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En remportant cinq prix, « Flow » de Gints Zilbalodis, produit par Dream Well Studio, Take Five et Sacrebleu Productions, est le long-métrage d’animation le plus primé de l’édition annécienne. © Sacrebleu Productions

Annecy, morceaux choisis

 

Cette édition (11 au 14 juin 2024) surpasse les précédentes avec un record de participation (plus de 17 400 accrédités en provenance de 103 pays), des master class exceptionnelles (avec Terry Gilliam, Wes Anderson au Mifa Campus…), des projections abondamment ovationnées (La plus précieuse des marchandises…), des WIP (Work in Progress) pleins à craquer (Les légendaires, The Doomies, Planètes, Allah n’est pas obligé…), des présentations inédites (projet du studio belge nWave avec le couturier Jean-Paul Gaultier), des coulisses exclusives de séries ou de longs-métrages (Arcane Saison 2, Astérix et Obélix : le Combat des Chefs…)…

Parmi ces innombrables temps forts pris d’assaut par les professionnels et les étudiants (plus de 4 000), les grands studios français ont réussi à faire entendre leurs voix et à drainer des festivaliers conquis d’avance, tant il est vrai que leur réputation a dépassé aujourd’hui les frontières et que ces studios jouent dans la même cour que Dreamworks, Pixar, Sony, Illumination, etc. Une reconnaissance internationale pour la French Touch (et la French Tech) qui ne peut que profiter à des tendances qui prospèrent comme l’animation pour adultes et jeunes adultes.

 

Palmarès tous azimuts de Sacrebleu Productions

Remarqué à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, Flow de Gints Zilbalodis revient d’Annecy auréolé d’une moisson de prix : Prix du Jury, Prix du Public, Prix de la meilleure musique originale, Prix de la fondation Gan pour la distribution… C’est dire que le long-métrage du jeune réalisateur letton a fait l’unanimité tant pour sa très grande maîtrise scénaristique que son image somptueusement contemplative.

Rompant avec l’anthropomorphisme à la Disney et l’animation japonaise, Flow, qualifié à juste titre de film « immersif », est le second film d’animation de Gints qui s’était déjà fait repérer pour son premier film, Ailleurs, entièrement réalisé en 3D et en solo (Prix Contrechamp au Festival d’Annecy en 2019).

 

« Flow » de Gints Zilbalodis est la première production en 3D de Sacrebleu (sous Blender et Unreal). © Sacrebleu Productions

 

Renouant avec le mythe de l’Arche de Noé, Flow met en scène des animaux, dont un chat noir aux grands yeux jaunes, dérivant sur une embarcation dans un monde déserté par l’homme, aux vestiges fastueux mais menacé d’engloutissement par la montée des eaux.

Pour son producteur Ron Dyens (Sacrebleu Productions) qui l’a produit avec les Lettons de Dream Well studio (Latvia) et les Belges de Take Five, ce film au budget de 3,5 millions d’euros (sortie prévue à l’automne 2024) est le cinquième d’une offre animée déjà très largement primée : Sirocco et le Royaume des courants d’air de Benoît Chieux (Prix du Public à Annecy en 2023), Ma famille afghane (2022) de Michaela Pavlátová, L’extraordinaire voyage de Marona (2019) par Anca Damian, Tout en haut du monde de Rémi Chayé (2016)…

Entièrement fabriqué en 3D (sur Blender et Unreal), une première expérience pour Sacrebleu, Flow n’a pas pour autant modifié en profondeur les pratiques du producteur (une centaine de courts-métrages, sept longs-métrages…) qui s’était donné, il y a onze ans, les moyens de produire des films d’animation exigeants, à l’époque surtout réalisés en 2D. « La qualité scénaristique prime toujours dans nos choix », rappelle le producteur Ron Dyens qui a fondé Sacrebleu en 1999.

