En complément des matches « premium » dont les télés et leurs prestataires techniques ont contractuellement la charge, PSG TV produit elle-même chaque année quelques affiches de l’équipe féminine, de Youth League, voire quelques matches amicaux disputés par Mbappé et ses coéquipiers.
D’autre part, la chaîne récupère le signal d’un certain nombre de matches de l’équipe première (une soixantaine par an), commentés par des journalistes maison dans quatre langues (français, anglais, espagnol, portugais). Avec sa constellation de stars, le PSG est devenu une marque internationale. Ainsi, son match face à une sélection locale, à Riyad (Arabie saoudite) en janvier dernier, a été diffusé en direct, non seulement sur PSG TV (site Web et application mobile), mais aussi sur Twitch, YouTube, Twitter, Facebook et Douyin, la plate-forme aux 640 millions d’utilisateurs en Chine, lancée en septembre 2016, un an après sa petite sœur TikTok, où il a réuni plus de 4,5 millions de spectateurs.
« Il nous arrive souvent de faire du multistream », confirme Anthony Baca, directeur du département digital. « Selon le match, cette diffusion est proposée soit en premium, aux 42 000 abonnés de PSG TV, soit gratuitement à l’ensemble des fans du club. »
Les premiers ont également droit à dix à quinze heures d’émissions hebdomadaires, en anglais et en français, autour de l’actualité et du divertissement, selon les plates-formes (« Le PSG Show » sur Twitch, par exemple) et les moments de la semaine. Ces émissions sont réalisées dans la Factory installée à Boulogne-Billancourt, au siège administratif du club, où celui-ci dispose d’un ensemble studio/régie de 40 mètres carrés, composé notamment de trois caméras PTZ, de trois PC et de six écrans de monitoring. « Les soirs de match au Parc, on installe également un plateau au bord du terrain pour une émission de 45 minutes (Kick-Off) avant le coup d’envoi, suivi d’un plateau en tribune de presse pour commenter le match en live », complète le responsable.
Cependant, PSG TV n’est que l’étendard d’un département digital qui emploie trente collaborateurs permanents, dont une dizaine travaillant exclusivement pour la chaîne, et qui se divise en quatre pôles : la création de contenus ; la gestion des réseaux sociaux sur lesquels des rédacteurs maison vont faire des publications tout au long de la journée ; la postproduction (montages vidéo, clips, etc.) ; enfin la distribution et la monétisation. Ou comment s’assurer que le produit concerné performe sur les différentes plates-formes du club.
Digitalisation
Les matches diffusés sur ces plates-formes, en l’occurrence ceux produits par PSG TV, via un prestataire extérieur, à l’aide d’une régie fly et d’un dispositif de trois à cinq caméras, se déroulent en général au Camp des Loges. Le centre d’entraînement du club est ainsi entièrement fibré. « On envoie un flux sur un point RTMP qui nous permet ensuite de streamer le signal en live et on dispose de ressources, côté IT, pour s’assurer que le réseau est stable », décrit Anthony Baca.
Le digital est également au cœur du Parc des Princes, dont les différentes zones (tribunes, salons, coursives…) sont couvertes par un réseau Wi-Fi HD Cisco. Selon le cas, trois SSID sont proposés : PSG Net pour les employés, PSG Press pour les médias et Wi-Fi PSG pour les spectateurs, lesquels peuvent se connecter via un portail captif Ucopia.
Deux écrans géants (5 m x 9 m) du chinois Hisense, basés sur la technologie de son compatriote Unilumin, et 608 panneaux Led (80 cm x 90 m), répartis sur trois niveaux, contribuent par ailleurs à l’animation visuelle du Parc.
Enfin, quelque 500 petits displays (Lenco TFT-1038BK) sont disséminés dans l’enceinte de la Porte d’Auteuil. « Pour la télédistribution, nous fonctionnons actuellement avec un réseau IPTV mais que nous espérons pouvoir changer cet été », indique une source interne. C’est aussi le moment où l’équipe première prendra ses quartiers sur le nouveau campus du club, situé à Poissy.
À l’heure où nous bouclons, les accords concernant la fourniture des différents équipements audiovisuels qui garniront le site ne sont pas encore finalisés. Néanmoins, cet écrin high-tech, s’étendant sur 74 hectares, abritera notamment deux studios de 75 mètres carrés et un troisième (sky box) pour des émissions en direct, avec vue sur les dix-sept terrains équipés de caméras IP pour filmer les entraînements.
Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #51, p. 96-105