Spectera aux Francofolies

 

Tous deux ont souhaité intégrer Spectera dès sa sortie pour assurer le retour IEM des musiciens. À proximité de la scène Jean-Louis Foulquier, juste entre la balance et le concert, ils nous expliquent les raisons de ce choix.

C’est un fait, les ingénieurs du son français sont souvent curieux et sans doute plus prompts que leurs homologues anglo-saxons quand il s’agit d’adopter de nouvelles technologies. Pas surprenant donc de compter de nombreux Français parmi les ealry adopters du système Spectera d’autant plus qu’il change assez fondamentalement l’approche de la HF. D’ailleurs, durant la période des festivals de l’été, dans un contexte différent, nous aurions pu tout aussi bien rejoindre la cour d’honneur du Palais des Papes durant le Festival d’Avignon. En effet, une base Spectera s’y trouvait exploitée et permettait de gérer une configuration incluant une trentaine de liaisons HF dans le cadre de la sonorisation de la pièce Le Soulier de Satin

Mais revenons aux Francofolies, l’une des étapes françaises de la tournée mondiale AIR Play Moon Safari. Spectera y est cette fois utilisé pour assurer le retour « In-Ears » des musiciens. Dans ce cas de figure, nous verrons que la qualité audio et la latence réduite sont aujourd’hui cruciales et sur ce point, Spectera grâce aux différents codecs qu’il propose se distingue de la concurrence.

Mais au-delà de l’industrie du live, ce témoignage permet également de révéler comment le système se comporte dans le cadre d’une tournée internationale dont le quotidien peut parfois mettre les systèmes HF à rude épreuve : changement de fréquences pour chaque concert, travail en intérieur comme en extérieur, exploitation en France mais aussi à l’étranger dans des environnements HF allant du plus paisible au plus agressif. Retours donc sur l’histoire d’une adoption pionnière certes, mais murement réfléchie après plusieurs phases de tests méthodiques…

 

Julien, Florentin, quelles sont vos spécialités ?

À la console retour, Florentin Convert (à gauche) et Julien Vouillon (à droite) unissent leurs quatre mains pour assurer le mix In-Ears des musiciens durant le concert. © Benoît Stefani

Julien Vouillon : Je suis ingénieur du son spécialiste des retours et tout particulièrement du mixage en In-Ears Monitors depuis leur démocratisation.

Florentin Convert : C’est un peu plus récent pour moi, je n’ai donc pas vu l’arrivée des Ears (rires).

Bien qu’ayant commencé par la HF, domaine dans lequel j’interviens toujours régulièrement pour assurer la coordination des grands événements, j’assure également le mixage pour les retours In-Ears ou pour la façade.

 

Et à part Air, quelles collaborations permettent de situer votre travail ?

J.V. : Ensemble nous avons mixé la dernière tournée de Lomepal. Avant cela, j’ai travaillé pendant de nombreuses années pour les grandes productions françaises comme celle de Johnny Hallyday, Jean-Michel Jarre et aussi celle de Mylène Farmer pour laquelle j’ai toujours l’immense plaisir de travailler. Mais j’ai commencé ma carrière avec le début de la French Touch dans les années 2000, lors de la tournée mondiale « Tourist » de Saint-Germain. Cette tournée anniversaire AIR Play Moon Safari est donc un retour aux sources !

F.C. : En ce qui me concerne, en parallèle du mixage, j’interviens toujours sur les plans de fréquences HF de grands événements comme l’arrivée de la Flamme Olympique, le tournoi de Roland-Garros, le défilé du 14 juillet. Des événements avec plusieurs centaines de fréquences à coordonner et de grandes distances à couvrir.

 

Les musiciens évoluent dans un décor constitué d’une structure blanche réalisée à partir d’écrans, de plexiglas et de métal et qui a la particularité de mener la vie dure aux systèmes HF… Sur scène, juste la batterie, les basses et quelques claviers avec lesquels les musiciens ont besoin d’interagir directement, mais le reste de l’arsenal sonore nécessaire à reproduire les sons de l’album se retrouve en fait backstage dans des racks à tiroir précâblés et pilotés en Midi via le logiciel Live d’Ableton. © Benoît Stefani

Comment avez-vous découvert Spectera et pourquoi avez-vous choisi de l’utiliser pour vos retours In-Ears sur scène ?