« Quelle que soit la technique utilisée, nous nous adaptons tout en restant exigeants : notre rôle est d’accompagner les réalisateurs et de rechercher les bonnes personnes qui auront l’expertise requise. Flow (présenté à Annecy en WIP 2023) nous a permis d’aborder des technologies comme le temps réel lesquelles nous ouvre d’intéressantes possibilités créatives. »

Cette coproduction franco-lettone a été fabriquée principalement dans les studios d’animation Parangon (Strasbourg) et Le Studio (Marseille) dont Ron Dyens est partenaire à titre individuel. Elle a été abordée par son réalisateur, qui ne fait aucun storyboard, comme un immense environnement 3D dans lequel il place des caméras virtuelles très mobiles. Pour la première fois, il a dû apprendre aussi à travailler avec une équipe d’animateurs (une quarantaine de personnes) et dans le cadre d’une production au quota d’animation imparti (de l’ordre de deux secondes par jour). « Un peu comme le chat de Flow dont l’embarcation dérive, je me suis retrouvé à devoir cohabiter et partager », remarque avec humour Gints.

 

Coproduit avec XBO Films, le court-métrage « Papillon » réalisé par Florence Miailhe et animé au banc-titre a reçu le Prix André Martin. © Sacrebleu Productions

 

Parmi les cinq titres présentés à Annecy par Sacrebleu, le court-métrage de Florence Miailhe produit avec XBO Films, Papillon, est revenu quant à lui avec le Prix André Martin (après avoir reçu l’Ours de cristal du meilleur court-métrage à la Berlinade 2024). Basée sur une histoire vraie (celle du champion de natation Alfred Nakache dit le « nageur d’Auschwitz »), cette biographie en forme d’allégorie aquatique renoue avec la pratique traditionnelle de l’animation au banc-titre à partir de toiles peintes de la réalisatrice.

 

Coproduit avec OnOff Studio (Arménie) et Broom Films (Lituanie), le long-métrage d’animation « Zako » de Tigran Arakelyan est inspiré d’une histoire vraie. © Sacrebleu Productions

 

Sacrebleu accompagnait aussi le projet ado-adulte de long-métrage d’animation, Zako, du réalisateur arménien Tigran Arakelyan dans le cadre de la Résidence Annecy Festival (quatrième édition). Adapté d’un roman graphique, ce film, au parti pris visuel très affirmé, revient sur la vie du peintre arménien Sargis Mangasaryan qui, durant la Seconde Guerre mondiale, a survécu à la captivité en faisant le portrait de dignitaires nazis puis soviétiques. Prévu dans un an, le long-métrage sera fabriqué avec le logiciel libre Blender en association avec le modeleur 3D pour la VR, Quill. Une première là encore pour le producteur qui, jusqu’à présent, n’avait jamais expérimenté une association de technologies aussi différentes.

Par ailleurs, Sacrebleu continue d’explorer avec succès le champ de la VR. « La réalité virtuelle offre un nouveau champ de découverte prometteur surtout lorsqu’elle se trouve en association avec l’animation, laquelle permet déjà d’amplifier (d’exagérer, etc.) le réel », s’enthousiasme le producteur. Si l’an dernier était introduite l’œuvre en VR L’Étang de Lucas Leonarduzzi et Antoine Morières, les WIP de cette année ont retenu Ito Meikyu, le premier projet en réalité virtuelle de l’artiste Boris Labbé (court-métrage Fil d’errance) : une exploration labyrinthique virtuelle d’une vingtaine de minutes dans son travail dessiné, abordé à la fois comme une collection sans fin d’espaces intérieurs et extérieurs.

 

Investi dans la production d’œuvres immersives en réalité virtuelle, Sacrebleu a présenté cette année, dans le cadre d’un WIP très suivi, Ito Meikyu de Boris Labbé. © Sacrebleu Productions

Dans les cartons du producteur, d’autres projets encore d’expériences immersives singulières comme Précieuses Chimères (signée Boris Labbé) ou The Invisible near de Louis de Louise Kay et Angèle Towt. Côté série télévisuelle, Sacrebleu ne réservait aucune annonce officielle. Son actualité n’en demeure pas moins très dense et prometteuse.

Ainsi de l’adaptation de la bande dessinée culte La Brigade Chimérique de Serge Lehmann et Fabrice Colin qui mobilisera huit épisodes de quarante minutes chacun. Réalisée en 3D par Louis Leterrier et Antoine Charreyron, cette ambitieuse série pour ado-adultes (équivalente à presque cinq heures et demie de programme), dont le pilote sera présenté en exclusivité au Cartoon Forum (Toulouse, 16 au 19 septembre 2024), réhabilite le mythe des super-héros européens qui auraient préexisté aux surhommes américains, inventés à l’époque de Marie Curie.

