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Dolby maintenant et demain… Rencontre avec Javier Foncillas

La société Dolby, fondée en 1965 autour de la technologie de réduction de bruit, n’a cessé d’innover et de se renouveler. Dolby aujourd’hui est présent sur de nombreux secteurs de l’industrie du divertissement (cinéma, télévision, musique, jeu vidéo, entreprise) et ses technologies à destination des professionnels et du grand public ont un objectif : rendre l’expérience plus riche et plus engageante. Entretien avec Javier Foncillas, VP Commercial Partnerships Europe, qui présente les dernières innovations comme Atmos et Dolby Vision.
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Mediakwest : Quelle est la stratégie, présente et future, de Dolby ?

Javier Foncillas : Nous nous sommes concentrés dans un premier temps sur les équipements de pointe qui pouvaient aussi intéresser le marché grand public, en les rendant plus abordables. Ces dernières années, nous avons consacré une grande partie de notre énergie à la création de contenus audio et vidéo : vous connaissez Dolby Atmos, le volet audio, il y a aussi Dolby Vision pour l’image, et puis les technologies sous-jacentes comme AC-4 pour le broadcast. La question, dès lors, est de savoir comment nous pouvons atteindre la masse critique nécessaire pour que ces expériences de pointe se démocratisent.

C’est un type de progression que vous connaissez sans doute : Atmos a été créé pour le cinéma, puis nous avons voulu l’apporter jusque dans les foyers. Pour cela, nous avons engagé une collaboration avec nos partenaires fabricants, ce qui n’a pas toujours été facile, mais cette expérience nous a permis d’encourager la transition des home cinémas traditionnels vers des home cinémas Atmos.

Pour que notre technologie devienne réellement grand public, cependant, nous devions commencer par reconnaître que tout le monde n’a pas chez soi un équipement de pointe, et nous sommes donc entrés en contact avec les fabricants de barres de son, puisque ces appareils commençaient à faire leur apparition dans certains foyers. Nous avons ainsi rencontré un certain succès auprès des fabricants, et avons été particulièrement chanceux en France, où Orange a été le premier opérateur de télévision payante au monde à diffuser en Dolby Atmos ; de plus, certains modèles de barres de son étaient plutôt abordables sur le marché français, ce qui a beaucoup contribué à nous rapprocher du marché grand public.

Les barres de son sont cependant encore loin d’être présentes dans tous les foyers, et il fallait donc que nous continuions nos efforts de démocratisation de notre technologie. Or, de plus en plus de personnes changent de téléviseur pour passer à la 4K : si ces nouveaux téléviseurs étaient compatibles Atmos, nous pourrions toucher un plus grand public. Nous nous sommes donc tournés vers nos partenaires, comme LG, à qui nous avons dit : « puisque vous êtes en train de mettre au point des téléviseurs de nouvelle génération, pourquoi ne pas les équiper de haut-parleurs Atmos ? » Et c’est ainsi qu’ont été lancés des téléviseurs 4K avec une barre de son intégrée… mais, encore une fois, cela restait limité au haut de gamme et il nous fallait encore progresser.

Nous avons donc commencé à mettre au point Atmos TV, une technologie qui pourrait être intégrée dans tous les téléviseurs. Le tournant est arrivé quand nous sommes parvenus à convaincre MediaTek d’intégrer notre technologie : cette entreprise taïwanaise fabrique les circuits utilisés dans les téléviseurs de presque toutes les grandes marques (sauf LG et Samsung), et du jour au lendemain tous les fabricants ont ainsi pu créer des téléviseurs compatibles Atmos.

Et voilà où nous en sommes actuellement : de nombreux fabricants de téléviseurs grand public ont commencé à proposer des téléviseurs équipés d’Atmos TV. En Europe, par exemple, Philips a annoncé que 90 % de leurs nouveaux téléviseurs 4K seront compatibles Atmos. D’autres grandes marques comme Panasonic et Sony suivent également la tendance, ainsi que le géant turc de l’électroménager et de l’électronique, Vestel, qui fabrique les téléviseurs de nombreuses marques, dont Toshiba.

