C’est un boîtier qui m’a marquée à titre personnel. J’aimerais vous en raconter les raisons mais cela revient à relater une partie de ma vie. Je comprendrais que cela vous passionne moyennement, auquel cas vous pouvez sauter directement au paragraphe suivant qui s’intéresse à la version digitale de ce boîtier : le Zfc. Je ne m’en offusquerai pas.
Sinon voici l’histoire de mon lien avec le FM2 : j’ai grandi pendant les années quatre-vingt et découvert la photographie quand j’étais toute jeune, grâce au FM2 de mon père, un amateur passionné. Il m’a initiée aux choix des pellicules, réglages d’exposition, notions de cadrage… J’ai rapidement pris goût à la création d’images, et commencé à passer l’essentiel de nos voyages estivaux (en combi VW bien sûr) avec cette courroie jaune autour du cou. Au retour je restais des journées entières dans le petit labo aménagé dans la salle de bains, fascinée par la révélation des images prises avec parcimonie et réflexion, l’argentique incitant peu à la frénésie déclencheuse que l’on connaît aujourd’hui. Cela semble dater de la préhistoire, mais je suis persuadée que nombreux d’entre vous se reconnaitront dans ces souvenirs, qui ne manqueront pas d’évoquer l’odeur du bain d’arrêt.

Bref, ma passion est née avec le FM2, qui m’a accompagnée dans de nombreuses aventures. Je me suis ensuite orientée vers l’image animée, et ai débuté ma carrière en fiction, en manipulant des cameras 35mm que j’aimais tout autant et en chargeant des kilomètres de pellicule. En basculant ensuite vers la vidéo, j’avoue avoir d’abord perdu mon entrain avec les camescopes au rendu très news, jusqu’à l’été 2009, quand j’ai fait mes premiers plans avec le premier reflex capable de filmer : le Nikon D90. Quel plaisir de retrouver cette touche poétique dans une image animée ! Depuis il y a eu la véritable révolution que l’on connaît, qui a débouché sur l’offre formidable dont on bénéficie aujourd’hui pour faire des images, avec nombre de cameras aux capacités extraordinaires et à la facilité d’utilisation toujours croissante. Parmi celles-ci, je suis toujours restée attachée à celles de la marque par laquelle j’ai découvert le plaisir de créer une image, et ai été ravie dernièrement de tester un boîtier qui se veut un hommage à celui avec lequel tout a commencé pour moi : le Nikon Zfc.
Après cette parenthèse, qui éveillera une certaine nostalgie chez les plus vieux d’entre vous et peut-être l’incompréhension chez les plus jeunes (quel plaisir à voir lentement apparaître une image prise un mois auparavant, et qu’on ne peut partager qu’avec les personnes physiquement autour de nous ?), entrons dans le vif du sujet : le Zfc.
Il s’agit d’un hybride numérique de la gamme Z, qui vient s’ajouter aux fameux Z6, Z7 et désormais aussi Z9. Contrairement à ces derniers, qui sont dotés d’un capteur Full Frame, reprenant les dimensions de la pellicule 24x36mm qui était utilisée dans le FM2 et la plupart des appareils de cette ère, le Zfc a un capteur DX, comme le Z50. Celui-ci mesure tout de même 23,5×15,7mm pour 21 millions de pixels. Cela permet au boîtier d’être bon marché (1000 €) et très compact, de dimensions semblables à son prédécesseur argentique.
Il en reprend le look, avec une association de noir texturé et de métallique argenté, le marquage Nikon sur le pentaprisme et les molettes de réglages saillantes sur le dessus. Si on devait choisir une caméra pour son apparence, comme un accessoire de mode à garder en bandoulière pour briller en soirée, celle-ci aurait toutes ses chances. Mais ce n’est pas l’argument décisif. En dehors de cet aspect rétro très séduisant, c’est un vrai plaisir de retrouver les gestes de réglages d’exposition en tournant une molette. Celle de droite permet toujours d’ajuster la vitesse, et celle de gauche qui servait à rembobiner la pellicule est devenue une molette de réglage de sensibilité, puisqu’elle n’est plus définie par le film. En-dessous, une seconde permet de choisir entre les modes d’exposition Auto, semi-autos ou manuel, qui n’existaient pas non plus avec l’argentique. Un mini-écran affiche le diaphragme choisi, qu’on règle avec l’index.

