Prestataire historique de localisation (doublage, sous-titrage et accessibilité), le groupe familial a acquis l’année dernière la société À La Plage, fondée en 2014. Située rue du Delta dans le IXe arrondissement de Paris, celle-ci propose du montage image, son, de l’étalonnage, du mixage et possède un laboratoire vidéo. Ce fut la première pierre de l’édifice et rapidement « la maison » postproduction a pris de l’ampleur avec un second site situé tout proche, Cité Malesherbes.
À La Plage Studio s’étend sur plusieurs sites – Le Riad (rue du Delta), la Cité Malesherbes et la Gaîté Rochechouart (boulevard Marguerite de Rochechouart) – tous reliés par fibre noire au site de la maison mère à Saint-Ouen-sur-Seine. Cet ensemble complet de prestations permet d’être réactif pour répondre aux demandes des producteurs de séries et longs-métrages. La production ne cesse de se diversifier, le palmarès des récents César en témoigne avec des films indépendants qui rencontrent leur succès en salle. La difficulté pour les prestataires est d’être capables de répondre avec la même qualité de services aux petits et gros budgets.
L’offre de postproduction d’À La Plage Studio est sans doute l’une des plus complètes du marché. Cela commence dès le tournage avec des offres de services en région pour accompagner les productions. « Il s’agit de labo on-set ou near-set, opéré en région et à l’international. Nos structures régionales accompagnent les tournages en Bretagne (Post4Breizh) et en région Grand Est (Post4Est). Grâce à l’École Titra, nous formons les techniciens pour parfaire le savoir-faire sur le matériel. », précise Matthieu Bled, vice-président postproduction.

En termes d’infrastructure, À La Plage Studio représente un ensemble de cinquante salles de montage image et son, quatre auditoriums de mixage (avec Atmos), un auditorium de post-synchro, quatre salles d’étalonnage sur moniteurs et projection 4K. Cette dernière proposant également des projections équipes. L’ensemble permet de traiter une vingtaine de projets en simultané : tandis que certains sont en tournage, d’autres sont en finition. Un projet ambitieux qui a pu voir le jour grâce au soutien de La Grande Fabrique de l’Image (France 2030) et à la détermination de David Frilley Kagansky, président du groupe.

À La Plage Studio, un nouveau port d’attache pour la postproduction
À La Plage Studio se distingue non seulement par la qualité de ses équipements, mais aussi par une équipe solide et reconnue, située au cœur d’un emplacement géographique stratégique dans le IXe arrondissement de Paris. L’équipe dirigeante, forte de nombreuses années d’expérience, met en avant un atout majeur : une offre complète et transversale au sein d’une même structure, allant de la gestion de rushes aux livrables, en passant par le montage, post synchro, mixage, étalonnage, sous-titrage, audiodescription et même le doublage vers différentes langues telles que l’anglais (Titrafilm Vancouver) pour accompagner les productions françaises à l’international.

« Dans le contexte actuel où les plannings et les budgets se réduisent, cela constitue un véritable avantage. Ce lieu atypique, son emplacement, la disponibilité des équipes sont une source d’inspiration pour les créateurs. Nous essayons d’être 100 % modulables pour répondre aux équipes du film. Nous restons des artisans proches des producteurs, des réalisateurs et des talents pour les accompagner », précise Matthieu Bled.

« Avant de prendre la direction de Digital Factory chez EuropaCorp, j’ai exercé en tant que postproducteur indépendant, travaillant au service des producteurs et réalisateurs. Cette expérience m’a permis de parfaitement comprendre les enjeux de la production et les besoins spécifiques des directeurs de postproduction. Il me semble important de pouvoir répondre à leurs demandes en s’adaptant aux budgets selon les types de projet. Pour cela, nous avons des salles et studios qui sont plus ou moins grands pour correspondre au mieux aux demandes », poursuit-il.
À La Plage Studio propose les outils référents sur le marché en évitant les grains de sable, avec du montage image Avid Media Composer Mac, écrans 65 pouces Oled, stockage centralisé Avid Nexis, étalonnage Da Vinci Resolve, montage son Avid Pro Tools Mac, Mixage console Avid S6, écoute JBL (7.1/Atmos). Mais la société s’adapte aussi aux variantes, comme le montage sur Adobe Premiere Pro, Da Vinci Resolve…
« Nous voulons faire en sorte d’être au plus près de la demande du client. Cela passe par l’aménagement de la salle comme le choix de l’outil. À partir du moment où le workflow est validé par les contraintes de sécurité et de budget, nous sommes agiles. Il est même possible d’installer des salles de montage chez le client ou de proposer du remote editing. On peut potentiellement faire des corrections de montage jusqu’à l’étalonnage. Le fait de réaliser l’ensemble des prestations dans un même lieu, de pouvoir échanger avec tous les membres des équipes son et image en termes de création, c’est important », indique Nicolas Ouvrard, directeur d’exploitation postproduction.
« De petites structures, voire des indépendants, peuvent proposer leurs services mais ils ne peuvent apporter les mêmes garanties que des sociétés comme À La Plage Studio, notamment en termes de cybersécurité, de certifications pour l’archivage ou de capacités de traitement », ajoute-t-il.
Le navire amiral se trouve Cité Malesherbes, une impasse calme dans un quartier très animé. Londres a Soho, Paris a SoPi (South Pigalle) ! Aujourd’hui, si la postproduction pour les programmes de flux reste localisée dans l’ouest parisien autour des chaînes de télévision, la fiction, l’animation et le documentaire se concentrent dans le nord parisien. Le quartier s’est métamorphosé et même s’il reste quelques « points chauds », South Pigalle s’est réinventé ces dernières années pour devenir l’un des spots les plus prisés de Paris, rivalisant avec le Haut Marais.
Si son passé sulfureux flotte encore dans l’air, perceptible à travers quelques enseignes lumineuses d’un autre temps, le quartier vibre désormais au rythme des tendances. De Blanche à Anvers, en passant par Notre-Dame-de-Lorette et Trinité-d’Estienne-d’Orves, ce petit rectangle dynamique regorge de boutiques branchées, bars à cocktails, clubs et bistrots. À La Plage Studio a trouvé le bon spot.
Les habitudes de travail ont changé, et une nouvelle fois le prestataire technique s’adapte. « Favorisant la proximité, les monteurs préfèrent rester travailler dans leur quartier. À l’inverse, nous accompagnons des monteurs résidant en province à qui nous permettons de travailler en remote editing grâce à des stations adaptées », insiste Fred Busnel, directeur technique post production.
La société À La Plage Studio est présente sur le marché de l’animation, du documentaire et de la fiction avec la même passion. « Nous nous adaptons aux coûts des projets et nous traitons les documentaires comme nous le faisons pour du long-métrage », précise Matthieu Bled.
Le site, une pépite et un projet stratégique

