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vMix, un applicatif complet pour produire comme à la télévision. © DR

vMix, des vidéos de qualité à votre portée

 

Best-seller parmi les logiciels de traitement vidéo en streaming, vMix est adapté à de nombreux usages en studio ou en événementiel, que l’on soit un youtubeur ou une société de production. vMix dispose de différents atouts qui ont séduit massivement ces derniers mois, là où la production vidéo s’est densifiée.

Dans la production vidéo et le streaming en particulier, on recherche de multiples solutions pour capter la vidéo à la sortie d’une caméra et l’amener vers les plates-formes de distribution ou les systèmes de visioconférence ou encore la diffuser sur les réseaux sociaux. Cependant, une caméra s’avère rapidement insuffisante. Pour améliorer la qualité des contenus image et son, on doit passer à l’étape suivante et faire du multi-caméras pour mettre en scène la diffusion vidéo et mettre en scène son émission.

Comment « passer » à la vidéo pro ? Comment mélanger les caméras ? Comment y associer les pistes audio ? Comment avoir un décor qui ressemble, même de loin, à ce que l’on peut voir à la télévision ? Internet regorge de solutions logicielles, sans compter les fabricants de mélangeurs vidéo et leur surface de contrôle, allant de la simple solution à quatre boutons aux systèmes de mélangeurs complexes.

 

L’interface nue de vMix. © DR

 

Le processus d’apprentissage vidéo montre rapidement qu’une seule caméra est insuffisante pour produire des vidéos de qualité. Il faut passer à de la prise de vue à plusieurs angles. Il faut un meilleur éclairage, un meilleur son, soigner le décor. Pour se démarquer de la concurrence, il faut envisager de passer à des solutions permettant de mélanger les images en direct.

L’interface de vMix se décompose en quatre grands secteurs à l’écran. En haut, le « preview » (caméra préprogrammée) et le « program » (caméra diffusée) ; en bas, l’ensemble des inputs avec, à gauche, les inputs (entrées) vidéo et, à droite, un mixeur audio avec ses entrées et sorties. Une barre de menu, en haut et en bas, permet d’accéder aux fonctions essentielles ainsi qu’aux outils annexes à vMix, le tout accessible d’un simple clic de souris.

 

Ajoutez une source vidéo disponible sur le PC (WebCam, Caméra HDMI/SDI). © DR

 

Quelques étapes pratiques

Commençons par ajouter des inputs, les entrées. Un input peut être une caméra connectée à l’ordinateur, une caméra IP, des vidéos préenregistrées au format MP4/AVI, une page Internet, une image fixe, un flux vidéo externe, un Powerpoint ou n’importe quelle source NDI (protocole de transmission vidéo) accessible à l’ordinateur. vMix dispose de son propre outil de captation d’écran par l’outil vMix Desktop Capture (gratuit) lui permettant des applications tierces (Word, Powerpoint, PDF). L’éditeur met aussi à disposition son outil vMix Call (duplex) qui permet de faire intervenir des personnes à distance avec leur Webcam.

L’audio peut provenir des caméras ou peut être géré séparément. Il faut juste s’assurer de la reconnaissance de la carte son ou la table de mixage par Windows pour pouvoir l’ajouter au sein de vMix.

 

Ajoutez une source NDI disponible sur le réseau. DR

Acquisition vidéo

L’acquisition vidéo peut se faire par le biais de carte d’acquisition (lire plus loin) et par de la vidéo via l’adresse IP :

  • via une caméra NDI ;
  • via ces différents protocoles (SRT, RTMP, RTSP, TS).

vMix propose de nombreux paramètres permettant aux professionnels d’aller bien plus loin dans le traitement de l’image, ou plus largement dans le paramétrage des inputs (balance des blancs, chroma keying, gestion des couleurs et leurs gains ou saturations sont accessibles).

 

La capacité du logiciel dans le traitement du fond vert est particulièrement performante. Il existe par ailleurs de nombreuses solutions de studios virtuels facilement exploitables adaptés directement pour vMix.

Le picture in picture (image d’incrustation) permet de mélanger jusqu’à dix sources en une image sous forme de calques que l’on peut positionner au gré des besoins, à l’aide de la souris. On peut bien entendu zoomer, déplacer, cropper (réduire l’image), tout ou presque est possible.

Le moteur graphique « GT Title designer » est un outil annexe performant pour créer des graphiques animés pour titrer, réaliser des stingers (images intermédiaires), un scoreboard et bien plus encore. Tous ces ajouts s’intègrent directement dans l’application vMix.

 

L’interface audio avec ses bus audio de sortie et les sources audio. © DR

 

Acquisition du son

Pour générer plusieurs sorties « son » (dans des langues différentes, par exemple), chaque entrée est accessible en bas à droite de l’écran. Une partie concerne les « bus » audio de sortie, et une pour les entrées audio.

