« Le son direct analogique offrait une ergonomie de travail quasi parfaite avec le Nagra 4S, une machine fiable, portable et compacte, au son irréprochable. Le numérique, soi-disant supérieur, mettra presque dix ans à retrouver une cohérence similaire. Au départ, arrivent les enregistreurs DAT qui n’apportent rien de qualitatif car leurs préamplis sont inférieurs, et ils sont trop fragiles pour les conditions du tournage…
« J’ai débuté en numérique avec le Nagra D, une machine de studio que j’ai supporté sur un seul film en fantasmant sur ses quatre pistes parce que je voulais capturer en direct les acoustiques des décors dans lesquels nous tournions. Mais elle était moins fiable que la série 4S et absolument pas portable.
« J’ai ensuite utilisé pendant cinq ans le Zaxcom Deva II, qui reste pour moi un cube immonde d’ergonomie obligeant à utiliser des préamplis externes, mais qui fonctionnait plutôt bien. Sauf que, d’une simple sacoche Nagra, on passait à une roulante lourde avec batteries au plomb et sauvegarde sur DVD-RAM. On croyait avancer vers le progrès, on reculait !
« Et puis en 2004, DC Audiovisuel me prête un Cantar d’Aaton sur le tournage Les Dalton en Allemagne. Coup de foudre, le nouveau Nagra est né et ma roulante bonne à jeter à la poubelle. J’achète la machine dès le film suivant Les Chevaliers du ciel. Je redeviens léger, autonome, et les promesses du numériques sont enfin là, avec une dynamique exceptionnelle et surtout aucun réglage de machine contrairement aux Nagra.
« Ça fait donc une quinzaine d’années que les enregistreurs sont à nouveau parfaits en tournage. Aujourd’hui, les consoles n’ont plus de raison d’être puisque tout est intégré aux enregistreurs avec télécommandes à faders et c’est tant mieux ! ».
Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #43, p. 20-24