S’adressant toujours aux ado-adultes, la série Esther (onze fois vingt-deux minutes), en cours de développement chez Sacrebleu, est un projet original, cette fois-ci en 2D, présenté par le réalisateur argentin Ezequiel Torres. Lequel présente le monde intrigant des shamans approché par une jeune femme lors d’un voyage initiatique, sur fond de dérèglement climatique.

 

 

Fortiche fait exploser l’animation ado-adulte avec Arcane

Lors d’un Studio Focus au MIFA particulièrement attendu, Fortiche Productions et Riot Games ont annoncé la prochaine sortie de la seconde saison de la célèbre série Arcane pour Netflix (novembre 2024). Adaptée du jeu vidéo mondialement connu League of Legends, la première saison avait remporté, depuis sa diffusion en 2021, pas moins de neuf Annie Awards, quatre Emmy Awards, et était classée numéro 8 de toutes les séries genres et plates-formes confondus. Une reconnaissance mondiale qui avait propulsé Fortiche sur le devant de la scène, un studio issu des VFX qui l’avait intégralement fabriquée en France.

Créé à Paris il y a quinze ans par Pascal Charrue, Jérôme Combe et Arnaud Delord, Fortiche avait commencé à faire ses armes entre autres en signant pour Riot Games des clips musicaux autour de l’univers de League of Legends, lesquels avaient généré deux milliards de vues (« Rise », K/DA avec « POP/Stars », « Warriors »). La société de production de jeux vidéo de Los Angeles leur avait vite fait sauter le pas en leur confiant, il y a huit ans, sa toute première série d’animation destinée à Netflix. Puisant dans le riche monde de League of Legends, cette série dotée d’un budget confortable de 50 millions d’euros (surtout pour une série européenne) devait impérativement conserver la signature graphique unique du studio caractérisée par une animation « réaliste » proche de la prise de vue réelle mais intégralement construite à partir de textures 2D animées en 3D.

Développée par le showrunner Christian Linke, Arcane réalisée par Pascal Charrue, Arnaud Delord et Jérôme Combe s’attache donc à suivre les destins croisés de plusieurs protagonistes issus de l’opulente cité Piltover et de son double souterrain et misérable, Zaun. Pour les besoins de la série, le studio Fortiche, qui a toute latitude pour la direction artistique et dont Arcane constitue en fait sa première série ado-adulte, passe de moins de vingt personnes à trois cent cinquante personnes (au pic du projet en 2020) en huit ans, ouvre deux autres studios à Montpellier et Las Palmas (Canaries).

La chaîne de fabrication de la série (neuf épisodes de quarante-cinq minutes), qui équivaut en volume à plusieurs longs-métrages, prend du temps à se mettre en place (on est alors en pleine crise sanitaire). Elle s’appuie sur le savoir-faire du studio français (rig 3D et animation précalculée garantie sans motion capture pour les personnages et accessoires, décors 3D peints à la main, effets spéciaux majoritairement en 2D) mais elle est formatée pour une série de grande ampleur de qualité cinématographique.

« Comme de nombreux autres studios, Fortiche utilise des logiciels métier comme Maya en association avec des logiciels made in France comme le moteur de rendu Guerilla Render (Mercenaries Engineering), Golem, Aquarium Studio (Fatfish Lab) qui a été développé en partie dans nos murs, Carnot… », précise Philippe Llerena, directeur de la technologie chez Fortiche. « Ce qui fait néanmoins la singularité de notre signature graphique, c’est que, tout au long de la production, l’image est réfléchie pour qu’elle demeure en 2D. Par rapport à d’autres studios, notre équipe tech n’est pas très importante en taille mais son approche est pragmatique. »

 

Signée par Pascal Charrue, Arnaud Delord et Barthélémy Maunoury, la seconde saison de « Arcane » place la barre encore plus haut en termes de qualité visuelle. © Fortiche/Riot Games

