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Visuel avant et après VFX, du premier long-métrage de Romain Quirot, « Le Dernier voyage », film de science-fiction, coproduit par Digital District, en salle le 19 mai dernier. © Digital District

Pendant la Covid, les VFX continuent !

 

Le moins que l’on puisse dire est que tous ont bien travaillé et que l’avenir s’annonce sous des auspices favorables. Entre les effets du crédit d’impôt international, le besoin croissant de contenus des plates-formes de SVOD, la frénésie des tournages de longs-métrages français, les planètes sont alignées pour enfin dynamiser un marché des VFX après dix ans plutôt ternes.

 

Confinement 1 : l’expérience compliquée du télétravail

Quand la France se confine pour la première fois, tous les tournages s’arrêtent, les studios doivent s’adapter rapidement. « Nous avions bien démarré l’année 2020, puis nous avons fermé le 17 mars. Nous étions prêts pour basculer en télétravail, notamment sur la partie tech, ainsi que certains artistes. En mars, nous avions terminé tout ce que nous avions en cours. En avril, nous avons mis tout le monde au chômage partiel car nous n’avions plus de travail », raconte Olivier Emery, PDG de Trimaran.

Le studio avait alors trois projets en cours : une série, Je te promets (12x 52 min, produit par Authentic Prod, pour TF1), une série de docu fiction, Les Secrets des bâtisseurs de pyramides (6×45 min, produit par Samuel Kissous, pour la plate-forme SmithSonian (USA) et Canal+ (France), mobilisant deux salles de montage et la saison 3 de Tropiques Criminels (8 x 52 min, produit par Fédération Entertainment pour France Télévisions).

« Le tournage de Je te promets s’est interrompu, la réalisatrice du docu fiction (très demandeur en 3D et VFX), Sigrid Clément a dû arrêter le montage et Tropiques criminels était en préparation et devait se tourner en avril », détaille-t-il, précisant qu’il a été agréablement surpris par les mesures de soutien financier du gouvernement.

D’autres studios comme Digital District « ont dû absorber un pic d’activité jamais connu, notamment dans le département publicité », se souvient Nicolas Lacroix, producteur VFX, en charge du département longs-métrages, séries TV et documentaires, avant que l’entreprise ne soit fermée aux équipes, sauf au responsable technique.

« Nous avions déjà recours au télétravail avant ces confinements, car nous faisons appel à des graphistes clés internationaux, notamment de 3D, nous avons juste dû augmenter le volume. Cela a posé des problèmes techniques concernant la sécurité, l’accès aux serveurs, la rapidité des accès… Nous étions, de plus, dépendants du matériel que chacun avait chez soi », reprend-il.

Pour pallier cela, le studio s’est équipé en coûteux boîtiers PC OIT permettant la prise à distance sur les ordinateurs du studio. « Cette version optimale a été réservée aux superviseurs, cadres, graphistes seniors. Elle permet d’avoir quasiment du temps réel, même lorsque l’on ne possède qu’une machine peu puissante chez soi », souligne-t-il.

Autres solutions, la prise en main via des logiciels type TeamViewer, etc., imposant que toutes les machines du studio soient disponibles, et l’équipement personnel. Aux réunions régulières classiques, le studio ajoute des rendez-vous en visio par projet ou par équipe, tous les deux jours. « Nous ne pouvons pas nier qu’il n’y ait pas un peu de pertes d’informations. Mais dès le début de la mise en place de cette nouvelle organisation, les équipes ont été très motivées. » Malgré tout, une partie des effectifs a été brièvement en chômage partiel en avril et mai.

 

Le constat est proche chez Circus. Ce studio, créé en 2008 par Julien Villanueva et Jérôme Bacquet, a pris le virage de l’animation depuis quelques années. Quand tombe le couperet le 17 mars, le studio fait face à une intense activité. « Nous avons tout basculé au télétravail du jour au lendemain, dans une sorte de grande excitation, due à la nouveauté de la situation. Notre idée était de voir comment la structure pouvait continuer à exister même si nous étions tous dispersés, d’autant que l’effectif était de près de quatre-vingts personnes. Côté technique, nous avons mis en pratique le pilotage à distance des ordinateurs », explique Julien Villanueva.

