Le site de Saint-Ouen, dont une première phase de restructuration est prévue pour l’année prochaine, est déjà en chantier pour accueillir de nouveaux services, renforcer l’outil actuel et sa sécurité afin de devenir un lieu d’expériences, de convivialité et de formation.
Pouvez-vous nous présenter le site ?
David Frilley Kagansky : De même que les compétences techniques deviennent hybrides entre le cinéma et la télévision, nous avons voulu simplifier notre site, en annihilant la distinction passéiste des différences de marchés : nous travaillons par étapes techniques, à la recherche constante de fluidité dans la chaîne de fabrication.
Nous sommes tenus par nos clients qui sont majoritairement les grands studios américains, d’avoir des accès très sécurisés avec un contrôle des accès aux médias, voire aux écrans. Cela nécessite de repenser complètement la redistribution du site. Nous avons pris la décision de scinder la production d’avec les services “non-productifs” comme la direction générale, la finance, l’innovation et finalement toutes ressources qui n’interviennent pas directement sur les médias. Le site prend ainsi le nom de Titrapolis pour incarner un ensemble composé de Titrafilm, Titra Studios et École Titra.
L’ensemble est accessible depuis une seule entrée sur l’avenue Michelet, avec une surface de 7 500 mètres carrés au sol et 6 000 mètres carrés de bâtiments. Ce site a été agrandi en 2020 et connaît actuellement une nouvelle vague de travaux, de restructuration assez lourde avec un calendrier prévisionnel de livraison de l’ensemble au premier semestre 2022. On nous demande d’avoir une sécurité physique avec un contrôle strict des accès et un site totalement fermé, d’où les travaux actuels.
Vous êtes très investi dans le développement des nouveaux talents, quelle est votre stratégie dans ce domaine ?
Sophie Frilley : Jusqu’en 2018, nous recevions des stagiaires qui se formaient au contact des équipes, la fameuse « formation par-dessus l’épaule » : ils pouvaient venir voir comment se passait un enregistrement, un doublage, un mixage, etc.
Avec les contrôles de sécurité et la confidentialité qui nous sont imposés, nous avons dû réformer notre organisation, et mettre en place des formations permettant aux professionnels qui veulent monter en compétence de continuer à accéder concrètement à nos métiers. Nous avons donc ouvert en 2018 un centre de formation baptisé l’école Titra, dirigé par Malika Hamlaoui, et dont les nouveaux locaux sont situés à l’entrée du site de Titrapolis. Cette partie est en travaux et pourra accueillir dans les meilleures conditions nos stagiaires.
Nous avons mis en place des formations liées aux prestations que nous réalisons en tant que prestataire de localisation, notamment le sous-titrage, et sur les aspects techniques du doublage. Nous avons jusqu’à présent formé environ 250 stagiaires et avons la volonté de doubler ce volume en 2022. Cette action de formation nous permet de créer un vivier de talents doté d’un excellent niveau de formation, grâce à la qualité des professionnels qui intervenant dans ce cursus.
Ainsi nous contribuons à endiguer le manque criant de techniciens et créatifs. Les travaux de localisation, notamment aujourd’hui, se développent extrêmement fortement et on constate de véritables métiers en tension dans le sous-titrage, la détection, l’adaptation, l’écriture, mais aussi au sein des métiers techniques.
L’école Titra dispose d’un potentiel important de développement, parce que nous sommes au début de cette phase d’explosion des volumes de travaux créatifs et techniques qui arrivent en France. Il est nécessaire que les centres de formation, dont l’école Titra fait partie, accélèrent le mouvement pour endiguer la pénurie de créatifs et de techniciens qui menace notre industrie et la production en général.
Quelle sont les durées des formations ?
D. F. K. : Nous proposons des stages de découverte d’une journée et pour les formations plus techniques, la durée varie d’une à trois semaines. Il s’agit alors de perfectionnement ou de spécialisation. À cela s’ajoutent également les demandes de nos clients « majors » pour de l’inclusion : formation de comédiens doubleurs qui correspondent aux acteurs principaux. Il y a une volonté de former un maximum de créatifs qui ne sont pas particulièrement issus du métier.
Les nouveaux locaux de l’école bénéficieront de plusieurs salles, d’un patio et de différents équipements. Durant la période de Covid, à l’exception du premier confinement, l’école à continuer à fonctionner. Nous avons filmé des séances depuis les studios pour transmettre les méthodes de travail aux élèves qui suivaient les séances par petits groupes en déporté.
