Cent ans, c’est une longévité record et c’est aussi un prétexte à raconter de nombreuses histoires à propos de cet autre géant de l’audio. Alors, à quoi Shure doit-elle cette exceptionnelle longévité et quels sont les produits qui ont le plus profondément forgé l’image du constructeur ? Comment la modeste société fondée en 1925 à Chicago par Sidney N. Shure a pu traverser les crises économiques, la guerre, et s’adapter aux mutations technologiques tout en se développant ?
Christophe Bouillot nous éclaire en puisant dans l’histoire de Shure, sans oublier l’aspect humain qui reste au cœur de cette épopée…
Avant de commenter l’histoire de Shure, que peut-on peut dire sur monsieur Sidney N. Shure : était-ce un ingénieur, un businessman ?

Christophe Bouillot : Sidney N. Shure était avant tout un entrepreneur visionnaire qui a su dès le départ insuffler à son entreprise un esprit d’innovation. Enfant, déjà, il était passionné de son et de technologies. Nous avons découvert dans nos archives qu’à l’âge de quatorze ans à peine, il assemblait des postes de radio AM pour lui-même et ses amis. Si on se replace dans le contexte d’il y a cent ans, pour un gamin, la radio, c’était assez incroyable. Il avait même passé une licence pour radioamateur l’autorisant à émettre légalement sur certaines bandes de fréquences. Ce n’était pas à la portée de tout le monde.
Cette passion allait prendre, quelques années plus tard, une nouvelle dimension. Par contre, ce n’est pas au départ un ingénieur diplômé puisqu’il suit un cursus en géographie à l’université, avec l’ambition de devenir enseignant dans cette discipline. Sauf que le destin en décidera autrement et après une recherche d’emploi infructueuse, il emprunte un peu d’argent et décide, en 1925, de fonder la Shure Radio Company, démarrant son activité par la vente par correspondance de composants et kits pour radios. À bien des égards, la radio représentait à l’époque ce que l’intelligence artificielle est pour nous aujourd’hui : une technologie émergente, fascinante et prometteuse, qui rend soudainement accessibles des idées et des projets que l’on croyait jusque-là utopiques.
Ce n’est qu’à partir des années 30 que Sidney N. Shure se lancera dans la production de microphones et accessoires, ne cessant par la suite de faire évoluer son entreprise au rythme des grandes avancées technologiques.
Avons-nous quelques clefs sur sa personnalité ?
Au-delà des affaires, Sidney Shure était un homme d’une curiosité insatiable. C’était aussi un collectionneur passionné de timbres, au point de léguer sa collection au Smithsonian Institute. Ceux qui l’ont connu le décrivent comme un homme aimable, attentif aux autres, jamais colérique et toujours respectueux…

L’histoire officielle met surtout en avant Sidney N. Shure, le fondateur, mais quelle a été la contribution de madame Shure à cette aventure entrepreneuriale ?
Effectivement, la contribution de madame Rose L. Shure a été tout aussi déterminante que celle de son mari. Fortement impliquée et présente au quotidien, Rose Shure a joué un rôle majeur dans cette aventure entrepreneuriale, jusqu’à prendre la succession de son époux à son décès en 1995. Gardienne de l’héritage et des valeurs de Shure, elle a assuré la continuité de l’entreprise familiale en préservant son indépendance et son identité. Son style de management, fondé sur le respect des valeurs humaines, des employés et des clients, a été reconnu comme exemplaire.
Discrète mais ferme, madame Shure portait une attention toute particulière à la fabrication de produits fiables et durables, assurant la stabilité et la réputation d’excellence de l’entreprise pendant plus de vingt ans. Ceux qui ont connu cette grande amatrice de jazz soulignent son intelligence, sa simplicité et sa délicatesse.
Finalement, c’est ensemble, main dans la main, que Rose et Sidney Shure ont bâti un héritage durable. Tous deux formaient un couple brillant, uni par une même vision et des valeurs qu’ils nous ont transmises : respect humain, innovation, indépendance, qualité et fiabilité. Ils ont mis l’entreprise sur des rails qui la portent encore aujourd’hui…
D’une petite société de VPC à un leader mondial de l’audio, Shure n’a cessé de se réinventer. Comment expliquer cette continuité dans le changement et cette capacité à s’adapter aux grandes transformations ?