Tout n’a pas été sans heurt, notamment pour ceux travaillant sur la saison 3 de la série Lego City adventures (22×11 min, produit par Passion Pictures), l’animation impliquant des fichiers très lourds. De nouvelles manières de travailler sont imaginées : « Nous avons mis en place un rendez-vous par team matin et soir, et fixé les horaires de travail pour bien séparer vie privée et professionnelle. Il fallait créer une entité psychologique existante de Circus même si chacun était chez soi. Cela a demandé beaucoup d’organisation notamment pour les managers et les postes transversaux qui enchaînaient ces réunions du matin et du soir », reprend-il.

À cela, s’ajoutent des rapports d’activité « quotidiens par équipe pour prendre le pouls de chacun », pour pallier le manque de communication directe, essentielle à ces métiers artistiques. « Nous avons alors pris du retard et malgré tout ce que nous avions mis en place au bout d’un moment la motivation s’est délitée », convient Julien Villanueva.

Outre le moral des troupes, ce travail à distance a aussi généré des coûts supplémentaires comme le souligne Philippe Sonrier, directeur général de Mac Guff : « Non seulement le télétravail freine les interactions humaines essentielles à notre activité, mais il induit 20 à 30 % de rendement négatif, un surcoût qui n’a pas souvent été pris en compte par les producteurs ».

 

Parmi ceux qui ont fait un effort financier, Netflix, notamment sur le film Oxygène, d’Alexandre Aja (produit par Gateway Films, Wild Bunch, Echo Lake Entertainment) visible depuis le 12 mai sur la plate-forme. Ce film est vraiment un « bébé Covid », monté rapidement, il a nécessité un tournage Covid compatible et énormément de VFX, le studio The Yard a d’ailleurs été sollicité en renfort. « C’était un peu commando car nous avions peu de temps, d’autant que la date de rendu a été rabotée de trois semaines avec notre accord », sourit-il.

Si le film d’Alexandre Aja a été livré dans les temps, le film d’animation, Le Tour du monde en quatre-vingts jours (produit par Cottonwood Media et distribué par Studiocanal, daté au 4 août 2021) a connu plus de déboires, mais la production a accepté de prendre en charge un surcoût Covid. En France et en Belgique, en partenariat avec le studio Circus, le film a subi les aléas du premier confinement. « Nous avons rapidement été obligés d’arrêter le travail en Belgique car les infrastructures ne sont pas au même niveau qu’en France pour gérer le télétravail, notamment, en termes de réseaux. En France, c’était plus facile, mais le 100 % remote n’est pas simple, il faut être ultra-organisé ».

 

Mac Guff a ainsi développé la prise à distance des machines avec des VPN, mais peu de personnes ont totalement télétravaillé. « Pour les travaux complexes, notamment ceux au stylet ou avec des temps de latence, c’était ingérable ». Si le studio n’a jamais fermé, des projets ont connu un bref temps d’arrêt à l’instar de la saison 1 de la série Lupin (produite par Gaumont Télévision pour Netflix), du long-métrage Eiffel (produit par VVZ Production en coproduction avec Pathé, annoncé pour le 25 août 2021). « Nous avons dû mettre en place les conditions de production nouvelles et voir comment cela se passait psychologiquement pour les équipes. Nous avons rapidement favorisé le retour au studio, sans jamais l’obliger », ajoute-t-il.

Tous s’accordent à dire que pendant cette première période, les productions ont été à l’écoute, levant notamment quelque peu le pied sur les délais. Une flexibilité saluée par Séverine de Wever, directrice de production de la Compagnie Générale des Effets Visuels : « Quand tout s’est arrêté, nous avons convenu avec les productions des séries de privilégier celles qui avaient des dates de diffusion figées ».

Netflix a ainsi étalé les délais de livraisons jusqu’en juin 2020 de la série Révolution (huit épisodes, produits par John Doe Production, mise en ligne le 16 octobre), dont le tournage était terminé, tandis que celui de la saison 1 de Paris Police 1900 (8×52 min, produits par Tetra Media Fiction, pour Canal+) a marqué un temps d’arrêt pour reprendre en juin. La série a été livrée par le studio en novembre et diffusée en février dernier.

« Nous nous sommes équipés pour basculer en télétravail, mais cela n’a pas été simple car nous travaillons sur des images en 4K. Tout le monde avait un double poste avec login et identifiant pour la prise de main à distance, et parfois des délais de réactivité plus long », raconte-t-elle, ajoutant que « le plus compliqué a été de garder le lien, la communication, la réactivité ralentie pour les modifications, d’autant qu’au studio, les plans truqués sont visionnés sur grand écran ».