Nos formations sont agréées DataDock, CPF et bientôt Qualiopi et nous réfléchissons à de nouveaux modules qui répondraient à d‘autres exigences de la profession, notamment ce qui a trait à l’écoresponsabilité, la RSE, qui demain seront un élément d’accès aux marchés pour les entreprises et les salariés eux-mêmes. Nous avons vocation à élargir le spectre de nos stages aux volets créatifs et administratifs de nos métiers. Notre objectif est de participer à l’émergence des talents de demain.
Quels sont les autres bâtiments ?
D. F. K. : L’activité principale et historique de Titrafilm est la localisation des œuvres, originellement à travers le sous-titrage pellicule. Puis le sous-titrage vidéo s’est développé en 1991, auquel nous avons adjoint le doublage à partir de 2004. Aujourd’hui, toutes ces activités sont regroupées sous le nom de Titrafilm.
En 2010, six studios ont été érigés sur notre site pour localiser les films de cinéma. En 2016, nous avons construit dix autres régies de mixage orientées vidéo, quatre supplémentaires sont actuellement en finition et six autres en prévision, toujours à destination de contenus type documentaires ou séries.
Au total, cela fera une trentaine de studios finalisés pour mi-2022. Ces studios seront polyvalents afin de traiter tous types de programmes, de la voice-over au doublage synchrone, quelle que soit la diffusion : cinéma, télévision ou plate-forme. Certains d’entre eux seront plus adaptés à des projets cinématographiques, car dotés de volumes plus importants, avec notamment des grandes hauteurs sous plafond que l’on trouve rarement dans les studios actuels.
Pour faciliter la prise en main des studios, nous avons entamé une uniformisation des systèmes. Nous sommes passés sur des surfaces de mixage Avid, avec différents produits de la gamme pour s’adapter à la diversité des travaux qui nous sont confiés. Il est plus aisé d’utiliser les mêmes systèmes dans tous les studios car cela permet de centraliser les travaux, comme dans le cas où nous récupérons une trentaine ou une quarantaine de versions linguistiques d’un même programme pour en réaliser le mix centralisé.
Nous avons créé un réseau de partenaires avec lesquels nous travaillons à l’international car nous avons également beaucoup de travaux de localisation à réaliser dans une multitude de langues. Nous avons développé un process basé sur une session Template, il suffit de charger cette librairie (Template), puis nous retravaillons les différences liées à la linguistique, comme les accents toniques, tout en étant très attentifs aux spécificités qui nécessitent de réadapter le mixage. Nous sommes la seule société de localisation indépendante à avoir cette spécificité à travers le monde.
Nous visons la fin des travaux vers avril 2022. Pour reconstruire les nouvelles régies et studios, nous devons démolir tout un plateau de bureaux existant. L’activité ne s’arrête pas pour autant, mais comme elle est actuellement en flux tendu et que ce n’est pas simple de travailler la nuit, nous jonglons avec les emplois du temps et les plannings.
Vos régies Audio sont-elles compatibles Dolby Atmos ?
D. F. K. : En termes d’audio, la plupart de nos régies sont Home Atmos. Les plateformes les plus exigeantes en termes de qualité demandent que les livrables soient en Atmos et en Dolby Vision. Le mixage Dolby Atmos Music permet de rehausser la qualité générale et ainsi de créer un niveau d’écoute consistant entre la partie musicale d’un contenu et le reste de la bande de son.
Nous observons actuellement un fort développement des comédies musicales, genre principalement produit aux États-Unis par les plateformes, qui se décline tant en animation qu’en live action. Netflix nous faisant confiance, nous avons construit un studio en Dolby Atmos Music. Tout le site est en Dante sur IP ce qui rationalise l’infrastructure. Les stations audio Pro Tools sont centralisées dans un nodal technique. Les régies sont elles aussi sous haute surveillance par des caméras et une alarme sonore s’active si une porte demeure ouverte plus de trente secondes. Dolby Home Atmos, Theater, Music et Vision. Les investissements Titra Studios les portent à être prochainement le seul site français équipé Full Dolby.
Les technologies utilisées et exploitées dans l’audio ont considérablement évolué depuis plusieurs années, notamment au niveau du mixage et de l’enregistrement, pouvez-vous partager votre retour d’expérience sur le sujet ?
