutiliser encore plus efficacement nos décors. Nos achats se tournent vers des produits labellisés et durables. »
Les efforts déployés pour cette production bénéficient également à l’ensemble des créations de France TV Studios et de La Fabrique. « Nous échangeons régulièrement des informations avec nos collègues afin d’étendre ces bonnes pratiques à l’ensemble des projets », conclut-il. Cette approche collaborative contribue à généraliser les pratiques écoresponsables au sein du groupe.
Optimisation énergétique et écoconception numérique
Lors de l’Eco Day, un stand était dédié à un enjeu majeur : l’écoconception numérique. France Télévisions s’investit activement dans la réduction de l’impact carbone de ses plates-formes, notamment avec l’introduction d’un mode « éco » sur son service de streaming.
« Ce mode ajuste la résolution des vidéos afin de réduire leur empreinte carbone », explique Lorie Péron, consultante Ops à la direction design de France Télévisions. « L’utilisateur peut ainsi, en l’activant, contribuer à une démarche écologique tout en maintenant une expérience de visionnage optimale. »
L’impact de cette initiative est significatif : « En un seul mois, nous économisons près de 4 500 tonnes de CO2, ce qui est loin d’être négligeable. » Pour aller plus loin, ce mode sera bientôt activé automatiquement sur les téléphones portables, où la différence de qualité d’image reste imperceptible, offrant ainsi une solution efficace et durable sans compromis sur l’expérience utilisateur.
Un engagement collectif pour une transition écologique durable
L’ensemble des équipes de France Télévisions est mobilisé pour accompagner la transition écologique du groupe. Un comité de pilotage RSE et des référents sont présents dans chaque secteur, y compris au sein du réseau France 3 et en Outre-mer, afin de structurer les initiatives en matière de développement durable.
« Nous avons développé des modules de formation pour sensibiliser les collaborateurs et renforcer la culture d’entreprise en matière de durabilité », explique Livia Saurin.
Ces dernières semaines, sous l’impulsion de Delphine Ernotte Cunci, l’aventure continue : France Télévisions vient de renforcer son engagement écologique avec la Convention pour le climat et l’environnement. Première entreprise publique à initier une concertation participative, elle a tiré au sort 80 salariés fin mars. Leur mission : proposer des actions concrètes pour façonner le plan de transition écologique du groupe.
Le groupe a aussi prévu de publier son premier rapport de durabilité conforme à la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) au premier trimestre 2026, témoignant d’un engagement structuré et transparent en faveur d’un audiovisuel plus responsable et durable.
RENDRE L’ECORESPONSABILITE PLUS ACCESSIBLE ET ENGAGEANTE
Lors de l’Eco Day, l’Université France Télévisions proposait l’Éco-Game, un escape game immersif où les participants, dans le rôle d’un chargé de production, devaient organiser une émission tout en respectant des contraintes environnementales. « Cette expérience ludique et coopérative prouve que l’on peut sensibiliser à l’audiovisuel durable sans dramatiser », comme le souligne Jean Chrétien, directeur délégué de l’Université France Télévisions.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #61, p.98-100
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