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Visualisation du résultat en direct sur le retour vidéo pendant un atelier avec les étudiants. © VFX-Workshop

Les murs Led : nouveaux besoins, nouveaux métiers ?

 

L’emploi de ces effets visuels ne se limite pas aux blockbusters et participe à la restructuration du mode de production des films. L’évolution des VFX a permis de proposer des outils innovants, mis au service des utilisateurs, qui répondent à leurs besoins et vont parfois jusqu’à les anticiper, voire permettent de proposer de nouvelles esthétiques.

Cette progression linéaire, mais rapide, des innovations technologiques nécessite une adaptabilité constante des techniciens. Ces évolutions engendrent, de ce fait, la création de nouveaux savoir-faire et de nouveaux métiers. Les murs Led font partie de ces outils novateurs que les professionnels apprennent à apprivoiser. L’acquisition de compétences supplémentaires et la connaissance des enjeux du secteur permettent de se préparer au mieux au maniement de ces outils récemment mis sur le marché et de former les techniciens en devenir à ces nouveaux modes de production.

 

Le mur Led, au croisement des techniques

L’utilisation des murs Led tend à se démocratiser, mais nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements. Techniquement, ces murs Led ont pu être mis au point grâce à l’évolution de deux modes de calculs, le pré-calculé et le temps réel, qui empruntent des logiques différentes et dont les utilisations étaient initialement très sectorisées. Le pré-calculé était davantage adopté pour les VFX, alors que le temps réel était majoritairement employé dans l’industrie des jeux vidéo. Les moteurs de jeu temps réels tendent à se rapprocher d’une qualité photoréaliste mais ils ne parviennent pas encore à égaler la qualité des images obtenues en pré-calculé utilisées par la plupart des studios VFX en France et à l’étranger. Si le temps réel demande une image peu gourmande en énergie pouvant être calculée rapidement, le pré-calculé, quant à lui, utilise des algorithmes lourds et précis qui nécessitent des ressources importantes et un temps de calcul long.

« Dans les grosses sociétés américaines comme ILM ou Animal Logic, on utilise des fermes de rendu permettant d’utiliser plusieurs ordinateurs qui calculent la même image en même temps. Cette solution est privilégiée par les grosses sociétés de productions qui utilisent un modèle de fabrication très cloisonné et onéreux. De plus, il y a d’énormes enjeux écologiques liés à cette technique énergivore. Les problèmes de coût de production poussent les sociétés à mettre au point de nouvelles techniques, mais on peut aussi se demander s’il n’y a pas une réflexion écologique à long terme qui est en cours. Bref, ceci a pour objectif d’accélérer le processus de fabrication des VFX », explique Rémy Sohier, maître de conférences Arts et Technologies de l’Image (ATI) à l’Université Paris 8.

On remarquait depuis quelques années l’utilisation du temps réel dans des process de fabrication qui étaient à l’origine en pré-calculé, cet usage permet d’accélérer la réalisation de certains projets, notamment pour les films d’animation. Les studios multiplient l’emploi de plusieurs techniques afin de trouver les solutions les plus adéquates pour gagner du temps et réduire les coûts. Lors de sa visite chez Dreamworks, en 2013, Renaud Jungmann, fondateur de l’école VFX-Workshop, a pu observer le travail de ce studio avec la motion capture. « Ils ont expliqué qu’ils préparaient leurs films d’animations grâce à ce système. Bien qu’ils réalisent des projets en full anim, cette technologie leur permet de prototyper le film de manière ultra rapide. »

Le pré-calculé demande beaucoup de moyens, d’infrastructures, de logistique et de personnel. L’hybridation des processus semble être une solution pour réduire ces contraintes. C’est dans ce contexte que l’on voit apparaître la technologie du mur Led qui semble être « un symbole assez médiatisé de cette fusion qu’on observe depuis quelques années entre le pré-calculé et le temps réel », constate Remy Sohier.