J.V. : Sennheiser France m’a d’abord présenté le prototype du Spectera l’année dernière. Ils m’ont expliqué la philosophie de cette nouvelle technologie et son principe de fonctionnement. J’ai ensuite essayé un kit de démo au cours d’une répétition avec Mylène Farmer. Ce fut ma première écoute de Spectera. J’ai pu comparer l’audio avec le système HF analogique que j’utilisais et que j’estimais le plus qualitatif avant l’arrivée du Spectera. Je l’ai aussi confronté à la qualité des préamplis casques filaire Rupert Neve que j’utilise pour le monitoring des musiciens qui ne se déplacent pas sur scène, comme le batteur ou les pianistes par exemple. Et il s’avère que le Spectera est vraiment extrêmement proche du son des Rupert Neve. En termes d’audio c’est phénoménal.

En fait, c’est le produit que j’attendais depuis trente ans. C’est d’ailleurs en ces termes que j’en ai parlé à David Nulli, directeur technique de MPM qui est le prestataire audio de la tournée de AIR. Je le remercie vivement d’avoir suivi mes recommandations et d’avoir commandé Spectera huit mois avant sa sortie, pour que nous soyons les premiers à utiliser ce système en tournée.

 

Les deux bases Sennheiser Spectera utilisées sur la tournée 2025 AIR Play Moon Safari. © Benoît Stefani

Ensuite il y a eu deux autres phases de test sur l’année 2025 avant la sortie du produit. Sennheiser est venu pour le tournage de l’émission Les Enfoirés et a déployé un système de démo. Nous avons pu éprouver le système dans un environnement HF extrêmement dense. Il ne s’agissait pas de déployer plusieurs porteuses de Spectera, mais d’en utiliser une seule dans un spectre HF compliqué et de contrôler la qualité de réception.

Dans cet environnement surchargé sur le plan HF, nous avons pu tester la portée, la couverture, la robustesse du signal. À ce moment nous étions déjà très satisfaits de son comportement. Puis deux mois avant la sortie du Spectera, j’ai voulu tester tous les autres aspects tels que la robustesse, la fiabilité, le câblage, etc.

Lors des trois derniers jours de pré-production de la tournée mondiale 2025 de AIR, Florentin et moi avons simulé toutes les pannes possibles en réalisant des crash tests : éteindre la base en fonctionnement pour écouter s’il y avait un impact sonore, débrancher les antennes et les rebrancher pour voir combien de temps les boîtiers mettaient pour se synchroniser à nouveau. Nous avons commencé à moduler les puissances d’émission, tester la portée, la directivité des antennes. Nous avons également regardé le comportement du Diversity.

 

Avez-vous essayé d’émettre avec une fréquence perturbante ?

J.V. : Nous avons réalisé ce genre de tests plus tard, dans une quatrième phase et l’avons surtout éprouvé lors des premières dates de festivals. En revanche, il se trouve que la scénographie de AIR est assez exigeante du point de vue HF, puisque le groupe joue dans une « boîte » constituée d’écrans, de plexiglas et de métal. C’est la pénétration du bâtiment et la propagation dans l’architecture que nous avons longuement testées.

F.C. : Il faut dire que cette structure nous posait déjà de vrais problèmes avec les systèmes HF analogiques…

 

Juste avant le concert, gros plan sur les Pocket Spectera de Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel. © Benoît Stefani

J.V. : Les derniers tests furent consacrés à éprouver le câblage des antennes DAD en les déployant au travers de grandes longueurs de câbles, allant même jusqu’à dépasser les normes pour observer la robustesse du signal. Nous avons disposé les antennes en façade en utilisant 120 m de câbles de catégorie 5 au travers du multipaire. Le système a résisté à tout. Après ces tests, j’ai décidé de faire essayer Spectera aux artistes : Nicolas, Jean-Benoît et Louis. Lors du dernier filage, j’ai remplacé les trois récepteurs IEM analogiques que les musiciens utilisaient jusqu’alors par trois Pocket Spectera sans trop leur donner d’explications pour ne pas les influencer. Ils ont joué une heure et demie sans s’arrêter, en ne demandant aucune modification. Quand ils ont enlevé leurs Ears à la fin du filage, ils étaient totalement subjugués.