Cela permet d’harmoniser le volume de chaque audio, d’utiliser des VST (logiciel utilitaire) sur certains « bus » pour améliorer la qualité du son. Les « bus » audio sont aussi très utiles pour le routage audio, notamment sur les duplex. Par exemple, une personne en duplex ne doit pas entendre son propre son (MIX Minus), mais bien les autres canaux. On peut également utiliser ce procédé pour des canaux de sortie en différentes langues selon les sorties utilisés.

 

vMix Call : le duplex accessible. © DR

Et le duplex ?

Le duplex permet de faire rentrer en régie des intervenants à distance, en visioconférence. vMix est doté de cette fonctionnalité avec vMix Call. vMixcall.com est l’interface pour celles et ceux qui sont à distance et accèdent par le biais de ce site à la production en régie. Selon le module, vous pouvez y faire entrer jusqu’à huit intervenants à distance. Ils se connectent au site avec un mot de passe et leur webcam. Ils peuvent alors intervenir en direct dans votre production.

Le duplex avec vMix Call est facile à mettre en œuvre et de nombreux paramètres sont utilisables pour gérer les diverses conditions de l’utilisateur avec une bande passante parfois peu performante. Un simple clic droit sur l’input du caller (appelant) offre la possibilité de forcer la diffusion dégradée par exemple. Une autre solution avec vMix Call est de combiner deux vMix à distance et d’avoir ainsi deux opérateurs. On ne passe alors plus par une interface Web, mais de vMix à vMix.

 

Un logiciel mono-opérateur

L’application peut se commander à l’aide d’une souris, d’un clavier, d’une surface de contrôle via l’interface MIDI, ce qui permet de créer des raccourcis facilement accessibles lors de la production. On peut ici citer l’intégration de Streamdeck d’Elgato ou les solutions X-Keys de PI Engineering, pour ne citer qu’eux comme interface MIDI. L’autre interface peut être un navigateur Web qui accède à la machine vMix via son IP. Tous les raccourcis programmés et les inputs sont accessibles via le navigateur. On peut ainsi être sur une tablette en studio et commander le PC en régie via le réseau local. Les raccourcis clavier sont très nombreux et peuvent être cumulés avec de très nombreuses fonctions et événements programmables. Cela simplifie relativement le travail de l’opérateur vMix, rendant une production solo possible.

La phase pré-production est ici importante pour créer ses enchaînements, ses graphismes, ses raccourcis claviers et l’on peut sauvegarder chacun de ces projets en amont. vMix appelle ceci un « preset » et celui-ci est exportable et récupérable sur un autre PC dans une configuration identique. Cependant chaque PC Windows ayant des particularités, il est sans doute préférable de bien vérifier cette possibilité avant la production.

 

Personnalisez jusqu’à trois flux de streaming. © DR

 

Diffuser vers les plates-formes et réseaux sociaux

Le streaming, la diffusion en direct vers les plates-formes comme YouTube, comme les nombreuses préconfigurations sont préinstallées. Il est aisé dans sa mise en œuvre. On peut également insérer des destinations de flux particulières comme des serveurs privés. Le bouton de mise en œuvre et de configuration se trouve en bas de l’écran. On peut aisément personnaliser son streaming en fonction de sa bande passante et les exigences de qualité et de latence souhaités. La répartition de la fibre optique dans les entreprises et foyers en France permet d’envisager des flux en HD ou Full HD sans difficulté majeure, voire jusqu’à 2160p. Dans des configurations plus délicates, tel l’ADSL ou la 4G, on peut baisser le flux. L’essentiel est ici de bien vérifier en amont la quantité de bande passante disponible pour le Upstream/Upload (le flux vers Internet) et sa stabilité.

Une fois l’URL du flux et sa clé streaming insérée, on peut démarrer le stream ou sauvegarder ces paramètres pour un usage ultérieur. vMix offre trois destinations de streaming simultanées à utiliser selon les capacités de l’ordinateur et la bande passante disponible. Lorsque la bande passante est limitée, il est préférable de passer par des opérateurs tiers, comme Restream.io. La diffusion peut également avoir comme destination le réseau local. Lorsque le streaming est lancé, la barre de menu du haut affiche un bouton en rouge quand la liaison de streaming est active. Lorsqu’il y a des pertes de transmission, alors ce même bouton s’affiche en orange vif.

Il a deux modules d’enregistrement dans vMix. Le principal est l’enregistrement de l’output (vidéo de sortie). Le second est un multicorder qui permet d’enregistrer les flux choisis pour, par exemple, faire tourner des caméras en permanence. Pour chacun de ces enregistrements, on peut définir le format, sa qualité et sa définition. Bien évidemment, il faut ici signaler que des disques rapides SSD sont indispensables.

