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Premier long-métrage animé pour Picolo Pictures (L’Odyssée de Choum), "La Petite Cavale" met en scène une relation filiale atypique et généreuse. © Picolo Pictures

La Petite Cavale, un road movie à hauteur d’animaux 

 

La société de production Picolo Pictures a été créée par les auteurs et réalisateurs Claire Paoletti et Julien Bisaro. Entretien.

L’Odyssée de Choum n’est pas votre première collaboration ?

Claire Paoletti : Notre première collaboration date du court-métrage Bang Bang ! que nous avons réalisé pour Arte (production Caïman Productions). Suite à ce film nominé aux César 2015, nous avons décidé de produire nos propres projets comme L’Odyssée de Choum. Son succès nous a surpris. Nous nous sommes rendu compte que ce genre de film, que nous voulions comme une première expérience cinéma pour les petits, avait un public potentiel.

 

La Petite Cavale s’inscrit-elle dans la continuité de L’Odyssée de Choum ?

Julien Bisaro : Oui. L’approche demeure la même, même si son format est plus long (75 minutes). Pour ces films qui s’adressent à un public familial et à des enfants à partir de 5 ans, nous continuons à avoir une démarche documentaire et pédagogique. L’Odyssée de Choum a reçu de nombreux prix dont le Japan Price qui récompense des programmes à vocation pédagogique. Pour La Petite Cavale, nous nous sommes particulièrement documentés en nous rendant en Nouvelle-Zélande où nous avons visité des centres de réhabilitation de manchots, rencontré des professionnels très investis dans la protection des espèces en voie de disparition (comme l’oiseau cacapo).

 

Pour que l’immersion soit plus forte, vous avez opté pour un film en grande partie sans dialogues…

J.B. : Oui. Toutes les émotions écrites doivent trouver dans le film leur forme visuelle et sonore. Les animaux sont donc bruités (mais les humains parlent). Nous travaillons avec le créateur sonore Gurwal Coïc Gallas qui réalise des morphings sonores pour faire rire un animal par exemple (à partir de rires d’enfants et de cris d’animaux). Ces « voix », qui traduisent des émotions, se testent lors de l’animatique. Nous travaillons aussi avec un ingénieur son néo-zélandais qui fera des captations sonores sur place.

C.P. : Ne pas faire parler les animaux permet aussi de ne pas mettre de mots articulés sur leurs émotions. Cela demande une écriture très exigeante. Nous nous préoccupons toujours de savoir comment telle scène va être perçue par le public.

 

Comment allez-vous traduire visuellement ce road movie à hauteur d’animaux ?

J.B. : Notre approche réside toujours dans une approche plastique non photoréaliste. Le trailer est en 2D avec quelques mouvements de caméra en 3D (les décors sont dessinés en 2D puis mis en 3D). Nous allons faire des tests d’animation en 3D sur les personnages mais en gardant cet aspect 2D. Notre objectif est de nous consacrer, cette année, à l’animatique, au storyboard, au montage financier et à ces tests techniques. Nous prévoyons d’entrer en fabrication début 2025 pour une livraison courant 2027.

 

Avec La Petite Cavale, quel message souhaitez-vous diffuser ?

C.P. : Nous cherchons à investir de « nouveaux récits » pour le public familial qui nous semble être prêt pour des films qui ouvrent des questions et ne sont pas uniquement du pur divertissement. En tant qu’êtres humains, nous sommes connectés aux animaux, à la nature, au vivant… C’est important d’introduire cette thématique auprès des plus jeunes car une fois leur sensibilité éveillée, elle demeure acquise pour la vie.

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #56, pp 98-105