Pour les techniciens, les compétences à acquérir sont multiples, que ce soit sur le plateau de tournage ou pour l’équipe VFX. Une des spécificités évidentes du mur Led est sa capacité à réfléchir la lumière sur les surfaces lisses. Jean-Michel Ponzio, dessinateur et concepteur de décor 3D, explique que « les reflets, c’était la bête noire quand on était sur un fond vert. »

Le mur Led rend les incrustations moins complexes, l’étape de « killing » est supprimée, les images tournées sur le plateau se fondent déjà avec les images numériques avant l’étape du compositing, même si des retouchent sont apportées en postproduction. Au moment du tournage, l’image se rapproche du rendu final.

Bien que les solutions de tracking aient déjà solutionné en partie le problème, le mur Led apporte des atouts supplémentaires. « Il y a moins d’intermédiaires, donc plus de connexions. En temps normal, entre la conceptualisation, les étapes de production et les images finies, il y a beaucoup d’intermédiaires. Puis, on présente un premier résultat lors d’une projection test, suite à cela parvient une liste parfois conséquente de choses à modifier et on retravaille les images. Bien sûr, les modifications doivent être réalisées avec des moyens raisonnables. Ce processus d’aller-retour existe toujours, bien entendu, mais la prévisualisation fait gagner du temps et de l’argent. Si, en plus de ça, on ajoute toutes ces questions de lumière et de réflexion, c’est quasiment comme si on filmait dans la 3D », explique Rémy Sohier.

Cela permet aux réalisateurs et techniciens d’accéder à un résultat immédiat, permettant de pallier les problèmes de temporalités entre l’équipe du tournage et celle de la postproduction. Les directeurs de la photographie gagnent en liberté créative au moment du tournage, car, grâce aux moteurs de jeu en temps réel, ils ont la possibilité de réaliser des modifications in situ, pour réchauffer la lumière, changer un cadre préalablement défini en préproduction, etc. Le décor livré par les équipes de VFX s’adapte aux besoins du tournage, ce qui demande aux graphistes des compétences de développeurs, pour proposer des fonctionnalités modulables. Le directeur photo doit acquérir des compétences de graphiste afin de pouvoir apporter des modifications au moment du tournage. Ces changements permettent aux acteurs de plonger dans le décor 3D et de se repérer plus facilement.

« Il faut se souvenir que, quand la virtual production a été développée, du côté des VFX, on n’en avait pas besoin. C’est une technologie qu’on a mis en place pour aider le réalisateur à faire des choix qui sont pondérés par la capacité à voir, très tôt, ce que sera l’image finale. C’était le mouvement initial de la virtual production : aider les réalisateurs qui venaient du live à tourner dans un décor 3D sans devoir attendre six mois que la postproduction ait réalisé son travail. Avec la 3D, aujourd’hui, on peut se retrouver sur le plateau avec quasiment des décors définitifs par rapport à ce que l’on aura après la postproduction », explique Luc Pourrinet, responsable pédagogique du cursus cinéma et du cycle Master à Artfx.

 

Quid des techniciens on set ?

L’utilisation de murs Led facilite l’appréhension des décors pour les techniciens on set mais il apporte également une modification des pratiques. Chez Artfx, partant du constat qu’il y avait un réel besoin de formation afin que les nouvelles technologies soient connues et adoptées par les scénaristes, réalisateurs et techniciens, le projet d’une nouvelle école est né sous le nom de « 24, l’école des nouveaux cinémas et des séries ».

Luc Pourrinet a échangé avec de nombreux professionnels : « Quand on discute avec les associations de chefs opérateurs, on voit très bien qu’ils ont besoin de ces compétences techniques aujourd’hui, d’où l’intérêt de construire cette école. Il en va de même pour les chefs déco avec qui nous avons eu des discussions. Ils voient arriver les choses et ont conscience qu’ils auront besoin d’avoir des étudiants formés avec ces compétences-là, au-delà du fait qu’ils peuvent se former eux-mêmes », avant d’ajouter que les premiers demandeurs étaient les scénaristes. Ils proposeront à la rentrée prochaine, à Roubaix, un cursus cinéma qui intègre la dimension des outils de visualisation, de postproduction, de « préviz » et de virtual production.