Selon moi, tout est résumé dans cette phrase de Sidney N. Shure, affichée dans le hall de notre siège social à Niles, près de Chicago : « We are in business to perform a Service to people. “People” includes our customers, our employees, our suppliers, and the communities in which we live. » Ces mots qui accueillent chaque visiteur à l’entrée expriment l’essence même de la mission de Shure : offrir avant tout un service. Nos clients, nos collaborateurs, fournisseurs ou plus largement les communautés qui nous entourent sont avant tout des personnes, avec des besoins réels, des contraintes.
À ses débuts, lorsque Sidney Shure crée la société en 1925, il est seul. Mais très rapidement, il comprend que les nouvelles technologies comme la radiodiffusion, la sonorisation ou encore les communications bidirectionnelles ont toutes un point commun : elles nécessitent des microphones. Il engage alors des ingénieurs brillants, parmi lesquels Ben Bauer, à l’origine du mythique Unidyne. Car si Sidney Shure n’était pas un ingénieur, il avait un talent rare pour repérer les bons profils, fédérer des équipes et les conduire au succès. Un peu comme un manager de baseball, il savait exactement à quel poste placer chaque personne pour tirer le meilleur du collectif.

Sauf que quatre ans après avoir lancé son activité, entre l’essor de la production industrielle et la conjoncture économique mondiale, les ventes de composants de radios en kit chez Shure, brusquement, s’effondrent. Et les foyers américains réduisent drastiquement leurs dépenses. La Grande Dépression de 1929 aurait pu mettre fin à l’aventure, et beaucoup d’entreprises auraient, à sa place, déclaré faillite. Mais Sidney Shure refusa de céder. Pour survivre, bien sûr, mais aussi par loyauté envers ses employés, dont il se sentait responsable. Il diversifie alors temporairement l’activité en vendant une sélection de biens de consommation courante allant des ballons de basket aux grille-pain ! Et puis, quand la situation économique s’améliore, il recentre son entreprise sur l’audio. La société Shure continue dès lors de garder le cap et traverse les époques avec agilité. Ses équipes d’ingénieurs spécialisés fourmillent d’idées, expérimentent sans cesse. Nos archives témoignent de cette effervescence créative constante.

C’est ainsi que, dans les années 40, des esquisses griffonnées sur des bouts de papier donneront naissance, des décennies plus tard, au MXA 910, illustrant la capacité de l’entreprise à théoriser des concepts comme le beamforming, et ce bien avant que les moyens techniques ne permettent l’existence de cette technologie. C’est cette culture d’expérimentation et d’innovation, combinée à la volonté de survivre et de protéger ses employés, qui a permis à Shure de s’adapter à chaque disruption technologique, et elles ont été nombreuses : arrivée massive des postes radio à transistor alors que Shure vend des kits et pièces à monter, introduction du CD alors que l’entreprise domine le marché de la cellule vinyle, ou encore évolution des technologies sans fil quand Shure s’affirme plus que jamais comme leader de la microphonie filaire.
Et puis, dans les années 90, vient le boom du son installé qui permet à Shure de démocratiser les systèmes HF et les processeurs en rack anti-larsen. Sans parler de l’émergence de la création de contenus qui créera une nouvelle demande pour des produits performants et accessibles au grand public…
Tous ces défis ont jalonné l’histoire de Shure, qui doit, au final, sa pérennité à sa capacité à penser différemment et à faire évoluer ses technologies dans leur conception même, tout en plaçant l’humain au centre de ses préoccupations. L’Entreprise ne change pas pour changer, elle évolue pour répondre aux besoins du monde qui nous entoure, tout en restant fidèle à ses valeurs et à son ADN. Et c’est cette vision humaniste qui continue de guider chacune de nos décisions et nous pousse à innover sans cesse.
Le micro Unidyne, les cellules phono ou encore le Vagabond 88, le premier micro-main sans fil, font partie des produits emblématiques de Shure. En quoi ces innovations étaient-elles avant-gardistes pour leur époque et comment se sont-elles imposées sur le marché ?

