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Jason Barrault a sillonné la France pour Fly View avec une Insta360 Pro 2. © DR

Sky is the limit avec Avec No Gravity !

 

Assistant réalisateur de formation, Jason Barrault a commencé à piloter des ULM – aeronefs « Ultra Léger Motorisé » – par passion il y a vingt ans. Puis, il y a huit ans, ces appareils ont commencé à devenir très perfectionnés, il a alors a envisagé d’y embarquer des caméras de cinéma stabilisées… Et il a fondé sa société avec Damien Schneider, directeur de production.

Si ces passionnés d’images aériennes proposent aussi parfois des captations avec des drones, les avantages que l’on peut retirer des tournages en ULM leur apparaissent clairement incomparables.

 

En mars dernier No Gravity a tourné des images inédites de vols en wingsuits avec le support technique de la société Arri. © DR

Un budget allégé par rapport aux tournages en hélicoptère

« Si l’on compare le coût d’une prise de vue aérienne en ULM et en hélicoptère, on s’aperçoit vite que le second moyen coûte une fortune. Or, après tout une série de tests, on arrive aujourd’hui à embarquer les mêmes types de set-up caméra sur un ULM que sur un hélico…

« Une journée de tournage en hélico pour le cinéma se facture entre 20 et 30 000 euros. Avec l’ULM No Gravity pour une configuration cinéma, il faut compter moins de 10 000 euros et tout est compris : l’essence, l’assurance, le chef opérateur, le pilote ! En amont, nous examinons avec le directeur de la photo ce qu’il souhaite comme caméra, comme objectifs, puis nous faisons une demi-journée d’essais avant de partir en tournage.

« Pour un tournage d’images VR, le prix est encore plus bas car nous avons besoin de moins de matériel (le retour moniteur et la commande de contrôle caméra sont inutiles). Nous économisons aussi la demi-journée d’essai. Dans ce cas, il faut compter 5 500 euros », récapitule Jason Barrault qui est généralement aux commandes de l’ULM.

 

Un dispositif de déport sur mesure conçu avec la complicité du constructeur d’ULM ardéchois Air Création. © DR

Un écosystème de captation davantage en harmonie avec le développement durable…

Outre le coût horaire, l’impact carbone est aussi significativement réduit comme l’explique le fondateur de No Gravity : « L’ULM consomme dix-sept fois moins de carburant : pour un hélicoptère, il faut compter entre 250 et 300 litres par heure, un ULM brûle 9 à 14 litres, soit l’équivalent d’une grosse berline sur autoroute. En plus, l’hélico utilise du kérosène, l’ULM du sans plomb 98… La pollution sonore est aussi à prendre en compte : le bruit de l’ULM est trois fois moins important que celui de l’hélicoptère et il est même possible de voler moteur éteint ce qui représente un atout certain pour certains types de documentaires… Le seul défaut qu’on pourrait trouver à l’ULM c’est qu’il ne fait pas de vol stationnaire, mais comme il peut voler très lentement, à une vitesse 70 km/heure, sur un plan serré, ses prises de vues se rapprochent de celles en stationnaire », précise Jason Barrault.

 

Unique en son genre, No Gravity a fait le pari de faire de la prise de vue aérienne en ULM son cœur de métier © DR

Plus d’autonomie que tous les autres moyens de prise de vue aérienne…

Le fondateur de No Gravity met en perspective les caractéristiques d’autonomie des ULM, des drones et des hélicoptères : « Si on compare l’ULM au drone, ce dernier est très limité en termes de capacité et d’autonomie, il va rester une trentaine de minutes en vol. Il s’agit par ailleurs d’un outil de captation assez compliqué à gérer et l’aspect administratif peut s’avérer un vrai casse-tête. De son côté l’hélico possède une autonomie de deux heures et demie maximum… Un ULM peut, lui, rester en l’air près de quatre heures ! ».

