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L’émission « Championnes, familles de footballeurs », diffusée en 2021 sur TFX, la chaîne du groupe TF1, était dans la lignée des formats américains sur les Wags. © Cecilia Lerer – Ah ! Production

Quand le sport se met en scène

 

Lors de sa première diffusion sur TFX, le 7 juin 2021, 100 000 téléspectateurs (1,6 % de part d’audience sur l’ensemble du public), et un peu plus de 123 000 lors du deuxième épisode, s’étaient branchés sur la chaîne du groupe TF1. Un modeste tribut payé à un genre qui a connu jusqu’ici des fortunes diverses sur les écrans d’autres pays.

Avec pas moins de 45 % de part d’audience en début de soirée (prime time) sur Canal 13, le programme argentin Camino a la gloria (« Le chemin vers la gloire »), tourné pendant cinq mois en Équateur et diffusé en 2002 au pays de Maradona, demeure à ce jour l’un des plus grands succès de la téléréalité « sportive » dans le monde. L’enjeu pour de jeunes footballeurs âgés de 14 à 19 ans était de décrocher un stage d’un an au centre de formation du prestigieux Real Madrid.

Déclinée en Italie, en Espagne et au Maroc, Coyote Conseil, la société de production dirigée alors par Christophe Dechavanne, avait également acquis les droits de l’émission pour l’adapter dans une version française qui, finalement, n’a jamais vu le jour, en dépit d’un accord de partenariat avec le F.C. Nantes, l’une des principales pépinières du football français.

Vers le même temps, au Royaume-Uni, les fans de sport automobile caressaient le rêve de succéder à l’Allemand Michael Schumacher, qui régnait alors sur la Formule 1, grâce à Channel 5 et son émission Be a GP Driver (« Devenez un pilote de Grand Prix »).

Toujours au Royaume-Uni, Football Icon, conçue sur le modèle de Camino a la gloria, tout comme La Clase del Barça en Espagne, présentait des aspirants à la signature d’un contrat professionnel chez les « Blues » de Chelsea, le club londonien, partenaire de l’émission.

Au terme d’une impitoyable sélection ayant réuni dans trois centres de recrutement pas moins de cinq mille candidats âgés de 17 ans, quarante, puis douze, puis trois d’entre eux avaient été retenus pour participer à la finale, diffusée en direct sur Sky One.

 

Avec le programme américain de téléréalité « The Contender », la boxe est l’un des rares sports ayant fécondé le genre. © AMP Visual TV

 

Avec le programme américain de téléréalité The Contender, signé Mark Burnett, la boxe fait aussi partie des quelques sports ayant fécondé le genre. Diffusé d’abord aux États-Unis sur NBC, ESPN et Versus, avant d’être repris en France sur Canal +, puis W9, son principe était de suivre durant neuf semaines, à travers séances d’entraînement et séquences en famille, seize boxeurs, âgés de 18 à 34 ans, encadrés par l’acteur Sylvester Stallone et l’ancien champion du monde Sugar Ray Leonard. Le vainqueur remportait un chèque d’un million de dollars, à l’issue d’un combat entre les deux finalistes, disputé au fameux Caesars Palace de Las Vegas.

Par ailleurs, le basketteur américain Shaquille O’Neal, au cours de six épisodes d’une heure sur ABC, et son compatriote Andy Roddick, un temps numéro un du tennis mondial, dans The Tour (ESPN), ou encore les sœurs Williams, autres stars des courts, dans Venus et Serena pour de vrai, sur la chaîne câblée ABC Family, ont été les personnages centraux d’émissions de téléréalité, à l’heure où beaucoup d’autres sportifs dans le monde, en quête de reconversion ou de notoriété loin des stades, se contentaient d’une simple participation. De même, lors d’une émission quotidienne sur la chaîne Vox, les caméras avaient suivi la légende du football allemand Lothar Matthaüs dans sa vie privée.

En France, le genre est-il définitivement enterré ? Peut-être pas. Ainsi, l’an dernier, la rumeur faisait état d’un projet de téléréalité autour du football, porté par Tony Vairelles, l’ex-attaquant international du R.C. Lens.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #49, p. 132-133