Chacun de ces produits, à sa manière, illustre en effet une avancée technologique décisive qui a marqué son temps et perduré au-delà. Remontons dans les années 30 : les microphones étaient alors volumineux, encombrants et peu pratiques. Puis est arrivé le Shure Model 55 Unidyne qui a vu le jour en 1939 grâce à l’ingénieur Ben Bauer. Pour la première fois, un microphone pouvait capter la voix tout en rejetant efficacement les sons ambiants, avec un seul et unique transducteur. Résultat : un micro plus discret, moins lourd, qui ne cachait pas le visage de l’orateur et permettait aux artistes de bouger plus librement sur scène. Ce principe, devenu la base de la quasi-totalité des microphones modernes a fait de l’Unidyne une référence universelle. Dans le monde entier, on reconnaît ce micro chromé et sa silhouette sculptée. L’image d’Elvis Presley s’en emparant sur scène a façonné tout un imaginaire de la performance. L’Unidyne a aussi porté certaines des voix les plus marquantes du XXe siècle : celles de Franklin D. Roosevelt, Martin Luther King ou John F. Kennedy.
Autre jalon majeur, cette fois dans le monde audiophile : Shure lance en 1958 la M3D, première cellule phono stéréo à aimant mobile. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, sa sortie simultanée avec le premier vinyle stéréo de Columbia Records n’était pas une coïncidence. Dès 1954, Columbia avait effectivement approché Shure pour travailler, dans le plus grand secret, sur une technologie capable de lire ce nouveau type de disque. Quatre ans plus tard, les deux innovations sont dévoilées en même temps : le disque stéréo et la cellule capable de le lire. Cette collaboration stratégique a permis à Shure de s’imposer durablement comme un acteur clé de la révolution du son haute-fidélité, un statut que l’entreprise conservera jusqu’à la fin du siècle.
La capacité de production industrielle de Shure a permis de rendre ces produits accessibles à grande échelle et de s’imposer comme leader du marché… jusqu’à ce que l’introduction du CD en 1982 provoque par la suite l’effondrement du vinyle. Cette menace de type existentiel aurait pu peser lourdement sur son activité si Shure n’avait pas, dès les années 50, investi en parallèle dans le sans-fil et continué à étoffer son catalogue. Car si Shure a pu prendre ce tournant, c’est bien grâce au Vagabond 88. Premier micro à main sans fil au monde, il fut sans doute lancé trop tôt pour son époque. Conçu avant même l’arrivée des transistors, il reposait sur des lampes miniatures, aussi bien dans le micro que dans le récepteur. Son autonomie limitée et son coût élevé (l’équivalent de plusieurs milliers de dollars actuels) l’ont réservé à quelques casinos de Las Vegas. Ce n’était pas encore un succès commercial, mais c’était une intuition visionnaire. Comme le disait Sidney N. Shure : « Nous reviendrons au sans-fil lorsque nous pourrons le rendre aussi fiable que nos microphones filaires. »
Trente ans plus tard, lorsque la technologie a rattrapé cette vision, Shure avait en effet déjà ouvert la voie, acquis une expérience et une légitimité en tant que pionnier de la microphonie sans fil. En somme, ces innovations n’étaient pas seulement des prouesses techniques. Elles répondaient à un besoin, anticipaient une transformation des usages et s’imposaient parce qu’elles incarnaient exactement ce que Shure a toujours cherché à faire : permettre au plus grand nombre d’accéder aux plus hauts standards de qualité audio, avec des produits fiables, durables et profondément en avance sur leur temps.

Plus largement, que sait-on du fonctionnement du département R&D de Shure ? Comment ont été orientées les recherches ?
Avec plus de 500 brevets à son actif, le département R&D de Shure est véritablement l’un des piliers historiques de la société. Comme le disait notre fondateur : « We know very well that absolute perfection cannot be attained, but we will never stop striving for it. » Cette quête constante d’excellence depuis près d’un siècle reste profondément ancrée dans la culture de l’entreprise qui a fait le choix, dès les années 1930, d’internaliser sa R&D au sein de son siège à Niles. Sur place, une équipe pluridisciplinaire d’ingénieurs, composée d’acousticiens, de physiciens et de développeurs de logiciels, travaille main dans la main pour créer des solutions audio complètes, en réponse aux différentes évolutions du marché.
Historiquement, nos recherches se sont toujours articulées autour de deux axes majeurs : la fiabilité et la qualité sonore. Dès les années 1940, Shure conçoit des microphones et des casques capables de répondre aux exigences militaires les plus strictes. Aujourd’hui encore, chaque innovation est soumise à une batterie de tests rigoureux (résistance aux chocs, aux variations de température, à l’humidité) afin de garantir une durabilité exemplaire. Nous maintenons des échanges constants avec nos utilisateurs finaux, clients et partenaires, ce qui nous permet d’intégrer leurs retours dans le développement de nos produits. C’est cette approche collaborative qui a donné naissance au système Axient Digital, aux micros miniatures de la gamme Plex, ou plus récemment au DCA 901, premier microphone multicapsules numérique conçu pour le broadcast.
