Avec un catalogue éclectique et ambitieux, Les Valseurs se sont imposés comme un acteur incontournable du cinéma indépendant français, avec un goût affirmé pour les projets poétiques et souvent transdisciplinaires. Courts ou longs-métrages, animation comme prises de vues réelles, la société de production revendique une approche au service d’une vision d’auteur.
Damien Megherbi a notamment évoqué la série Samuel qui a largement contribué à faire connaître Les Valseurs au grand public. Mais comme il l’a souligné avec justesse, « Les Valseurs, ce n’est pas que Samuel ».
Le catalogue se compose aujourd’hui de nombreux programmes salués en festivals, souvent réalisés par des voix émergentes, et toujours portés par une forte exigence artistique.

Au fil de la rencontre, le producteur a partagé son expérience de l’animation d’auteur, les choix éditoriaux qui forgent l’identité des Valseurs, et envisagé les mutations auxquelles doivent faire face les sociétés de production indépendantes dans un paysage audiovisuel en constante recomposition. Une porte ouverte sur le quotidien d’un producteur en phase avec les nouvelles écritures et les aspirations d’une jeune génération de créateurs…
Les Valseurs, tisserands d’images et d’émotions
Fondée il y a une douzaine d’années par Damien Megherbi et Justin Pechberty, la société s’est d’abord forgé une réputation en prise de vue réelle, avant de se tourner avec la même exigence vers l’animation. Une bascule nourrie par une approche transversale de la création audiovisuelle, où le médium importe moins que la force du propos, la pertinence artistique ou la singularité du regard. « Nous produisons de l’animation comme nous produisons de la fiction : en interrogeant d’abord ce que l’œuvre cherche à dire, l’émotion qu’elle provoque et le sens qu’elle porte », explique Damien Megherbi.

Ce positionnement a permis à la société d’accompagner des œuvres remarquées, comme Vilaine Fille d’Ayce Kartal, prix du jury pour un court-métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy 2017, puis César du Meilleur court-métrage d’animation, ou le multi récompensé Gaxuma, un film en sable et marionnettes de Nara Normande, qui évoque la nostalgie adolescente avec une rare poésie plastique.
Chez Les Valseurs, la production n’est pas cloisonnée. L’animation flirte notamment avec le documentaire, la performance ou l’expérimentation, à condition de garder une générosité de récit, capable d’embarquer un large public sans céder aux formats standardisés.
C’est ce parti pris qui a offert à la société de production l’opportunité de rencontrer Émilie Tronche, auteure et réalisatrice de l’atypique série en noir et blanc Samuel, diffusée avec succès sur Arte et TikTok.
Pensée comme une œuvre transgénérationnelle, Samuel prouve que l’animation indépendante peut rencontrer un large public… à condition d’oser. Et c’est cette audace que Les Valseurs revendiquent : « Parfois, ne pas savoir que c’est impossible, nous pousse à sauter le pas ! », confie avec malice Damien Megherbi.
Fidélité aux auteurs et porosité des formats

L’autre force des Valseurs réside dans leur fidélité aux artistes. Court, long, série, animation ou live-action, les projets se construisent dans la durée, au gré des cycles de création, comme en témoigne le parcours de Nara Normande.
Après Guaxuma, Nara Normande a pu une nouvelle fois compter sur le soutien des Valseurs pour une coproduction tournée au Brésil, Sans Cœur, cette fois en prises de vues réelles.
Une fidélité bâtie sur la confiance et les succès partagés, comme le souligne Damien Megherbi : « Produire un film, c’est avant tout une aventure humaine. C’est un processus long, parfois ardu, mais lorsque la collaboration avec un réalisateur ou une réalisatrice fonctionne, l’envie de poursuivre l’histoire commune s’impose naturellement. »

Forts d’une reconnaissance internationale, Les Valseurs poursuivent leur exploration narrative avec Ça va Clara, une nouvelle série animée écrite par Clara Kennedy et réalisée par Lola Degove, entre chronique familiale et questionnements sur la santé mentale, pensée pour le Web et les réseaux sociaux.

Côté long-métrage, la société développe notamment un film pour adultes en animation hybride, entre Turquie et France, mêlant enjeux d’identité, d’exil et d’émancipation dans le Paris des années 70, avec une direction artistique visuelle dopée par des outils de production innovants. « L’idée, ce n’est pas de faire de la génération d’image, mais d’explorer le champ des possibles pour trouver des moyens de rendre financièrement viable un film d’auteur qui a des ambitions visuelles et une direction artistique singulière », souligne Damien Megherbi qui accompagne ici un projet éclectique mêlant décors 2D, modélisation 3D, dessins originaux, jeux de lumière et reconstitution assistée par IA…

LES VALSEURS BRILLENT SUR LE TAPIS ROUGE DE CANNES !
Avec quatre coproductions internationales inscrites dans plusieurs sélections, la société de production a de nouveau retenu l’attention de la Croisette 2025 avec :
- Le Mystérieux Regard du Flamant Rose de Diego Céspedes, un long-métrage de la sélection officielle inscrit dans la catégorie « Un certain regard » ;
- Ciudad sin Sueño de Guillermo Galoe, un long-métrage de la 64e Semaine de la Critique ;
- Samba Infinito de Leonardo Martinelli, un court-métrage de la 64e Semaine de la Critique.
- Militantropos de Yelizaveta Smith, Alina Gorlova et Simon Mozgovyi, long-métrage documentaire de la Quinzaine des Cinéastes.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #64, p.100-101