Si pour certains l’adaptation a pu être compliquée, The Yard a abordé cette première phase plus sereinement : « Nous étions prêts, nous avions anticipé et avions mis en place le télétravail très rapidement et très tôt », explique Laurens Ehrmann, le directeur. Avec une douzaine de personnes, il gère le projet en cours, Méandre, le long-métrage de Mathieu Turi, (produit par Fulltime Studio, distribué par Alba Films, le 26 mai 2021). Face à l’inconnu, il a mis en place un rituel afin de garder les équipes sur le qui-vive. « Tous les matins à 9h30, 14h et le soir, nous faisions un call rapide pour savoir comment tout le monde allait et faire le point. Cela a permis de garder le lien, de donner les objectifs, de connaître les difficultés et de trouver des solutions ensemble. Nous avons utilisé les outils de la visio pour prolonger notre méthode habituelle de travail et cela a plutôt bien fonctionné », reprend-il.

 

Confinements 2 et 3 : une activité de plus en plus intense     

Quand arrive le premier déconfinement, The Yard débute un projet pour Disney+, Wanda Vision. « Du fait, des normes TPN (Trusted Partner Network), nous ne pouvions pas travailler à distance, nous avons repris le travail sur site en diminuant la jauge de 50 % dans le respect des règles de sécurité sanitaire, une organisation pénible mais nécessaire. Et depuis, nous avons continué comme cela », explique Laurens Ehrmann.

Seul studio en France à avoir la norme TPN en VFX à 100 %, garantissant une sécurité maximale aux studios hollywoodiens, The Yard est une jeune société qui a le vent en poupe. « Nous avons eu, en fait, énormément de projets et tout se passe bien, nous recrutons. Nous avions pour habitude d’être très orienté cinéma français et international, maintenant cela s’équilibre entre TV et ciné, avec de plus en plus de très gros projets comme Wanda Vision, Le Mans 66 : Ford versus Ferrari (Disney), ou comme En thérapie pour Arte et plus récemment Nomadland de Chloé Zhao, récompensé par trois Oscars, Golden Globe et Lion d’Or à Venise », ajoute-t-il, ravi d’avoir été contacté, en cours de production, pour aider sur Oxygène d’Alexandre Aja.

De son côté, la crise sanitaire n’a pas ralenti l’activité du studio : « J’ai l’impression que cette crise a agi comme un accélérateur : si l’entreprise ne va pas très bien, les problèmes s’additionnent, si elle va bien, la croissance s’intensifie ». Actuellement superviseur VFX sur le tournage du long-métrage de Jean-Jacques Annaud, Notre-Dame brûle, (produit et distribué par Pathé), il débutera la postproduction cet été. « Nous allons démarrer un nouveau film international et d’autres séries avec Netflix ainsi que plusieurs films français ».

 

D’autres studios se sont demandé si la Covid n’allait pas réduire l’activité. Ainsi, Digital District où la culture du CDI est forte, a réfléchi si le travail venait à manquer. « En fait, il n’y a pas eu arrêt des tournages, au contraire ». Entre les VFX sur la série Voltaire, Mixte (produit par En Voiture Simone pour Amazon), ceux de la saison 2 de My Brillant Friends (pour HBO), de la saison 2 de Mortel (pour Netflix), d’Exterminate All the Brutes, Raoul Peck (4×52 min, disponible sur HBO Max depuis le 7 avril 2021, et une dizaine de longs-métrages, dont Le Dernier voyage de Paul WR, coproduit par Digital District, en salle depuis le 19 mai dernier, et bientôt du travail sur Astérix, le carnet du studio est bien rempli !

« Le pic d’activité ne s’est pas essoufflé ce qui a été la vraie bonne surprise. Nous n’aurions pas eu physiquement la place d’accueillir tout le monde dans les locaux en fin d’année. Cela s’est bien passé finalement », se réjouit Nicolas Lacroix, de Digital District. Une charte du télétravail a d’ailleurs été mise en place après le second confinement, 40 % des projets devant être réalisé à distance. L’organisation spatiale du studio a été repensée, pièce par pièce. « La mise en place du deuxième confinement a rééquilibré le présentiel et le distanciel car on a senti une vraie lassitude des équipes. Pour du travail artistique, il est important que celles-ci soient sereines. Nous allons toutefois conserver une dose de télétravail, notamment pour les cadres », reprend-il.