Miguel Adelise (directeur technique Audio des Studios) : Les technologies ont évolué mais surtout les rythmes sont beaucoup plus soutenus. Les produits de la gamme Avid notamment nous permettent de mieux assumer ces rythmes en facilitant le passage d’un studio à l’autre, et en annulant les temps de préparation. Le but du jeu étant d’industrialiser les process sans lésiner sur la qualité de nos productions, nous avons fait des choix qui nous permettent de standardiser les systèmes afin que les opérateurs ne soient pas perdus d’un studio à l’autre, le tout avec des outils stratégiques qui garantissent la qualité. En ce sens, les produits Avid sont parfaitement indiqués quelle que soit la situation de travail, (enregistrement, montage, mixage ou autres préparations). Les technologies correctement associées permettent de rendre simple l’exploitation et facilitent l’industrialisation et la standardisation des systèmes.
Le logiciel Avid ProTools associé à l’ensemble de leur gamme des surfaces de mixages sont maintenant très largement répandus en exploitation dans la profession. Quelles sont, à votre avis, les raisons de ce succès en postproduction ? Comment utilisez-vous leurs produits ?
M. A. : Standard, maîtrisés par le plus grand nombre, facilité d’accès, reproductibilité et simplicité des installations. La gamme est parfaitement échelonnée de la simple salle de travail aux plus exigeants des studios. Adaptés aux mixages et enregistrements, les surfaces de mixage Avid nous permettent facilement de transporter nos travaux d’un studio à l’autre et nous adaptons les forces mises en œuvre en fonction de l’étape du processus. Grâce à ces surfaces de contrôle et au logiciel Avid Pro-Tools, le choix des outils pour la partie technique des studios devient large, ce qui permet de dimensionner correctement le système en fonction du cahier des charges tout en unifiant les compétences autour de ces outils. Ainsi, davantage d’opérateurs deviennent aptes à intervenir dans plus de studios et, de ce fait, l’exploitation de nos installations est optimisée. La simplicité d’utilisation induit une exploitation plus large des systèmes, même si la mise en œuvre de ceux-ci n’est pas forcément évidente. Mais avec les bonnes technologies, tout devient plus simple.
Vous avez été l’un des précurseurs depuis de nombreuses années sur l’usage et l’exploitation de l’audio sur IP, pourquoi et comment l’utilisez-vous aujourd’hui ?
M. A. : Le choix de l’audio sur IP a été une évidence, mais le choix du système Dante a été fondamental pour le développement de Titra Studios. Nous avions tenté un autre système qui restait complexe dans son utilisation et évidemment dans son installation. Dans notre cas, avec Dante, nous avons des machines simples, fiables et facilement configurables. Notre système est aujourd’hui composé de plus de 80 machines amenant l’audio partout où nous en avons besoin, le tout autour d’une architecture réseau couvrant tous les bâtiments du site. Organisés en domaines (Dante Domain Manager), nous ne faisons apparaître aux opérateurs que les machines dont ils ont besoin dans le studio où ils se trouvent. Bien qu’un signal audio puisse être amené d’un studio à l’autre, puisque toutes les machines sont sur le même réseau, seules les machines utiles à la séance de travail sont accessibles, ce qui les ramène à environ 2 ou 3 machines maximum accessibles par studio. Les machines Avid intégrant le système Dante, nous n’avons rencontré aucune difficulté à continuer dans notre lancée et ainsi nos choix ont été confirmés par l’industrie.
De plus, cette intégration a permis une miniaturisation des systèmes. Un studio qui occupait deux baies et demie, n’en occupe plus qu’une demie aujourd’hui, pour gérer deux fois plus de pistes audio. Autre avantage, la diffusion du son dans un studio est complètement indépendante de la position dans l’espace de la machine émettrice du signal. Celle-ci peut même être déplacée ou remplacée en cours de production sans que cela n’affecte en quoi que ce soit la diffusion du son. Il n’est pas rare que la source sonore provienne d’un autre bâtiment que le studio qui la diffuse sans que cela ne génère un quelconque délai. N’importe quel système Avid ProTools de n’importe quel nodal des trois bâtiments principaux de Titra Studios est accessible de n’importe quel point d’écoute grâce à des commutations simples qui se résument souvent à la sélection de la source.
