Ce car est né d’une ambition claire : répondre aux exigences actuelles de production broadcast premium tout en maîtrisant les coûts. Et pour y parvenir, l’équipe a misé sur un chantier… maison.
« Nous sommes partis d’une base d’occasion achetée en Allemagne, qu’on a entièrement refaite nous-mêmes », explique Thomas Mutos, responsable du projet et directeur technique chez Stop & Go. « Il nous fallait remplacer un ancien car devenu obsolète, tout en nous adaptant aux réalités du marché actuel, à savoir : plus de broadcast, plus de premium, plus de souplesse… mais sans exploser le budget. Nous avons gardé la carrosserie, quelques équipements, mais refait tout le câblage », souligne-t-il.
Une architecture fiable, modulaire et évolutive
Résultat : un car de 60 m², capable d’embarquer 24 caméras CCU Ikegami, 5 serveurs EVS XT-VIA, 12 canaux et un important volume d’entrées/sorties. L’architecture, bien que reposant sur un cœur SDI, a été pensée pour évoluer vers l’IP vidéo. Le choix de l’Ultrix FR2 48 x 48 de Ross Video ne doit rien au hasard. Cette grille gère à la fois le monitoring, les multiviews, l’embedage/désembedage et les commutations critiques, le tout avec une logique déjà orientée vers la migration 2110 si besoin. « Nous ne sommes pas encore en IP vidéo, mais le système est prêt. Il suffira de déployer une carte supplémentaire », précise Thomas Mutos.
Côté réseau, le car est entièrement fibré avec une répartition en switch AV-Line Netgear, et en audio, le choix s’est porté sur du full Dante, centralisé autour d’une console SSL System T S400. Les communications restent sur RTS, garantissant la continuité avec les autres véhicules de la flotte.

Efficacité, agilité… et autonomie
Le car se déploie en 20 minutes chrono. Il embarque 16 onduleurs, offre 20 minutes d’autonomie électrique en cas de coupure, est équipé d’un modem Starlink, d’une connexion 5G et peut interfacer des liaisons externes pour du streaming sécurisé à la demande. « Nos clients attendent de la rapidité de déploiement. On ne peut pas imposer un ingénieur réseau en plus d’un chef de car. Il faut de l’efficace et du robuste », insiste Thomas Mutos.
Un usage orienté sport… mais pas seulement
Le marché principal reste le sport : compétitions, événements premium… mais avec des extensions possibles vers le spectacle vivant, comme les festivals. Le car a d’ailleurs été conçu autour des besoins identifiés sur des projets de courses automobiles, avant d’être adapté aux autres formats.
Le câblage est déjà prévu pour du 12G-SDI, avec un plan d’upgrade vers l’UHD. L’ancien mélangeur Sony MVS-7000X et la grille Grass Valley Trinix 512 x 512 sont conservés pour leur fiabilité et leur compatibilité avec les évolutions à venir. Stop & Go est client de la société Ereca qui fournit les modules fibres, chacun des cars est ainsi équipé de Stage Racer 2.

Une philosophie artisanale assumée
Ce car a été conçu, recâblé, intégré et assemblé en interne. En trois mois, Stop & Go a transformé un car allemand de seconde main en une unité de production haut de gamme. Et ce n’est qu’un début. « On fabrique nous-mêmes nos cars. On connaît nos équipements par cœur, et surtout, on sait les dépanner. »
Le car a déjà fait plusieurs sorties que ce soit sur une compétition moto ou sur le Giant Open, une compétition de trois jours de natation internationale. Il y avait une diffusion sur beIn Sport et sur France Télévisions.
Un deuxième car est d’ores et déjà en chantier : entièrement neuf, construit dans les ateliers de Stop & Go, il sera UHD-ready, avec un mélangeur Sony XVS-G1, une grille Ross Ultrix 104 x 104, et une régie installée en étage dans un car à deux niveaux. La particularité de ce car est d’être sur deux niveaux. La régie est en haut, avec quatre soufflets et un toit qui s’ouvre aussi, pour gagner en hauteur pour un confort de travail supplémentaire. Et en bas, c’est toute la partie machinerie, pour n’avoir à déplacer qu’un seul car sur les événements. Objectif : sortir avant septembre, avec une dotation de base de 12 à 16 caméras dont le choix n’a pas encore été fait.

Conclusion
Dans un paysage audiovisuel où les projets industriels cohabitent avec des productions agiles, Stop & Go trace sa voie : celle d’un broadcast artisanal de haute technicité, pensé par ceux qui le déploient. Évolutif, rationnel, cohérent, ce car-régie est plus qu’un outil : c’est la démonstration qu’on peut faire beaucoup avec moins, à condition d’être créatif et pragmatique.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest # 62, p. 18 – 19