Il est désormais possible d’être « patron de chaîne » pour quelques heures ou quelques jours. Tagada Agency et 42c popularisent le concept de Pop-up Channel, des chaînes éphémères à destination des marques au sens large. Les deux sociétés ont réuni leurs talents et expertises lors d’une opération spéciale baptisée Pop-Up Channel by Tagada Agency, une chaîne événementielle diffusée en direct pendant huit heures comprenant des émissions, des reportages, des coulisses, des fictions.
Cette avant-première avait pour objectif de tester grandeur nature ce concept : on parle de POC (Proof of Concept). Outre la grande qualité de réalisation et les moyens mis en jeu, le POC avait un objectif particulier qui était sa dimension interactive. Si la télévision interactive a longtemps été un mythe, il est désormais possible de créer une profondeur supplémentaire pour le spectateur en l’invitant à cliquer dans l’image et ainsi accéder à des informations sous la fenêtre principale, l’idéal pour une marque !
Pour ce projet Tagada Agency s’est associé avec 42c. « Nous avions vu, il y a quelques mois, une démonstration technologique de 42c. Didier Fraisse (réalisateur, producteur et fondateur de Tagada Agency) avait trouvé le concept intéressant, mais pour pouvoir se projeter et donner des idées à nos clients, il était nécessaire de produire du contenu spécifique », comme le souligne Nicolas Réoutsky, directeur des productions de Tagada Agency. « Nous avons donc monté ensemble le projet comme s’il s’agissait d’un programme broadcast avec les mêmes exigences. »

Le contenu, le contenu, le contenu
Tagada a trente ans d’expérience dans la production de contenus, l’élaboration de grille de programmes, l’éditorialisation et, pour ce projet, la société n’a pas fait les choses à moitié.
Généralement lors d’un POC, il y a une emphase mise sur la technique et moins sur le contenu. Ce qui a été fait par 42c et Tagada Agency est en rupture de phase avec cela, puisque si la technique est bien présente, les contenus sont premium. Les équipes de Tagada, sous la houlette de Didier Fraisse, ont réalisé une véritable grille de programmes avec des plateaux, des tables rondes, des interviews… avec des personnalités. Ce contenu d’une très grande richesse éditoriale a permis d’éprouver, tester, valider le concept de chaîne événementielle interactive.

L’investissement est important avec trente personnes sur le plateau et trois mois de préparation pour contacter les intervenants, faire les programmes. Si techniquement la chaîne peut se monter en quelques clics (grâce au cloud et à Amazon AWS), il faut du temps pour les contenus, mais c’est par cette richesse que la chaîne pourra fédérer. Le contenu doit s’adapter à la marque, et on ne produit pas la même chose pour un lancement de voiture, un club sportif, une marque de cosmétique. Il y a une base technique commune de la chaîne et de la personnalisation sur les contenus et sur les fonctionnalités qui font toute la différence.

Tagada Agency a fait la production complète de manière broadcast sur son site du Studio 29 TG, et 42c a récupéré quatre flux (le flux programme et trois caméras présentes dans les coulisses en direct). Les images étaient ensuite disponibles directement dans un player sous forme de carrousel, comme le précise Emmanuel Joubard, directeur des opérations 42c : « En termes d’interactivité, nous nous sommes appuyés sur le système IVS d’Amazon. Il y a une émission de jeux, les spectateurs peuvent répondre aux questions avec un tirage au sort en fin de journée et des sondages sont faits au long de la journée. Il y a également un module de chat avec un modérateur. Le vrai plus c’est l’interactivité. Une marque de mode peut par exemple faire une chaîne avec ses créateurs, découvrir comment a été fabriquée la collection, filmer un défilé, cliquer sur la robe durant le défilé de mode et pouvoir l’acquérir. Nous avons un contrat de partenariat avec AWS et l’idée du POC était de créer une chaîne éphémère, de pouvoir tester l’interactivité et d’étudier toutes les données résultantes pour améliorer l’offre et les développements. »

Interactivité, le gâteau sous la cerise
L’interface graphique est intuitive. Il y a une fenêtre vidéo principale et en dessous un carrousel, avec des vignettes qui se synchronisent avec le sujet de l’émission ou le profil d’un intervenant. Il est ainsi possible de faire apparaître un site Web, un réseau social, une vidéo. Il y a de l’interactivité directement dans l’image principale en insérant un compte Twitter ou LinkedIn sur une personne qui intervient.
Particularité du dispositif, le développement informatique est en continu. Même si l’exercice peut paraître périlleux, cela allège le déploiement et permet de faire des mises à jour rapides. De plus, on inverse le principe de la VOD : c’est le direct qui envoie les fichiers dans la VOD, l’utilisateur à ses login et mot de passe. C’est lui qui peut créer ses thèmes de VOD, catégoriser ses liens et quand il se reconnecte, il retrouve ses favoris, les vidéos qu’il a sélectionnées. Il peut aussi changer le programme vidéo, commuter les trois caméras présentes en coulisse. L’application est Web Responsive pour être consultable sur smartphone.

Il y a des solutions préexistantes sur le marché, dans lesquelles il faut rentrer, parfois au chausse-pied. « Nous, notre démarche est inverse, nous avons un postulat que nous pouvons adapter en fonction des besoins du client. Ils n’ont pas tous les mêmes besoins ; il s’agit de customiser avec des services. Pour en arriver là, il a fallu deux mois d’intégration continu, avec des réunions quotidiennes avec une équipe de dix développeurs et en support avec AWS », indique Emmanuel Joubard.
L’idée désormais pour Tagada Agency et 42c est de proposer une offre globale car il y a plus de valeur ajoutée à deux que seul. Ceux qui ne savent pas gérer le contenu peuvent ainsi s’adresser à Tagada et 42c. Comme le dit Jacques Séguéla, présent sur l’émission : « Ce Pop-up Channel permet de rendre accessible, pour une marque, la création d’une chaîne de télévision, ce qui n’était pas possible jusqu’à présent pour des coûts raisonnables. C’est comme la location de voiture, j’aurais aimé avoir une voiture de luxe, je ne peux pas me l’offrir mais je peux la louer pendant deux jours. »
Article paru pour la première fois dans Mediakwest #49, p. 134-135