Adobe
Avec le rachat de Frame.io et son service Camera to Cloud il y a un an, mais aussi grâce à une série de partenariats avec des acteurs majeurs de l’industrie, Adobe a considérablement élargi son approche de la production… La combinaison performante de Premiere Pro/Camera to Cloud (CtoC) offre aux professionnels de la vidéo un panel d’outils collaboratifs qui couvre désormais le processus de création de bout en bout, même à distance.

Camera to Cloud permet d’envoyer directement les rushes dans le cloud pour que le montage et la postproduction puissent commencer dès le tournage. La solution connecte n’importe quel type de caméra au cloud via trois familles d’interfaces : le Teradeck Serv Micro sera utilisé par les caméras compatible cloud telles que les caméras cinéma Arri, Canon, Panavision, RED ou Sony (ou encore l’encodeur/décodeur Prism Flex de Teradek), le moniteur Zato Connect d’Atomos sera utilisé pour les DSLR Canon, Sony, Panasonic LUMIX et Nikon… Et enfin, l’application FiLMiC pro pour les iPhone ou mobiles Android.
Camera to Cloud permet de créer des fichiers proxy pour le montage qui seront remplacés par les images sources pour la postproduction et les médias sont disponibles à l’endroit où chaque utilisateur en a besoin, que ce soit sur un smartphone ou une station de travail, indépendamment de leur emplacement physique. Cette agilité de flux de production a notamment déjà séduit Brut et Jelly Fish qui l’ont adopté. Frame.io est aussi compatible avec Final Cut Pro X, Resolve, Baselight et Mediacomposer.
Dalet
Sur le stand de Dalet, le responsable marketing Robin Kirchhoffer, présente la stratégie de la société dont le produit phare, Dalet Galaxy, est déjà bien installé sur le marché. La nouveauté est l’arrivée de Dalet Pyramid qui se différencie du premier par sa nature cloud native. Un développement entièrement repensé pour le cloud et les enjeux actuels. Sur cette nouvelle plate-forme, trois services sont déjà opérationnels : Digital Production, pensé pour les réseaux sociaux ; Remote Editing, permettant de travailler même avec des connexions très faibles et facilite le travail sur le terrain et le module Planning pensé pour des chaînes qui ont plusieurs bureaux délocalisés.
Enfin, pour répondre à la demande de travail à distance, la solution Dalet Flex (issu du rachat de OOYALA), autre application cloud native, se décline en une version Dalet Flex Entreprise et une version Dalet Flex for teams plus légère. Grâce aux service cloud de AWS et Google, ces solutions peuvent être déployées en quelques heures seulement.

Blackbird
La société britannique Blackbird, créée en 2000, propose depuis 2018 une plate-forme cloud native de montage et de publication à distance. Le monteur utilise une interface Web et la puissance d’une machine distante pour faire son montage. Cet outil de montage « mid-range » a pour vocation d’être rapide et simple à utiliser. Aucun download, aucun transfert d’image. Il est parfait pour les news, le sport où il est nécessaire de publier des clips rapidement. Blackbird compte parmi ses clients la NFL ou encore The Voice UK.

Speechmatics
La société Speechmatics, née au Royaume-Uni en 2006, est spécialisée dans le « speech to text » (transcription d’un contenu audio en format texte). La solution actuelle permet un déploiement sur le cloud mais aussi On Premise pour les clients qui ne veulent pas encore s’aventurer dans le cloud. Les points forts de leur solution : une traduction en temps réel, 48 langues disponibles dont 14 ont été ajoutées pendant la semaine de l’IBC. Autre nouveauté présentée : la fonction d’identification de langage, qui permet de détecter automatiquement la langue prédominante dans le fichier audio. Speechmatics met en avant sa rapidité à intégrer de nouvelles langues pour s’adapter à l’actualité. Par exemple, l’ukrainien soudainement mis au premier plan, a été ajouté en six semaines seulement. Speechmatics fournit son moteur de transcription à de nombreux partenaires qui l’intègrent dans leurs logiciels.

Limecraft
En 2015, la société belge Limecraft a failli prendre la décision d’arrêter ses solutions cloud, explique Maarten Verwaest, un ancien de la VRT et fondateur de Limecraft. C’est à ce moment que la production de la nouvelle série Un si grand soleil (France TV) cherchait un prestataire pour assurer un workflow exigeant : 5 To de rushes produits chaque jour à Montpellier devaient être montés le lendemain à Paris. Limecraft étaient les seuls à pouvoir assurer le transfert et la gestion d’un tel workflow. Ils ont ainsi pu aller développer leur offre de MAM dans le cloud et l’enrichir de nouvelles fonctionnalités avec l’ambition d’automatiser au maximum le montage : un des buts est d’identifier automatiquement le bon plan parmi les rushs avec la meilleure probabilité en se basant sur le contenu de chaque clip et des fonctions de speech to text.
Splashtop
La société Splashtop est ce qu’on appelle une licorne. Ne vous fiez pas à sa présence discrète sur l’IBC, cette start-up de la Silicon Valley est évaluée à plus d’un milliard de dollars ! Créée en 2006, elle possède désormais un bureau à Amsterdam et un à Taiwan. Les péripéties « covidiennes » récentes ont sans doute donné un coup de boost aux solutions d’accès à distance facilitant le télétravail, comme celles développées par Splashtop et présentées comme une alternative à TeamViewer. La très faible latence du système permettra sans problème de faire du montage vidéo à distance en exploitant des grosses stations de travail depuis un petit portable. Splashtop compte dans son portfolio des clients prestigieux comme Fox, NEP, Virgin, Warner ou Nintendo mais son offre s’adresse également au grand public avec des tarifs abordables.
Presenz
La société belge Presenz propose une expérience convaincante de sa technologie VR à 6 DoF (six degrees of freedom, c’est-à-dire que tous les déplacements de la tête et du corps dans l’espace sont pris en compte) dans un casque Oculus 2. La technologie ZOV (zone of view) de Presenz semble être un véritable game changer en éliminant l’inconfort et le mal de mer (cynersickness) parfois ressenti en VR. En effet les systèmes standard affichent les images calculées depuis un seul point de vue (POV). Si le corps se déplace légèrement, c’est la même image qui se déplace, alors qu’elle devrait dévoiler les faces cachées des objets pour un rendu réaliste, ainsi le cerveau ne comprend pas ce qu’il voit et génère un malaise. La technologie ZOV permet de recalculer les images pour tout mouvement du spectateur dans une zone de 1 m x 1 m x 0,5 m et ainsi de montrer le changement de perspective et donc les faces cachées des objets. Autrement dit, c’est une immersion parfaite qui reproduit la réalité au plus juste et sans inconfort.

Iromascents
Iromascents est une des curiosités de cet IBC 2022. Imaginez que sur votre logiciel de montage, vous ne manipulez plus seulement des éléments audio et vidéo, mais aussi des éléments olfactifs (des « scents »), que vous glissez sur votre timeline. Vous générez ainsi un « scent file » qui va être interprété par un petit boîtier placé face à vous et qui diffusera la juste odeur au bon moment lorsque vous regardez votre film. C’est le produit développé par cette jeune société israélienne créée en 2020. Le diffuseur de senteurs peut être chargé avec un tambour de 45 odeurs interchangeable en fonction du genre du film : romance, cartoon, sport, horreur (on n’ose imaginer…), aventure, etc. Ce système est aussi décliné dans une version destinée aux boutiques de parfum et associé à une interface graphique qui vous guidera dans le choix de votre parfum.
Extrait de notre compte-rendu de l’IBC 2022 paru pour la première fois dans Mediakwest #49 p. 40-86