Dans les autres studios, le grain à moudre n’a pas non plus manqué. Chez Trimaran, une fois les tournages bouclés, le travail a repris de plus belle. « Tout cela a simplement été décalé de trois, quatre mois. Il n’y a pas eu plus de VFX, la stratégie des producteurs a été de demander à leurs scénaristes de simplifier et de réécrire. Les budgets VFX ont plutôt diminué », précise Olivier Emery.

Peu à peu le télétravail a été réduit et dès le second confinement, 80 % des équipes étaient de retour au bureau pour répondre à une hausse d’activité, notamment dans l’autre secteur de Trimaran, l’habillage 3D pour les diffusions sportives.

De plus avec la reprise des tournages, les projets ont repris eux aussi le chemin du studio, donnant quelques fois lieu à des VFX « imprévus », comme sur la série Je te promets. Une scène qui devait être tournée en mars dans une forêt enneigée à Noël, l’a été le 30 juin. « Nous avons dû blanchir toute une séquence de trois minutes : les acteurs sortaient de leur voiture en panne sur un chemin, en pleine forêt et devaient marcher dans la neige. Cela a été assez compliqué. Il était déjà prévu de blanchir, mais la forêt était bien plus verte, nous ne pensions pas avoir à faire un tel travail de map painting et de roto. Il a fallu détourer les personnages un par un avec finesse. Cela nous a pris beaucoup de temps, mais cela fonctionne bien », raconte-t-il.

Le studio a aussi terminé les VFX sur deux-cent-vingt plans de la fiction, Le Saut du diable, un polar en montagne, réalisé par Abel Ferry (produit par La Compagnie des Phares et Balises pour TF1), tourné en octobre-novembre dans les Alpes et interrompu pendant dix jours à cause du Covid, et ceux de Basse saison, de Laurent Herbiet (produit par Agat Films & Cie pour Arte).

 

Chez Circus, lors du deuxième confinement, les choses ont été remises à plat. « Nous avons déconfiné progressivement à partir du 11 mai, en briefant chaque personne revenant et en adaptant le studio à la condition sanitaire. Nous avons décidé que l’on allait tenter autre chose pour le deuxième confinement : télétravail pour des postes très précis, mais sinon tout le monde est resté au bureau avec des règles barrières très rigoureuses sur nos deux sites. Nous l’avons bien mieux vécu. Chaque personne devait se sentir responsable pour le collectif. Cela s’est bien passé et finalement nous ne l’avons pas vraiment senti, tout comme le troisième », constate Julien Villanueva.

A été livré dans les temps le long-métrage d’animation, Le Tour du Monde en quatre-vingts jours. Les affaires ont presque repris normalement pour ce studio qui traite, en termes de volume, l’équivalent minutes de trois longs-métrages par an.

Cela n’était pas gagné pour tous : « En 2020, nous avons moins travaillé en cinéma, mais nous sentons qu’il y a un besoin de programmes. Cela tourne en France, même s’il y a un surcoût, il y a eu rattrapage. Nous sommes sur un volume plus important que l’an passé. Nous sentons qu’il y a beaucoup de projets de tout type : doc, VR, animé, fiction… Netflix a fait bouger les mentalités, ils accompagnent très professionnellement les projets tout en laissant une certaine indépendance aux producteurs qui ont pris conscience que l’on pouvait être plus ambitieux avec des coûts VFX très compétitifs en France », analyse Philippe Sonrier.

Outre Oxygène, le studio a bouclé pour Netflix les VFX du long-métrage Le Dernier mercenaire (produit par Forecast Pictures et Other Angle Pictures, mise en ligne prévue le 21 juillet 2021). Pour la saison 2 de Lupin, la Covid a eu des conséquences en termes de VFX : « Nous avons fait des multiplications de foule, avec prévisualisation, sur Lupin. Dans la scène de l’Opéra, nous avons modélisé l’intérieur de la salle, cela n’a pas généré un surcoût énorme et a permis de rationaliser le tournage. Nous avons en outre développé “Face Engine” qui peut nous permettre notamment de rajeunir, vieillir ou de modifier des visages », indique-t-il.

