Pour sa vingt-sixième édition, la rencontre franco-québécoise du court-métrage a rassemblé diffuseurs, producteurs, étudiants et passionnés autour d’une semaine d’échanges, de création et de projections. Entre un marché international très fréquenté, des Kino Kabarets bouillonnants et des laboratoires de création ultra tech soutenus par des partenaires fidèles, Off-Courts confirme son rôle unique de laboratoire d’idées et de tremplin pour la relève du cinéma court.
Résister
À l’heure où de nombreux festivals s’interrogent quant aux solutions à trouver pour poursuivre leurs actions et que les professionnels du court-métrage sont, de fait, moins souvent réunis autour de leurs passions communes, un événement fait figure de résistant. Même si la situation économique de Off-Courts n’est pas plus simple que celle de ses homologues, l’énergie contagieuse d’une équipe en permanence renouvelée aura permis, une fois encore, que l’écosystème se réunisse en nombre à Trouville, en Normandie.
Échanger
Durant une semaine, l’ensemble des chaînes de télévision françaises, de nombreux acheteurs de contenu internationaux, des distributeurs, des programmateurs et des producteurs venus des quatre coins du monde étaient réunis pour faire vivre le court-métrage et réfléchir ensemble au futur.
Les rencontres mises en place dans le cadre du Marché international du film de Trouville ont fait salle pleine quasi systématiquement, permettant ainsi que les professionnels se mêlent aux étudiants ou même aux passionnés désireux d’apprendre. Notons que les rencontres proposées par Adobe ou le CNC qui ont trouvé un public attentif et venu en nombre que ce soit pour mieux comprendre les différentes façons de financer des projets ou de les mener à bien techniquement. N’oublions pas non plus la réflexion menée quant aux dispositifs de résidences existants sur le territoire français et que Raphaël Laforgue est venu présenter comme il l’avait fait à Cannes en mai dernier.

S’évader
Aussi, alors que le soleil brillait sur la côte, les organisateurs ont un temps cru que la salle de cinéma, installée au Salon des Gouverneurs du Casino Barrière, ne se remplirait pas autant que souhaité. Là encore le public les aura rassurés en se déplaçant en masse. La compétition – dont chacun a reconnu la grande qualité – et les séances thématiques ont attiré de très nombreux spectateurs et, cette année encore, il était difficile de se trouver une place, même par terre, lors des soirées de Kino Kabaret où ont été proposés les films réalisés sur place. Il est toujours incroyable de voir plus de 400 personnes se déplacer un soir de semaine pour voir ce qui s’est fait les 72 heures précédentes !
Créer
Parce qu’à Trouville, vous le savez surement déjà, ce sont aussi des films qui se font durant l’événement. Au sein des Laboratoires internationaux de création étaient réunis plus de 150 personnes venues de quinze pays pour partager les savoirs et transmettre. Avec, là aussi, une large place faite aux étudiants en cinéma, les Labos du festival proposaient à chacun de profiter d’un environnement technologique de haut vol grâce aux partenaires fidèles que sont, entre autres, Sony, Manganelli, Adobe, Progiss 3DFX, Tapages et Nocturnes, Acc&Leb, Xeen, Laowa, SmallRig ou Lexar pour ne citer qu’eux.
Aussi, des professionnels, chefs opérateurs, preneurs de sons, monteurs ou spécialistes des FX étaient présents pour encadrer le processus. Pour ce dernier point, Exaion Studio accompagnait cette année le festival avec une solution dématérialisée. Deux postes dédiés au VFX étaient des stations cloud de nouvelle génération. Pas de doute, à Trouville, tout est réuni pour que la création soit au centre des activités et profite d’outils performants pour se faire !

Du court au long
Amélie Bonnin, son producteur Robin Robles de chez Topshot et le comédien Bastien Bouillon sont venus à la rencontre du public trouvillais pour une séance spéciale autour des films Partir un jour, le court et le long-métrage. La projection a été suivie d’un long échange avec les protagonistes encadré par Robin Hopquin, puis de questions du public. En 2021, le festival Off-Courts avait été le tout premier à présenter le premier court-métrage d’Amélie Bonnin dans lequel Bastien Bouillon donnait déjà la réplique à Juliette Armanet. Après le succès qu’a connu le long-métrage (ouverture du Festival de Cannes et box office de rêve), il est encourageant de voir que l’équipe du film n’a pas oublié comment a commencé l’aventure. Bravo pour cette fidélité et le coup de pouce que cela donne au court-métrage !
PALMARES 2025
- En beauté de Rémi Mardini : Prix du public France – ville de Trouville-sur-Mer
- Rituels sous un ciel écarlate de Dominique Chila et Samer Najari : Prix du public Québec – ville de Trouville-sur-Mer
- Rives de Arthur Cahn : Prix de la meilleure réalisation France – région Normandie
- Comment devenir riche, épanoui et détendu d’Amélie Hardy : Prix de la meilleure réalisation Québec – Talenz Alteis
- En ces lieux de Anastacia Vlasenko et Énora Giboire : Prix du meilleur documentaire – Talenz Alteis et Tapages et Nocturnes
- Eva Huault dans Sam et Lola de Mahaut Adam : Prix d’interprétation – Cures Marines de Trouville
- Le punk de Natashquan de Nicolas Lachapelle : Prix Hugues Fléchard du meilleur scénario Québec – Talenz Alteis
- Détaché de Jean-Christophe Gairard : Prix de la meilleure musique originale
- Talenz Alteis et Apaxxdesigns : Prix de la critique – SFCC
- L’appel de Maroussia Bleitrach : Prix Unifrance
- Sam et Lola de Mahaut Adam : Prix Office franco-québécois pour la jeunesse
Enfin, n’oublions pas le Prix France Télévisions Jeunes producteurs qui, pour la douzième année consécutive, venait récompenser le travail d’une structure de production âgée de six ans maximum. C’est Mondina films qui s’est vu attribué ce super prix doté de 30 000 euros pour le plus grand plaisir d’Anne Berjon et d’Emma Ancele, jeunes productrices assurément à suivre.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #64, p.102-103