Cela a pris du temps pour trouver des locaux et constituer une équipe… David et Matthieu se connaissent depuis leur adolescence. Ce dernier, avec une expérience hors pair sur le métier de postproducteur, a conçu toute l’architecture intérieure.
« À partir d’un bâtiment vide avec des open space, nous avons restructuré, cloisonné l’espace pour créer les différentes vingt-sept salles de montage image et étalonnage réparties sur trois niveaux, d’une superficie de 800 m2. Il faut proposer des salles qui puissent être modulables, correspondre à tous les budgets et toutes les typologies de programmes, les contraintes étant différentes entre la série, la fiction, le documentaire et le film de cinéma. »
Cela fait un peu plus de dix-huit mois que À La Plage Studio est présente Cité Malesherbes, un tour de force pour aménager les locaux qu’occupait auparavant SND (Groupe M6). S’y ajoutent les locaux de la rue du Delta et de la Gaîté Rochechouart, soit au total 2 200 m2.
« Notre objectif est de rendre les industries techniques françaises plus solides, dans un secteur fragmenté depuis la fin du 35 mm et la disparition des grands labos photochimiques. En reprenant la société À La Plage, avec la volonté de lui apporter de nouvelles capacités, nous avons investi dans des moyens techniques bien plus conséquents, ce qui nous permet aujourd’hui de disposer d’un outil pouvant accompagner un grand nombre de projets », indique David Frilley Kagansky.
Tout a été pensé comme un accès PMR, des locaux accessibles 24h/24, des parkings à vélo… Tout est fait pour que les collaborateurs se sentent bien dans ce bâtiment qui a du charme.
« Le but de la postproduction est de mettre en place tout ce qui est techniquement nécessaire à l’exploitation, de manière à ce que les talents se sentent bien pour créer. Cela va de la machine à café à l’aménagement des salles, aux équipements de pointe jusqu’aux bureaux modulables “assis-debout”, pour leur garantir qualité et confort, chacun pouvant adapter la salle à son goût », conclut Nicolas Ouvrard, directeur d’exploitation postproduction.
À La Plage Studio, sous cette nouvelle formule, est à l’aube de son développement. Après plus de 90 ans d’existence, le groupe familial ne cesse de renouveler son empreinte technologique pour accompagner la création et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin !
ÉCOLE TITRA
Dirigée par Malika Hamlaoui, l’École Titra (centre de formation certifié QUALIOPI) a commencé dès 2018 par proposer des formations aux métiers de la localisation (doublage, sous-titrage et accessibilité), élargies par la suite à ceux de la postproduction, du support technique et du développement informatique ainsi qu’à des formations sur mesure.
Aujourd’hui, environ 750 stagiaires, indépendants ou salariés de groupes audiovisuels, sont formés chaque année au cœur des installations et des usages, les rendant rapidement opérationnels et employables. L’École Titra opère ses formations sur toute la France ainsi qu’à l’étranger.
UN TRAVAIL D’EQUIPE
- Matthieu Bled, vice-président postproduction
- Nicolas Ouvrard, directeur d’exploitation postproduction
- Pierre Jacquet, vice-président Technologies
- Fred Busnel, directeur technique postproduction
- Sylvain Vignon, responsable DI
- Valérie Colin, directrice d’exploitation générale
- Sabine Roch-Larcher, directrice fiction et documentaire
- François-Pascal Iweins, directeur animation
- Alain Roos, chargé de postproduction
- Arno Durand, chargé de postproduction
- Stéphane Chirol, vice-président commercial
- Gaëlle Collet-Alicot, commerciale
- Nicolas Jolliot, commercial
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #61, p.70-73