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Sony : la vision du futur…

 

Olivier Bovis, directeur responsable de l’activité solutions médias chez Sony Europe, nous fait découvrir la vision globale de Sony largement ouvert vers le cloud et l’hybride. La volonté de Sony est de développer des solutions et des services dans l’acquisition, distribution, production et services dans le cloud avec la volonté et le but d’accroître la valeur ajoutée des contenus des clients, la flexibilité dans la production, de mettre en place des écosystèmes souples et vertueux dans un contexte de réalité économique.

Nous assistons indéniablement à une modification en profondeur de la consommation des médias et la crise sanitaire a été un catalyseur supplémentaire. Les diffuseurs traditionnels sont en concurrence avec les plates-formes OTT, les réseaux sociaux, le gaming. Les consommateurs doivent faire des choix de dépense de leurs budgets. Les sociétés de médias continuent à faire évoluer les technologiques qui se sont accélérées durant la pandémie. Il faut être souple, agile, flexible et le travail à distance est devenu une évidence.

Des curseurs se sont déplacés vers la sécurité des contenus (liés à ces méthodes de travail et au développement du cloud), la réduction de l’empreinte carbone et la diversité sont d’autres éléments fondamentaux dans la politique des entreprises. Les entreprises des secteurs de médias, comme d’autres d’ailleurs, se battent pour recruter et garder leur staff, chercher de nouveaux talents.

Ces considérations ne sont pas étrangères à Sony qui en fait le constat et adapte son offre avec une vision système et non plus produits ou logiciels.

 

Olivier Bovis, directeur responsable de l’activité solutions médias chez Sony Europe © DR

« Il faut garder une grande adaptativité, car si on ignore qui sera le prochain Tik Tok, il y en aura certainement un. Il faut s’adapter aux évolutions technologiques et aux besoins des clients. Quand Sony développe un nouveau produit, il se pose trois postulats nécessaires. S’il ne répond pas à ces trois postulats, il abandonne le projet. Premier point, le Content Value : faire en sorte que le contenu produit par le client soit monétisé au mieux (cela veut dire que la qualité visuelle du contenu soit une valeur ajoutée). Deuxième point, le Workflow Efficiency : quelles que soient les plates-formes développées, elles sont là pour être plus efficaces et les workflows doivent s’inscrire dans une pérennité et un gain de temps. Troisième point, la flexibilité et la durabilité : une plate-forme valide dans le long terme, quelle que soit la façon dont les médias sont consommés par les clients finaux, est une plate-forme qui doit évoluer », indique Olivier Bovis.

 

La vision de Sony

Sony est connu pour la partie acquisition et continuera à développer des caméras pour tous les usages (cinéma, télévision, broadcast, créateur de contenu), y compris sur la partie logicielle avec des développements pour les smartphones. Toutefois la vision prend de la hauteur. « Nous rentrons dans la perspective de plate-forme hybride qui capitalise sur la technologie sur site et l’expansion du cloud », insiste Olivier Bovis.

Sur la partie cloud, Sony a différents services qui vivent leur vie de manière assez indépendante sans réelle interopérabilité. Lors d’IBC, la société a lancé Creators Cloud, qui est une plate-forme commune vers laquelle tous les services vont converger pour faciliter l’accès aux clients et créer des passerelles entre les services pour plus de performances et de flexibilité. Les offres actuelles sont autour de la production avec Micro Service Toolkit l’IA avec Media Analytic SportAll, des liens metadata avec Meta Wrangler, le Multiformat Delivery.

La plate-forme peut être dans le cloud public ou privé. Elle ne va pas vivre sa vie indépendamment mais est en lien avec On Premise. Sony s’appuie sur Nevion pour pouvoir intégrer les produits services dans une notion d’écosystème pour avoir de l’orchestration, software defined network… Nevion a apporté cette expertise et il pourra y avoir ainsi un partage des tâches entre le cloud et On Premise. Le but est de réduire les assets investis localement et mieux distribuer les ressources. « Il reste des challenges techniques et économiques pour lier les deux mondes », concède Olivier Bovis.