Arcane saison 2

Commandée par Netflix avant même la diffusion des derniers épisodes d’Arcane 1, la saison 2 monopolise pas moins de 450 personnes. Mais le principe de base du workflow reste assez similaire par manque de temps pour développer d’autres procédés de fabrication. À Annecy, Riot Games (entré en 2022 dans le capital de Fortiche) a annoncé qu’il n’y aurait pas de troisième saison d’Arcane mais que l’association avec le studio français n’était pas près de s’éteindre, d’autres formats « très ambitieux » issus du tentaculaire univers League of Legends se trouvant dans les tuyaux…

Conforté dans son orientation pour une animation premium ado-adulte, Fortiche a dévoilé de son côté lors de ce Studio Focus ses ambitions cette fois-ci en tant que producteur de contenu original en série mais aussi en longs-métrages d’animation.

« Avec Arcane qui a élargi le spectre des gamers (plus âgés, plus féminins), nous avons ouvert un nouveau marché tourné vers l’animation ado-adulte de qualité », remarque Anneliese Vieilledent, directrice des développements.

 

 

Premier long métrage

Réalisé par Jérôme Combe et Silvia Martelossi, le long-métrage d’animation « Penelope of Sparta », premier long-métrage de Fortiche comme producteur délégué, revient sur la jeunesse de Pénélope. © Fortiche

Premier long-métrage « maison » de Fortiche, Penelope of Sparta, développé par Jérôme Combe et Silvia Martelossi (avec la scénariste d’Arcane Amanda Overton), ce « préquel » de L’Odyssée d’Homère s’appuie sur la mythologie grecque et la science-fiction, en revenant sur la jeunesse de Pénélope et sa rencontre avec les jeunes « élites » du monde grec (Ulysse, etc.). Si elle fréquente la même école, la jeune femme est chargée d’une mission secrète : libérer son peuple du joug d’Athènes qui domine alors le monde. Cette production ambitieuse, qui emprunte aux codes du « coming-of-age » et se transforme peu à peu en une aventure épique, bénéficiera du pipeline de fabrication profilé pour les gros volumes et mis en place sur la série Arcane.

Produit également par Fortiche, Miss Saturn, projet de long-métrage à l’origine, revient sous la forme d’une série en développement de dix fois dix minutes. Adaptée du livre éponyme, elle met en scène un trio amoureux d’ados habitant à Nice en pleine période new wave. Introduisant chaque épisode par un tube des années 80, cette série d’animation sera l’occasion pour Fortiche d’explorer un nouveau format à la croisée de l’animation et de la pop culture dans le cadre d’un budget (un peu) moins généreux que celui d’Arcane mais devant garantir, à l’arrivée, un style visuel bien identifiable de la patte Fortiche.

 

Le trio gagnant de TAT Productions

TAT Productions réservait, également dans le cadre d’un WIP bondé, la primeur de quelques scènes (trois minutes d’extraits) de sa prochaine série animée pour Netflix, Astérix, le Combat des Chefs réalisée par Alain Chabat et Fabrice Joubert (production Légende Films et Albert René Editions). Choisi (après une phase de test) parmi trois autres studios hexagonaux par la plate-forme de streaming (laquelle désirait depuis longtemps travailler à partir d’une licence Astérix), le studio toulousain a reçu la charge de fabriquer en 3D cinq épisodes de trente minutes chacun (pour une diffusion courant premier semestre 2025).

Une première pour TAT qui, depuis la création du studio à Toulouse en 2007 par Éric et Jean-François Tosti et David Alaux, se consacrait exclusivement à la fabrication de leurs propres projets élaborés à partir de scenarii originaux, d’abord pour des séries TV (Les As de la jungle) puis des longs-métrages (Les As de la jungle en 2017, Terra Willy (2019), Pil (2021), Pattie et la colère de Poséidon (2023), Les As de la Jungle 2 – Opération tour du monde (2023)). Un pari que le studio avait réussi à tenir, conforté par plusieurs succès éclatants comme Les As de la Jungle (plus d’un million d’entrées), score largement dépassé par Pattie et la colère de Poséidon (avec 2,7 millions d’entrées).