 

 

No Gravity travaille aussi bien pour le cinéma, la publicité que la télévision © DR

 

Des configurations pour tous types de tournages cinémas…

« Notre aérodrome est localisé au sud de Paris et à partir de cet endroit, nous nous déplaçons dans toute la France. Nous chargeons dans l’ULM nos ordinateurs, nos caméras, les disques durs et nos effets personnels pour dix jours si nécessaire et nous sommes autonomes… Pas besoin d’un régisseur qui nous suit au sol ! Nous pouvons embarquer les caméras les plus fréquemment utilisées au cinéma. Je pilote et je suis accompagné d’un chef opérateur placé derrière moi. Spécialisé dans l’aérien, ce chef opérateur a accès à toutes les commandes : zoom, point, diaph en déporté. La tête stabilisée est placée à l’avant de l’avion », résume Jason Barrault qui a su tirer profit de la vague de la miniaturisation des stabilisateurs de caméra pour ses systèmes de stabilisation.

No Gravity a opté pour deux sets up. L’un d’eux repose sur un DJI Ronin 2. © DR

« Nous avons opté pour deux sets up. L’un d’eux repose sur un DJI Ronin 2 et accepte les configurations de caméra cinéma légères avec une Red ou une Alexa associée à des objectifs jusqu’à 120 mm de focale… Le deuxième set-up est basé sur un stabilisateur Arri, le SRH 360. Très flexible et très robuste, ce stabilisateur est en mesure de supporter jusqu’à trente kilos de poids. »

Jason Barrault a conclu un partenariat avec Arri et, avec le support technologique élargi du constructeur allemand, il a récemment filmé deux Wing Suiters en vol. « Avec cette production où l’on voit les deux sportifs toucher les bouts de l’aile de notre ULM en vol, nous avons voulu montrer que nous sommes en mesure de proposer des images inédites avec une qualité cinéma… Généralement les Flying Suiters sont filmés à la Go Pro car les drones et les hélicos sont trop invasifs ! », explique Jason Barrault qui peut envisager une très grande proximité avec ses sujets mais aussi travailler avec des zooms jusqu’à 250 mm.

 

 

Avec No Gravity sky is the limit ! © DR

Également des prises de vues aériennes pour la réalité virtuelle

Pour la première fois cet été, No Gravity a aussi commencé à faire des prises de vues en réalité virtuelle avec des caméras Insta360 Pro 2 et Insta360 Titan Pro. « Le LBE (location-based entertainment) Fly View, qui propose des expériences basées sur des simulations de vol, souhaitait élargir son offre avec des images des grands sites naturels français : nous avons filmé les volcans d’Auvergne, les falaises d’Étretat, les gorges du Verdon, le Mont-Saint-Michel… Le résultat fonctionne bien et nous avons poussé l’expérience un peu plus loin au début de l’année en volant récemment au cœur d’une formation d’oies bernache… Et, nous avons aussi tourné des séquences VR avec les Wing Suiters bien sûr. Toutes ces prises de vues inédites sont sensationnelles ! », s’enthousiasme Jason Barrault.

 

Avec No Gravity sky is the limit ! ©DR

Il poursuit : « Nous avons la chance d’avoir un ULM conçu par Air Création, une société ardéchoise leader mondiale dans la construction d’ULM. Alors, lorsque nous avons une demande un peu spéciale comme celle des tournages VR, nous envisageons directement avec le constructeur la manière d’aborder les défis que les producteurs nous posent. Pour la réalité virtuelle, nous avons par exemple développé un système de déport la caméra de deux mètres par rapport à l’ULM pour faciliter l’effacement de l’appareil en post production ».

 

Avec No Gravity sky is the limit ! © DR

Outre ses interventions sur des longs-métrages cinéma ou des émissions télé, No Gravity commence à être sollicité pour couvrir des événements sportifs en directs tels que les courses de bateaux Imoca Globe Series, Vendée Globe, La Route du Rhum… « Les courses de bateaux sont dans le fond plutôt écoresponsables et les hélicos qui suivent le départ ont tendance à entacher leur image… D’où l’idée des organisateurs de nous solliciter ! », explique le directeur de No Gravity.

No Gravity travaille régulièrement pour des sociétés de production TV comme Troisième Œil (Des Racines et des Ailes) ou France TV (Faut Pas Rêver), Adenium (Comme Les Autres). La société a aussi collaboré avec Radar Films sur le long-métrage de Nicolas Vanier Donne-moi des ailes et avec Boréales pour le documentaire de Frédéric Fougea Le plus beau pays du monde.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #46, p. 46-48