Selon nos estimations, vers le milieu de l’année prochaine la moitié des nouveaux téléviseurs 4K seront compatibles Dolby Atmos : nous sommes donc proches de la masse critique en termes d’équipement, tandis que la masse critique en termes de contenus est déjà atteinte. Dolby travaille en effet depuis longtemps sur l’écosystème complet des contenus : créateurs, opérateurs, fabricants d’électronique. Je viens de parler de ces derniers, mais tous les grands opérateurs OTT américains comme Netflix, Amazon, Disney+, Apple TV+, etc., proposent des contenus Atmos. Tous les nouveaux contenus créés aujourd’hui intègrent cette technologie ; à l’occasion du lancement de Disney+, les films de la franchise Star Wars ont été remastérisés et sont maintenant également compatibles Atmos et Vision.

Pour en revenir à notre évolution, la dernière étape – après les contenus cinéma et TV – est l’offre musicale. Il y a de très bons exemples de productions en France, comme le concert de Gorillaz : Canal+ en a assuré la postproduction et l’offre désormais dans son catalogue de programmes, permettant aux téléspectateurs d’en profiter avec le son Atmos. Il y a un engouement très marqué pour la musique, notamment avec des Blu-ray musicaux qui ont remporté un vif succès.

Nous avons donc travaillé en étroite collaboration avec le milieu de la musique, en grande partie à Londres où le légendaire studio de production Abbey Road Studios a modernisé ses équipements pour enregistrer des bandes originales de films au format Atmos. C’est ainsi que nous avons commencé à collaborer avec Universal Studios – leur maison mère – pour créer de la musique spécifiquement pour Atmos. C’était un long processus, notamment parce que nous tenions à ce que nos solutions répondent aux attentes des créateurs : dans le cas précis de la musique, tout se faisait auparavant en stéréo et nous sommes en train de passer à un format entièrement nouveau. Il a donc fallu réinventer beaucoup de choses, jusqu’à la manière dont la musique est enregistrée.

 

 

M. : Et Atmos est-il compatible avec les services de streaming audio ?

J. F. : Voilà, c’est la deuxième étape. Premièrement il s’agissait de convaincre les créateurs d’enregistrer en Atmos : l’un de nos premiers remix en Atmos était Rocket Man, d’Elton John, et il nous a été très précieux. Nous l’avons fait écouter à plusieurs artistes dans notre salle de démonstration à Londres, lumières éteintes ; au début du morceau ils disaient toujours « oui, bon, je connais ce morceau », puis le son Atmos monte progressivement en puissance jusqu’à entourer complètement l’auditeur. Ils sortaient toujours de la salle en disant « c’était extraordinaire ! » Et cet enthousiasme des créateurs est évidemment essentiel pour nous, puisque ce sont eux qui attirent ensuite l’attention d’Universal Music.

Mais ensuite, comme vous le dites, se pose la question du consommateur : doit-il forcément acheter un Blu-ray pour en profiter ? Tout le monde n’est pas équipé de lecteur, et c’est pourquoi nous avions besoin de lancer un service spécifique. En parlant à différents prestataires, nous avons découvert une opportunité inattendue : Amazon cherchait à lancer une offre musicale de haute qualité et planchait même sur un nouveau haut-parleur : c’était donc un partenariat idéal, puisque nous avions déjà fait le travail en amont auprès des artistes pour garantir la richesse des contenus et qu’Amazon offrait un équipement de qualité et les moyens d’apporter ces contenus jusqu’aux consommateurs.

Le résultat, c’est le service Amazon Music HD et le haut-parleur Echo Studio, déjà lancé dans plusieurs pays. Et il n’y a pas de raison que le son Atmos distribué par ce service ne puisse être joué sur d’autres appareils, par exemple une barre de son. Amazon ne représente pour nous qu’une première étape : il y a d’autres excellentes offres de streaming en Europe, notamment en France comme Deezer et Qobuz, et nous aimerions à terme que tous ces acteurs adoptent Atmos. Mais Amazon représente un très bon début, à plus forte raison si l’on se souvient des débuts d’Atmos dans les salles de cinéma !

 

 

M. : Dolby c’est également l’image, pouvez-vous nous faire un pont sur le développement des salles Dolby Cinema, qui associent Atmos et Dolby Vision ?

