Smartphones, ordinateurs, tablettes, les modes de consommation de contenus sont à présent multi-supports. Toutefois, en matière de visionnage des programmes sportifs, la télévision restera reine pendant encore quelques temps comme le souligne la dernière étude menée par France TV Publicité. Celle-ci constate en effet que parmi français souhaitant suivre les Jeux Olympiques de Paris, 94% le feront grâce à leur téléviseur.
L’appétence des français pour les programmes sportifs a amené France Télévisions à diversifier ses offres. Aujourd’hui, le groupe de chaînes publiques propose des émissions sur soixante-cinq disciplines différentes. « Nous avons notamment multiplié par quatre le nombre de retransmissions d’évènements régionaux », souligne Delphine Ernotte, Présidente de France Télévisions, à l’occasion de son discours d’ouverture de l’évènement Télé.visionnaire, consacré au sport cette année.
Et cette offre va continuer à s’étoffer puisque le 16 janvier dernier, un accord a été signé entre l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) et le Comité International Olympique. Cette signature garantit la retransmission en clair des Jeux Olympiques par le réseau de l’UER de 2026 à 2032… « Nous n’avions plus d’accord avec les JO depuis 10 ans. Cette fois nous avons fait corps, ensemble, pour revenir dans la course ! », s’enthousiasme Delphine Ernotte.
Alors, quels sont les atouts d’un lien aussi fort entre sport et télévision ? Tour d’horizon avec une table ronde organisée à la suite de ce discours d’ouverture…
Les évènements sportifs, un terrain d’innovation télévisuelle
D’entrée de jeu, Yann Le Moenner, directeur général d’Amaury Sport Organisation (ASO) rappelle le lien historique entre sport et média. « Les évènements sportifs ont été créé par les médias, pour raconter des histoires et vendre du papier ! » Mais, comment aujourd’hui « produire des évènements fédérateurs » ?
Pour Laurent-Eric Le Lay, directeur des sports de France Télévisions, la clé du succès repose dans l’offre d’un spectacle augmenté. « Pour y arriver, nous innovons en permanence avec les organisateurs d’évènements sportifs. Nous trouvons de nouvelles caméras, de nouveaux angles de prise de vue… », explique-t-il.

Le Tour de France Féminin, dont la première édition s’est tenue en juillet l’année dernière incarne cette démarche d’innovation : . « Lors de ce rendez-vous sportif, nous avons fait nous avons pu faire entendre aux spectateurs ce que les directeurs sportifs disaient aux coureuses pendant l’effort », explique-t-il. Une nouveauté rendue possible par l’ouverture d’esprit des coureuses elles-mêmes fait remarquer Yann Le Moenner : « Dès que nous avons commencé à construire ce Tour, ce sont les cyclistes qui nous ont proposés d’installer des caméras et des micros sur leurs vélos. »
Le sport, partout tout le temps
Bien que la télévision reste leader pour diffuser les programmes sportifs, les organisateurs d’évènements ont aussi l’ambition de produire des contenus plus diversifiés.
« En 1995 a été créé le premier site internet sur le Tour de France. À l’époque nous nous demandions si internet n’allait pas tuer la télévision. Avec France Télévisions, nous avons décidé qu’il en serait autrement et de faire d’internet un diffuseur de contenus complémentaires », raconte Yann Le Moenner.
« En 2015, nous avons fait une étude fond de marque sur le Tour de France. Nous avons constaté que l’engagement de nos spectateurs n’était pas assez fort. Nous nous sommes alors lancés dans la création de contenus numériques. Aujourd’hui, avec nos 2 500 contenus par jour pendant le Tour, nos audiences sont plus fortes. C’est un travail que nous avons fait en collaboration avec France Télévisions. »
Amener le sport sur tous les canaux est une idée qu’a également exploité Netflix qui a réalisé avec Formula One Group une série documentaire sur les courses de Formule 1 : Formula 1 : Pilotes de leur destin.Ce concept a par ailleurs été reprit par ASO qui a annoncé la création d’une série réalisée par France Télévisions et Netflix sur les coulisses de la Grande Boucle.
Une belle vitrine pour les sponsors

Retransmettre les évènements sportifs c’est aussi attirer des sponsors. Une place de choix pour Éric Etienne, responsable des partenariats sportifs nationaux du groupe E. Leclerc. En 2019, il s’est d’ailleurs donné pour missions de convaincre les 700 chefs d’entreprise du groupe de devenir partenaire du Tour de France.
« J’ai dû leur faire comprendre qu’il s’agissait d’un véritable investissement et non d’une simple dépense. » Un discours qui a fini par porter ses fruits puisqu’en octobre dernier, ce partenariat a été renouvelé jusqu’en 2028.
Un autre grand partenaire des évènements sportifs est la marque Renault, représenté à cette table ronde par Arnaud Belloni, son directeur global marketing. L’entreprise au losange est en effet sponsor des courses de Formule 1, de l’équipe de France de Rugby et de Roland Garros. « Roland Garros était un bon coup de projecteur pour la marque. Nous avons eu le droit de mettre les logos sur les filets, ainsi nous étions sur presque tous les plans vidéos », se félicite Arnaud Belloni.
Une bonne preuve que les retransmissions télévisées restent une valeur sûre pour les spectateurs et les investisseurs…
Pour regarder la table ronde « Le sport, terrain d’innovation ? », c’est par ici.