Pour optimiser le développement du cloud, outre l’infrastructure, il faut rationaliser les débits et pour cela Sony a présenté un nouveau codec very low latency, de 1 ou 2 im/s max. « Il s’agit de connecter les deux univers pour supporter ce monde hybride en minimisant les débits », poursuit-il.

 

Le nouveau mélangeur MLS-X1, à fond sur le modulaire. © DR

Dans les autres concepts, Sony propose un nouveau mélangeur assez intelligent dans son approche. Le nouveau système modulaire Live MLS-X1 est un mélangeur et processeur de production live modulaire, évolutif et reconfigurable.

Que ce soit sur site ou dans le cloud, sur le terrain ou à distance, le MLS-X1 assure un contrôle opérationnel intégré des processeurs sur plusieurs sites à partir d’une seule interface utilisateur. Chaque unité MLS-X1 est connectée à un réseau et sa structure physique peut être modifiée de façon dynamique, afin d’augmenter ou de réduire la capacité de production en fonction des besoins actuels et futurs. Grâce à son concept modulaire, les mélangeurs logiques peuvent être configurés et interconnectés à l’aide d’une ou plusieurs unités MLS-X1 selon les besoins, ce qui évite de devoir préparer à l’avance une capacité ou une fonctionnalité excessive. Les systèmes redondants, essentiels pour la production live, peuvent être sélectionnés de manière flexible parmi différents modes. MLS-X1 peut également gérer plusieurs productions simultanées avec un ou plusieurs panneaux et équipes, selon les besoins du programme.

À l’avenir, le MLS-X1 pourra s’intégrer et être exploité à partir de plusieurs systèmes, non seulement pour la production à distance, mais aussi sur site et dans le cloud. Le MLS-X1 s’appuie sur la fiabilité des mélangeurs Sony, dont le XVS-G1. Son architecture innovante ajoute un module d’effets et de graphiques basé sur un GPU à sa structure de traitement, offrant ainsi une puissance de traitement vidéo flexible. Le traitement accéléré par le matériel prend en charge le traitement en temps réel de la vidéo 4K (UHD) et High Dynamic Range (HDR) avec une latence ultra-faible. Cette nouveauté de la gamme Sony prend en charge la production multiformat 4K/HD, avec jusqu’à 6 M/E, quatre canaux d’unité DME (Digital Multi Effects) et six keyers par M/E en UHD. En plus du format converter, un HDR Converter est inclus, et la prise en charge native HDR est comprise comme un format du système.

« Nous sommes dans la perspective de pouvoir faire de l’allocation de ressources avec une notion d’évolutivité. Il ne s’agit plus d’avoir un mélangeur puissant qui soit sous-utilisé la plupart du temps mais de permettre aux clients de posséder un produit compact qui puisse, si besoin, aller prendre des ressources délocalisées sur d’autres sites ou dans le cloud. Cela offre une flexibilité sur les ressources, une centralisation des services vers le cloud ou en physique avec moins de contrainte pour mélanger les deux environnements. Il s’agit de réduire les coûts d’infrastructure, d’offrir une centralisation et une migration de services vers le cloud et vers le mix cloud et On Premise », indique Olivier Bovis.

Tout le monde peut travailler de n’importe où et ne plus s’occuper des ressources car elles sont réparties. L’étape supplémentaire est de capitaliser sur les capacités du réseau. Le caméscope doit être considéré comme un sous-module du cloud avec, comme idée de fond, que le caméscope, son contenu et les métadonnées une fois crées soient accessibles instantanément pour faire du streaming et de l’accès au fichier. Il faut améliorer les workflows pour être dans une notion de temps réel. Tout doit être accessible à tout moment, de partout.