J. F. : La trajectoire de Dolby Vision est très similaire à celle d’Atmos : nous commençons dans certaines salles de cinéma, comme le Pathé Beaugrenelle à Paris, récemment équipé de la technologie Dolby Cinema. La France est un excellent marché pour nous, notamment avec Pathé qui s’est montré très enthousiaste vis-à-vis de nos nouvelles technologies, mais aussi plus généralement avec une communauté audiovisuelle très accueillante. Studio Canal détient les droits de nombreux classiques du cinéma, qu’ils sont en train de retravailler avec les dernières technologies : Les Doors et Apocalypse Now font partie des films recréés en Dolby Vision avec une bande-son Atmos. Le contenu est donc au rendez-vous, l’expérience cinéma aussi, et – comme pour Atmos – nous nous sommes ensuite tournés vers les fabricants de téléviseurs.

Nous avons commencé avec un téléviseur Oled fabriqué par LG, un modèle haut de gamme produisant des images remarquables, mais nous voulions continuer d’atteindre un public plus large en intégrant notre technologie dans des téléviseurs aux spécifications plus modestes. Comme pour Atmos, nous avons découvert que Dolby Vision représente une importante valeur ajoutée pour ces téléviseurs moins sophistiqués, puisque nous faisons beaucoup d’efforts pour faire afficher une image de qualité. Le signal Dolby Vision inclut toute une série de métadonnées qui rendent ce travail plus facile. Et puis nos ingénieurs collaborent avec les fabricants de téléviseurs, pour les aider à calibrer l’image en fonction des caractéristiques de chaque dalle. À prix égal, un téléviseur Dolby Vision offre une image supérieure. Les fabricants sont donc très favorables à Dolby Vision, puisque ce format améliore la qualité des images sur tous les appareils, même à 500 € voire moins. Ce sont des gammes de prix où l’amélioration de la qualité est très notable. D’ici l’an prochain, la moitié des nouveaux téléviseurs 4K seront compatibles Dolby Vision.

Avec Atmos et Vision, c’est ainsi une expérience Dolby intégrale qui est à la portée du grand public, et les opérateurs suivent : SFR vient par exemple de lancer sa nouvelle box offrant ces deux technologies, et comme je l’ai dit nous travaillons avec Orange et Studio Canal : nous sommes convaincus que 2020 sera une année charnière où l’écosystème Dolby atteindra une masse critique. Les artistes sont également concernés, puisqu’ils peuvent créer des œuvres de qualité qui atteindront un public plus large : ils sont nombreux à adopter des outils créatifs qui leur ouvrent plus de possibilités en termes d’immersion, et ils n’auront aucun mal à trouver leur public.

J’ai beaucoup aimé, par exemple, The Revenant, qui a été filmé en lumière naturelle. L’équipe du film a passé des mois à ajuster la lumière pour un résultat optimal. C’est un film très puissant, qui m’a durablement marqué quand je l’ai vu dans un cinéma équipé d’Atmos et de Vision. J’ai demandé à un confrère si les salles traditionnelles produisaient un tel effet, et il m’a immédiatement répondu non : avec les technologies Dolby on est absorbé dans le film, mais sans elles on trouve le temps long. C’est ça, le pouvoir des images. Nous avons même découvert qu’il était possible de faire éprouver au spectateur de véritables sensations physiques, simplement à l’aide d’une image bien travaillée. Si l’on mesure la température de la peau, par exemple, on s’aperçoit que le spectateur regardant une image de flamme voit la température de son visage augmenter. Avec The Revenant, pour moi, c’était la même chose, mais avec le froid !

Apple a été l’un des premiers acteurs à adopter Atmos et Vision, ce qui a évidemment contribué à atteindre une masse critique, mais plus récemment nous avons commencé à conquérir l’univers PC : il y a eu beaucoup d’obstacles techniques – les ordinateurs de bureau nous ont notamment donné plus de fil à retordre que les portables – mais nous avons réussi cette année à faire en sorte que Atmos et Vision fonctionnent sur PC.

