Dans le cadre du PLF 2026, le Gouvernement a fait adopter un amendement retranchant 30 millions d’euros supplémentaires au budget de l’audiovisuel public. La Scam dénonce une fragilisation majeure de France Télévisions, Radio France et de l’INA, mettant en cause leur indépendance et leurs missions.
PLF 2026 : une baisse budgétaire totale de 101 millions d’euros
Alors que le PLF 2026 prévoyait déjà une diminution de 71 millions d’euros après sept années de stagnation budgétaire, un nouvel amendement gouvernemental adopté le 20 janvier 2026 ajoute 30 millions d’euros de coupes supplémentaires pour France Télévisions, Radio France et l’INA.
Au total, la dotation globale de l’audiovisuel public passera de 3,949 milliards d’euros en 2025 à 3,848 milliards d’euros en 2026, soit une baisse cumulée de 101 millions d’euros.
France Télévisions particulièrement touchée
France Télévisions supportait déjà 65,3 M€ des économies initialement prévues. Elle se voit désormais imposer 15 M€ supplémentaires en 2026.
Selon LaScam, cette décision ne relève ni d’un arbitrage équilibré, ni d’une contribution proportionnée à l’effort budgétaire national.
En tenant compte de l’inflation, France Télévisions coûte aujourd’hui 20 % de moins aux Français qu’il y a dix ans, malgré des missions élargies.
Un décrochage budgétaire face aux autres administrations
Contrairement aux autres administrations publiques, le financement de l’audiovisuel public n’a pas suivi l’inflation.
Entre 2019 et 2025, la dotation a progressé de 169 M€ hors inflation, mais en tenant compte de la hausse des prix (+20 %), cela représente une baisse réelle de près de 583 M€, soit –13 % en volume.
À titre de comparaison, les crédits des autres administrations ont augmenté en moyenne de +43 %.
Les moyens alloués à l’audiovisuel public français représentent par ailleurs environ la moitié de ceux de l’Allemagne et de ses Länder.
Absence de COM et insécurité budgétaire
Depuis 2022, aucun média public ne bénéficie d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM), pourtant indispensable à la planification budgétaire.
Pire, l’État actionnaire a, à plusieurs reprises, amputé en cours d’année les crédits votés, une pratique pointée par la Cour des comptes.
Depuis septembre 2024, près de 200 M€ ont ainsi été retirés à France Télévisions, en contradiction avec les lois de finances et le Règlement européen sur la liberté des médias (EMFA), qui impose un financement stable et prévisible.
Des conséquences directes sur la création et l’information
Ces coupes successives menacent les actifs stratégiques de l’audiovisuel public. France Télévisions a déjà annoncé une baisse d’au moins 3,5 M€ des investissements dans la production documentaire en 2026.
Dans un contexte de désinformation, de tentatives d’ingérences étrangères et à l’approche d’échéances électorales majeures, LaScam alerte sur le risque de fragiliser un outil essentiel d’information fiable, indépendante et accessible à tous.
Six chiffres clés PLF 2026 / Audiovisuel public
- –101 M€ : baisse totale prévue dans le PLF 2026
- 3,848 Md€ : dotation globale audiovisuel public en 2026
- 65,3 M€ : effort déjà supporté par France Télévisions
- 15 M€ : économies supplémentaires demandées à France Télévisions
- –13 % : baisse réelle du financement en volume depuis 2019 (inflation comprise)
- –3,5 M€ : baisse annoncée des investissements documentaires en 2026