Aussi l’annonce d’une collaboration avec Netflix, qui plus est pour une série d’animation 3D signée Alain Chabat (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre en 2002), dont c’est la première production animée, en a-t-elle surpris plus d’un : « Depuis la pandémie, nous avons été amenés à élargir le spectre de nos activités qui ne reposaient que sur des longs-métrages d’animation de qualité dédiés à la famille et réalisés dans des budgets restreints », explique Jean-François Tosti. « Il fallait se diversifier, revenir à la série télé (un pipeline mis en sourdine par rapport aux longs), s’ouvrir éventuellement à la prestation sans perdre pour autant le contrôle du planning et sans que cela ne perturbe notre line up de long-métrage auquel nous tenons beaucoup. C’est justement cet aspect que recherchait Netflix et qui les rassurait. »

Retour au Combat des chefs. Pour cette production Netflix dotée d’un budget très confortable et librement inspirée de la bande dessinée de Goscinny et Uderzo parue en 1966, TAT met les bouchées doubles en recrutant soixante nouveaux animateurs dont plusieurs « pointures » venues tout droit de célèbres studios US, ce qui fait passer les effectifs de 200 à 300 personnes (entre 2022 et 2023), ouvre des locaux supplémentaires (mais on reste toujours à Toulouse), fait l’acquisition de nouvelles machines. Et surtout adapte ses processus de fabrication et sa chaîne de production (historiquement basée sur 3D S Max et Maya, V-Ray…).

« Pour sa série qui s’apparente plutôt à un long-métrage, Netflix attendait de notre part un niveau de qualité équivalent à celui que nous mettons habituellement dans nos films. C’est comme cela que nous avons abordé la série. »

Aussi, pour cette série qui intègre entre autres de nouveaux personnages, la phase de recherche artistique se montre-t-elle plus longue que d’habitude (des sculptures sont fabriquées à partir de designs 2D) et des nouvelles méthodes de travail sont mises au point.

« Comme nous avions un budget supérieur à celui que nous disposons habituellement pour nos films, nous avons pu pousser les curseurs de qualité. Nous avons compris qu’un tel budget nous faisait monter en compétence en faisant venir des talents que nous n’aurions jamais pu nous payer ! C’est une expérience très enrichissante qui nous a tous bousculés dans nos processus habituels de fabrication, qui relevaient plus de procédés industriels comme la série des As de la jungle (sur trois saisons). Cela nous a permis aussi de remettre sur pied ce pipe pour la série que nous avions laissé de côté. »

 

Issue de l’univers du long-métrage « Pil », la série « Les aventures de Pil » (cinquante-deux fois treize minutes pour France Télévisions) expérimente un pipeline basé sur le temps réel. © TAT productions / 2026

 

Parallèlement à la production d’Astérix, les équipes de TAT s’affairent autour de la série télévisée Les aventures de Pil (cinquante-deux fois treize minutes pour France Télévisions) issue de l’univers du long-métrage Pil. Pour cette production prévue pour 2026, TAT (lauréat de l’appel à projets France 2030-La Grande Fabrique de l’image) a choisi d’expérimenter une toute nouvelle chaîne de fabrication basée sur le temps réel.

« Intégrer de nouveaux logiciels (comme le moteur temps réel Unreal) et procédés de fabrication s’anticipe bien en amont d’une production. Pour cette série, nous avons passé un an de développement car nous désirions surtout ne pas baisser en qualité. »

Si la greffe prend, TAT ne s’interdit pas d’intégrer le temps réel (au moins en partie) sur la production de longs-métrages « si tous nos critères en standard de qualité sont respectés » précise prudemment le cofondateur de TAT Productions.

 

Le long-métrage 3D en développement « Falcon Express » réalisé par Benoît Daffis et Jean-Christian Tassy est une création originale. © TAT productions, Apollo Films Distribution, France 3 Cinéma, Kinologics / 2025

« Pour l’heure, c’est le grand défi du temps réel. » Pour l’instant, Asterix repose donc sur un pipe-line similaire à celui des longs-métrages estampillés « TAT » (3DS, Maya, Houdini, rendu sous VRay…), de même que les deux nouveaux longs-métrages 3D « maison » en cours de production chez TAT, Falcon Express (prévu pour 2025) et Lovebirds (2026).

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #58, p. 124-128