Est-ce que le fait que Shure reste aujourd’hui une entreprise privée participe à cette approche de la R&D ?
Effectivement, le fait d’être non cotée en bourse nous permet d’ancrer cette philosophie dans le long terme. Une part significative des bénéfices est systématiquement réinvestie dans la recherche et l’innovation, assurant ainsi notre indépendance. En accord avec les vœux du fondateur et de son épouse, l’entreprise est, et restera, une société privée, afin de préserver ces valeurs indispensables et garantes de l’engagement de Shure en matière de R&D.
À l’IBC, le micro, ou plutôt le système de captation DCA 901 a été présenté. Qu’est-ce qui fait que ce produit sort maintenant, et de quelles études ou principes ce produit est-il l’héritier ?

Le son ne peut plus être le parent pauvre des retransmissions, surtout à l’heure où les contenus sont diffusés sur une multitude de plates-formes et d’écrans. Nous avons pu constater ces dernières années que les productions sportives exigeaient de plus en plus des niveaux de captation vidéo ou de son de haut niveau pour capter l’émotion et permettre aux téléspectateurs de ressentir toute l’intensité du jeu, comme s’ils étaient dans les tribunes ou carrément au bord du terrain. Or, d’un point de vue acoustique, la plupart des grandes infrastructures sportives ne sont pas architecturalement optimisées pour une captation live.
Pour accompagner la montée en puissance du live immersif, Shure a décidé d’adapter sa technologie multicapsules déjà éprouvée dans d’autres environnements. Depuis 2016, nous équipons les plus grandes salles de réunion à travers le monde pour de la visioconférence avec le MXA910 qui a largement fait ses preuves dans le monde de l’entreprise. Certains ingénieurs du son avaient déjà commencé à détourner cette technologie pour des usages en studio broadcast. Nous avons donc travaillé à une version spécifiquement conçue pour les exigences des productions audiovisuelles et le DCA901 est l’héritier direct de cette expertise. Et comme souvent, nous avons pu nous appuyer sur notre longue histoire de collaboration avec les grandes ligues professionnelles américaines pour tester et affiner la solution en conditions réelles. Au final, le DCA901 est à la croisée de plusieurs dynamiques : l’évolution des usages, l’expérience du terrain et une technologie déjà maîtrisée, désormais mise au service de la captation immersive dans le domaine du broadcast.
Pour terminer sur l’aspect produit : est-ce que vous avez un petit chouchou ? un produit que vous appréciez particulièrement ?
Ah, ça c’est une question facile ! Sans hésiter, le SM58 ! Je vais citer un copain qui m’a dit un jour : « C’est le meilleur micro du monde ! » Et il avait raison, non pas parce que c’est le meilleur dans l’absolu, mais parce que tu peux tout faire avec. Tu peux chanter dedans, le mettre devant un ampli guitare, une batterie… Tu peux enregistrer de la musique, faire un discours, une interview, un podcast… C’est un micro incroyablement polyvalent et increvable. Et le son qui sort de ce micro sera toujours exploitable, quelle que soit la source sonore.
Avant de travailler chez Shure, quand j’étais ingé son, j’en avais déjà un. C’est le micro que tu dois absolument avoir dans ton parc micro, parce qu’il te sort de toutes les situations. Tu es en studio ou sur scène, un groupe débarque avec une config de dernière minute : « Tiens ! Finalement il y aura une trompette » ou « On sera deux chanteurs ». Eh bien, il y a toujours un SM58 pour sauver la mise. Et puis il a ce côté à la fois discret et omniprésent : tout le monde l’a déjà vu, sans forcément savoir que c’est lui. Aujourd’hui encore, je fais du podcast avec mes enfants, et quand on part enregistrer en extérieur, je suis toujours heureux de les voir tenir un SM58. Ce micro qui m’accompagnait en studio, c’est le même qui, des années plus tard, sert à ma fille et à mon fils pour raconter leurs histoires. Il continue de rendre service et de faire le job, fidèle au poste, comme toujours.
Et où se trouvent les sites de production aujourd’hui ?
