L’un est réalisateur free lance, l’autre ingénieur et ancien maker. Les deux complices se rencontrent sur une chaîne YouTube avant de se lancer, presque par accident, dans l’aventure entrepreneuriale.
Un produit né du terrain
Tout est parti d’un besoin bien réel. Valentin, alors équipé d’une Sony FX3, cherchait une solution pour simplifier la gestion de ses batteries, souvent trop nombreuses et peu optimisées. « Je voulais pouvoir alimenter ma caméra et mes accessoires avec une seule batterie V-Mount, pour gagner en autonomie et en confort sur les tournages », explique-t-il. Il se tourne alors vers Maxime qui conçoit un premier prototype. Très vite, le duo comprend qu’il tient là un produit à fort potentiel. Le Cinémax est né : un bloc d’alimentation compact, monté sur cage, imprimé en 3D avec finition aluminium, pensé pour les caméras hybrides plein format.

Un design évolutif, pensé pour la compatibilité
Le Cinémax se distingue par sa capacité à s’adapter à différentes marques et modèles (Sony, Canon, Lumix, Nikon, bientôt Fujifilm). « Le temps de développement varie selon la complexité des boîtiers », précise Maxime. « Un Z6 III, proche d’un A7, se fait en une semaine. Pour un R5C, on peut monter à deux mois d’itérations. » Pour garantir la compatibilité, les deux entrepreneurs conçoivent des versions adaptées aux cages les plus courantes (SmallRig, Tilta). Si les premières générations dépendent de ces cages, Fuze Gear planche déjà sur des modèles plus autonomes, moins contraints par les accessoires tiers.
Fabrication locale et montée en gamme

Les produits sont conçus à Paris, imprimés en 3D en interne et assemblés à la main. « On utilise un PLA renforcé, des plaques aluminium usinées sur plan, des composants choisis pour leur fiabilité. La durabilité est une priorité », souligne Maxime. Le soin du détail s’étend jusqu’au traitement de surface, aux vis personnalisées et au contrôle qualité. Ce travail artisanal de précision n’empêche pas une montée en charge industrielle : Fuze Gear commence à répondre à des commandes importantes, tout en préparant un changement de locaux pour augmenter ses capacités de production.
Une entreprise jeune, mais déjà très suivie
Bien que les deux fondateurs ne se rémunèrent pas encore – tout est réinvesti dans le stock et le développement –, la société connaît une croissance rapide. Son réseau de distributeurs s’élargit : IPLN, Miss Numérique, Objectif Bastille, Visual Impact, TRM… « Les utilisateurs nous suivent depuis le début, nous font des retours précieux, et nous aident parfois à penser les futures évolutions. Cette proximité, c’est une vraie force. »
De nouveaux produits à l’horizon

Si Cinémax reste le produit phare (vendu entre 260 et 410 euros TTC), Fuze Gear prépare l’avenir. Un nouveau produit, cette fois destiné aux professionnels du cinéma, est en cours de conception. Encore confidentiel, ce projet plus universel, autour du standard V-Mount, sera accompagné d’un dépôt de brevet. « On espère lancer un prototype en septembre et commercialiser début 2026 », glisse prudemment Valentin.
Présence renforcée au Satis
Fuze Gear sera présent au Satis 2025, sur le stand de TRM, avec sa solution Cinémax montée sur une FX3. D’autres revendeurs pourraient également exposer le produit. Et pourquoi pas une candidature aux Trophées Satis ? « On y pense », sourient-ils. Il est vrai que leur démarche, à la croisée de l’ingénierie et de l’usage terrain, colle parfaitement à l’esprit du salon.
Avec Fuze Gear, Maxime et Valentin apportent une bouffée d’air frais dans le monde parfois saturé des accessoires de tournage. Leur approche pragmatique, leur exigence de qualité et leur proximité avec la communauté en font l’un des projets les plus prometteurs de la scène tech audiovisuelle française.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #63, p.32-33