Le multicorder, bien que gourmand en mémoire, offre donc la possibilité d’enregistrer n’importe quel flux, y compris les flux des utilisateurs distants, voire les sources NDI en utilisant les output secondaires.

En pratique, vMix est un logiciel stable et facilement accessible pour les professionnels, comme pour les néophytes. Il y a bien entendu une courbe d’apprentissage et d’expériences à acquérir. Le logiciel est disponible en français, en version approximative, et la version anglophone est franchement plus adaptée au langage technique de l’audiovisuel. D’ailleurs au regard des très nombreuses documentations et tutoriels majoritairement en anglais, il est préférable de garder la version anglaise, au risque de se perdre dans des traductions parfois déroutantes.

 

Enregistrez dans le format et la qualité de votre choix. © DR

 

Globalement, vMix fonctionne avec de nombreux PC, même avec des configurations bas de gamme, avec une mémoire de 16 Go et un processeur à base Intel 7 ou 9. C’est surtout la carte graphique de type Nvidia RTX qui apporte la puissance à vMix et qui permet d’exploiter cette solution logicielle dans un environnement de production audiovisuelle.

À l’instar des mélangeurs classiques, vMix s’offre un environnement évolutif. Il bénéficie des mises à jour du système d’exploitation (Windows 10 ou supérieur). L’éditeur produit régulièrement des correctifs intermédiaires ainsi que des versions complètes pratiquement chaque année. Il existe des cartes d’acquisition vidéo SDI ou HDMI internes ou externes selon votre parc de caméras. Dans un environnement de production existant, vMix peut se placer en fin de chaîne pour le streaming ou encore les replays. Sa compatibilité NDI offre aussi de nombreuses possibilités à intégrer dans un mélangeur matériel.

Des logiciels comme Bitfocus Companion ou CentralControl.io permettent d’accéder aux fonctions de vMix via des API en réseau. Il peut donc y avoir un PC avec la station vMix, et des PC satellites pour utiliser d’autres fonctions et ainsi déléguer des fonctions à plusieurs personnes au sein de la régie. Le logiciel est disponible en plusieurs versions allant de 60 à 1200 dollars selon les options choisies. Depuis un peu plus d’un an, il est possible de « louer » le logiciel dans sa version Max pour un budget de 50 dollars par mois, avec toutes les options intégrées.

 

Multicorder : un outil pour enregistrer de multiples sources simultanées. © DR

vMix est une application efficace pour produire des vidéos de qualité en streaming, tant pour les productions débutantes, que pour les besoins de production plus importants, voire le broadcast (diffusion à la télévision). Avec vMix, on ne remplacera pas des équipes de réalisation dans un car régie. L’ergonomie, les options et outils intégrés permettent cependant de réaliser une production en entier, en multicaméras, seul.

La tendance générale se tourne vers la vidéo sur IP et l’intégration de l’informatique dans les flux de production. vMix est à considérer comme un produit de référence qui s’intègre dans de nombreuses solutions de production, et ce à n’importe quel endroit du workflow. vMix est un réel investissement dans la durée. Le parcours d’entrée des entreprises dans l’audiovisuel passe souvent par des solutions peu coûteuses, avant de se lancer à réellement investir dans la production audiovisuelle. Le coût d’acquisition de vMix cache un peu l’iceberg du coût d’acquisition du PC et ses accessoires. Il n’en reste pas moins que le logiciel offre une belle solution pour les entreprises pour produire leurs propres programmes.

 

Les sources audio connectées à l’ordinateur. © DR

 

Il faut ici faire un aparté, puisqu’il est aussi important de parler des cartes d’acquisition vidéo et audio sur PC qui passent souvent par de l’USB. Les ports USB ont cependant des limites, notamment dans le débit possible, et aussi dans le nombre de Hub USB chaînables.

L’acquisition vidéo se fait par le biais de cartes spécialisées qui peuvent être internes ou externes. Lorsqu’elles sont externes, il s’agit d’une connectique USB 3, voire USB 2 pour les plus anciennes. On peut alors brancher des caméras HDMI, y compris grand public, via ces cartes d’acquisitions. Les possibilités de l’USB sont nombreuses, mais ce « bus » de connexion reste limité au niveau du débit. Vous ne pourrez pas mettre plusieurs caméras sur un même « bus » USB, d’autant que vous aurez aussi le son à gérer. Les cartes audio sont souvent internes dans un PC cependant, dans une configuration multicaméras, utiliser une vraie table de mixage avec une sortie USB est conseillé.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #51, p. 24-28