C’est très simple : Shure met un point d’honneur à ce que tous les gens qui travaillent pour l’entreprise soient particulièrement bien traités. Donc Shure possède ses usines, en propre, ce sont des usines Shure, qui ne produisent que des produits Shure. Pas de sous-traitance, pas d’usines qui fabriquent des produits OEM. Et Shure possède donc trois usines : deux au Mexique et une en Chine.
Revenons sur le management et la philosophie d’entreprise. Aujourd’hui c’est une femme qui a été nommée CEO, ce qui n’est pas si courant dans le monde de l’audio. Quel est son profil et comment son management se caractérise ?
C’est vrai que les femmes dirigeantes dans l’industrie du live et de l’AV/IT, se comptent sur les doigts d’une main. Et d’ailleurs, Shure ne pourrait aujourd’hui être considérée comme un leader mondial de la technologie audio sans les efforts de son ancienne présidente, Rose Shure, et de sa présidente et CEO actuelle, Christine Schyvinck. Ingénieure de formation, cette dernière incarne à la fois la continuité et le renouveau de Shure.
Musicienne passionnée et adepte du cor français, Christine Schyvinck intègre l’entreprise en 1989 comme ingénieure en contrôle qualité. Elle refuse à l’époque plusieurs offres de grands industriels pour rejoindre cette société indépendante qui incarne à ses yeux « l’alliance parfaite entre musique et ingénierie. » Juste pour vous donner une idée : en dix ans à la tête des ventes et du marketing mondiaux, elle a contribué à une hausse de plus de 78 % du chiffre d’affaires, tout en consolidant la réputation d’excellence de Shure à travers les cinq continents. Son parcours exemplaire force le respect : Christine Shyvinck gravira patiemment tous les échelons avant de devenir CEO en 2016, guidant l’entreprise vers la croissance et l’innovation.
On peut dire que Christine Shyvinck veille à maintenir l’équilibre entre innovation technologique et fidélité aux valeurs fondatrices de monsieur et madame Shure. Elle accorde une attention particulière à la culture d’entreprise, au développement des talents et à la diversité, convaincue que Shure doit sa pérennité et sa vitalité avant tout à ses associés. Aujourd’hui, ses priorités sont claires : accompagner la transformation numérique de l’audio de la visioconférence au son live, assurer la croissance mondiale dans un contexte d’incertitude, et continuer à ouvrir les portes des carrières techniques aux nouvelles générations.
QUELQUES PRODUITS HISTORIQUES SIGNÉS SHURE
- Cellule phono (1937)
- Shure produit la première cellule de phonographe capable de jouer à la fois des disques 33 et 78 tours. En 1958, se sera la M3D, première cellule phono stéréo à aimant mobile qui sera dévoilée en même temps que le disque stéréo permettant au constructeur de s’imposer durablement sur le marché de la Hi-Fi.
- Microphone Unidyne (1939)
- Le modèle Unidyne 55 est le premier microphone unidirectionnel avec un seul élément dynamique à bobine mobile, offrant une isolation sonore inédite pour l’époque et réduisant le larsen, ce qui en a fait un choix privilégié pour la radiodiffusion et les performances live.
- Premier microphone à main sans fil au monde (1953)
Bien avant l’apogée du transistor, Shure présente le premier micro main sans fils à lampe : le Vagabond 88. - Microphone SM58 (1966)
Sur toutes les scènes, le SM58 (« SM » pour Studio Microphone) devient le standard pour les voix en live et reste à ce jour le microphone vocal le plus populaire au monde. - Microphone SM7 (1973)
Largement utilisé pour l’enregistrement en studio radio, très utilisé par les radios FM, le SM7 est également utilisé en studio musique (la voix de Michael Jackson sur « Thriller » a été enregistrée avec un SM7), en broadcast, et plus récemment pour le podcast. - Depuis 199
À partir de 1990, Shure va lancer plusieurs produits innovants. Les systèmes sans fils UHF en 1990, la gamme HF numérique Axient Digital et le micro de plafond de visioconférence MXA910 en 2016, le DSP logiciel IntelliMix également pour la vidéoconférence en 2020 ou encore, le ShureCloud, la première plate-forme cloud pensée pour les équipements audio en réseau en 2024. En 2025, c’est au tour du DCA910, système de captation multicapsules dérivé du MXA910 d’attirer l’attention du monde du broadcast.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #64, p.32-38
