Depuis plusieurs années, l’industrie a amorcé un virage vers une dépendance accrue aux logiciels pour la gestion des infrastructures audiovisuelles. Cependant, une accélération récente est notable grâce à l’arrivée sur le marché de plates-formes ouvertes comme celles proposées par Nvidia et Intel. Avec des technologies telles que HoloScan de Nvidia, ces plates-formes permettent aux éditeurs de logiciels de se greffer plus facilement sur des infrastructures existantes, facilitant ainsi l’optimisation des flux de travail.
Flexibilité et scalabilité : une nouvelle ère du broadcast
La grande innovation réside dans la flexibilité qu’offrent ces nouvelles architectures. Par exemple, les clients peuvent désormais faire tourner la puissance d’un switcher, tel que le Sony G1, sur des plates-formes hardware standard comme celles de Dell. L’idée ici est de permettre un mix harmonieux entre le hardware et le software, en fonction des besoins réels des clients, notamment en matière de disponibilité des ressources.
Lors d’événements spécifiques comme la Fashion Week, où la demande en ressources est plus élevée (plus de caméras, plus de puissance de traitement), les utilisateurs peuvent faire appel à des ressources externes dans le cloud ou dans un data center proche, plutôt que de surdimensionner leur infrastructure en permanence.
Une transition vers des infrastructures IP
Toutefois, avant de pouvoir pleinement profiter de cette architecture distribuée, il est essentiel que les infrastructures sous-jacentes soient totalement compatibles avec le protocole SMPTE 2110. Cette transition, qui est en cours, est un prérequis pour pouvoir exploiter le plein potentiel des solutions de production à distance.
La crise du Covid-19 a mis en lumière l’importance croissante du télétravail dans le secteur audiovisuel, et la production à distance, autrefois marginale, s’impose de plus en plus. En ce sens, Sony mise sur des plates-formes ouvertes et des standards industriels, permettant aux utilisateurs de bénéficier d’une infrastructure souple et adaptable. Un exemple frappant est la possibilité de diffuser en direct des caméras PTZ en 2110 directement dans le cloud, offrant ainsi une agilité inédite pour les productions en live.
L’écosystème Networked Live de Sony, conçu pour tirer pleinement parti des ressources dans les productions live de haute qualité, fait l’objet d’une série de nouvelles annonces. Travaillant main dans la main avec sa filiale Nevion, Sony apporte une vision holistique à toute production recherchant des workflows de bout en bout et indépendants de toute plate-forme.
Sony a continué à participer à de nombreux essais dans le monde entier, en collaboration avec des opérateurs mobiles tels que Deutsche Telekom, Orange Pologne et 3 Danemark, afin d’ouvrir l’ère de la transmission en direct à faible latence 5G. Les workflows incluent les caméras, l’unité de production à distance CBK-RPU7 et l’émetteur de données portable PDT-FP1, qui a été lancé au début de l’année, et qui offre un support solide pour le streaming 5G direct depuis les caméras.

IBC 2024 marque l’introduction sur le marché du M2L-X : ce mélangeur logiciel, offre une flexibilité et une capacité de production homogène grâce à son système COTS (Commercial Off-The-Shelf) et au déploiement de Virtual Private Cloud (VPC), couplé à l’interopérabilité avec des applications tierces. Le M2L-X s’intègre également de manière transparente à une plate-forme logicielle qui permet aux développeurs de créer facilement des applications de médias en direct.
Alors que les opérateurs de production live recherchent de plus en plus l’évolutivité, la durabilité et la modularité, la nouvelle version du mélangeur MLS-X1 de Sony constitue la solution idéale (V2.2) avec la moitié du nombre de M/E et d’E/S permet aux petites sociétés de production d’exploiter, elles aussi, les qualités dynamiques et évolutives offertes par la plate-forme. D’un point de vue opérationnel, le MLS-X1 bénéficie de plusieurs améliorations telles que Conditional Action et Panel Memories, pour une création narrative plus efficace (V2.3).
Dans le cadre de la vision de Sony en matière de production hybride, la filiale Nevion améliore le transport des médias, le réseau et l’orchestration des ressources entre les installations et le cloud. Nevion Virtuoso proposera la transmission SRT et la compression vidéo HEVC pour les applications à bande passante limitée. La plate-forme d’orchestration des médias VideoIPath de Nevion prend désormais en charge le routage et le contrôle des ressources de traitement dans le cloud. De plus, les mises à jour de VideoIPath Operate continuent de repenser le contrôle de la diffusion pour la production hybride en direct.
Exploiter la puissance du cloud et de l’IA
La plate-forme Creators’ Cloud de Sony est dédiée à la production, au partage et à la distribution efficaces de médias. Depuis sa création, elle a connu plusieurs expansions avec des développements spécifiques destinés aux particuliers ou aux entreprises.
Afin d’améliorer les flux de postproduction, la plate-forme Ci Media Cloud de Sony a présenté une intégration native avec DaVinci Resolve de Blackmagic Design. Disponible à l’automne 2024, cette intégration permet aux utilisateurs de rechercher des séquences stockées dans Ci, de les prévisualiser, de télécharger des proxys, de vérifier les commentaires, de télécharger de nouvelles coupes, le tout directement depuis leur logiciel de montage vidéo non linéaire (NLE).
Le C3 Portal de Sony voit également sa connectivité élargie aux dernières caméras et est désormais capable de recevoir des flux de streaming provenant de solutions tierces tels que LiveU ou des encodeurs SRT génériques, ce qui permet un déploiement rapide et facile des flux de caméras dans le cloud. Les modems sans fil Node II, Node II CBRS et Node 5G de Teradek sont maintenant capables de fonctionner avec des caméscopes Sony sélectionnés pour transmettre des fichiers en streaming ou enregistrés à C3 Portal. Du côté des récepteurs, C3 Portal peut se connecter, parmi de nombreuses options, au logiciel de réception de streaming PWA-RX1, lancé au NAB cette année.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #59 dans le cadre du dossier « Spécial IBC », p.84-85