Intégrer les nouvelles écritures, images et technologies permet à ces technologies de se développer, les étudiants auront la possibilité de se les approprier et de proposer, à l’issue de leur formation, des projets utilisant ces modes de production. « On est en plein dans le sujet de la virtual production, demain les créateurs d’œuvres audiovisuelles adresseront non seulement le cinéma classique mais aussi les nouveaux formats, notamment les mondes 100 % virtuels en temps réel. On veut former les techniciens et les réalisateurs de ce cinéma qui est toujours en train de se réinventer. C’est vraiment l’ambition derrière cette école 24, créée cette année, et qui s’insère dans notre nouveau campus, qui ouvrira en 2023 », explique Simon Vanesse, directeur général d’Artfx.

L’objectif est de faire travailler les différents cursus sur des projets communs. La volonté de cette école est de se nourrir du savoir-faire acquis par Artfx. Luc Pourrinet ajoute qu’« il ne s’agit pas de déshabiller Artfx de la partie VFX. Tout ce qu’on peut enseigner et tout ce qu’on a construit autour des VFX et du temps réel va nourrir en partie cette école de cinéma. »

L’établissement formera des techniciens de tous départements et leur donnera des compétences pour utiliser les outils numériques, de la 3D à la virtual production. Pour l’école 24, il est question de reconstruire les postes classiques du cinéma en leur permettant d’accéder à de nouveaux outils.

 

Les nouvelles compétences en VFX

Si de nombreux tournages sur mur Led utilisent des « pelures », avec les contraintes qui y sont associées en termes de focale, point et colorimétrie, l’utilisation de décors 3D en temps réel nécessite elle l’acquisition de compétences spécifiques. Les outils utilisés pour les jeux vidéo se retrouvent entre les mains des techniciens VFX, bien que, comme le souligne Renaud Jungmann, même si l’outil vient du jeu vidéo, il est utilisé comme un moteur de rendu en 3D temps réel, et, en le traitant ainsi, on oublie les fonctionnalités liées au jeu vidéo. Pour lui, « il y a quelque chose à creuser, plus entre les métiers du cinéma et la physicalité de la caméra, que les métiers du jeu vidéo. »

L’enjeu de la formation est primordial afin que la nouvelle génération puisse appréhender aisément les nouvelles technologies. Pour Pierre-Marie Boyé, directeur des productions chez Les Tontons Truqueurs, il y a une forte demande de la part des studios de jeunes professionnels qui auraient à la fois des compétences techniques et des compétences en images photoréalistes et cinématographiques.

« Chez Les Tontons Truqueurs, nous sommes à la recherche de personnes compétentes dans Unreal Engine qui auraient également un regard en VFX. Pour l’instant, on a encore du mal à identifier les bons profils, car nous n’avons pas besoin d’un animateur VFX traditionnel mais, en même temps, il ne s’agit pas de trouver un TD Unreal spécialisé en gaming non plus. »

L’enjeu, pour les organismes de formation, est d’anticiper les besoins afin que leurs étudiants possèdent un socle de connaissances solide pour s’insérer dans la vie professionnelle en s’adaptant aux nouvelles technologies. Ainsi, les écoles de VFX se sont emparées des problématiques liées au temps réel et réalisent une veille technologique constante afin d’adapter leurs contenus pédagogiques.

Simon Vanesse précise que la formation Artfx aspire à « sensibiliser les étudiants aux process et aux outils de la virtual production, comprendre leur utilisation en préproduction et production. On ne cherche pas pour l’instant à créer des spécialistes mais de leur donner à tous une compréhension pleine des enjeux de ces technologies. On commence simplement par refaire des scènes de film déjà existants. On les fait tourner, on voit quelles problématiques on rencontre et on voit comment on va essayer de les solutionner. On est également en contact permanent avec les professionnels qui nous ont indiqué qu’ils trouveraient formidable d’avoir des étudiants formés, sans mettre des barrières et demander des spécialisations spécifiques. »

Cette approche généraliste est souvent partagée, car, comme le souligne Rémy Sohier « l’esthétique optiquement photoréaliste est très complexe. C’est toujours un travail d’équipe lié à de très grandes productions. Quel que soit l’école ou le modèle pédagogique, ces compétences prennent des années à s’acquérir. Il ne suffit pas de faire un personnage bien réalisé, mais de s’adapter dans un pipeline de production. Ce qu’on fait dans la formation ATI, c’est qu’on a une approche techno-artistique. On va expliquer les principes, les logiciels, et, selon les profils, eux vont se spécialiser. » Même constat chez VFX-Workshop où la formation au temps réel ne débute qu’en troisième année.

