La fusion des deux organisations – Unifrance et TVFI – s’est opérée au cours d’une année marquée par l’épidémie mondiale du coronavirus ce qui n’avait pas que des désavantages…. Les équipes en place ont pu prendre le temps de discuter et perfectionner leur stratégie pour adapter leurs outils afin d’exporter le soft power français audiovisuel et les productions sérielles dans les meilleures conditions.
Une stratégie ambitieuse
Il reste aujourd’hui un an à Serge Toubiana et Hervé Michel avant la fin de leur mandat pour consolider cette fusion. Ceci dans un contexte favorable à l’exportation audiovisuelle française avec néanmoins le défi d’un lent retour en salles… Pour concrétiser ses ambitions, Unifrance réunit une équipe d’environ 1000 membres, répartis en collèges et commissions et bénéficie d’un plan de relance de 3 millions d’euros octroyé par le CNC, ainsi que d’une mutualisation des réseaux, données, sites et newsletter. Dans l’arsenal déployé avec le soutien du CNC , Unifrance bénéficie d’un récent bureau à Tokyo qui lui ouvre des perspectives de conquête du marché asiatique (Japon, Corée, festivals internationaux…).
Cette « philosophie de la fusion (1+1=3) est plutôt vertueuse », comme l’explique Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance trois socles permettent de soutenir le cinéma d’un côté, et l’audiovisuel de l’autre. Ainsi, aux deux socles spécialement dédiés s’en ajoute un troisième, pour les actions communes. Le documentaire, le genre ou encore l’animation française, particulièrement prisée à l’étranger, recoupent l’audiovisuel et le cinéma. Ce sont donc des productions qui intègrent une stratégie d’actions communes pour être au mieux promues dans le monde entier.
Un marché qui répond à la demande
L’agenda d’Unifrance contient de nombreux temps forts très plébiscités. Pour la première fois, les Rendez-vous d’Unifrance de janvier ont mis en commun les secteurs cinématographiques et audiovisuels, tandis que ceux de Biarritz en septembre enregistrent déjà 250 acheteurs européens !
Le socle cinéma accompagne aujourd’hui les films partout à l’étranger dans les marchés de plus de 160 festivals…
Le travail sur-mesure que propose Unifrance constitue donc une réelle plus-value pour les producteurs et distributeurs français. Enfin, d’autres rendez-vous ont été ou sont encore très attendus pour consolider la stratégie de l’association : à Rome (avril), Madrid (juin), Berlin (novembre), New York (mars) ou encore Yokohama (décembre), pour ancrer les productions françaises dans ces pays.
La circulation des oeuvres, dans les festivals et à l’international, est une mission que réalise Unifrance en intégrant au maximum les (jeunes) producteurs, pour leur faire découvrir le marché mondial, les associer à cette sphère qui permet de prolonger la vie d’une oeuvre. À ce titre, la présidence d’Unifrance montre quelques exemples de réussites inattendues : 45 000 entrées sur le sol anglais pour Petite maman de Céline Sciamma, de bons scores aux États-Unis et en Corée ; un démarrage prometteur de l’exploitation d’Eiffel avec Romain Duris et Emma Mackey sur le continent américain…
Par ailleurs, le Festival de Cannes prouvait encore en mai dernier que le soutien à l’exportation et à la création française et encore au premier rang des priorités de l’organisation, notamment avec des espaces de réflexion commune, largement demandés par les acteurs du secteur français.
Vers une convergence numérique…
Lors de sa rencontre avec la presse, la direction d’Unifrance a par ailleurs témoigné d’un vif intérêt pour les outils numériques à plusieurs reprises…. L’organisation souhaite s’engager davantage en matière de « promotion écoresponsable », et donc limiter les déplacements dans des manifestations lointaines lorsqu’il est possible de renforcer des rendez-vous déjà existants, et en ligne. Ce sera par exemple le cas pour MyFrenchFilmFestival, fondé par Unifrance en 2011, ou encore du projet européen d’un festival en ligne doté d’un métaverse dédié, faisant office de test à grande échelle, en partenariat avec Europe Creative – MEDIA.
La refondation d’Unifrance représente une tâche exigeante et ambitieuse, mais nécessaire et gagnante sur le long terme. « Unifrance n’hésite pas à élargir ses champs d‘action, à s’ouvrir aux créations européennes, aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages. La tâche est aussi exigeante que passionnante, et nous avons la responsabilité de relever ces défis pour pérenniser la place de choix de la création française dans le monde » a notamment commenté Daniela Elstner lors de la rencontre.
Ce projet d’avenir, aux principales lignes déjà tracées, avec quelques idées encore en gestation (on parle notamment de la création d’un média au sein de l’institution pour faire dialoguer les différents corps de métier, ou encore donner de la visibilité aux nouvelles générations d’acteurs et actrices, techniciens et techniciennes…), se fera nécessairement avec la coopération de différents acteurs de l’industrie, mais permettra dans le même temps d’asseoir la production française dans le monde, et faire de la France l’un des pôles mondiaux de l’audiovisuel.