L’ECM 778 s’adresse à priori autant aux preneurs de son qu’aux vidéastes ayant besoin de capter la scène sonore se déroulant principalement dans l’axe de l’objectif. Il est présenté dans un (gros) coffret plastique contenant le micro, une bonnette mousse pour l’intérieur, une bonnette à poils courts pour l’extérieur. Pour faciliter l’utilisation sur une suspension de caméra, un câble XLR d’une quarantaine de centimètres et un extenseur ont également été prévus. Dès la réception du microphone, le premier reflex est de le comparer à une référence du genre comme le MKH 416 de Sennheiser…
Un canon court

Avec une longueur totale inférieure à 18 cm, le Sony ECM 778 mesure quasiment 7,5 cm de moins qu’un micro canon type MKH 416. L’encombrement fait plus penser à l’Audio Technica AT875R par exemple. Voilà qui promet une bonne maniabilité sur perche, mais surtout un micro bien plus facile à vivre sur une caméra. En effet, avec cette longueur, moins de risque de le voir apparaître dans l’image, même sur des plans tournés en grand-angle. D’autre part, la caméra équipée du micro prendra également plus facilement sa place dans un sac de transport, ce qui au quotidien n’est pas un détail…
L’examen de la fiche produit laisse apparaître que le corps du micro est en aluminium, un matériau choisi ici pour sa légèreté et sa bonne isolation contre les perturbations électromagnétiques. On y apprend également que le tube acoustique en laiton adopte un design travaillé de façon à optimiser la rejection des sons latéraux et arrière, une façon de compenser sa dimension réduite…
En tournage

Avec une sensibilité annoncée à -31 dB, l’ECM 778 fait partie des micros les plus sensibles, une caractéristique qui se confirme lors de notre test comparatif en situation d’interview : l’ECM 778 et le MKH 416 demandent un niveau de gain quasi identique et très raisonnable. Voilà qui permettra de ramener en studio des sons propres, même avec des caméras d’entrée ou de milieu de gamme dont les préamplis micro ont tendance à rajouter du souffle dès qu’ils sont un brin sollicités.
Cette impression de netteté dans le rendu est d’autant plus renforcée que le bruit propre du micro est plutôt faible. Par contre, en termes de rendu, ce micro est bien différent de son concurrent allemand. Le MKH 416 propose en effet un grave généreux et une petite bosse dans le haut du spectre vers 7-8 kHz, des caractéristiques qu’on aime ou pas, mais qui sont absentes sur le Sony ECM 778 dont la réponse est plus plate. L’isolement du sujet se montre en revanche assez comparable sur les deux micros, aussi bien pour les sons qui viennent sur les côtés que pour ceux qui proviennent de derrière et c’est une belle performance pour un micro canon aussi court.
La chicane incluse dans le tube du micro semble donc efficace. Pour évaluer le rendu général sur une plage de fréquences plus large, nous enregistrons une séquence avec cette fois une guitare acoustique. Là aussi, sans dévoiler un caractère marqué, le Sony ECM 778 montre qu’il peut monter haut le spectre. Pour tester le comportement en prise de son extérieure, nous troquons la bonnette mousse pour le modèle à poil court inclus dans le pack. Elle offre l’avantage de garder l’aspect compact du micro, mais son atténuation des bruits de vent se montre insuffisante dès que le vent forcit ou se met à tourbillonner. Pour sortir par tous les temps, il faudra donc investir dans un modèle plus imposant…
Le milieu de gamme

Dans un marché occupé dans le haut de gamme par des fabricants tels que Schoeps, Sennheiser ou DPA, et en entrée de gamme par des challengers comme Røde, Audio-Technica ou Deity, Sony propose ici un micro canon milieu de gamme, intéressant de par sa compacité, sa sensibilité élevé et sa réponse étendue dans le haut du spectre.
L’ECM 778 se mariera donc bien avec les caméras de poing et on peut imaginer que le constructeur japonais en profitera pour le proposer en pack avec ses camescopes. Sa petite taille le rend également intéressant pour les utilisateurs de DSLR type Alpha 7 ayant choisi « l’option XLR » qui consiste à ajouter le préampli XLR-K3M en l’enfichant sur la griffe flash. En tout cas, Sony offre désormais à ses clients, la possibilité de faire un saut qualitatif en adoptant le 778 à la place de l’ECM-XM1 généralement livré en kit avec cet adaptateur…
PRINCIPALES CARACTERISTIQUES
- Dimensions : Diamètre : 20 mm. Longueur : 176 mm
- Poids : 102 g
- Tension d’alimentation requise : De 44 à 52 V
- Technologie : À condensateur
- Directivité : Mono, superdirectionnel type canon court.
- Réponse en fréquence : 40 –› 40 000 kHz (+/- 10 dB)
- Sensibilité : -31 dB (0 dB = 1v/Pascal)
- Bruit propre : 16 dB SPL
- Pression SPL Max : 135 dB
SEQUENCE NOSTALGIE : LE GUIDE DES MICROPHONES SONY

Même si Sony a toujours été relativement discret en France sur son savoir-faire en matière de microphone, le constructeur japonais a pourtant acquis depuis longtemps un réel savoir-faire en la matière. D’ailleurs, certaines références encore disponibles à la fin des années 80, mais hélas disparues du catalogue actuel, n’avaient pas à rougir face à leurs concurrents européens.
J’ai d’ailleurs toujours gardé précieusement à mes côtés Le Guide des Microphones Professionnels, un petit livret édité par Sony à cette époque. Rédigé par Jean-Pierre Picot et Philippe Lemenuel, l’ouvrage permettait d’apprendre de nombreux éléments sur le fonctionnement et les différentes technologies utilisées sur les microphones, le tout astucieusement illustré avec les différents micros de la gamme Sony. Un exemple de marketing intelligent mettant en avant toutes les références Sony de l’époque. Au hasard, on y trouvait ainsi les micros de studio à grande capsule comme les C38 ou C48B, ou l’étonnant micro à lampe C800, mais aussi les micros canon comme le C74.
Moins étoffée aujourd’hui, la gamme de microphones Sony propose, d’un côté, des produits destinés à la captation musique, et de l’autre, ceux destinés à la prise de son à l’image. C’est à cette dernière catégorie que le nouveau ECM 778 appartient.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #63, p.28-30