Un autre front sur lequel nous faisons des progrès est celui du jeu vidéo, où il va sans dire que le son immersif est essentiel, à plus forte raison lorsqu’il donne un avantage compétitif dans le cas des jeux multijoueurs. Certains tournois de jeux en ligne précisent même, dans leur règlement, que les joueurs doivent être équipés Atmos : faute de cela, ils pourraient être moins efficaces que leurs coéquipiers. Et c’est la même chose pour Vision, qui permet de mieux voir les détails dans les zones sombres de l’écran et, par conséquent, d’être plus performant dans un jeu compétitif. Nous sommes donc très optimistes : musique, jeux vidéo, nous sommes présents partout !

 

 

M. : Pensez-vous que grand public connaît bien la marque Dolby et les technologies Vision et Atmos ?

J. F. : Cela a longtemps été l’un de nos défis : comment faire mieux connaître notre marque auprès des consommateurs ? Maintenant que l’écosystème est prêt, il faut que nous allions au contact du public. Nous avons la chance d’avoir des partenaires qui nous aident énormément : par exemple, lorsque vous achetez un appareil Apple TV pour le brancher sur un téléviseur compatible Dolby Vision ou Atmos, l’appareil annonce haut et fort que vous allez profiter des contenus dans ces formats, ce qui est une excellente publicité pour nous. En termes de marketing, nous avons également fait de grands efforts pour que les films du catalogue portent le label « Vision » ou « Atmos » et que les téléspectateurs soient ainsi mieux informés.

 

 

M : Les propriétaires de téléviseurs compatibles Dolby Vision peuvent-ils faire leurs propres réglages de qualité d’image ?

J F : C’est un grand débat au sein de notre équipe : si l’image est impeccable, doit-on laisser le client la modifier ? Je vais vous donner un exemple très simple. Nous avons récemment lancé Dolby Vision sur les téléviseurs fabriqués par Philips, une entreprise qui est particulièrement fière de sa technologie vidéo et qui a mis au point son propre processeur, le fameux P5. Est-ce que nous allons empêcher les ingénieurs Philips de faire leurs propres réglages ? Bien sûr que non. Il faut faire des compromis. Nous offrons deux réglages de base, pour un visionnage dans une pièce sombre ou dans une pièce éclairée, mais l’utilisateur est libre de faire toutes les modifications qu’il désire. Certains réalisateurs, évidemment, préfèreraient que les téléviseurs soient verrouillés, mais certains consommateurs préfèrent garder la main sur les réglages et les fabricants doivent bien entendu répondre à cette demande. D’ailleurs, les différents fabricants n’ont pas tous le même avis sur la question, et il faut parfois négocier.

 

 

M. : Savez-vous combien d’installations de postproduction à Paris sont équipées Dolby Vision, et pourquoi aussi peu de films français sont étalonnés dans ce format ?

J. F. : C’est l’un des grands enjeux du HDR : nous créons l’outil, mais il y a parfois un certain conservatisme dans la postproduction, et l’adoption peut donc prendre un certain temps. Mais tout de même, je suis assez optimiste en ce qui concerne la France : j’évoquais tout à l’heure Dolby Cinema, qui rencontre un grand succès dans ce pays parce que beaucoup de consommateurs apprécient la qualité. Le public français est plus exigeant que dans d’autres pays.

Le Pathé Beaugrenelle est pour nous un cinéma phare non seulement pour la qualité de l’expérience, mais également pour son succès commercial. Nous sommes convaincus que la France est un marché très prometteur et que les créateurs s’habitueront progressivement à ces nouveaux formats. Nous avons vu cela avec Atmos, d’ailleurs : les premières productions étaient un peu timides, avec quelques objets audio de temps en temps, puis les créateurs ont été de plus en plus à l’aise et ont pris les devants. Un réalisateur italien me racontait, il y a des années, qu’il n’utilisait à l’origine Dolby Atmos que pour certains sons spéciaux ; mais lorsqu’il a compris que la bande-son n’était plus sur l’écran, mais dans la salle, il a soudain eu des idées entièrement originales. Et puis les créateurs s’inspirent de ce qu’ils voient, un cercle vertueux se met en place.

