TF1 vient d’annoncer sa volonté de racheter sa rivale M6. Cette opération concrétiserait une concentration du paysage audiovisuel inédite en France. Les autorités de régulation – le CSA, l’Autorité de la concurrence et la Commission Européenne – et les pouvoirs politiques – exécutif et parlementaires – devront d’abord s’assurer de la préservation de la concurrence, de l’innovation et de la diversité dans l’univers télévisuel français. Cette méga-fusion aura sans aucun doute un impact sur l’ensemble de la filière et, alors que d’un côté cette annonce est entendue comme une riposte active vis à vis des pratiques monopolistiques des GAFAN, d’un autre côté certain acteurs locaux s’inquiètent… C’est le cas de Molotov qui exprime sa crainte d’une mise en péril d’un équilibre pour tous les acteurs français de l’audiovisuel.
Le groupe TF1/M6 absorbera les trois quarts du marché publicitaire du média télévisé et sera en mesure d’attirer près de 40% de part d’audience de la télévision française. Cette carrure positionnera le nouveau groupe audiovisuel en position ultra-dominante, en particulier dans le domaine de la distribution des contenus et services de télévision… Deux domaines où les deux groupes sont déjà très habiles pour contrer la concurrence.
Dans un communiqué, Molotov constate à quel point les engagements pris auprès de l’ADLC en août 2019 par TF1 et M6 dans le cadre de la création de Salto, n’ont eu, près de deux ans après, aucun effet sur leur comportement anticoncurrentiel. La plateforme de streaming exprime donc sa crainte qu’avec cette fusion, les deux groupes puissent donner libre cours des stratégies d’éviction de la concurrence sur le marché de la distribution. Pour ces éditeurs télévisuels devraient, en toute logique, ne pas avoir le droit d’opérer sur le marché de la distribution en tant qu’acteur unique…
La menace de cette fusion sur le marché de la distribution va conduire Molotov à saisir dans les jours qui viennent les autorités concernées que des garanties sérieuses soient apportées afin de préserver les équilibres et le pluralisme dans l’audiovisuel français. Ce projet de fusion ne manquera pas non plus d’alimenter le débat sur la redéfinition de la chronologie des médias !