Vous collaborez depuis de nombreuses années avec les équipes d’intégration de CTM Solutions, comment considérez-vous leurs valeurs ajoutées ? Seriez-vous à nouveau heureux de participer avec CTM à l’organisation de workshop technologique autour de l’audio Pro comme avant la période Covid ?
M. A. : CTM nous offre une expertise sans faille sur tous les domaines de l’industrie de l’audiovisuel, ce qui permet de suivre avec eux les bruissements du métier. Le sérieux de leur engagement permet de s’assurer aussi de l’approvisionnement en matériels de qualité sur lesquels on peut structurer nos installations. Les workshops sont pour nous une vitrine sur l’état de l’art à un instant précis dont nous avons tous besoin quant à la veille technologique que nous devons assurer. Grâce à ces événements, on peut aussi y rencontrer les confrères et échanger sur les différents sujets qui occupent nos journées et cela ramène une vie sociale professionnelle qui nous a tant manquée dans cette période trouble du Covid. Le contact direct que CTM entretient avec l’industrie, nous apporte une vision globale des moyens dont nous pouvons nous doter et ainsi nous permet de prévoir l’avenir, jusqu’à intervenir auprès des fabricants en amont lors de la conception des produits. Ainsi nous pouvons parfois orienter les produits dans des directions adaptées à nos besoins.
Quels nouveaux marchés visez-vous ?
D. F. K. : C’est Stéphane Chirol, notre vice-président ventes, qui développe notre stratégie commerciale. La localisation se développe beaucoup, avec l’émergence des nouveaux producteurs internationaux. Le décret SMAD, qui contraint les plateformes à produire localement, va générer davantage de travail. Pour accompagner nos clients au long des différentes étapes de leurs productions, nous avons la volonté de développer la postproduction et donc de développer de nouveaux services. Le but consiste à associer nos deux pôles, celui de la localisation avec ce nouveau pôle de postproduction. Dans la mesure où les donneurs d’ordre sont indirectement les plateformes, on sait dès le la préparation de la production que le contenu créé aura la nécessité d’être décliné dans au moins une trentaine de langues. Nous intégrons donc ces services dans le pipe-line.
Ce concept permet de fluidifier certaines étapes. En localisation, nous intervenons sur l’adaptation des dialogues, mais aussi sur le choix des acteurs et nous trouvons intéressant de pouvoir suivre le programme en postproduction. Le but est de proposer un service complet, de communiquer avec les équipes artistiques et de réalisation. Ce sera réellement une nouveauté dans la démarche artistique. Nous avons constitué pour cela une nouvelle équipe et un ensemble de travaux débute dès cet automne pour proposer l’infrastructure permettant de réaliser l’ensemble de ces activités.
Pour compléter, il nous manquait l’infrastructure de bruitage, donc nous mettons en chantier la construction de deux salles. Un studio sera équipé pour tous les bruits d’eau (douche, machine à laver, baignoire, etc.). Les espaces seront confortables, dotés d’une hauteur sous plafond de quatre à cinq mètres. Des systèmes de panneaux absorbants et réfléchissants permettront de modifier l’acoustique. Les camions auront un accès de plain-pied pour livrer des matériaux et objets qui servent au bruitage. Nous avons déjà de fortes demandes pour des films d’animation. Outre les deux studios de bruitage, nous allons créer deux régies d’étalonnage de tailles confortables autour de solutions Filmlight Baselight et DaVinci Resolve.
S. F. : En quelque sorte la localisation et la postproduction font partie intégrante du process de production. Nous sommes très souvent sollicités pour sous-titrer des rushes ou des versions de travail, justement pour que ces plates-formes, en lien avec des auteurs ou des décideurs qui se trouvent à l’étranger, puissent avoir accès aux contenus dont ils ne comprennent pas la langue originale et ainsi valider les étapes de travail.
Se pose en conséquence la question de la globalisation de la localisation : pour faciliter les échanges et alléger les process de fabrication, nous avons développé MyTitra qui est une plate-forme collaborative de gestion et de suivi de projets, et pour laquelle Titrafilm a eu un César Technique en 2019.
La plateforme MyTitra, dont le développement est piloté par notre CTO David Chapelet, est aujourd’hui au cœur de notre développement C’est cette plateforme qui, sur les différents métiers de la production, de la localisation, de la postproduction et de la distribution permet de mettre en relation les différents intervenants grâce à ses Apps dédiées. Cela peut être nous en tant que prestataire technique et artistique, nos coordinateurs, nos studios à travers le monde, nos clients ou les différents interlocuteurs travaillant sur les contenus, tels que les réalisateurs, les ayants droit, bref tous intervenants ayant la capacité de valider les contenus.
