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« Le Meilleur Pâtissier », réalisée par Olivier Ruan depuis la première émission, a bénéficié des évolutions technologiques et l’image et le son n’ont cessé de gagner en qualité. © DR

Le dispositif technique du « Meilleur Pâtissier »

 

Sur « Le Meilleur Pâtissier » diffusée en France sur M6, il faut veiller à l’intégrité des images et des sons pour faciliter le travail en postproduction. Le tournage est un ballet bien réglé, chacun est à sa place. Le tournage de l’émission se fait dans une tente présente dans le parc du château et les équipes techniques et de réalisation sont situées dans une aile du château.

Dans cet espace, sont placés différents postes de travail, composés d’écrans de contrôle, d’un réseau Mediornet Riedel et d’un réseau d’ordre Bolero Riedel. Ce dispositif permet à l’ensemble de l’équipe technique, de réalisation et des journalistes de pouvoir dialoguer les uns avec les autres. Les cadreurs, pendant deux heures, la durée d’une épreuve, doivent être au plus près des candidats et vont chercher les plans selon les demandes du réalisateur et des journalistes. Lors des premières saisons, la partie technique était présente dans la tente dans une zone de 25 m2. Des conditions de travail difficiles qui n’ont rien à voir avec celles d’aujourd’hui.

Pour les émissions de télé réalité, comme Le Meilleur Pâtissier, il n’y a pas de réalisation de direct, avec une régie, un mélangeur. Le but est de garder toutes les images de chaque caméra et c’est pour cela que le monitoring image et son est primordial. Olivier Ruan, le réalisateur historique du programme, confirme l’intérêt des évolutions technologiques : « Chaque saison a eu ses évolutions. Les différentes technologies ont permis d’accroître la qualité des images et du son. Les évolutions nous aident à avoir plus de liberté, de souplesse. Il y a dix ans, nous ne pouvions pas savoir si un plan était flou, nous n’avions pas le retour des caméras. Riedel avec MediorNet et les intercoms Bolero a tout révolutionné et nous facilite le tournage. Les différents postes techniques peuvent avoir accès aux différentes caméras et au réseau d’ordre. Il y a une quinzaine d’écrans répartis dans la zone technique. Nous sommes au service d’une histoire mais mon rôle est également de m’adapter aux contraintes économiques et de créer le meilleur contenu dans ce périmètre ».

Le directeur de la photographie, Vincent Faure-Chappat, dispose sur le tournage de deux écrans 4K sur lesquels il peut voir les différentes caméras et donner ses ordres aux cadreurs notamment pour ouvrir plus ou moins le diaphragme. La lumière change en permanence car le plateau est sous une tente transparente.

« L’avantage des éclairages Led est de conserveur le même IRC  (indice de Résolution Colorimétrique) de 2 à 100 % d’intensité. Les conditions d’éclairage sont particulièrement difficiles car vous êtes sous une tente avec la lumière du soleil qui peut jouer à cache-cache. La tendance est de sous-exposer d’un diaph permettant d’avoir de la matière à l’étalonnage qui va mieux supporter la compression lors de la diffusion. La qualité du monitoring est cruciale. Je peux interagir avec les cadreurs, le chef électro et donc intervenir très rapidement en cas de problème. »

 

Un dispositif de plus en plus large

Cette année, anniversaire oblige, le dispositif est plus large car il y a plus de candidats. Au début de la compétition, quand tous les candidats sont encore présents, il y a douze caméras. En termes de prise de vue, le tournage est fait avec des caméscopes Sony PDW-850. Ce sont des modèles XDCAM avec enregistrement sur disque optique. Le tournage est en 2/3 de pouce. Des essais de tournage en grand capteur ont été réalisés mais n’ont pas été jugés concluants et s’avèrent trop complexes pour ce type d’émission. En effet, il faut pouvoir corriger en permanence la mise au point et les cadreurs ne peuvent pas tout gérer.

« L’ensemble du monitoring des caméras est en HF, sauf la grue qui est fibrée. Le retour vidéo est fait avec des émetteur/récepteur Crystal Vidéo. Les disques optiques, après le tournage, sont numérisés  chez Atlantis Télévision qui assure la postproduction. Il y a environ 150 disques par émission. Les rushes des caméras sont numérisés chaque jour. Cela permet de vérifier si des plans posent des problèmes et tous les plans sont clapés pour faciliter la synchro », précise Adeline Morin, directrice technique sur l’émission.

En termes d’organisation, un cadreur suit en général deux pâtissiers. À ces caméras il faut ajouter une, présente sur une grue, et deux caméras volantes. Il y a également une caméra qui travaille de manière indépendante pour des plan « beauty ». Toutes ces images vont donner de la richesse à l’« histoire » : « On ne sait pas ce qui va se passer avant la fin. On coud à l’envers au montage, on doit garder toutes les images et remonter le fil. La plus belle chose que l’on m’ait dite c’est qu’en regardant Le Meilleur Pâtissier cela donne faim ou envie de faire un gâteau. Cela veut dire que nous avons réussi à donner envie », précise le réalisateur.

 

Côté audio, priorité au Bolero

La partie audio a bénéficié, elle aussi, des innovations technologiques de ces dernières années. Bruno Messain est l’ingénieur du son de l’émission et il confirme que « depuis que nous utilisons le réseau Bolero, nous gagnons du temps en termes de mise en place. Il est important d’avoir le retour des journalistes qui dialoguent avec les candidats, avant le déploiement des Bolero. Il fallait faire des prémix pour envoyer les ordres, ce qui était long et laborieux. Désormais, tout le monde est connecté à tout moment ».

Cette année, des microphones HF numériques ont été déployés, un sentiment mitigé pour Bruno Messain : « Concernant la HF numérique je pense que ce n’est pas encore totalement au point, on manque d’une certaine stabilité. Nous avons des problèmes avec les plaques à induction des fourneaux qui peuvent créer des perturbations, d’où l’importance des Bolero qui permettent aux journalistes d’intervenir si un problème surgit ».

Pour éviter les problèmes de réception, l’ingénieur du son rajoute des antennes et des appoints. Un problème en numérique ne s’entend pas toujours lors de l’enregistrement. Il peut y avoir des micro-coupures et c’est un mot ou une syllabe qui disparaît. Le son est géré sur une console Calrec jouant le rôle de gare de triage, et l’ensemble du workflow est en Dante sur la totalité de la chaîne.

L’ensemble du matériel provient de Tapages que ce soit les microphones, les grilles Riedel MedioNet et Bolero. Le matériel de tournage image vient de Vidéo Plus. La grue est fournie par NovaGrip avec un machiniste et un opérateur en régie.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #43, p. 32-40 

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