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The next stage, studio virtuel de Provence Studios. © Provence Studios

Provence Studios Martigues dans la cour des grands studios virtuels

 

Ayant accueilli en partie en 2020 le tournage de la Palme d’or Titane de Julia Ducourneau, le studio propose des décors réels, des studios de mur Leds et depuis peu, un studio équipé d’un mur Led. Olivier Marchetti, CEO fondateur de l’entreprise, nous présente la genèse du projet.

 

Quelles sont les origines de Provence Studios ?

J’ai récupéré une boîte familiale de transport et de logistique et il y avait un bâtiment à Martigues que nous louions. Une fois le bâtiment vide, j’ai voulu lui donner une nouvelle vie. Après une étude de marché qui a débuté en 2010, je décide de créer un projet de studio qui aujourd’hui a pris vie. Cela a été rendu possible notamment grâce à l’implantation d’Europacorp dans la région, en 2013, alors que Provence Studios n’existait pas encore. Il y a eu tellement de tournages entre 2013 et 2016 que je décide, de créer Provence Studios en 2016. Les trois bases sur lesquelles reposent Provence Studios sont l’écologie, le numérique et l’international.

 

Qui ont été vos collaborateurs à l’origine du projet ?

Aujourd’hui, nous avons des collaborateurs qui viennent du cinéma, mais au début, il s’agissait de mon ancienne équipe qui ne venait pas de cette industrie. J’ai fait beaucoup de benchmark, je suis allé voir ce qui se passait aux États-Unis, j’ai fait l’analyse des studios qui marchaient et ceux qui ne marchaient pas. Tous les projets qui ne marchaient pas m’ont permis de comprendre quelles étaient les erreurs à éviter.

 

Comment avez-vous pensé la configuration des studios ?

La configuration, je l’ai prévue en faisant des études. J’ai demandé à tous les chefs de postes ce qu’ils trouvaient rédhibitoires dans les studios et j’ai réussi à dégager une synthèse et essayé de proposer des solutions répondant à ces problématiques. Ce que l’on a fait se rapproche de ce que l’on peut trouver à Bry-sur-Marne, qui est, pour moi, le studio le plus fonctionnel en France.

 

L’idée de proposer un studio de murs Leds s’est-elle faite naturellement ?

Je voulais proposer une gamme complète. J’ai commencé par des studios classiques, après j’ai créé des fonds verts. Si je voulais avoir le one stop shop des Américains, il fallait absolument que je m’équipe avec un studio de mur Leds. Les trois sont complémentaires, il n’y en a aucun qui remplace l’autre. Les murs Leds ne remplaceront pas les fonds verts. Aujourd’hui, c’est moins cher de tourner sur fond vert que sur mur Leds, sauf si le plan est très complexe. Si le plan est simple, on le fait sur fond vert, lorsque l’on a des plans récurrents, il vaut mieux les tourner en décor réel. À la différence des autres studios français ayant des structures qui viennent et qu’ils démontent et remontent, nous, nous les avons intégrées. Nous sommes partenaires avec La Planète Rouge dont je suis actionnaire majoritaire. Nous proposons du service en plus du mur Leds, tout ce qui est pré et postproduction. Comme personne n’est formé là-dessus, il faut pouvoir accompagner le client. The next stage [ndlr, nom du studio Led] c’était la dernière pierre à un patchwork de service complet qu’on peut offrir aux productions.

 

Avez-vous fait appel à une entreprise pour choisir votre technologie Led ?

C’est Lionel Payet Pigeon, fondateur et dirigeant de La Planète Rouge, qui a fait des tests. Il est allé chercher ses propres dalles, les a dépiautées, il a eu un peu de temps pendant la période du Covid pour analyser la situation. Finalement, nous avons fait fabriquer nos propres dalles en Chine, validées par la marque de carte graphique Brompton.

 

Quels services proposez-vous à vos clients ?

On a des techniciens. Il y a Denis Collab qui a travaillé sur des projets comme Mandalorian ou Spiderman qui est senior supervisor. Et on propose le service complet à nos productions. On a toujours du monde de chez nous sur le plateau. Les demandes sont croissantes mais toujours en complément d’un studio classique ou d’un fond vert. Il n’y a jamais de projet 100 % Led. Pour l’instant, on a surtout des courts-métrages, qui prennent un peu plus de risque par rapport aux longs.

 

Les studios virtuels sont-ils beaucoup plus onéreux que les tournages classiques ?

C’est onéreux, mais ça dépend de la configuration du tournage, des projets, etc. Si on doit faire partir une équipe à Tahiti, le mur Led va être moins cher. Chaque projet est différent.

 

Comment est né le projet avec l’école Les milles visages ?

On travaille beaucoup avec l’ancien président du CNC, Éric Garandeau, qui a rencontré ces gens-là et nous a mis en contact. L’école va s’installer chez nous et ça va nous permettre un peu d’évangéliser les jeunes réalisateurs de demain car, aujourd’hui, ils en ont peur. Alors que plus on les forme tôt, plus la technologie sera adaptée rapidement dans l’industrie. Quelque chose que j’ai décrété tout de suite, c’est que pour les écoles, c’est presque gratuit, ça fait partie de notre devoir de formation !

 

Des projets ?

Provence Studios va s’agrandir. Il y aura sûrement un autre mur Led qui va s’installer, pas forcément à Martigues, mais toujours dans le Sud.

 

Extrait de notre dossier « L’essor des studios virtuels » paru pour la première fois dans Mediakwest #43, p. 64-86 

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