F.C. : Oui, les musiciens étaient ravis sans qu’on ait eu besoin de retoucher l’audio ni de repenser le déploiement HF.

Gros plan sur l’une des antennes DAD utilisées par le système Spectera. Le câblage en RJ-45 garantit également l’alimentation via PoE. © Benoît Stefani

Justement quels étaient leurs mots pour décrire le changement ?

J.V. : Leurs premiers mots furent « C’est transparent, très clair et très dynamique ».

F.C. : Oui, la différence porte sur la dynamique et surtout le rendu stéréo. Il faut savoir que ce sont des musiciens qui ont passé leur vie en studio et ont l’habitude d’écouter leur musique dans des conditions optimales.

J.V. : Le plus compliqué aura été de faire patienter les artistes jusqu’à la sortie du produit deux mois plus tard. Ils ne pouvaient plus s’en passer.

 

Quel est l’enjeu sur cette tournée ?

J.V. : Sur cette tournée intitulée Air Play Moon Safari, le groupe rejoue l’album Moon Safari dans son entièreté, dans l’ordre et avec les instruments d’origine. Il fallait donc produire le son de l’album dans ses moindres détails.

 

Donc pas de logiciel type MainStage ni de plug-in ?

J.V. : Non, tout est joué avec les claviers, les synthés analogiques, les basses, les guitares et même les vocodeurs d’origine. Ce fut à nous de produire les sons à l’identique dans les consoles, que ce soit en retour ou en façade. Florentin l’expliquait fort bien, les musiciens de AIR sont des perfectionnistes en termes de son avec des habitudes de studio et ils ont un parfait souvenir de leur processus de création. Pour chaque son, il nous a fallu retrouver le bon traitement, la bonne réverb, le bon délai, le bon placement ou le bon mouvement…

 

Les deux ingénieurs du son peuvent avoir un œil sur l’ensemble de la configuration Spectera depuis un simple navigateur. © Benoît Stefani

F.C. : Ils étaient déjà satisfaits du mix que nous avions produit avec notre système HF analogique, mais je pense que le même mix dans Spectera leur a donné une écoute quasi Hi-Fi, presque studio où tout est très clair, très défini, avec beaucoup de dynamique, et c’est important la dynamique sur scène pour les musiciens. Avec Spectera, quand un musicien est en train de jouer, il ressent en temps réel la dynamique de son jeu avec une grande fidélité. Quand il joue moins fort, c’est vraiment moins fort, il n’y a aucun bruit de fond qui remonte, ce qui est toujours un peu le cas avec les liaisons analogiques.

J.V. : Ce qui change lors d’une transition d’un système analogique vers Spectera, c’est la gestion de la dynamique car la compression finale inhérente aux systèmes analogiques n’existe plus. La plage de dynamique augmente : les titres très calmes sont moins forts, les titres très puissants sont plus forts. En HF analogique, le travail sur la dynamique consistait à régler les compresseurs de manière artistique mais aussi pour solliciter le moins possible le compresseur de la liaison qui n’était pas ajustable. La compression entendue était la sommation de ces deux compresseurs. Maintenant que le compresseur final n’existe plus, on a tendance à abaisser le seuil des compresseurs de chaque source pour recréer le bon taux.

 

Comme Air est un duo, comment font-ils pour reproduire le son du disque ? Y a-t-il des séquences ?

J.V. : Bien que nous utilisions Ableton Live sur scène, il n’y a pas vraiment de séquences. Le logiciel Live nous sert principalement à envoyer les Program Change Midi pour déclencher tous les changements de sons de tous les claviers et de toutes les pédales.

 

Et sinon, comment Spectera s’insère-t-il dans la configuration globale ?

F.C. : Tant pour la façade que le retour, nous sommes dans un environnement DiGiCo. Pour l’instant, Spectera est directement relié via les ports MADI de la console.

 

Est-ce que l’horloge provient du Madi ?

J.V. : Nous testons les deux sources d’horloge utilisables : celle du flux Madi entrant et le WordClock In que nous alimentons avec l’horloge de la boucle Optocore DiGiCo.

 

Et ensuite, comment est assurée la distribution au signal ?

