Cette actrice incontournable du secteur est responsable des solutions professionnelles pour la branche européenne de Sony. Voilà de nombreuses années qu’Anna est aux côtés des créateurs de contenu pour les accompagner dans leur choix de matériel, au fil des évolutions des métiers et des caméras. Nous sommes allés à sa rencontre, pour découvrir ce qui l’anime et quel est son rapport avec l’image.
Sur LinkedIn, Anna se décrit elle-même comme étant « passionnée par les nouvelles technologies et l’art du cinéma avec des belles images et des histoires inspirantes. Des idées créatives, la réalisation intelligente et les résultats mesurables sont les directions de mon parcours professionnel. » Effectivement, Anna a toujours été intéressée par la narration cinématographique, puisqu’elle a débuté en tant que réalisatrice de courts-métrages de fiction et monteuse, spécialisée dans les effets spéciaux.
Cet attrait pour la belle image l’a menée jusqu’aux portes de la firme Sony, dans laquelle elle est entrée il y a seize ans. Au cours de ces années elle a pu suivre au plus près les évolutions du matériel de prise de vue, d’abord avec les caméscopes broadcast destinés au news et au documentaire, puis avec la révolution des hybrides de la gamme Alpha, jusqu’aux caméras cinéma à grand capteur qui sont à la pointe de ce que la marque japonaise produit aujourd’hui. Elle décrit son attachement pour ces appareils de prise de vue : « Les caméras posent le regard, c’est une expression du point de vue très importante. »
En charge du marché français à ses débuts, Anna est peu à peu devenue responsable des solutions professionnelles en BtoB et du marketing pour l’Europe du Sud. Une dame incontournable du paysage audiovisuel. Elle explique ce qui l’a motivée pendant toutes ces années : « Avec les progrès techniques les métiers de l’image sont en constante mutation et on se demande qui donne l’impulsion à qui : est-ce que ce sont les évolutions des caméras qui inspirent les créateurs ou est-ce que ce sont les chefs opérateurs qui insufflent le développement de nouvelles caméras ? J’aime suivre les tendances de l’art et des nouvelles technologies, il y a une vraie mixité entre les deux univers. »
Avec le souhait d’être toujours à la pointe des évolutions technologiques, Anna oriente désormais sa carrière vers le virtuel, en devenant « business development manager » de la production virtuelle en Europe : « On vit actuellement un tournant philosophique sur les tournages. On passe de la capture du moment tel qu’on le faisait depuis plus d’un siècle à la création du réel. » Le recours aux studios virtuels est effectivement une tendance grandissante, particulièrement dans le cinéma, les clips et la publicité, mais qui touche tous les types de productions. « Ces nouvelles méthodes interrogent sur ce qu’est la réalité car la créativité n’a plus de limite. On peut inventer un monde qui devient une nouvelle réalité. Les acteurs peuvent presque “vivre” dedans, c’est Stanislavsky qui aurait été comblé. »
Anna met l’accent sur le travail en équipe, indispensable à un tournage de ce type, avec la nécessité pour les équipes de préproduction, production et postproduction de collaborer ensemble en amont du tournage en studio.
Évoluer dans l’univers de la création cinématographique a conforté Anna dans ses envies de mise en scène. Elle a gardé ce côté créatif qui l’habite depuis ses débuts. Elle a écrit des scénarios de courts-métrages qui sont actuellement en développement et qu’elle souhaite réaliser dès que tous les éléments seront correctement réunis : « Quand on côtoie les meilleurs chefs opérateurs qui créent des images à couper le souffle, on ne peut pas faire un film à la va-vite, au moins pour le respect des talents qui t’entourent. » Quand on lui demande si le tournage se fera en studio virtuel elle répond : « Sans doute, c’est tellement inspirant… mais pas que. Le virtuel c’est comme les épices, tu en saupoudres dans les plats mais tu ne cuisines pas que ça ! C’est un outil, pas une baguette magique. » On est impatients de découvrir ce qui sortira de l’esprit créatif d’Anna.
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #54, p. 96