Comme toujours en vidéo on privilégie le réglage manuel, car même si les cameras sont devenues très bonnes pour régler une exposition de manière automatique on ne veut pas que celle-ci s’ajuste pendant un plan, donc on fige les paramètres. Cela vaut pour la sensibilité aussi, car le Zfc a tendance à faire varier continuellement la valeur pour ajuster la luminosité, ce qui est pratique en photo mais que l’on cherche à éviter en vidéo.
Évolution du temps, un commutateur permet de basculer rapidement de photo à vidéo, et un second déclencheur dédié à l’image animée vient se placer à côté du principal. A l’arrière, des boutons d’accès aux menus reprennent la disposition habituelle des numériques Nikon, et un moniteur tactile vient compléter le viseur électronique rond. Il est orientable et peut même se retourner pour faire des selfies ou des V-logs tout en contrôlant son cadre. Le Zfc a un look sorti des années 1980, mais c’est bien un boîtier des années 2020.
A l’intérieur, les performances satisferont les jeunes créateurs de contenu. Le Zfc tourne des vidéos en 4K-UHD à vingt-cinq ou trente images par seconde, et monte jusqu’à des cadences de cent ou cent-vingt images par seconde en HD. On peut donc au choix tourner dans une grande dimension, dans laquelle on peut recadrer, ou à haute vitesse pour effectuer des ralentis impeccables.
Grâce à son grand capteur on bénéficie d’un effet de bokeh très agréable, qui différencie nettement le rendu de celui d’un smartphone. En utilisant l’outil Nikon webcam utility on peut s’en servir pour améliorer le rendu de nos calls et faire de la diffusion en streaming en toute facilité, avec une belle image. Une prise micro offre la possibilité de gagner aussi en qualité sonore, en fixant un micro-canon sur le porte-griffe ou en branchant un micro-cravate.
L’application Snapbridge connecte le boîtier au smartphone en wi-fi et bluetooth pour un partage rapide des images. Elles sont stockées en interne sur une carte SD.

Le Zfc bénéficie des avancées en termes d’autofocus, puisque celui-ci est excellent pour repérer un individu et se fixer sur son œil. C’est très appréciable pour se filmer soi-même, mais aussi pour tous types de plans : on gagne énormément de rushes utiles, tout en réduisant la pression au tournage.
Plusieurs optiques sont optimisées pour ce boîtier : le 16-50mm f/3.5-6.3 rétractable développé pour le Z50 a été décliné en version argentée pour se marier avec le style du Zfc, faisant un ensemble polyvalent et ultra-compact. Rappelons qu’un capteur DX opère un coefficient 1,5 aux optiques par rapport à un FX, donc ce zoom équivaut à un 24-75mm, une focale très standard. On peut aussi associer le Zfc aux objectifs compacts de la gamme Z, les 28mm f/2.8 SE et 40mm f/2, pour travailler avec de belles focales fixes qui restent d’un encombrement très réduit. Cela fait un ensemble cohérent avec le boîtier.
Les créateurs ont changé au cours des dernières décennies. Les photographes traitant leurs pellicules ont laissé la place aux vidéastes produisant très rapidement du contenu vivant et dynamique, partagé avec toute la planète. C’est l’avènement du numérique qui a permis cette (r)évolution, qui a naturellement changé les utilisateurs et leurs besoins. Le Zfc condense ainsi toute la puissance technologique qu’un jeune réalisateur attend aujourd’hui d’une camera, dans un look qui rend hommage aux reflex argentiques d’antan. Il n’y a plus de raison d’être nostalgique de cette époque, faire des images est devenu beaucoup plus facile, et toujours aussi passionnant.
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