Cette innovation développée par Mac Guff, grâce à l’intelligence artificielle, a reçu le Prix de l’Innovation César & Techniques 2021, et est actuellement en lice pour bénéficier de l’aide du choc de modernisation du CNC. Si le but du studio est de s’armer à l’international, cette technologie va être employée dans les VFX de la série Le Monde de demain, de Katell Quillévéré, nécessitant du rajeunissement, de la manipulation de visage (six épisodes, produits par Les Films Pelléas pour Arte et Netflix).

Autre projet qui fera appel à ce développement R&D, la série de huit émissions, Hôtel du temps (produit par Mediawan pour France Télévisions) dans laquelle un Thierry Ardisson rajeuni accueillera en entretien à l’hôtel Meurisse des personnalités telles que Jean Gabin, Lady Diana…

Malgré un carnet bien rempli, Philippe Sonrier convient que « la période reste un peu chaotique, les conditions sont parfois un peu compliquées notamment dans les timings ».

Le son de cloche est identique à la Compagnie Générale des Effets Visuels. « Après le premier confinement, il y a eu une recrudescence des tournages, c’était la course, tout le monde tournait », constate Séverine de Wever. Quand les salles de cinéma étaient encore fermées, l’effet « lever le pied » avait déjà disparu et avec la fin du troisième confinement, l’approche du festival de Cannes, la frénésie continue, « ce qui n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire ; mais tout va plus vite : nous voyons arriver de multiples projets de séries et de longs-métrages. Il faut donc s’adapter et rebondir vite. Mais tout cela est bon signe, cela signifie que les tournages reprennent, qu’il y a un besoin de produire des films et c’est une bonne chose pour tous les studios VFX », conclut-elle.

 

LE CREDIT D’IMPOT INTERNATIONAL EN CHIFFRES

Pour bénéficier du C2I, la société étrangère doit travailler avec une société française (studio VFX ou toute autre société payant l’impôt sur les sociétés en France). C’est elle, après dépôt du dossier au CNC, qui bénéficiera du crédit d’impôt. Si le projet est éligible, les dépenses peuvent commencer dès ce dépôt, un agrément provisoire sera délivré par le CNC dans le mois suivant la demande.

Depuis le 1er janvier 2020, un taux bonifié de 40 % est applicable pour les œuvres de fiction à forts effets visuels dont les dépenses françaises relatives à la fabrication numérique d’effets visuels sont supérieures à 2 millions d’euros. Est dite « œuvre de fiction à forts effets visuels », une œuvre réalisée en prises de vue réelles dont au moins 15 % des plans, soit en moyenne un plan et demi par minute, font l’objet d’un traitement numérique.

 

FRANCE VFX : S’ALLIER POUR ATTIRER LES PROJETS INTERNATIONAUX

Coprésidé par Philippe Sonrier (Mac Guff) et Olivier Emery (Trimaran), France VFX est un syndicat professionnel dédié à l’industrie des effets visuels et de l’animation crée il y a trois ans. Il réunit une dizaine de studios de VFX français et a intégré la Ficam au printemps dernier. « L’enjeu pour la France, où l’on a de bons studios de VFX, d’excellents artistes et un réel savoir-faire, est de capter les projets internationaux qui vont arriver très vite grâce au crédit d’impôt international (C2i) et de capter les projets des plates-formes », souligne Olivier Emery.

Alors que le marché français, que ce soit en séries et en longs-métrages, encore peu demandeurs VFX, le pari est que les producteurs étrangers, notamment américains, soient sensibles financièrement au C2i très attractif et fassent appel aux studios français reconnus pour leur fiabilité et leurs workflows efficaces.

« Les plates-formes nous font travailler et constatent nos capacités en termes de VFX et même les producteurs français commencent à comprendre que ces derniers sont nécessaires. Cela devrait aussi rejaillir sur les projets français. Ce sont surtout les projets internationaux qui vont booster nos studios, même si nous captons les séries avec des budgets moyens. Cela va demander des investissements en termes de main d’œuvre », ajoute-t-il.

Alors qu’un studio anglais, One of Us, s’installe à Paris, le nouveau nerf de la guerre va être le recrutement des talents et la possible inflation des salaires.

https://www.vfx-france.com/

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #42, p. 66-71. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

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