J.V. : Dans notre univers DiGiCo, il était logique d’utiliser les ports MADI de la console. Mais je vais très prochainement intégrer Spectera directement dans la boucle OptoCore via un convertisseur Optocore/MADI. En tournée, connecter et déconnecter chaque jour les câbles BNC pourrait à terme créer un point de fragilité. Il est impensable d’imaginer perdre cette liaison névralgique par laquelle transitent tous les mix. Les connecteurs HMA sont eux très robustes et très fiables. Cela aura également l’avantage de libérer des ports MADI de la console [DigiCo Quantum 7, ndlr].

 

Combien de liaisons et de canaux utilisez-vous au total ?

F.C. : Nous utilisons trois porteuses réparties sur deux bases Spectera. Nous déployons une porteuse artistique, une porteuse technique et une porteuse de secours. Pour les artistes et nous-mêmes, nous utilisons le mode Live Ultra Low Latency [codec stéréo Sedac : 0,7 ms de latence, quatre liaisons max par porteuse, ndlr]. Effectivement, c’est le mode qui demande le plus de ressources, mais cette très faible latence est cruciale. La concurrence est à 3 ms, ce qui est pour nous inutilisable.

Les Pocket Spectera vont recevoir chacun un accu BA 70 leur assurant une autonomie supérieure à six heures. © Benoît Stefani

J.V. : On voit malheureusement souvent des chaînes audio où la latence n’est pas suffisamment prise en compte voire pas du tout. Si l’on additionne les 3 ms d’un micro chant en HF numérique, les 2 ou 3 ms du traitement d’une console, quelques plug-ins éventuels et que l’on rajoute ensuite 3 ms pour les Ears, c’est une catastrophe. Dans ces conditions, il n’est déjà pas très agréable de jouer d’un instrument. Ça peut même entacher le groove. Mais chanter devient impossible. Le chanteur s’entend une première fois sans latence via la résonnance crânienne puis retardé dans les Ears. Cela engendre un déphasage très désagréable.

 

Combien utilisez-vous d’antennes et comment les placez-vous ?

F.C. : Actuellement nous en déployons cinq : quatre sur la première base et une sur la deuxième.

J.V. : Comme il faut au minimum une antenne par porteuse, il est nécessaire de regrouper au sein d’une porteuse les mix à couvrir dans les mêmes zones, afin de ne pas avoir un nombre excessif d’antennes à mettre en œuvre. Sur cette tournée, nous n’avons que trois musiciens. Notre set-up d’antenne est donc très simple. La porteuse artistique est diffusée sur deux antennes : l’une couvre l’intérieur de la boîte et la seconde le backstage. La porteuse technique est alimentée par deux antennes également mais il s’agit cette fois de couvrir de manière optimale la zone de travail. Enfin, la porteuse de secours est diffusée sur une seule antenne.

 

Avez-vous un système de secours ?

J.V. : Oui, car si la base qui diffuse la porteuse artistique venait à s’éteindre, il serait trop long d’appairer ses boîtiers à une nouvelle porteuse [pour l’instant, cette phase d’appairage prend environ une dizaine de secondes, ndlr]. Nous utilisons donc une deuxième base qui reçoit tous les mix artistiques et avons doublé les boîtiers.

 

Et sinon, comment Spectera coexiste avec les autres systèmes HF ?

Julien Vouillon aux commandes de la console DiGiCo Quantum 7 dédiée au retour avant le concert. En arrière-plan, la présence des différentes antennes illustre la densité et la variété des systèmes HF devant cohabiter sur un festival comme les Francofolies. © Benoît Stefani

 

F.C. : Nous en sommes à notre cinquième festival et d’une manière générale, la cohabitation avec les autres systèmes se passe bien. Il me semble que par rapport à un système HF classique, il faille s’éloigner davantage des autres antennes de réception, surtout si elles sont omnidirectionnelles. En émettant à 50 mW sur une plage de 8 MHz, le bruit de fond autour de la porteuse monte tout de même de manière assez significative. Sinon, les antennes DAD semblent plus directives qu’une antenne cardioïde classique, donc il faut bien viser la zone à couvrir, surtout en extérieur.

J.V. : Il serait intéressant un jour de disposer d’une antenne Spectera omnidirectionnelle. Cela permettrait de couvrir facilement le backstage sans avoir à déployer trop d’antennes.