 

Formations et expérimentations

La technologie étant elle-même en train d’évoluer, les professionnels du secteur doivent se former par eux-mêmes à ces nouveaux outils et apprennent leurs spécificités. Les enseignants et formateurs avancent au rythme des évolutions et forment les jeunes générations sur des technologies encore en mutation. Renaud Jungmann réalise des expériences et suit les innovations de près. « Ensuite, on fait ce que j’appelle du “bricolage”, qui permet de comprendre comment fonctionnent les objets. Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est de se mettre un peu à apprendre nous-mêmes. On essaie, avec notre équipe enseignante, de faire de l’expérimentation. Avant de poser une procédure autour du temps réel, on va continuer à expérimenter, regarder les retours d’expériences des usages des Led walls. »

À l’Université Paris 8, la « formation est née en 1984, toutes les grandes boîtes ont des gens d’ATI qui travaillent pour eux, donc on peut les faire venir facilement. La majorité sont des anciens de chez nous même si on fait également intervenir des gens de l’extérieur. »

Du côté des moteurs de jeu, Unreal Engine et Unity font partie des leaders du marché, mais ces logiciels sont appréhendés en tant qu’outils. L’objectif est de comprendre le fonctionnement d’un moteur de jeu et de choisir l’outil le plus adapté et performant à l’instant T.

Remy Sohier tente de préparer les étudiants aux évolutions du marché. « On essaie de ne surtout pas être dépendant de solutions existantes. Que ce soit des logiciels ou des technologies en place, dont les murs Led, les caméras avec écran intégré, la motion capture, les logiciels comme Unity, Blender, etc. on en parle, on les pratique, mais on fait toujours en sorte de dire à nos étudiants que ces logiciels ont une durée de vie limitée et seront forcément remplacés par autre chose dans quelques années, on l’a observé plusieurs fois en plus de trente-cinq ans d’enseignement. Il faut se former avec ces logiciels-là, mais il faut surtout essayer de comprendre les principes sous-jacents, les algorithmes derrière. Globalement, c’est toujours la même chose, au niveau des principes, souvent, il s’agit simplement d’usages nouveaux ou des moyens un peu augmentés. Il n’y a pas vraiment de grande révolution qui amène à penser les choses différemment. À partir du moment où on a un certain niveau de compréhension de la programmation ou des enjeux techniques, on a cette capacité d’adaptation. »

 

L’apprentissage par l’usage chez VFX-Workshop

Chez VFX-Workshop, fondée en 2017, les premières expérimentations ont été réalisées pour initier les étudiants aux techniques de la prévisualisation et du temps réel. Renaud Jungmann a modifié une caméra en y adjoignant un repère de motion capture. Il a ensuite sophistiqué cette caméra et enlevé les câbles qui le gênaient en les remplaçant par des systèmes de transmission HF.