Dans le domaine de la musique, nous avons lancé une expérience (un « hobby », comme disait Steve Jobs à propos de l’Apple TV) pour la musique live dans les boîtes de nuit : nous avons installé dans certaines boîtes des équipements spéciaux pour les DJ, avec lesquels ils peuvent créer de la musique. Ce projet, baptisé Muse, a donné lieu à de nombreux enregistrements de musique électronique au format Atmos. Cette technologie se prête très bien à ce style de musique, où les sons peuvent évoluer sur la piste de danse, et certains DJ apprécient beaucoup les possibilités qu’Atmos ouvre et ont créé des morceaux très innovants.

Il suffit donc de s’habituer au format et d’expérimenter avec ce qu’il peut faire, et le HDR – revenons-y – peut nécessiter des efforts considérables. Nous avons évoqué la postproduction, mais c’est vrai aussi dans le monde du sport, où il faut garantir l’homogénéité des images produites par les différentes caméras en temps réel. Dolby se tient à la disposition des équipes de tournage pour les aider à surmonter tous les obstacles techniques et à se familiariser avec l’outil. Certaines des premières productions sportives en Dolby Vision ont d’ailleurs été filmées en France, à l’occasion du tournoi de Roland-Garros. Il reste encore des progrès à faire et le parcours est semé d’embûches, mais nous y arriverons !

 

 

M. : J’ai vu, lors du salon Infocomm à Orlando, un produit baptisé Dolby Voice ; cette solution semble encore inconnue en France, prévoyez-vous de l’apporter sur le marché français ?

J. F. : En fait, Dolby Voice vient à l’origine du jeu vidéo. Nous proposions il y a des années un produit pour les jeux en ligne, dans lesquels il faut équilibrer les niveaux sonores de nombreuses personnes parlant en même temps. Fondamentalement, il s’agit des mêmes enjeux que pour les téléconférences, même si nous avons apporté des améliorations spécifiques à cet usage. Souvent, l’expérience de la téléconférence dans le monde de l’entreprise est plutôt désagréable : tel intervenant parle trop doucement, tel autre hurle dans son combiné, et puis certains sont plus proches ou plus éloignés… Il est important de bien séparer les voix, tout en les harmonisant de manière à ce que chacun entende bien les autres. C’était l’idée de Dolby Voice, mais encore une fois nous avons dû intervenir sur l’écosystème entier : téléphones portables, kits mains libres, téléphones de bureau avec ou sans haut-parleur, et ainsi de suite. Une fois notre technologie en place, le service de téléconférence proprement dit est assuré par des acteurs tiers ; par exemple, BT était notre partenaire pour le lancement de Dolby Voice. Nous sommes ensuite passés à des plates-formes en ligne, comme BlueJeans, qui est celle que nous utilisons en interne. Le projet en est encore à ses débuts, mais il y a beaucoup de potentiel.

Certains de nos projets sont encore expérimentaux, et nos équipes de R&D publient maintenant des API pour les créateurs de plates-formes en ligne. Les développeurs peuvent ainsi se rendre sur dlby.io pour découvrir des technologies audio Dolby qu’ils pourront intégrer à une appli ou à un jeu vidéo, par exemple. La technologie Dolby Voice est ainsi mise à leur disposition, mais à ce stade il ne s’agit pas d’une véritable offre commerciale, plutôt d’un outil d’expérimentation.

 

 

M. : Pouvez-vous parler des formations pour les ingénieurs son et les directeurs photo ?

J. F. : La formation est essentielle à de nombreux égards. En premier lieu, avant d’adopter un format, il faut tout simplement le comprendre. C’est pourquoi nous avons lancé une sorte de « tournée » pour promouvoir l’étalonnage en Dolby Vision, en organisant des séances dans plusieurs villes – il me semble que nous serons à Paris après les fêtes de fin d’année. Nous nous adressons à tous les maillons de la chaîne : les producteurs doivent comprendre ce que le format peut leur apporter, tout comme les directeurs photo, les preneurs de son, et ainsi de suite.

C’est pour cette raison qu’en plus des formations en présentiel organisées avec nos partenaires, nous nous investissons beaucoup dans la création de tutoriels en ligne grâce auxquels chacun peut commencer à enregistrer en Atmos sans passer par un formateur Dolby. Ces tutoriels pourraient représenter pour nous une très bonne occasion d’atteindre plus de créateurs, d’autant plus qu’en entrant sur le marché de la musique nous avons démultiplié la quantité de contenus concernés.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #35, p.88/91. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.