Dans nos métiers, les travaux annexes comme l’indexation de métadonnées, sont extrêmement chronophages et assez rarement valorisés, ce qui met nos équipes en tension, quand ces travaux étaient initialement générés par les équipes internes à nos clients. Au vu de la volumétrie des projets, il est impératif de développer des automatismes, ce que permet la plate-forme MyTitra. Des outils plus ou moins similaires existent sur le marché, mais aucun n’a la transversalité de MyTitra. Ce manque conduit certains clients à développer leur propre application mais le développement est un métier à part entière qui nécessite de lourds investissements.
MyTitra est une application en mode SaaS pour effectuer la gestion de laboratoire ou de traitement d’automation et d’indexation. Pour les métadonnées techniques ou éditoriales, elle est connectée avec IMDB. A l’heure actuelle, MyTitra est axée prioritairement sur la localisation et sera prochainement étendue aux métiers de postproduction.
Une vingtaine de personnes travaille à son développement, avec des ingénieurs situés au Canada, au Vietnam et en France. Leur grande proximité avec les équipes techniques et les différents constructeurs permet un dialogue permanent, et donc un développement en phase avec les préoccupations des professionnels. MyTitra est utilisée chaque jour pour nos propres projets et par nos clients et partenaires. Nous modélisons actuellement la commercialisation de cet outil. Le lancement officiel est prévu pour la fin de l’année.
Comment avec ces contraintes, en termes de sécurité, pouvez-vous maintenir du lien avec les équipes ?
D. F. K. : Les règles drastiques de sécurité de protection des locaux empêchent les interactions au sein des régies ou des studios. Dans nos métiers nous avons besoin de rencontrer d’autres créatifs ou techniciens, cela fait partie de l’ADN de notre industrie. Il est donc crucial de recréer des espaces de convivialité. Nous avons conçu un lieu de rencontre, doté d’un restaurant, d’une grande terrasse extérieure, d’un jardin arboré. Cet espace comprendra un bar, offrant ainsi la possibilité aux personnes qui sont sur le site de se rencontrer, mais aussi de travailler avec une connexion wi-fi.
Il y aura un écran géant extérieur à Leds pour proposer des projections et des événements de promotion. Il sera même possible d’organiser des tournages légers ou des présentations de films. Plusieurs centaines de comédiens se croisent sur le site chaque mois : nous offrons ainsi aux productions de mettre en place des opérations de communication et d’auto-promo directement sur notre site. Nous créons, outre l’espace extérieur, un petit plateau pour réaliser des interviews, y compris en streaming live. Il s’agit d’un outil marketing supplémentaire de plus en plus demandé.
Le site est facilement accessible par les transports en commun, nous sommes à proximité de Paris, de l’aéroport Charles de Gaulle, puis de tout l’écosystème. En complément de ces offres techniques et créatives, nous prévoyons des chambres d’hôtel pour héberger les intervenants extérieurs sur des courts séjours. De l’hôtellerie sur-mesure agrémentée d’un roof top, à proximité une salle de gym, un coiffeur et même une salle de massage.
S. F. : Nous sommes une société historique, avons la confiance de nos clients : il y a une stabilité qui rassure car l’entreprise est restée et est dirigée par la même famille depuis presque quatre-vingt-dix ans. Cela nous donne peut-être une responsabilité supplémentaire et un peu de gravité : nous sommes également occupés par des concepts un peu plus philosophiques. La notion d’écoresponsabilité sera le fil rouge dans notre projet avec un projet innovant qui sera mis au service de toute la filière et encore en cours de gestation. Nous allons développer la mise en place de bornes de recharge de véhicules électriques, faire appel à de l’énergie verte et nous aurons bientôt un potager sur le toit.
Par ailleurs, en termes de responsabilité sociale, nous avons atteint la parité homme-femme au sein de nos entreprises. Je suis investie dans plusieurs institutions au nom de Titrafilm, dont le conseil d’administration des Césars et le comité directeur de la Ficam au sein desquels nous travaillons à porter haut la représentativité de toutes les femmes qui composent les industries techniques, quels que soit leurs postes, leurs qualifications ou leur âge.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #44, p. 72-78
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