Don’t Look Up : Déni cosmique raconte l’histoire de deux astronomes qui, après avoir découvert une comète qui va détruire la Terre dans les six mois, s’embarquent dans une gigantesque tournée médiatique pour mettre en garde l’humanité. Ce film, qui a pour directeur de la photo Linus Sandgren (FSF, ASC), a été étalonné par Matt Wallach de Company 3 avec le logiciel de montage, d’étalonnage, d’effets visuels et de post-production audio DaVinci Resolve Studio.
Retour sur l’utilisation du logiciel DaVinci Resolve Studio…
Ces dernières années, Matt Wallach s’est principalement concentré sur l’étalonnage des rushes. Il a collaboré avec de nombreux cinéastes de renom, dont Sandgren, notamment collaborateur de Damien Chazelle, qui aimait beaucoup son approche de la la colorimétrie. Il lui avait d’ailleurs demandé d’étalonner les rushes, mais aussi d’effectuer l’étalonnage final de son film Mourir peut attendre.
Quant au chef opérateur Linus Sandgren, lorsque cela est possible, ilpréfère tourner avec de la pellicule plutôt qu’en numérique. Lors de l’étalonnage numérique, il s’efforce alors de préserver le rendu cinématographique des images et souhaite aborder l’étalonnage de façon à conserver le caractère du travail photochimique.

Pour Don’t Look Up : Déni cosmique, Linus Sandgren a tourné avec plusieurs formats, ainsi que de la pellicule, ce qui a compliqué l’étalonnage. « Le film a été principalement tourné en 35mm, mais j’ai aussi utilisé des formats anamorphiques, sphériques, Super 8 et un peu de 16mm », confie-t-il…« Nous avons aussi filmé beaucoup d’images avec des caméras broadcast numériques en studio pour les séquences où les personnages apparaissent à la télé. »
Pour étalonner ces scènes, Wallach a suggéré l’approche suivante : « L’idée que j’ai présentée était de créer un rendu hyper saturé pour les séquences broadcast ; comme si le spectateur traversait un magasin d’électronique rempli de TV dont les images très vives et lumineuses créent une ambiance quelque peu inconfortable. »
Comme avec ces éléments il n’y avait pas de fichier log pour l’étalonnage cela compliquait l’obtention d’un rendu plus intense. « Les séquences broadcast n’avaient pas été tournées en RAW, mais en Rec. 709 ; et il a fallu faire avec », a-t-il ajouté. « Au début, j’ai fait pareil qu’avec les autres séquences en utilisant les lumières de tirage et offset. Une fois que tout était équilibré, nous avons augmenté le contraste et la saturation. Puis, nous avons utilisé différentes courbes de Resolve pour déterminer jusqu’où nous pouvions aller avant que l’image ne commence à se détériorer. »

Un autre défi était le nombre important de VFX dans le film, non seulement les images de synthèse, mais aussi les travaux plus subtils indiscernables pour le spectateur. « De nombreux plans qui ne contenaient pas de VFX à l’origine sont devenus des plans VFX à cause de la pandémie », a révélé Wallach. « Comme il y avait une limite au nombre de personnes autorisées sur le plateau, y compris les acteurs, certaines séquences sont devenues des compositions multi-plans. »
L’équipe des VFX a par exemple fourni des images de synthèse de foules. Grâce aux éléments 2D et à la capture volumétrique, la scène comprenant les 25 ou 30 figurants sur le plateau a pu être développée afin de créer une foule d’une centaine de personnes. « Pour certains plans, comme ceux du concert et du rassemblement, nous avons eu recours à des foules créées numériquement », explique Matt Wallach. À l’aide de mattes réalisés au sein de DaVinci Resolve Studio, il a pu veiller à ce que la lumière dynamique présente dans le public ait l’air naturelle et harmoniser parfaitement les éléments.

Matt Wallach a apprécié certains outils offerts par DaVinci Resolve Studio, qui l’ont aidé à être plus efficace lors de l’étalonnage. « J’ai utilisé l’outil Déformation couleur, particulièrement lorsque j’harmonisais les séquences en stock. J’aurais pu associer d’autres outils pour effectuer la même tâche. Toutefois, cet outil s’est avéré très efficace pour collaborer, car je pouvais modifier différents paramètres simultanément et montrer à Linus les résultats en temps réel. Si nous voulions par exemple modifier les rouges des séquences filmées en studio lorsque nous les insérions dans le film, il suffisait d’un seul mouvement dans la bonne direction. Je pouvais apporter une modification générale plus rapidement que si j’avais utilisé des incrustations ou des courbes. »
En plus de le distribuer sur sa plateforme, Netflix a fait sortir le film dans quelques salles. L’équipe a ainsi dû avoir accès aux outils de finishing HDR et DCI-P3. « J’ai pas mal utilisé les roues HDR de Resolve pour les passes HDR du film plutôt que les roues log et les courbes pour contrôler les hautes lumières », a conclu Wallach. « Cela a réellement compensé le rognage HDR, car la version P3 était notre meilleur étalonnage. Les roues HDR nous ont permis de régler la plage affectée pour chaque zone, puis de contrôler individuellement l’exposition de ces zones. Je pense que les roues HDR permettent d’obtenir les résultats escomptés pour les versions HDR de façon plus simple qu’auparavant. »
Don’t look up : défi cosmique est disponible en streaming sur Netflix depuis le 24 décembre 2021