 

 

Empreinte Carbone

Sony est conscient des enjeux de réduction de l’empreinte carbone et fournit un rapport tous les ans sur le projet Footprint to Zero, qui prévoit pour 2050 une empreinte zéro carbone pour Sony Corporation. Sony a annoncé réduire à dix ans cette perspective. Cela touche tous les aspects (manufacturing, packaging, entreprise…) et doit favoriser la mise en place de bonnes pratiques tout au long de la chaîne. La technologie rejoint cela avec la possibilité de réduire les ressources, d’adapter les besoins aux environnements.

 

Creators’ Cloud

Creators’ Cloud est la plate-forme de production cloud de nouvelle génération pour l’acquisition, la création, le partage et la distribution de contenus, depuis n’importe quel réseau vers n’importe quel appareil. Elle permettra de fédérer la suite existante de solutions Sony basées sur le cloud, comme Ci ou C3 Portal, avec de nouveaux outils tels que M2 Live, un service de traitement live basé sur le cloud et évolutif pour la distribution de contenu OTT (Over-The-Top), et A2 Production, une solution de production automatisée par IA pour l’efficacité des workflows et l’enrichissement du contenu.

Creators’ Cloud permettra de connecter directement des images provenant de différents types de caméras, de télécharger et stocker du contenu dans le cloud. Il sera alors possible de produire rapidement des formats vidéo, des aspects, des ambiances et des versions différentes en fonction des exigences préexistantes.

Le « Cloud Gateway » (passerelle cloud) de Sony permet de connecter directement le contenu au cloud à l’aide d’outils comme C3 Portal pour transférer des fichiers ou le flux en direct d’une caméra par le biais d’applications mobiles avec des dispositifs de communication réseau tels que les smartphones 5G. De plus, C3 Portal est désormais compatible avec les caméras d’épaule PXW-Z750, PXW-Z450, PXW-Z400 et les caméras compatibles existantes PXW-Z280 et FX9 verront leurs connexions avec C3 Portal améliorées.

A2 Production est une extension de son offre existante Media Analytics Portal. En rassemblant différentes capacités d’IA de Sony et d’autres entreprises, et en les intégrant toutes ensemble, il est possible de standardiser les workflows de production pour l’édition, la gestion et la distribution des fichiers. Par exemple, en utilisant les metadatas générées lors de la capture d’image, des temps forts peuvent être automatiquement générés pour les événements sportifs, et le processus de préparation de la production peut être automatisé.

 

M2 Live © DR

 

M2 Live

M2 Live (acronyme pour Multipoint-to-Multipoint Live) est un service évolutif de traitement live basé sur le cloud pour la distribution de contenu OTT (Over-The-Top). Il ne nécessite par conséquent aucune ressource sur le terrain pour les productions unilatérales. Les logiciels purement basés sur le cloud favorisent le déploiement d’une approche OPEX par ses utilisateurs pour une partie importante de leur workflow.

M2 Live se concentre sur la production de petits événements où une présentation de haute qualité est nécessaire et où la simplicité d’utilisation est primordiale. Grâce à une interface utilisateur facile à utiliser, basée sur des scènes et à la fonction A2 Production de Sony pour la création automatique de temps forts, des programmes complexes et sophistiqués peuvent être diffusés sur les canaux de réseaux sociaux.

M2 Live peut également être utilisé comme un outil de transmission OTT pour la localisation de tout programme principal. Si l’on prend l’exemple du flux propre multilatéral d’un événement sportif, la localisation peut prendre la forme de graphiques ou de logos supplémentaires, d’entrées caméra unilatérales, de commentaires audio et de replays dans une autre langue. La fonction tally/return permet une collaboration fluide avec un opérateur sur site et pour la transmission des données de la caméra sur le terrain vers le cloud, une connexion à distance stable est créée grâce au protocole Sony QoS fourni par une application sur une caméra ou un smartphone Sony compatible.

Dans la production live, où la composition de l’image peut changer à tout instant, il peut être pertinent de préconfigurer certaines compositions. M2 Live permettra ensuite de rappeler simplement les paramètres de la scène pour créer instantanément et efficacement des effets de production très sophistiqués.

 

Extrait de notre compte-rendu de l’IBC 2022 paru pour la première fois dans Mediakwest #49 p. 40-86