 

Et pour vous, comment s’est passée la prise en main du système Spectera ?

F.C. : Ça a été très rapide. En fait c’est même assez simple d’utilisation. En attendant que le logiciel soit plus évolué, nous gérons les bases Spectera via l’interface du navigateur Web. Beaucoup de fonctions y sont déjà disponibles. C’est largement suffisant pour l’exploiter correctement.

 

Mais tout de même, le concept de Spectera est un peu disruptif, ça ne vous a pas troublé ?

J.V. : Non, pas du tout. Surtout pour quelqu’un comme Florentin, qui a un très bon niveau en HF, et en interphonie. Mais d’une manière générale, tout technicien qui a l’habitude de déployer de la HF ou encore mieux, de l’interphonie moderne ne sera pas perdu. C’est finalement assez semblable. Par exemple, les antennes sont en réseau, le système de couverture est très similaire. Cela ne nous a pas semblé très compliqué.

 

Et si vous deviez convaincre vos confrères, qu’est-ce que vous leur diriez ?

J.V. : Il suffit d’écouter : ce qui sort de la console arrive vraiment jusqu’au casque. C’est très naturel et il n’y a pas de latence. C’est mieux que tout ce qui existe sur le marché. Je n’ai plus envie de mixer au travers d’un autre système que Spectera. C’est aussi simple que cela.

 

Est-ce que vous avez l’impression de prendre un risque en utilisant Spectera ?

F.C. : Je trouve ça plus fiable, plus robuste et plus simple que la HF analogique. Quand on arrive sur des festivals comme les Francofolies où il n’y a pas de coordination HF, tout le monde doit cohabiter et ça peut vite devenir très compliqué. Là, en trois minutes, c’est réglé. On fait un scan, on voit où on peut placer nos trois porteuses, on les allume, et après, les boîtiers se reconnectent automatiquement.

J.V. : Effectivement, la mise en œuvre est beaucoup plus simple. Plus de plan de fréquence ni de calcul d’intermodulations. On scanne, on trouve 8 MHz, on allume et c’est fini. Quand on allume tous les packs, ils sont déjà tous synchronisés.

 

Dernière chose, quels pays avez-vous couverts sur cette tournée ?

J.V. : On se trouve au beau milieu d’une tournée mondiale qui a démarré en 2024 et qui va durer deux ans au total. On a principalement tourné en Europe et en Amérique du Nord, avec quelques concerts en Amérique du Sud, en Asie et en Australie. Nous sommes en ce moment dans la partie dédiée à la France. Nous restons en Europe jusqu’à mi-août, puis tout sera expédié en conteneur en Amérique du Nord pour finir cette tournée par les USA.

 

Et justement, comment ça se passe en HF dans un contexte international ?

L’un des nombreux Pocket disponibles permettant aux VIP d’écouter un mix spécialement optimisé pour HD 25 que nous avons pu apprécier, équipé dudit casque : une écoute royale ! © Benoît Stefani

J.V. : Aux États-Unis, nous allons utiliser des porteuses de 6 MHz car c’est la norme sur ce continent. Mais il est vrai que nous avons été les premiers à recevoir Spectera et à tourner avec dans divers pays. Nous avons effectivement été les premiers à le mettre en œuvre en Angleterre et en Irlande où il faut déclarer les fréquences et acheter des licences. Les organisations responsables étaient parfaitement au courant de l’existence de Spectera et globalement ça s’est bien passé avec eux. Mais, bien que la législation anglaise ait autorisé Spectera, lorsque nous avons demandé les licences de 8 MHz, nos interlocuteurs anglais étaient un peu surpris que ça arrive si vite. Nous avons eu le droit à un grand nombre de questions du genre : « Combien de fréquences vous utilisez dans une porteuse ? Est-ce qu’il y a un bénéfice numérique dans l’utilisation du Spectera par rapport à un système analogique ? » Ils étaient quand même très curieux de cette nouveauté. Ils sont venus voir et ont mesuré la qualité de la porteuse. Ils s’interrogeaient particulièrement sur la mise en œuvre de cette technologie dans les très grands festivals comme Glastonbury. Finalement, pendant ces premiers mois d’exploitation, nous avons couvert tous les aspects de Spectera, tant sur le plan technique qu’administratif…

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #63, p.34-39

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