« Dans un premier temps, on l’a envisagé comme un système de location scounting, dans ce cadre-là, avec la première promotion, on a remis en scène un véhicule. Il s’agissait d’apprendre à cadrer à des étudiants qui n’étaient pas là pour faire du cinéma. Il fallait préparer un tournage live et ne pas réaliser ce projet de manière approximative, surtout pour des étudiants qui n’ont pas l’habitude des caméras et du cadrage. Il fallait leur apprendre ça. L’objectif était de faire du repérage pour le tournage afin qu’ils puissent vraiment se rendre compte des cadres qu’ils voulaient filmer sur le terrain et d’éviter qu’on passe trop de temps à faire un plan. On a donc réalisé une photogrammétrie grâce à laquelle on a fait une maquette virtuelle qu’on a mise dans un moteur temps réel. Cela nous a permis de nous balader avec une caméra virtuelle et de repérer les lieux. Les étudiants ont pu poser une animation sommaire du véhicule dans ce décor et se rendre compte de la taille de la voiture, du cadrage et de ce que ça allait donner. Grâce à ça, on a repéré dans le monde 3D, la caméra et sa hauteur. On avait une prévisualisation 3D enregistrée en vidéo, qui était disponible sur les smartphones. Sur le storyboard, on avait tout annoté avec les plans de mise en scène. Une fois sur le lieu de tournage, on pensait passer la journée à faire les plans et, finalement, on les a réalisés en une heure/une heure et demie. Ce qui était fabuleux, c’est que les étudiants arrivaient avec une très bonne connaissance du lieu. Notre objectif était de les assister et, en définitive, ce sont eux qui nous ont dirigés. On aurait dit qu’ils avaient l’habitude, ça paraissait très naturel. Il ne nous restait plus qu’à faire le Data scounting. »

Suite à une discussion avec Olivier Emery, fondateur de Trimaran, Renaud Jungmann décide de proposer un atelier pratique sur les murs Led. L’installation d’un tel équipement étant très coûteux, il choisit de réaliser un nouveau prototype de caméra virtuelle et d’utiliser un écran géant plutôt qu’un véritable mur Led.

« L’année dernière, on a fait travailler les étudiants sur la création d’un décor virtuel, et, devant ces décors virtuels on leur a fait mettre en scène des figurines avec un écran géant. Comme l’écran n’est pas aussi lumineux qu’un “Led wall”, on a compensé avec un ajout de système d’éclairage qui reprenait des composantes lumineuses et colorées de l’intérieur de l’image pour venir doper le personnage lui-même, ce qui permet de faciliter l’intégration. L’idée était de déplacer cette caméra et de constater le mouvement de perspective derrière, de mesurer le lague qui existe entre le mouvement de la caméra et la restitution. Ce système ne convient pas à tous les mouvements de caméra parce que, par exemple, le décalage peut se voir. On peut certaines fois compenser sans que l’œil ne le remarque. Parfois, ce n’est pas grand-chose, de l’ordre de trois images, mais l’opérateur le sens tout de suite et ça peut se voir à l’image. On a réussi à obtenir six ou sept résultats de la part des étudiants, mais surtout, ils ont eu la possibilité de pratiquer. Ils ont pu à la fois manipuler la caméra mais également expérimenter toute la chaîne de production des décors en amont. Ce qui était important pour eux, c’est qu’ils ont pris conscience que leur métier n’était plus un métier de postproduction mais un métier qui intervient avant la production. On fabrique tous les décors au préalable pour travailler avec les chefs déco, avec les chefs op’. Pour l’instant on travaille de façon un peu empirique parce qu’on est dans l’expérimentation. Maintenant, ce qui est intéressant, même si le résultat n’est pas professionnel – c’est un travail d’étudiants – c’est que cela leur a permis de se rendre compte du temps que ça prend. Sur le plateau de tournage c’est très spectaculaire, ça va vite. Ils prennent conscience qu’il faut que la qualité du travail en amont soit bonne pour que tout soit au point au moment du tournage. »

Cet apprentissage par l’usage permet aux jeunes générations d’utiliser les outils mis à leur disposition pour la création de VFX dans le cadre de travaux nécessitant les murs Led, mais il permet aussi de prendre conscience des besoins de l’équipe de tournage.

L’arrivée des murs Led se situe dans le prolongement des évolutions technologiques dans le domaine des VFX. Les techniciens VFX combinent des savoir-faire au croisement de plusieurs disciplines pour se mettre au service de l’art cinématographique. La formation des nouveaux professionnels à ces technologies permettra possiblement de multiplier leurs emplois et de poursuivre les expérimentations. Le 12 octobre 2021, un grand plan d’investissement, « France 2030 », a d’ailleurs été annoncé par Emmanuel Macron incluant notamment des aides pour soutenir l’enseignement et l’industrie du cinéma.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #44, p. 18-22 

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